Dimanche 28 décembre 2003
 

Les enfants j’ai quelque chose de très important à vous dire. La chose la plus importante de toutes je crois.




                                                   http://www.construire-sain.com/

Vous savez, avant d’être la maîtresse que je suis aujourd’hui, j’ai appris mon métier pendant longtemps. Je veux dire qu’au début c’était beaucoup plus difficile pour moi.

 

 

 

 

 

Quand la prochaine maîtresse arrivera, elle commencera. Ce sera difficile pour elle, comme ça l’a été pour moi au début. Je veux vous dire que vous devrez l’aider à apprendre son métier de maîtresse, l’aider parce que vous serez ses premiers élèves, et parce que vous savez comment ça s’est passé avec moi.

 

Alors si vous voulez me faire un vrai cadeau d’adieu, c’est en retenant ce que je vous dis là.

Si votre nouvelle maîtresse fait quelque chose de travers, vous devrez lui dire des choses comme : « ce n’est pas grave maîtresse ! Et si tu faisais comme ça ? Ou comme ça ? » Et si vous n’avez pas d’idée vous pouvez toujours lui dire : « là ça n’a pas marché mais je suis sûr que tu va trouver une meilleure solution ! »

 

 

 

 

 

Et plus important encore : si l’un ou l’une d’entre vous devient insupportable avec elle, ou même avec vous, vous devrez aider la maîtresse à s’arranger avec cet élève qui met le bazar.

 

Vous n’aurez même pas besoin de dire que c’est moi qui vous a dit de faire comme ça : « écoute Tartempion ça va bien maintenant, arrête tes bêtises et laisse machin ou machine tranquille, d’accord ? »

 

Et les autres vous devrez vous aussi vous faire entendre pour calmer Tartempion et pour aider la maîtresse à tenir la classe.

 

Le plus beau cadeau que vous pouvez faire à une maîtresse c’est de l’aider à faire bien son travail, surtout si elle n’y arrive pas. Et même si elle ne vous remercie pas : elle vous remerciera plus tard, bien plus tard.

Par Gorge Rouge - Publié dans : palabres
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Dimanche 30 novembre 2003
Monsieur Sarkozy,
 
        vous qui êtes Hongrois d’origine, et qui portez (historiquement) en vous une haine ancestrale, profonde et sourde des Romanos, vous qui prônez une politique sécuritaire et d’exclusion, exclusion des étrangers en trop, qui finiront emprisonnés, peut-être torturés ou tués pour certains d’entre eux à leur arrivée au pays, vous qui rêvez de pouvoir, Monsieur Sarkozy, je vous invite à lire «  C’est pour ton bien, origines de la violence dans l’éducation de l’enfant » d’Alice Miller. Elle y raconte l’enfance d’Hitler, les origines de son accession au pouvoir et des conséquences que l’on sait, et les causes de sa haine des juifs. Elle y explique que ce n’est pas tellement la souffrance d’Hitler enfant qui a été déterminante pour sa vie; c’est l’impossibilité qu’il avait d’exprimer cette souffrance.
        Avez- vous souffert Monsieur Sarkozy ?
        Faudra-t-il attendre 50 ans pour découvrir que votre politique actuelle prend sa source dans une enfance baignée de soumission ?
        Serez-vous capable d’éviter les dégâts potentiels d’ici 10 ou 20 ans ?
        Serez-vous capable un jour de renier cette déclaration qui sera vôtre : "je ne supporte pas la repentance" et qui sous-entend que vous ne reconnaissez jamais vous être trompé, autrement dit si un jour vous premiez une mauvaise direction (par exemple le totalitarisme, voir le lien ci-dessous)  vous persisteriez obstinément vers le pire ?
 
 
Signé : un ami qui vous veut du bien. 

Lien : http://www.lesarkophage.com/ 
Par Gorge Rouge - Publié dans : astre
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Samedi 15 novembre 2003











                              Source icônographique : La dame de la BCD

Acte un.
 
