Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 17:49

 

                                                                  De l’EEDD*

à la maîtrise du réchauffement climatique

 

(* Éducation à l’Environnement pour un Développement Durable)

 

« Notre planète est menacée de mort. La communauté scientifique internationale s'accorde pour dire qu'il nous reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe générale. » Déclaration d’Al Gore, voir le site : http://tecsol.blogs.com/mon_weblog/2006/09/changement_clim.html

 

4 parties :

document de 8 pages A4

Critique des bases de l’EEDD………………….page 1

Le réchauffement climatique : quel constat ?….... page 2

Que faisons-nous ? …………………………….page 4

Que faire ?…………………………………….. page 5

 

 

Pour aller à l’essentiel, aller à  Que faire ? en cliquant
ici :
De l’EEDD à la maîtrise du réchauffement climatique 2/3

 

Avertissement : à plusieurs reprises des positions très personnelles (pas les miennes !) sont citées. Je sais par expérience qu’un fond d’irresponsabilité collective à l’égard du réchauffement climatique se retrouve quasiment à l’identique chez presque tout le monde. Autrement dit ces témoignages sont cités dans la mesure où ils reflètent l’opinion collective majoritaire telle que je la rencontre autour de moi tous les jours.

 

 

I  Critique des bases de l’EEDD :

 

Brundtland

 

Presque tous les colloques sur le développement durable s’ouvrent sur cette définition, extrait incontesté du Rapport Brundtland de 1987 : « Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (phrase introductive de la Stratégie Nationale du Développement Durable - SNDD - signée par le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin le 3 juin 2003).

 

Est-il arrivé que dans certains de ces colloques, quelqu’un mette en évidence le fait que « répondre

 aux besoins » soit assimilé à « satisfaire ses besoins », et qu’il serait plus pertinent de « diminuer » ses besoins ?

 

Développement durable

 

Tous les colloques ou presque sur le développement durable s’appuient sur les trois bulles interpénétrées du social, de l’économique et de l’environnemental, bulles au cœur desquelles apparaît le concept de développement durable.

 

Est-il arrivé que dans certains de ces colloques, quelqu’un mette en évidence le fait que ces bulles n’ont pas  empêché l’agence gouvernementale américaine de l’énergie d’annoncer que les émissions mondiales de dioxyde de carbone augmenteront de 75% entre 2003 et 2030 ? Et il faut ajouter : augmenteront si rien n’est fait pour diminuer rapidement nos émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) de 50% ! Cette précision est si rarement entendue, signe de la passivité ambiante, même si certains se démènent ! (Voir « Que faisons-nous ? »)

 

Pourquoi entendons-nous régulièrement des estimations "d'ici 100 ans", "dans un siècle", alors que nous aurons disparu bien avant si nous n'arrêtons pas d’urgence et massivement nos émissions de GES et nos pollutions en tout genre ?



EEDD

 

Le terme EEDD nous fait passer à côté de ce qui devrait être : la Politique Environnementale pour une Sobriété Durable – PESD.

 

Le terme d’Education concerne essentiellement le monde de l’enfance. À travers ce mot, les adultes ont une fâcheuse tendance à « abandonner » les enjeux environnementaux … aux jeunes. On entend même souvent dire que ce sont eux, les jeunes, les plus concernés par l’environnement, puisque c’est leur avenir qui est en jeu… Comme si nous, adultes, nous n’avions pas d’avenir. Dans cette délégation aux jeunes, cette décharge par procuration, il est évident que ces mêmes jeunes, une fois devenus adultes, reproduiront à leur tour les mêmes discours en s’adressant à leurs propres enfants. De la même façon avons-nous souvent été nous mêmes, étant plus jeunes, les destinataires de ces mêmes discours que tenaient déjà nos parents, il y a de cela une génération : « c’est votre génération qui porte l’avenir de notre pays ! »

 

La seconde dérive de l’EEDD réside dans le premier D : Développement.. Si l’on pouvait lire, en juin 2006, sur le site Internet du MEDEF : « le Développement Durable, un secteur de croissance pour l’entreprise », leur slogan s’est un peu édulcoré en devenant : « le Développement Durable, un enjeu stratégique pour les entreprises ». Qui peut nier que la croissance économique et le réchauffement climatique sont directement liés ? A l’inverse, le bi-mensuel « la Décroissance », prône une maîtrise du réchauffement climatique par la décroissance économique. « Sobriété et partage » est leur devise.

