Entendu hier 11 août 2008 à la radio : deux trimestres de suite comme celui-là et nous entrons dans ce que les économistes appellent une récession.
Récession, décroissance contrainte, décroissance volontaire : où es-tu Pierre Radanne ?
En congés ? Tu dors ? Tu enfouis ta tête sous le sable ?
Voir la seconde moitié du document Colloque réchauffement climatique , 19 octobre 2007
C'est tellement à la croisée des chemins entre braise et écrin
que je l'ai classé en arc-en-ciel.
Sur la première face on voit un capharnaüm :
les déchets, l’eau, la géothermie, les éoliennes, le nucléaire, les économies d’énergies dans les bâtiments, le pétrole qui émet des GES - gaz à effet de serre, qui se raréfie et qui coûte de plus en plus cher, le réchauffement climatique, la pile à combustible, le moteur à air comprimé, la décroissance, la traction animale, STOP !!!
Sur la face arrière on y voit plus clair : seulement 4 choses reliées entre elles par un fil (rouge) :
le pétrole qui se raréfie et qui coûte plus cher ;
les émissions de GES qui augmentent ;
le réchauffement climatique ;
l’abandon du tout bagnole.
Sur cette face, quatre côtés :
à droite, « y’a pas de réchauffement climatique, c’est juste un attrape nigauds pour nous faire payer une fois de plus ! »
à gauche, « y’a pas de réchauffement climatique, le monde dans lequel nous vivons est le meilleur qui soit ! »
en haut, « la technique va nous apporter des solutions, restons calmes ! »
en bas, « retrouvons un mode de vie écologiquement vivable, celui que nous avions depuis toujours, avant le recours massif aux énergies fossiles ! »
Voilà où nous en sommes aujourd’hui.
Texte écrit pour les réfractaires aux enjeux environnementaux, vous l'aurez compris.
6 mars 2008.
ou comment j’ai failli être interviewé...
Si j’avais fait l’interview à France 3 samedi 21 mars dernier au café de l’Agriculture à Bernay, voici ce que j’avais, à peu près, prévu de dire :
feuilles de carottes
ce qui m’intéresse avant tout ici, c’est d’essayer de comprendre ce qui se joue quand vous interviewez tous ces gens, dont moi. Des notables pour la plupart. Nous mettons en avant ce que nous
faisons, nous sommes contents, optimistes, fiers, et nous donnons une image de ce qui se passe à Bernay conforme à notre situation sous les feux des projecteurs.
Finalement les médias, c’est, tantôt, la béatitude face au monde parfait dans lequel nous vivons, tantôt, les faits divers sordides. Et toujours nous passons à côté de la vraie démocratie : celle où les gens s’impliquent durablement. Cette critique est explicitée longuement par Pierre Bourdieu dans son petit ouvrage : « Sur la télévision ».
Pour continuer le fil ma pensée je vais prendre la parabole de l’autoroute. Vous connaissez sûrement cette phase attribuée au Bouddha : « le chemin est le but ».
Quand vous êtes sur l’autoroute, vous passez à côté de tout, des villages, des campagnes, de la vie. Sans les campagnes, les villes sont mortes. De faim. Et arrivé à bon port, vous faites ce que vous avez à faire, vite fait, puis vous repartez chez vous, éventuellement pour vous mettre devant la télé. Et la télé, c’est un peu l’autoroute de l’information. Votre vie n’a pas de but car vous n’avez pas de chemin où vous pourriez rencontrer autre chose que des notables heureux ou des cadavres trouvés dans Détective ou au JT.
Hé bien le café philo, c’est parfois (pas toujours je vous l’accorde) l’occasion de quitter cette autoroute de l’information pour aller flirter avec d’autres regards, l’occasion de « faire un pas de côté » comme disait l’expression de mai 68. Et dans une ambiance conviviale, chaleureuse.
Je ne suis pas passé à la télé : je ne le regrette pas. D’abord parce que j’aurais été probablement plus mordant, plus agressif dans mes propos et ça se serait retourné contre moi. J’avais entre autres, en tête, l’expression « mascarade » pour qualifier ce qui se joue derrière cette mise en scène médiatique… Pas bon !
