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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 17:00

IV  Que faire ?

 



Les scientifiques s’accordent à reconnaître que l’heure n’est plus à diagnostiquer le réchauffement climatique : l’heure est à la mise en œuvre de solutions pour enrayer ou tenter d’enrayer ce réchauffement.

 

Pourtant cette prise de position n’est pas sans rencontrer elle aussi de sérieuses résistances. Un scientifique  responsable d’une équipe de recherche sur le changement climatique à Paris s’exprime dans Le Monde 2 du 12-8-06 : « Nous sommes dans une situation assez bizarre : nous savons que le climat (…) va changer de façon importante. (…) Nous en savons suffisamment pour dire stop aux émissions de gaz à effet de serre. Mais cette décision ne relève pas des scientifiques ».

 

C’est comme si je m’étais contenté de faire mon petit boulot sur l’éducation à l’environnement en me disant « ça suffit, je suis tâcheron, pas citoyen, mon travail s’arrête là ! » Les scientifiques – et les non scientifiques - ne sont-ils pas aussi des citoyens ?

 

Il me semble que le fait de renvoyer la question de la maîtrise du réchauffement climatique aux seuls individus est une ineptie inefficace : il faut prendre le problème par tous les bouts, et le seul bout de l’individualisme est  nettement insuffisant.

 

 

Il y a douze questions à se poser pour essayer d’enrayer le réchauffement climatique. D’urgence.

 

1 – Que puis-je faire individuellement et au niveau de ma famille, dans mon quotidien, pour réduire mes émissions de GES de moitié ? Cette question ne devant être arrêtée par aucune considération dite réaliste : il s’agit de faire fonctionner son imaginaire. (Cette clause doit être ajoutée à chacune des douze questions.)

 

2 –Quelles étapes progressives puis-je me fixer, et avec quelles échéances, pour mettre en place concrètement cette diminution de mes émissions de GES ? Voir les sites http://www.passerelleco.info ; http://www.decroissance.info/  ; http://www.enercoop.fr/  ; http://www.reseau-coherence.org/ ,

et les nombreux liens auxquels ils renvoient.

 

Pour Enercoop, des alternatives sont proposées aux particuliers pour quitter l’électricité au nucléaire ou au charbon. 40% de l’électricité mondiale est produite avec du charbon, principal responsable de la diffusion du CO² et du souffre dans l’atmosphère. (La Décroissance n° 33, septembre-octobre 2006, page 16.) Même l’électricité est directement concernée par les émissions de CO². Qu’en est-il du charbon propre et de la séquestration du CO² ? Seuls y  croient quelques apprentis sorciers qui dirigent le monde pour quelques temps encore, avides de nouvelles sources de profits, réunis au sein de ZEP (Zero Emission Platforme) : d’abord ce n’est que reculer pour mieux sauter, les réserves de charbon étant estimées à 155 ans. Ensuite « rien ne garantit que le CO² injecté en souterrain ne fuira pas au bout de quelques décennies » (Hervé Kempf, Le Monde du 5 octobre 2006 page VII). Enfin, pour Pierre Le Thiez, de l’Institut français du pétrole, « il faudra stocker des centaines de millions de tonnes de CO² pendant des siècles, voir des millénaires. Quelle industrie peut prendre une responsabilité sur mille ans ? » (id.)

 

3 - Que pouvons-nous faire collectivement pour modifier nos comportements afin de diviser par deux nos productions de GES, à commencer par une réduction massive de nos déplacements en voiture et des transports routiers ?

On se rend compte ici que nous n’avons pas d’expérience culturelle en matière de choix collectif de notre devenir : nous faisons les choses par habitude, par obligation sociale et nous sommes aujourd’hui dans l’incapacité d’inventer un autre mode de vie, et encore moins d’accéder à cette invention collectivement. Et pourtant il faut s’y mettre maintenant, sans attendre.

Voir à ce sujet : « Porto Alegre : l’espoir d’une autre démocratie », Marion Gret et Yves Sintomer, éditions La Découverte, mars 2002/janvier 2005 ; et www.adels.org  pour la revue Territoires.

 

4 – Quelles sont les étapes progressives pour atteindre ce nouveau mode de vie où nos transports émetteurs de CO² seront abandonnés pour moitié ? Cette question ne devant être arrêtée par aucune considération dite réaliste : il s’agit de faire fonctionner son imaginaire.

 

5 – Quelles alternatives technologiques puis-je mettre en place à mon niveau pour remplacer les moteurs à rejets de GES ? Voir « Energie libre et technologies », 1996, de Jane Meanning, aux éditions Louise Courteau. Site : http://conspiration.ca/livres/energie_libre_technologie.html

Voir aussi les sites Internet suivants : http://fr.ekopedia.org/Accueil ,

http://ecosocial.free.fr/ et ses nombreux liens dont http://www.manicore.com/ , et aussi : http://membres.lycos.fr/ecologiesociale/stirling.htm

 

6 – Quelles réalisations concrètes, à mon niveau, puis-je mettre en place afin de remplacer progressivement mon utilisation d’outils producteurs de GES par des solutions propres ? Par quels choix vais-je commencer ?