 

Troisième dérive : le terme « durable » c’est vague. De quelle échéance s’agit-il ?

Courant juillet 2006, lors d’une discussion à propos de la climatisation automobile qui augmente de 15 à 20 % la consommation du véhicule, un ami me dit qu’il est hors de question qu’il se sacrifie individuellement pour se passer de la climatisation pendant les canicules. Mais quand je lui propose l’autre alternative : une interdiction collective pure et simple de la climatisation, il me répond qu’il n’est pas d’accord non plus !

Et il ajoute, avec cet humour cynique très répandu : « les générations suivantes je m’en fous ». Je lui fais remarquer qu’il a trente ans et qu’avec sa compagne ils auront probablement un marmot dans les années qui viennent… Il ne répond rien … Le silence.

Une grande souffrance peut s’extérioriser et se soigner par l’expression, par la parole. Faute de cette expression, le suicide est une ultime manifestation de cette souffrance.

Or dans le cas présent mon ami est resté sans voix, impossible de dire quoique ce soit… suicide collectif et aphonie sont bien présents de concert.

Il est des peuples qui ne sont pas restés sans voix face à leur avenir : le livre « Voix indiennes » qui date d’une bonne vingtaine d’années décrit comment certaines sociétés amérindiennes basaient leur mode de vie sur le bien-être des sept générations à venir.

Notre époque est individualiste dans le sens où aujourd’hui on entend souvent dire : « moi je m’en fous dans quarante ans j’aurai x années, je serai vieux, mais pour la jeune génération ça ne va pas être drôle… ».

Alors que pour ces amérindiens l’avenir des jeunes, et des sept générations à venir, était indissociable de leur propre quotidien : la vie était autant sacrée pour eux-mêmes que pour leurs aïeuls et que pour les sept générations futures. Sept était un chiffre symbolique qui garantissait la survie pour l’éternité, tout en étant plus concret que l’éternité cosmique, comme celle par exemple à l’échelle de la vie du soleil sur laquelle nous n’avons pas prise.

 

 

II  Le réchauffement climatique : quel constat ?

 

Les principaux secteurs responsables de l’effet de serre sont, en France, les transports pour 26 %, suivis de l’industrie (22 %), de l’agriculture (19 %), des bâtiments et habitations (19 %).

 

Et depuis 1990, si les émissions de GES ont diminué de 22 % dans l’industrie, de 10 % dans le secteur agricole, de 9 % dans le secteur de l’énergie et de 8 % pour le traitement des déchets, elles ont augmenté de plus de 20 % pour les transports et les bâtiments. ( source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_serre ).

 « Sans nette inflexion, la demande (énergétique) va plus que doubler d’ici à 2050, prévoit l’Agence internationale de l’énergie (AIE) : + 300 % pour le charbon, + 138 % pour le gaz et + 69 % pour le pétrole » (Jean-Michel Bezat, Cahier du Monde du 5 octobre 2006 page I).

 

Sans vouloir retourner au moyen âge comme les chantres du progrès le dénoncent, force est de reconnaître que le mode de vie du début du XXème siècle, ou même de l’entre deux guerres, produisait bien moins de GES que notre mode de vie du début du XIème siècle. J’y reviendrai page 7 dans « quelques pistes ».

 

Dans l’état actuel des rejets exponentiels des GES, la croissance économique, n’en déplaise au MEDEF, est suicidaire à brève échéance. Quelle échéance ?

 

La calotte glaciaire a fondu de 40% en un siècle (exposition accessible dans de nombreux établissements scolaires, photos de Yann Arthus-Bertrand « YAB » - http://www.ledeveloppementdurable.fr/ ).

Or cette fonte n’a pas été répartie de manière régulière au cours du siècle et demie que nous venons de passer à émettre des GES : les dernières décennies en sont bien davantage responsables que les précédentes, et ces émissions de GES, causes du réchauffement climatique, croissent à un rythme exponentiel .

Les 60% restants auront fondu quand ? D’ici 50 à 70 ans selon Al Gore dans le film « Une vérité qui dérange » !