Une nuit d’octobre 2003, je rêve que je suis suspendu au rebord d’une falaise et que des mecs du haut de la falaise s’apprêtent à me tirer dessus à bout portant avec des flingues. Je suis sur le point de lâcher mais je suis conscient que c’est un rêve et malgré cela, l’angoisse de la chute est maintenue dans toute son intensité.
 
Réveillé, je fais le lien avec l’enfant qui rêve qu’il fait pipi et qui pisse réellement au lit. Je n’ai pas osé lâcher le bord de la falaise. C’est doublement la situation inverse : j’avais conscience que je rêvais et je ne suis pas passé à l’acte.
 
Que se serait-il passé si j’avais lâché ? Me serais-je réveillé brutalement en sueur ? Peut-être mais peu importe, ce n’est pas cela qui est troublant, c’est la suite.
 
C’est m’a-t-il semblé une situation « chamanique » : ce n’est pas mon conscient éveillé qui communique avec mon monde onirique, c’est mon activité onirique qui a conscience d’elle-même par rapport à la réalité (elle a conscience des deux : d’elle-même et de la réalité). De plus cette conscience n’enlève rien à la force du monde onirique, je ne suis pas parvenu à « jouer » avec lui (à lâcher le bord de la falaise) comme s’il s’agissait d’une futilité.
 
 
 
Acte deux.
 
Le lendemain matin de ce rêve, j’en parle avec des amis et la discussion bifurque sur la question apparemment abordée par Freud : rêvons-nous en couleurs ou en noir et blanc ? Personne n’a la réponse.
 
La nuit même qui a suivi, j’ai rêvé que mon ancien patron venait nous rendre visite au boulot avec son frère, et ils étaient tous deux vêtus d’une chemise jaune canari.

Par Gorge Rouge - Publié dans : respir
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Mercredi 10 septembre 2003
ou de l'amnésie historique au mensonge politique


La liberté, dans le genre « Les hommes naissent libres et égaux en droit »,formule qui sous-entend qu’ensuite, libre à chacun de réussir ou d’échouer, la liberté donc, celle de réussir ou d’échouer, fut à l’époque de la Révolution française, une réelle avancée.

En 1789, la liberté marquait l’abolition des privilèges de noblesse : on ne naissait plus, comme auparavant, soit noble, soit roturier, mais libre de réussir quelle que soit sa condition sociale. Par là même, tous étaient égaux – en droits. C’était réellement, à l’époque, un progrès en termes de justice sociale.

Et puis, il y eut, en plus de l’égalité et de la liberté « civiques », l’invention de la liberté économique : le libéralisme. Advint la liberté de pouvoir s’enrichir individuellement, indéfiniment. Atteindre ce but devint même bientôt une consécration. Et sans même qu’on s’en rende compte, (quoique ?…) le but poursuivi par la liberté révolutionnaire originelle, à savoir un gain de justice sociale, ce but céda le pas à son contraire : un accroissement des inégalités, tout en se réclamant d’un mot ayant la même racine – le libéralisme.



Conclusion : le libéralisme est en soi un mensonge dans la mesure où la liberté politique de 1789 provenait d’une volonté de justice sociale alors que le libéralisme est devenu, par un tour de force symptomatique de la pensée unique, le faire-valoir indiscutable d’une aggravation de l’injustice sociale. On pensera notamment aux paradis fiscaux dont la suppression est l’un des principaux buts de l’association Attac.