 

7 – De quelles solutions politiques et économiques collectives disposons-nous pour mettre en œuvre ces alternatives technologiques ? Le même ouvrage de Jane Meanning fait état de résistances politiques, médiatiques, mais surtout industrielles et économiques qui prennent toute leur place dans les résistances au changement en la matière. Ça se passe aux Etats-Unis avant 1996.

Même en France, aujourd’hui, ces résistances existent puissamment : voir le site

 http://www.cc-villeneuvois.fr/biocarburant.html

 

Toujours, sauf exception, la raison économique l’emporte sur les impératifs écologiques vitaux.  Presque toujours, l’économique passe avant le vivant. Voir « Alerte aux vivants, pour une renaissance agraire », titre de l’ouvrage de Pierre Gevaert (octobre 2006).

 

A ce jour, ni la diminution de nos comportements producteurs de GES, ni la mise en œuvre massive de technologies propres et inépuisables ne sont en route.

 

Même la très prochaine mise en œuvre du bio-éthanol reste à la marge. Voir le site

http://www.actu-environnement.com/ae/news/1958.php4 .

Voir surtout les pages 11 et 12 du n° d’octobre 2006 de la revue « L’âge de faire », disponible en magasins  d’alimentation biologique (site indiqué ci-dessous page 7). On peut y lire, pour réduire nos émissions de GES, à la page 12 : « La vraie solution est bien évidemment de faire des économies d’énergie. Pour le secteur des transports, ceci passe par le développement des transports en commun, la relocalisation de l’économie, et surtout la modification de nos comportements. »

Voir encore l’article du Monde du 18 octobre 2006 : « Climat, pollution : enquête sur la dégradation de l’environnement » pages 1, 2, 20 et 21, qui rend compte du 5ème rapport sur l’environnement en France, publié tous les quatre ans par l’Institut Français de l’ENvironnement (IFEN), article selon lequel « le développement des biocarburants (n’est) qu’une solution très partielle de diversification des approvisionnements, et ne traite pas de la place écrasante de la voiture dans les déplacements ».

 

Il ne s’agit pas de choisir entre ces deux voies : sobriété dans nos consommations ou technologies propres. Il est impératif de creuser de concert dans ces deux directions, puisque nous ne savons pas encore laquelle des deux sera la plus efficace pour enrayer, s’il est encore temps, le basculement climatique.

 

8 – Quels choix collectifs progressifs mais rapides en matière de technologies propres pouvons-nous commencer à mettre en place dès maintenant ? Cette question ne devant être arrêtée par aucune considération dite réaliste : il s’agit de faire fonctionner son imaginaire.

 

9 – Comment puis-je arrêter de collaborer au déboisement, notamment des bois tropicaux (14 millions d’hectares de forêts naturelles sont abattus chaque année, surtout dans la zone intertropicale - exposition YAB mentionnée ci-dessus) et au contraire participer au reboisement afin de relancer la captation du CO² atmosphérique ?

10 – Quelles sont les étapes qui vont me permettre d’atteindre, progressivement, dans mon quotidien, cet objectif de reboisement ?

 

11 – Quelles solutions collectives pouvons-nous mettre en place d’une part pour arrêter le déboisement des forêts et surtout pour reboiser d’urgence ces surfaces ? Voir notamment les propositions de Pierre Rabhi et le site http://www.terre-humanisme.org/index.php/cms/116/l-agroecologie?selectedMenu=162 .

 

12 – Quels sont les passages obligés pour réussir une inversion de la tendance mondiale permettant de passer du déboisement massif au reboisement massif ?

 

En fait il y a 3 groupes de questions (la réduction de 50% des émissions de GES ; le développement des technologies propres ; l’accroissement de la réabsorption des GES par le reboisement) qui vont par doubles paires : l’échelle individuelle et l’échelle collective ; l’objectif à atteindre et les étapes intermédiaires pour atteindre cet objectif.

 

Au-delà des échelles familiale et collective (on pense le plus souvent aux nations ou à l’échelle mondiale), l’échelon territorial reste le plus pertinent pour mettre en place des solutions efficaces. La SNDD de Jean-Pierre Raffarin le disait déjà. Voir à ce sujet le site indiqué sur « Terre à terre », l’émission écologique de France culture le samedi matin de 7 à 8h : http://www.energie-cites.org/ . L’échelle territoriale en est le cœur avec 519 expériences de villes (aller dans « bonnes pratiques). Cela nous fait finalement 6 questions de plus à nous poser (l’échelon territorial dans les trois objectifs à atteindre, en se posant à chaque fois la question des étapes intermédiaires à franchir).

 

Faute d’imagination collective pour répondre sans attendre à ces dix-huit questions et les mettre en œuvre, nous sommes voués à un réchauffement climatique qui causera notre disparition progressive d’ici peu : c’est déjà commencé ; « il nous reste à peine dix ans ».

 

Ces dix-huit questions sont essentiellement d’ordre méthodologique. Elles concernent surtout les modalités de choix de vie et les processus de décision collective et relèvent plutôt de la forme.

 

La suite sur : De l’EEDD à la maîtrise du réchauffement climatique 3/3 

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Published by Gorge Rouge - dans braise
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