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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 16:15

Je cherche à comprendre d’où viennent ce cynisme, cette inconséquence, cette résignation vis-à-vis du réchauffement climatique.

Et je crois tenir une piste solide.
 
Tout le monde connaît le problème mais tout le monde le minimise.
 
Effet pervers : en sous-estimant l’ampleur du phénomène nous ne nous y attaquons pas autant qu’il le faudrait.
 
Pourquoi fonctionnons-nous ainsi ?
 
Quand les autruches sortiront-elles la tête de sous le sable ?
 
Je mets les raisons de ce mécanisme général sur le compte de la physiologie. De l’affectif.
 
Nous sommes d’abord des êtres reptiliens (le fameux cerveau reptilien qui gère nos émotions), des êtres archaïques (voir le livre de Laurent Daillie : « La logique du symptôme » site : www.biopsygen.com ).
 
Que signifie ce « d’abord » ?
 
Plutôt que de faire un raisonnement théorique, je préfère dire sur quelle expérience je me base pour étayer mon hypothèse.
 
« Un jour », il y a de cela un an environ, probablement après avoir vu « Une vérité qui dérange » mais peu importe, ma prise de conscience de la catastrophe écologique et humaine qui s’annonce fut d’une telle intensité qu’elle se traduisit par un immense stress, un immense frisson qui me traversa tout le corps.
 
C’est comme si j’avais vécu dans mon corps, dans mes cellules, cette sensation, cette connaissance de la catastrophe annoncée. Ce n’était plus une connaissance intellectuelle, mais physiologique, globale, de tout mon être.
 
Comme souvent, j’ai raconté maintes fois cette expérience avant de l’écrire.
 
Pourquoi l’écrire aujourd’hui ? Parce que j’ai vécu à nouveau, comme une piqûre de rappel, ce grand stress il y a trois jours.
 
Maintenant que j’écris pour mon blog, pour mes lecteurs potentiels, je ne peux plus isoler mes textes comme c’était le cas avant : vous avez désormais non pas un texte entre les mains, mais tous. Et le caractère répétitif (et insupportable) annoncé en page d’accueil devient une préoccupation nouvelle pour moi…
 
Comment faire ?
C’est en lisant dans la dernière livraison de La Décroissance (novembre 2007), l’article de trois pages d’Emmanuel Broto que j’ai vécu ce stress.
 
C’est un blog de promotion, de propagande, de bourrage de crâne pour ce canard, et je ne peux plus le citer sans me dire que j’abuse trop grave. Je vais dire La Déc, ce sera plus supportable pour les oreilles, et comme son sous-titre c’est « le journal de la joie de vivre », le fait que ça évoque la déconnade n’est pas trop contradictoire.
 
Donc cette piqûre de rappel de jeudi dernier s’est passée ainsi : j’ai lu l’article dans le train, j’ai fait les 15 minutes à pied de la gare à mon boulot sans dire un mot à Lydia qui m’accompagne chaque matin, et pendant qu’elle échangeait des banalités insouciantes avec sa voisine je me disais : nous sommes au début de la « cata », elles le savent, ils le savent tous et nous allons au boulot chaque jour comme si de rien n’était, insouciants, inconscients. Irresponsables.
 
Arrivant au boulot je donne le canard à mon patron en lui disant de lire ça, absolument, puis je gagne mon petit bureau avec mes collègues à qui je fais part de ma lecture, de mon état d’abattement profond. Et là je n’ai pas reçu le soutien et la compréhension auxquels je m’attendais, mais plutôt du cynisme et des attitudes d’évitement, du genre, sur un ton désinvolte : « tiens Robin aujourd’hui il nous a annoncé la fin du monde ! »
 
Ce n’est que dans l’après-midi que j’ai retrouvé mes facultés intellectuelles normales et que j’ai reconnecté avec l’issue artisanale locale comme sortie possible. Avant, le stress m’empêchait de raisonner.
Et à ce moment, toute la portée du texte Ventouse du 1er novembre dernier a pris son sens.
 
 
Quid des représentants des collectivités territoriales ? Ils sont logés à la même enseigne ! Tant qu'ils n'auront pas traversé cette porte du frisson, ils ne bougeront pas une oreille. Et d'ici là tant que nous attendrons une solution de nos élus rien ne se passera.

Et je le répète : c'est l'échelle locale et territoriale, et seulement elle, qui peut nous faire quitter rapidement et collectivement notre dépendance suicidaire aux énergies fossiles, aux émissions de gaz à effet de serre en excès et au basculement climatique. 



Question suivante :
si cette hypothèse est vérifiée (pas de prise de conscience intellectuelle réelle, suivie d’effets, sans passage par une prise de conscience émotionnelle ; l’émotionnel précède le mental),
comment se fait-il que le fait de voir le film d’Al Gore, de lire l’article d’Emmanuel Broto,
ne soient pas du tout vécus, ressentis de la même manière d’un individu à l’autre ?
 
Exemple : un lecteur de l’article de Broto réagissait ainsi : « oui, c’est trop tard ! » et retournait tranquillement à ses occupations quotidiennes…
 
Il faut du temps pour atterrir, pour mesurer, pour comprendre ?
Détérioration de la perception, confusion entre réalité et fiction ?
La place du « on n’y peut rien » est telle qu’elle empêche une perception émotionnelle qui, sans solution, ferait place à une angoisse insupportable ?
 
Alors c’est un argument pour que les solutions précèdent les constats ou au moins les suivent de très peu.





« L’émotion est la source principale de toute prise de conscience.

Point de passage de l’obscurité à la lumière,

 ni de l’inertie au mouvement sans émotion. »

 

Carl Gustav Jung, cité par Isabelle Filliozat dans « L’année du bonheur » à la date du 14 février.


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Published by Gorge Rouge - dans braise
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commentaires

Gorgerouge 23/11/2007 03:28

Finalement Esprit du colibri il me semble qu'une partie de la réponse à ton commentaire du 11 novembre 2007 se trouve dans ce blog : voir Blocages & solutions, 4 septembre 2005.

nico 11/11/2007 21:14

j'aime la façon dont du exprime ton ressentiment mais ca tu le sais deja je suis de tout coeur avec toi et longue vie a gorge rouge un jour on les aura s'il n'est pas trop tard bie sur signe ton bofils adore

esprit du colibri 11/11/2007 14:40

Salut Robin!
Je crois que je comprends ce que tu as pu ressentir, mais je comprends aussi ce que peuvent ressentir "les autres". Pour ma part, parfois j'ai l'impression qu'à ma petite échelle, cela ne sert à rien si les autres ne font pas d'efforts aussi. Alors je me dis que l'océan est fait de milliards de gouttes, et pas d'une masse entière...
Côté politique je n'ai accepté de me réengager dans l'équipe municipale qu'à la condition qu'un projet de cantine bio soit fait et que le prochain lotissement soit écologique...
Sinon tite question, pourquoi Gorge-rouge?

Gorge Rouge 05/02/2011 21:32



J'explique l'histoire de mon surnom dans Gorgerouge, aphorisme et copinages



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