Par Gorge Rouge - Publié dans : astre
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Jeudi 4 septembre 2003
Quand les faits divers ne sont pas classés
dans la rubrique ‘sinistrose’…
 
  
2 septembre 2003.         C’est la rentré des classes, de retour à la maison. Dans le train, une petite demie-heure entre Evreux et Bernay, des ados sont ‘un peu’ bruyants dans le compartiment d’à côté. Il y en a un notamment qui cogne violemment l’appui coude contre la buttée. Les trois adultes qui sont avec moi dans le compartiment manifestent plus ou moins leur agacement. Celui qui est en face de moi souffle de plus en plus bruyamment (lui aussi !). Je finis par me lever avec un large sourire aux lèvres, je sors du compartiment, je vais à celui d’à côté, j’ouvre la porte, je passe la tête, regard circulaire avec toujours le même sourire amusé, finalement je m’arrête sur celui qui était derrière moi (celui qui cognait l’appui coude violemment contre la buttée) et je lui dis : « excuse-moi mais je suis assis derrière (je lui montre la cloison), et ça me fait mal au cul… » Et là mon sourire se transforme spontanément en rire, qui devient très vite communicatif.
 
Là-dessus je referme la porte, je regagne mon compartiment encore plus jovial qu’en partant, et je dis à la ronde en m’asseyant : « j’ai fait ce que j’ai pu mais je ne promets rien… » Déjà les trois adultes me regardaient d’un air ahuri, tellement surpris non seulement que je ne me sois pas énervé, mais surtout que j’aie trouvé le moyen de me marrer et de faire marrer les ados par-dessus le marché.
 
Finalement les jeunes se sont calmés, j’en ai entendu un qui disait à un moment : « il a mal au cul ! » et puis le voyage s’est passé calmement jusqu’au bout.
Par Gorge Rouge - Publié dans : écrin
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Jeudi 5 juin 2003
 Si le projet de loi sur les retraites est voté le 10 juin prochain (2003) et appliqué, nous perdrons de 2 ans et demie à 3 ans de salaire au terme de notre espérance de vie (calculs effectués par des économistes d’attac*). Pendant ce temps si rien n’est fait, les revenus du capital continueront de progresser au détriment du revenu du travail. Et les inégalités croîtront encore.

Il sera beaucoup plus difficile de supprimer la loi que d’empêcher son vote. C’est pourquoi la grève, massive, dès aujourd’hui et avant le 10 juin, est vraiment nécessaire pour faire pression sur le gouvernement.

Quelques jours de salaire en moins valent mieux que 3 ans de salaire partis en fumée… c’est-à-dire dans la poche des actionnaires et des profiteurs des niches fiscales qui essaient de se faire discrets.

Que pèsent les échéances professionnelles, quelles qu’elles soient, quand dans les cinq jours qui viennent se joue un basculement ou non vers un creusement sans précédent des inégalités économiques dont nous ferons les frais ?

Pas de doute qu’une fois cette loi votée, c’est une explosion des revenus du capital qui nous attend, déjà 13% d’augmentation des bénéfices de Nestlé entre 2001 et 2002, 13 points qui ne sont jamais appelés à être redistribués.

La pyramide des âges, qu’ils nous disent ? Mensonge ! « L’avenir des retraites relève moins de la pyramide des âges que de la répartition des richesse produites » Lignes d’attac, janvier février 2003.

Nous avions cru que la mécanisation, l’automatisation et la robotisation allaient rendre le travail moins pénible… Il est temps que les profits engrangés soient partagés entre tous et que cesse le désastre économique engendré par les dividendes des actionnaires !


* Les valeurs retenues pour cette simulation ont été choisies de manière à obtenir des résultats nettement en deçà de la réalité.
 
1960 : les 20 % les plus riches à l’échelle mondiale possèdent 70 % des richesses
 
1997 : ces mêmes 20 % possèdent 86 % des richesses
 
 
1960 : les 20 % les plus pauvres possèdent 2,3 % des richesses
 
1997 : ils ne possèdent plus que 1 % des richesses
Rapport des Nations Unies

 
Monsieur Raffarin, votre politique contribue-t-elle à inverser cette tendance ?

Répondez à la question, Monsieur Raffarin !

La réponse est NON !

