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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 18:33

« Les émissions de GES dues aux voitures particulières ont augmenté de 17 % entre 1990 et 2004 alors que le total des émissions diminuait de 0,8%. L’amélioration constante de la performance écologique des moteurs est annulée par l’accroissement de la distance parcourue chaque année ( + 30 % entre 1999 et 2004 ), l’augmentation du parc de véhicules (27 millions à 30 millions ), leur vieillissement (5,8 à 7,6 ans d’âge moyen), leur alourdissement (900 kg par véhicule en 1984, 1 250 aujourd’hui) et la hausse de la puissance des moteurs ( + 38 % en 2 ans). Autres causes majeures : l’éloignement croissant entre le domicile et les lieux de travail et de services, et la multiplication des ménages bi-actifs, équipés d’au moins deux véhicules. »

 

Le Monde Économie du 30 janvier 2007, page II

 

 

 

De telles constatations valent assurément des commentaires dans la mesure où ils sont totalement absents du discours médiatique ambiant.

 

Se contenter les progrès technologiques est insuffisant. Mais que faut-il donc en plus de ces progrès technologiques pour atteindre les objectifs de Kyoto ? Là est la question, jamais posée, puisque tous les présupposés qui vantent les comportements citoyens sont basés sur le fait que ces recommandations peuvent suffire. Ici on voit que c’est faut. Moins 0,8 % en 14 ans malgré tant d’efforts d’information, il faut bien se remettre en question !

 

L’accroissement de la distance parcourue chaque année, et quel accroissement ! + 3 % en 5 ans ! Quelle en est la cause et comment inverser le phénomène ? Personne ne pose la question : elle risquerait de remettre en question le dogme de la croissance économique et celui de notre mode de vie.

 

L’augmentation du parc de véhicules de + 11,1 % en 5 ans : même commentaire.

 

Leur vieillissement : voilà un fait particulièrement intéressant à commenter ! La France n’a jamais été aussi riche (voir son taux de croissance même s’il reste inférieur à celui de certains de nos voisins européens), mais la répartition très inégale des « fruits de la croissance » fait que la plus grande partie des français s’appauvrissent (voir la revue de presse du Plan B de février 2007 ci-dessous).

La question qui se pose, cruciale, complexe, devient dès lors : comment les « consommateurs » vont-ils réussir à s’adapter à l’offre de produits certes plus écologiques mais plus chers alors que leur pouvoir d’achat diminue, sachant que la tentation à consommer augmente (12% de hausse des dossiers de surendettement en un an), que rien n’est fait pour diminuer la place de la publicité (hormis le journal La Décroissance), et qu’il faudrait d’urgence s’engager vers un mode de vie décroissant pour réduire les émissions de GES ?

Sarko et Ségo nous aideront-ils à trouver la réponse ?!! Pas sûr, dans la mesure où l’artisanat local semble être le cadet de leurs soucis.

 

Leur alourdissement et la hausse de puissance des moteurs : c’est l’occasion de pointer la part des responsabilités qui incombe aux normes de construction, donc aux décisions politiques, institutionnelles, collectives, en face des appels à la responsabilité individuelle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans le même ordre d’idées, pourquoi Hulot ou d’autres n’appellent-t-ils pas à la vente de produits en vrac, sans emballages, locaux, biologiques, à la mise en place de jardins d’insertion dans chaque communauté de commune, à l’arrêt de fabrication des ampoules classiques au profit des Lampes Basse Consommation, au développement des transports en commun, à la généralisation des maisons passives, etc. ?

 

L’éloignement croissant entre le domicile et les lieux de travail : comment inverser ce phénomène sans continuer à concentrer les zones d’activité commerciale ou les zones artisanales, et sans continuer à concentrer, ailleurs, les zones résidentielles, et donc sans inverser radicalement les tendances majeures des politiques urbaines ?

 

L’éloignement croissant entre le domicile et les lieux de services : même nécessité de renversement des orientations urbaines ; seul un retour volontariste vers les petits commerçants, dits de proximité, pourra permettre à nouveau d’aller acheter sa baguette à pieds. Mais c’est tout le système de la grande distribution qu’il faut attaquer. Il ne faut pas compter sur le MEDEF ni sur Sarko !

 

Enfin : la multiplication des ménages bi-actifs, équipés d’au moins deux véhicules. Ça renvoie au taux de chômage : en période de plein emploi, je n’ai pas trop de peine à trouver un boulot près de chez moi. Ça renvoie aussi à la nature de l’activité : l’industrialisation massive et la concentration des moyens de production obligent à aller travailler seulement dans quelques grosses unités de production ; tandis que l’artisanat local à la papa permettait de s’installer n’importe où, chaque ville ayant besoin de son artisan dans tous les secteurs de l’activité économique.

 

15 février 2007

 

 

_________________

 

 

 

Revue de presse du Plan B de février 2007

 

« - Évolution des profits des firmes du CAC 40 entre 2000 et 2005 : + 54 %.

- Évolution des dividendes qu’elles ont versés à leurs actionnaires pendant ces cinq ans : + 71,7 %.

- Évolution des investissements de ces mêmes entreprises au cours de la période : - 41,4 %.

- Nom du génie social-démocrate qui a déclaré : « Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain qui seront les emplois d’après demain » : Helmut Schmidt, ancien chancelier allemand

(Capital, janvier 2007, ISS). »

 

 

Le Plan B de février 2007, Chiffres & Délices, page 3.

 

 

 

Ces Chiffres & Délices méritent que soient rappelés les propos suivants, rédigés le 26 avril 2002 :

 

« Entendu récemment à la radio que la part des bénéfices des entreprises était largement en faveur des revenus du capital en 1967 et au détriment des salaires. Ce fait est en partie à l’origine des évènements de 68.

 

A partir de 68, une correction progressive en faveur des salaires s’est opérée jusqu’en 1983, deux ans après le 10 mai 1981… Puis le mouvement s’est inversé, la part attribuée au revenu du capital a recommencé à gagner du terrain pour retrouver, en 1997, le niveau qu’elle avait en 1967. Et depuis 1997 le processus continue. »


Ce n’est pas sans rappeler la triste boutade : « dans la vie, il faut choisir : travailler ou gagner de l’argent ».

 

 

15 février 2007

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Published by Gorge Rouge - dans arc-en-ciel
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