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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 18:33

La tradition du Tao enseigne l’histoire suivante :

 

un jour, un Roi reçut un bouffon qui se mit à l’imiter d’une manière si ressemblante et si drôle qu’il le nomma Ministre.

 

Une autre fois ce même Roi reçu la visite d’un voyageur qui lui conta tous ses malheurs avec tant de chagrin et de désespoir que le Roi le fit brûler sur le bûcher le jour même.

 

 

Nous autres occidentaux sommes assez fortement imprégnés de cette philosophie. Nous préférons « une France qui gagne », ainsi que les gens qui ont « l’esprit d’entreprise ».

 

 

Sous cette attitude se dissimule un leurre : celui de croire qui l’enthousiasme suffira à régler les problèmes. Or le résultat est plutôt de cacher les problèmes, sans les résoudre.

 

Certes, se lamenter ne suffit pas non plus. Mais l’enthousiasme s’accompagne trop souvent de l’accord implicite avec l’idéologie dominante – alors que le bouffon du Roi, certainement, réussissait à dénoncer les écueils de la politique royale. Son message excellait sur le fond et la forme.

 

 

La bouffonnerie s’enseigne-t-elle ? Peut-on concevoir une société fondée sur la bouffonnerie comme moyen principal de communiquer ? L’école peut-elle, en admettant qu’elle en poursuive le but, former des Coluche et des Pierre Desproges à grande échelle ?

 

 

Cette parabole du Taoïsme semble pertinente dans le cadre d’une société globalement en bonne santé. Mais comment imaginer Al Gore filmer « Une vérité qui dérange » de telle manière que les spectateurs soient autant hilares que le Roi face à son bouffon ? Encore qu'il a réussi à mettre une bonne dose d'humour dans son film.

 

 

De multiples civilisations semblent devoir leur disparition à leur mode de vie, et plus particulièrement à leur consommation sans frein de matières premières jusqu’à épuisement des stocks. Lorsqu’elles étaient vitales, ces matières premières une fois disparues provoquèrent des famines telles que certaines civilisations ne s’en remirent pas et disparurent à leur tour.

 

Toutes les sociétés n’ont pas sombré dans de tels comportements de pillage.

 

« Seulement lorsqu’il aura coupé le dernier arbre,

seulement lorsqu’il aura pêché le dernier poisson,

seulement lorsqu’il aura tué le dernier bison,

l’homme blanc se rendra compte que l’argent ne se mange pas »

disait un grand chef indien.

 

Nous connaissons cet avertissement, nous savons la disparition d’anciennes civilisations, mais nous persistons à nous méfier des oiseaux de mauvais augure qui prédisent le réchauffement climatique dans toute l’ampleur impensable qui en fera une catastrophe sans borne. 4 degrés de plus d’ici 100 ans, mais combien encore de degrés de plus d’ici 150 ans : 6 degrés ? D’ici 200 ans : 8 ? 10 degrés ?! Inconcevable. Et c’est en grande partie parce que c’est inconcevable que nous y allons.

 

Un métier d’avenir ? Fossoyeur. Croque-mort. Ramasseur de cadavres. Entrepreneur de fosses communes.

Tout le monde est mort de rire.
   

                                    


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Published by Gorge Rouge - dans vitre
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