 
 
Un projet au moins existe, alternatif au vôtre et réaliste, celui de l’association attac. L’avez-vous lu, Monsieur Fillon ? Savez-vous qu’il existe, Monsieur Raffarin ? Il serait temps !
Ces arguments économiques valent également pour contrer la décentralisation. La fonction publique territoriale n’est jamais que l’anti-chambre idéale de la privatisation dont rêvent les libéraux, de droite comme de gauche, qui ne savent que raisonner dans le contexte étroit d’une économie libérale dont la première caractéristique, loin d’être la liberté, est surtout d’être fondamentalement inégalitaire !
Il n’est pas question d’appeler à un quelconque stalinisme mais à des formes plus souples de gestion politique, telles que la démocratie participative. Voir « Porto Alegre – L’espoir d’une autre démocratie », Marion Gret et Yves Sintomer, éd° La Découverte, mars 2002. Fiche de lecture sur ce blog : Démocratie participative et écologie.
Par Gorge Rouge - Publié dans : jade
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Lundi 9 septembre 2002

 

       Produire 15 % de l’énergie sous forme d’énergie renouvelable d’ici 2010, cet objectif n’a pas été fixé à Johannesburg.

 

Et alors ? Sommes-nous obligés d’attendre une telle décision, venant de nos « décideurs », pour nous fixer nous-mêmes et atteindre cet objectif et même un objectif plus haut ?

 

Comment ? Par exemple en passant par le monde associatif et le mouvement citoyen. Autant que la citoyenneté serve à quelque chose !

Par Gorge Rouge - Publié dans : neige
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Jeudi 5 septembre 2002

 

Les critiques du FMI ne disent jamais qu’une égalité relative (écarts de richesse entre 1 et 3, 1 et 10, peu importe) relancerait la consommation et les emplois, et que ça résorberait le chômage. Ces critiques ne disent donc jamais que, si on renverse le problème de la feignantise des chômeurs, on se rend compte que ce sont bien en réalité ces inégalités excessives qui sont la source du chômage.

 

De toute façon, il faut non pas relancer mais réduire la consommation. Ce qui n’est pas incompatible avec une réduction importante des inégalités, mais qui par contre doit s’accompagner d’un effort sans précédent pour développer la sobriété comme valeur de survie.

 

Et là, nous tirons sur quelle ficelle ? Sur celle de la capacité à se contenter de ce que l’on a, sur l’urgence de boycotter la publicité et de jeter sa télé à la poubelle, sur le recours à la terre et à une vie simple.

 

Nous tirons sur la ficelle qui nous fera retrouver l’harmonie universelle que l’on peut ressentir en lisant Luis Ansa ou Jérémy Narby, cette harmonie qui n’est pas la séparation entre l’homme consommateur et la nature consommée et pillée mais selon laquelle au contraire l’homme et la nature sont complémentaires. Et cette attention se traduira par l’élévation du niveau de conscience des individus, par un plus grand respect de la vie en général, par une redécouverte du sens du sacré (qui est encore plus facile dans la nature que dans les églises), et par un retour du spirituel ; ce spirituel au sens où Dieu, c’est nous, Dieu, c’est la nature, et ce spirituel selon lequel le sens du sacré ne doit pas, ou pas seulement, être recherché dans la prière, mais dans tous les actes et tous les instants de la vie quotidienne.

  

 

Finalement André Malraux aura peut-être bien eu raison à propos du retour du spirituel au XXIème siècle, pas forcément là où on l’attendait, je veux dire dans les mouvements sectaires et fanatiques, mais plutôt là où on ne l’attendait pas : le dénuement.

  

5-26 septembre 2002

 

Par Gorge Rouge - Publié dans : arc-en-ciel
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Jeudi 5 septembre 2002

Petite synthèse acerbe de la grande escroquerie cynique

 

 

            On a pu lire et entendre un peu partout depuis 1996 que les 358 personnes les plus riches de ce monde possédaient autant que les 2,3 milliards d’individus les plus pauvres. ( Et on peut lire dans la revue « Silence ! » de mars 2003 que ‘les 225 patrimoines les plus élevés de la planète possèdent autant que les 2,5 milliards les plus pauvres, soit 47 % de la population totale.’ Comme quoi l’écart continue bien à se creuser.)*

            Comme on sait aussi que la majorité de l’humanité vit dans des pays à la fois pauvres et totalitaires, on peut en conclure que plus de la moitié de l’humanité n’a pas son mot à dire quant à ces inégalités puisqu’elle ne participe pas au débat démocratique.