 

Quand les glaces polaires auront totalement disparu, leur rôle tampon n’aura plus l’effet qu’il assure aujourd’hui : hivers parfois plus rigoureux dus au froid emmagasiné dans les glaces qui le libèrent en fondant. Et sans ce rôle tampon des glaces polaires, c’est la fournaise à très brève échéance.

 

D’autres arguments plaident en faveur d’une très brève échéance pour que le réchauffement climatique se transforme en fournaise invivable :

 

- la terre a connu un réchauffement de 0,6° c depuis un siècle et demi, depuis la révolution industrielle du milieu du XIXème siècle. Trois fois plus suppose des dérèglements climatiques bien plus graves que ceux, déjà catastrophiques, que nous connaissons actuellement. Effectivement, au-delà de 1,5°C, des « conséquences terribles » sont à craindre. « C’est un plafond que les scientifiques recommandent de ne pas dépasser » (Le Monde 2, 12-8-06 : « Et si c’était pire ? »). Le rapport 2001 du GIEC prévoit entre 1,4 et 5,8°C d’augmentation, avec une « tendance qui se profile » qui serait autour de 4,8°C de plus d’ici 2100. Les 1,5°C fatidiques, si nous ne réduisons pas nos émissions de GES de 50%, seront donc atteints rapidement : trois à quatre décennies tout au plus sachant que c’est bien avant qu’il faut réagir.

 

- Prochain rapport du GIEC en 2007 ; celui de  2001 est déjà dépassé.

« Vous serez heureux de l’apprendre : le monde a tout au plus 10 ans pour agir contre les dérèglements climatiques et éviter une catastrophe… La mise en garde nous vient de James Hansen, un expert de la Nasa.

Cet éminent climatologue américain ajoute : ‘Si le monde maintient ses habitudes, la température augmentera de 2 à 3°C [d’ici 10 ans] et nous créerons une planète différente.’ »

Trouvé sur le site http://www.criseclimatique.fr/ , infos & blog, message daté du 29 septembre 2006.

Pour mémoire, Nicolas Hulot propose un plan pour diviser par quatre notre consommation de pétrole et de gaz d’ici à… 2050 !

 

- La durée de vie des molécules de CO² est de cent ans  (« Mal de terre », Hubert Reeves 2003/2005). Ce que nous rejetons en CO² dans l’atmosphère, bien plus qu’il y a un siècle, restera là pour cent ans encore. Et à ce jour nos émissions en CO² continuent de croître de manière exponentielle. Au vu des prévisions de plus 75% d’émissions de CO² entre 2003 et 2030 (Le Monde 2, 12-8-06), même si d’ici 10 ans (rêve fou !) nous cessions d’émettre tout excès de CO² par rapport à la capacité  d’absorption terrestre, soit une réduction de 50% de nos émissions mondiales actuelles, l’effet de serre dû au CO² ne devrait commencer à diminuer significativement que dans cent dix ans. (Sauf que d’ici là les glaces polaires auront fondu.)

 

- Comme l’explique l’article du Monde 2 déjà cité, les prévisions en matière de réchauffement sont peu fiables et en-dessous de la réalité. Selon Eric Rignot, glaciologue à la NASA, l’accélération de la fonte des glaciers est telle que le ralentissement de la circulation de l’océan profond pourrait aller jusqu’à s’arrêter. « Cela peut même survenir en deux ou trois ans », indique le chercheur. Ces « changements abrupts » sont mal maîtrisés et on n’en connaît pas les conséquences.

 

- Pour finir avec les constats : déjà Hubert Reeves nous interpellait dès 2003 dans « Mal de terre » sur les réserves de méthane, dont le pouvoir à effet de serre est vingt-et-une fois supérieur à celui du CO², enfouies – pour combien de temps ?! – dans les lacs de dégel sibériens sous les glaces polaires.

Stéphane Foucart écrit dans Le Monde du 8 septembre 2006 :  « selon Katey walter, chercheuse à l’Institut de biologie arctique de l’université d’Alaska, ces lacs pourraient émettre ‘cinq fois plus de méthane que précédemment estimé’ ».

 

Bizarre, cette impression qu’on entend moins parler d’Hubert Reeves depuis qu’il s’exprime en temps qu’écologiste et pas seulement qu’astronome ; bizarre mais pas inexplicable : voir « Les nouveaux chiens de garde » février 2006, 6€ ; « L’opinion, ça se travaille », octobre 2006, 8€ ; ou le bi-mensuel « Le plan B », en kiosque (site : http://www.leplanb.org/ ). Voir aussi « Une vérité qui dérange ».