Et puis, surtout, parce que le lendemain sortait le numéro 5 du bimensuel Le Sarkophage dans lequel en page 8 se trouve un article intitulé : « Le cirque médiatique ». Et là, le bonheur. Le texte est écrit, non pas par l’animateur du café débat de Bernay, mais par l’auteur d’un petit ouvrage qui a fait succès : « Le petit bourgeois gentilhomme ».
En kiosque jusqu’au 16 mai. Et dans l’encart central, un autre texte, sublime, de Jean-Claude Besson-Girard, qui porte sur… mai 68.
29 mars 2008
frelon,
Normandie, octobre 2008
À table avec la bande de joyeux que je rejoins de temps à autres.
« Les gens ils s’en foutent de l’écologie !
- Hé Jeannot, ce n’est pas aux gens que je m’adresse, c’est à toi !
- De toute façon ajoute Christian, y’a qu’une chose qui marchera, je te l’ai déjà dit mais tu veux pas m’écouter, c’est la dictature. Tant que tu les laisses libres de leurs choix, y’a qu’une seule chose qui les intéressera, c’est leur porte-monnaie. Le bien collectif ils s’en foutent ! »
Et Jeannot d’approuver : « oui, une bonne dictature, je suis d’accord ! »
C’est comme ça que j’ai trouvé mon titre.
Sidérant.
18 mars 2008
Je cherche à comprendre d’où viennent ce cynisme, cette inconséquence, cette résignation vis-à-vis du réchauffement climatique.
« L’émotion est la source principale de toute prise de conscience.
Point de passage de l’obscurité à la lumière,
ni de l’inertie au mouvement sans émotion. »
Carl Gustav Jung, cité par Isabelle Filliozat dans « L’année du bonheur » à la date du 14 février.
bourrache
La remise à jour constante de nos informations en matière d'après pétrole est plus que déterminante quant à notre perception de l'ampleur du phénomène et quant à
notre attitude.
En page 10 du n° 45 de décembre 07 - janvier 2008 en kiosque depuis le 28 novembre,
E. Broto a intitulé son article :
"Deux fois moins de pétrole dans vingt ans".
Le prochain que j'entends parler des générations futures, il prend ma main dans la girafe.
Peut-être avez-vous la sensation que vous venez de trouver quelque chose d’important, d’essentiel !… Mais la vigilance de Paul Valéry vous met en garde : « Trouver n’est rien. Le difficile est de s’ajouter ce qu’on trouve. »
Milène et Patrick
Je reçois une stagiaire en Master 2 option aménagement du territoire.
Milène.
Sa formation est située à Nantes.
Durant ces 5 années d’études, elle a entendu parler du développement durable à toutes les sauces.
Moisdon La Rivière. 40 km au nord de Nantes. Près de
Chateaubriand.
Patrick et Brigitte Baronnet y organisent une année sur deux, depuis une dizaine d’années, un écofestival
qui regroupe plusieurs milliers de personnes. http://www.heol2.org/
Autant dire ce qui se fait de mieux en matière de pratique comportementale écologique,
non polluante, dans la ligne directe de ce qu’on peut attendre du développement durable.
Quel lien y a-t-il entre Lorraine et Patrick ?
Aucun. Milène n’a jamais entendu parler de l’écofestival de Moisdon, ni de Patrick et Brigitte Baronnet.
voir leur site : http://www.heol2.org/
Quand l’université (de Nantes)
parle du développement durable, discours que l’on retrouve le plus souvent à l’identique dans les milieux politiques, patronaux, médiatiques, il semble qu’elle ne connaît pas ce qui, à mon avis, se fait de mieux en la matière. Y compris si c’est à 40 km de chez
elle.
Pourquoi ?
Parce que les pratiques préconisées et mises en œuvre par Patrick Baronnet amènent à une décroissance économique, à une autonomie énergétique des
personnes, à une relocalisation de tous les secteurs de l’économie. À un abandon possible du tout bagnole. Mais de tout cela, les universitaires et les autres n’en veulent pas. Même si ça permet
effectivement et immédiatement une production de gaz à effet de serre proche de zéro.
C’est une expérience extraordinaire lors d'une séance de café philo, que je raconte souvent.
Le thème étais "Le bonheur".
J'ai ouvert le bouche pour le première fois au bout d'une heure, pour demander, si après avoir traité le bonheur sous l'angle de son propre bonheur personnel, on pouvait aborder le second chapitre de la soirée : le bonheur des autres.
Le débat a pris une toute autre tournure.
(5 novembre 2007)