Quant à la minorité restante des privilégiés, habitants des pays riches et démocratiques, plus de 50% d’entre eux votent pour des politiques qui maintiennent cet état de fait inégalitaire. D’ailleurs on n’a pas vraiment le choix : la seule alternative qui nous est offerte par l’environnement médiatique est une alternative qui, elle aussi, justifie les inégalités citées plus haut.


           
Certes, d’autres choix échappent à ce contexte médiatique formaté : des partis politiques minoritaires souvent qualifiés d’extrémistes (ce qui renforce, voire explique leur situation minoritaire), soit l’abstention, soit l’implication dans des structures non politiques, associatives, caritatives etc. Mais pendant ce temps d’engagement, les urnes ont été remplies, la messe a été dite.

 


           
Rares sont ceux qui sont capables d’entendre qu’il y a un lien entre richesse des uns et pauvreté des autres. Car tirer sur ce genre de ficelle renvoie à des frayeurs comme nivellement par le bas, uniformité, communisme, morne plaine et j’en passe. Prenez l’expression « appauvrir les plus riches » par exemple, ce n’est pas bon, ça fait peur. Laisser des milliards de pauvres mourir de faim, on a l’habitude, mais prendre la décision, proposer ou seulement envisager d’appauvrir les plus riches, minoritaires, c’est impensable.

 




           
« Nous voulons des sous », oui, ça c’est correct. Mais demander à qui nous prendront ces sous, c’est déjà tabou. Si en plus, on suggère de les prendre aux plus riches, alors là c’est extrémiste.

 


           
Du coup, quand on y parvient, à avoir des sous en plus, c’est en les prenant dans le pot commun. Et on déshabille Pierre pour habiller Paul. Alors que Charles, Ernest-Antoine, Édouard et François-Xavier, intouchables, ont sur le dos cinq manteaux de fourrure et quinze pardessus.


           
À part ça, nous vivons dans un pays, dans des pays démocratiques. La démocratie ! Quelle valeur ! Quel refuge !

 

             Comment les dire, ces choses-là ? À qui ? « D’où tu parles, toi ? Extrémiste ! »

 


           
Elle est belle, la démocratie ! Passer sa vie à voir tous ces pauvres mourir – y compris dans des pays riches – et passer sa vie à voir tous ces gens accepter ça sans broncher parce que « le nivellement par le haut, c’est bien mieux », franchement, ce n’est pas joyeux.

           
La démocratie, c’est un processus de décision collective à l’échelle d’une nation et au-delà. Notre démocratie est foutue, puisqu’on ne parvient pas à décider autre chose que des fusions d’entreprise et des plans de licenciements, juteux pour seulement quelques actionnaires minables qui ne se rendent pas compte, ou s’en foutent, que leur jeu fait des morts à l’autre bout de l’axe économique.

 


           
Alors il existe d’autres voies que la démocratie à grande échelle : c’est d’une part la démocratie locale, participative, comme à Porto-Alegre (1,3 millions d’habitants) ou au Chiapas (grand comme la Bretagne) ou dans des écoles qui pratiquent la pédagogie institutionnelle (« L’école avec Françoise Dolto », en poche). Et c’est d’autre part le détachement progressif de la servilité salariale (encore heureux quand on a un boulot) pour retrouver dans tous les domaines de la vie une autonomie solidaire, faite d’échanges de proximité.

 


           
Le défrichage de ces deux voies est la seule issue, la seule stratégie possible. Mais tout est à faire. À commencer par la sobriété, et le culot. Avoir le culot de rouler à l’huile de friture avec une voiture diesel.