 

Donc à très court terme, c’est déjà commencé, et si nous ne faisons rien – ou trop peu, le réchauffement climatique sera tel que les dégâts auront continué à provoquer de nombreuses migrations et pandémies humaines. Selon l’ONU, « 20 millions de personnes auraient déjà été amenées à quitter leur lieu de résidence » pour cause d’élévation du niveau de la mer et « d’ici à 2010, 50 millions d’humains devront fuir les régions où ils vivent » (Le Monde 2, 12-8-06). Des « conséquences désastreuses » sont à venir pour les grands deltas : Bangladesh, Mékong, Nil, Mississipi et pour les métropoles côtières comme Tokyo, La Haye, Calcutta, Bombay, Los Angeles, Shanghaï, New-York…(id.)

 

Qui peut parler de la disparition de l’humanité ?

 

Un milliard d’êtres humains disparus suffira-t-il à parler de disparition de l’espèce humaine ? Ou faut-il attendre la mort du dernier être humain ?

 

ATTENDRE : c’est bien le pire que nous faisons.

 

http://a7.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/188361_215661328480588_215643988482322_593399_2270274_n.jpgsource :

http://www.facebook.com/photo.php?fbid=215661328480588&set=pt.215643988482322&type=1&theater

 

III  Que faisons-nous ?

 

Il faut ici rendre compte de deux notes prises lors d’une réunion au cours de cette saison 2005/2006.

- Tout d’abord, la coordinatrice d’un dossier d’envergure sur l’environnement a terminé son exposé par : «  les transports, il faudra bien un jour qu’on s’en occupe, d’ailleurs ». Premier responsable du réchauffement climatique, c’est le seul domaine qui n’a pas été abordé lors de cette mission ! Cela illustre bien la stratégie systématiquement avancée en matière d’EEDD : « les petits ruisseaux font les grands fleuves ». Et en organisant les petits ruisseaux (tri des déchets, vie quotidienne, co-voiturage, normes industrielles plus contraignantes,) jamais on n’aborde de grand fleuve des transports, principal producteur de CO².

- Seconde note à méditer, un technicien en charge de la protection de l’environnement conclut son intervention en évoquant une certaine « théorie libérale selon laquelle, plus on s’approche du mur, plus on devient compétent en maçonnerie » ! Autrement dit : il est urgent de ne rien faire… Sa théorie, il ne l’avait pas inventée tout seul : il l’a bien entendue quelque part.

 

Ces deux faits sont représentatifs de notre passivité.

 

« La grenouille au bain marie », présentée dans ‘Une vérité qui dérange’ et en page 10 de la Décroissance n°33 de septembre-octobre 2006, donne probablement la raison prioritaire de cette passivité : pour faire court, si vous plongez une grenouille dans un seau d’eau très chaude elle saute immédiatement hors de l’eau ; mais si vous la jetez dans de l’eau froide et que vous faites chauffer à petit feu, la grenouille appréciera cette douce chaleur progressive et perdra son énergie avec l’augmentation de température. Quand l’eau sera trop chaude, elle n’aura plus la force de sauter hors de l’eau et elle finira ébouillantée, cuite. C’est ce qui nous arrive.

 

Plus généralement, tout le monde ou presque fait mine de vivre son quotidien « comme si de rien n’était » alors que sans une modification radicale de nos modes de vie dès demain, modification qu’il nous faut entamer dès aujourd’hui, le cauchemar nous attend d’ici peu. « A peine dix ans. »

 

Si de réelles réactions existent, encore bien trop rares et insuffisantes (voir les sites Internet ci-dessous), l’ambiance la plus répandue se rapproche plutôt de « tout va très bien, Madame la Marquise ».

 

La suite sur :   De l’EEDD à la maîtrise du réchauffement climatique 2/3

Partager cet article

Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans braise
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Gorge Rouge
  • : Essentiellement préparer l'après pétrole localement, fruit d'une quête tous azimuts pour comprendre ce monde de fous.
  • Contact

Profil

  • gorgerouge
  • Voir http://gorgerouge.over-blog.com/article-a-la-recherche-de-l-evidence-14-janvier-2011-65012602.html