 


5 septembre 2002

 

 

* On sait aussi pour l’avoir entendu ici et là que les 3 personnes les plus riches au monde possédaient, il y a peu, autant que le PIB des 48 pays les plus pauvres. « Possédaient » car depuis ça doit être pire.

Par Gorge Rouge - Publié dans : jade
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Vendredi 26 avril 2002
 
entre capital et salaires
 

 
Entendu récemment à la radio que la part des bénéfices des entreprises était largement en faveur des revenus du capital en 1967 et au détriment des salaires. Ce fait est en partie à l’origine des évènements de 68.

À partir de là, une correction progressive en faveur des salaires s’est opérée jusqu’en 1983, deux ans après le 10 mai 1981… Puis le mouvement s’est inversé, la part attribuée au revenu du capital a recommencé à gagner du terrain pour retrouver, en 1997, le niveau qu’elle avait en 1967. Et depuis 1997 le processus continue.

À mettre en relation avec :
- la montée du chômage ;
- le bouquin de Christophe Dejours : « Souffrance en France, la banalisation de l’injustice sociale » dans lequel il dit que « l’impossibilité des gens d’exprimer leur souffrance au travail constitue un obstacle majeur pour reconnaître la souffrance des chômeurs » ;
- l’augmentation de la précarité et du travail partiel sous-payé ;
- l’augmentation de la mortalité dans les catégories sociales en précarité ;
- l’augmentation des suicides (il y a plus de suicides que de morts par accidents de la route en France) ;
- l’augmentation des inégalités économiques attestée par des statistiques qui ne prennent jamais en compte la misère dans laquelle étaient tous ceux qui sont morts précocement (voir les deux alinéas précédents) ;
- l’explosion de la bourse et des flux financiers issus des transactions de change ;
- l’augmentation du nombre de petits porteurs ;
- le manque de soutien des actions menées par ATTAC de la part du PS et de l’UMP (RPR en avril 2002) ;
- l’augmentation du nombre annuel de voitures incendiées ;
- l’augmentation de la violence dans les collèges ;
etc.
 
Donc aujourd’hui nous jetons la pierre à Le Pen, à ses électeurs et aux victimes des politiques menées depuis la fin des 30 glorieuses. Bien. Chirac sera ré-élu, plébiscité, les Socialistes feront probablement un score fleuve aux législatives dès le premier tour, le quinquennat se passera tant bien que mal dans une cohabitation cahotante, une « cahobitation » en quelque sorte, et après 5 ans ? Re-Le Pen ?

Quelle solution ? Quelle garantie pour un monde plus égalitaire ?


Deux
solutions (qui ne sont pas sans lien l’une avec l’autre).

Premièrement, se remuer pour mettre en place, via les collectifs Attac et les partis d’extrême gauche, des systèmes municipaux de démocratie participative du genre de celui de Porto Alegre au Brésil. Il faudrait que Le Monde Diplomatique ressorte son article d’août 1998 qui expliquait très bien ce que c’est.
Lire aussi le supplément « Quand la ville est porteuse des espérances de citoyenneté », Le Monde diplomatique, mai 2000. Il est inimaginable que des gens qui prennent collectivement en mains leurs affaires municipales et qui sont confrontés aux problèmes locaux de solidarité en viennent à voter massivement pour l’extrême droite.

Deuxièmement, redoubler d’effort pour développer les dynamiques autonomisantes, que ce soit les énergies autonomes et renouvelables (récupération des eaux de pluie et Vivendi peut aller se faire voir ailleurs) ou les réseaux d’économie de proximité. Cette dynamique ne demande aucune institutionnalisation, c’est pour cela qu’elle est peu médiatisée et peu connue, mais elle existe bel et bien. C’est un mouvement qui se développe « par en-dessous », sans rien demander à personne, et qui prend petit à petit de l’ampleur.
On peut en trouver l’expression dans des revues comme Silence, tél. : 04 78 39 55 33 (sur abonnement ou dans les Biocoop) ou Passerelle Eco,
http://passerelles.eco.free.fr 
Par Gorge Rouge - Publié dans : jade
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