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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 20:49
 

À table. Le grand-père qui fête ses 74 ans et le petit-fils de 12 ans empoignent le sel en même temps. Aucun ne lâche. Stupeur.


La grand-mère, les deux fils et la belle fille prennent parti pour le grand-père : le petit-fils lâche.


Commentaire d'un des fils : « si c'est le plus jeune qui prend le dessus, c'est la barbarie. »


Les anciens ont appris l'humilité, le respect, le sens du sacré.


Le plus jeune, s'il prend le dessus, ne verra comme résultat de sa victoire que la loi du plus fort : la barbarie.

Tandis que l'ancien, en se servant en premier, ne le prendra pas comme une victoire : il y verra une transmission séculaire du respect de l'autre, de la patience, de la tempérence.


En contrôlant sa pulsion de consommation, le petit-fils apprend à surmonter sa frustration. Y aurait-il un lien avec la décroissance ?



Le surlendemain, 10 mars 2009, je raconte cette histoire à Manu qui me parle d'une émission sur France Inter entendue le matin même et qui décrivait la délinquance chez les cheveux gris ou blancs, dont deux soeurs de 85 ans tenaient le pompom, assassinats à l'appui. Le vieillesse n'est donc plus une garantie de sagesse. L'individualisme et l'avarisme ont gangréné précocemment quelques candidats devenus âgés aujourd'hui.


Alors je me rabats sur une valeur sûre, racontée maintes fois depuis ma lecture ancienne de « L'école avec Françoise Dolto » : la pédagogie institutionnelle grâce à laquelle c'est le groupe, la classe en l'occurence, qui propose des solutions aux conflits rencontrés. Cela se fait en présence d'adultes, et non pas sous leur autorité.

Alors Manu me lance sur les contes et les griots africains. Je poursuis sur « Le gai savoir de l'acteur », magnifique ouvrage sur la comédia del'arte de Dario Fo, prix Nobel de littérature. Manu continue : dans son énorme bagage d'histoires, le griot, face à un conflit rencontré dans la communauté, puise celle qui lui semble le plus s'en rapprocher, l'aménage en conte inachevé, et laisse les participants inventer des suites. Cette suite sera le choix fait par la communauté pour la résolution du conflit. Ce que l'on appelle finalement aujourd'hui une décision concertée... Ça rappelle également le théâtre de l'opprimé d'Augusto Boal, inventé au Brésil, également appellé théâtre forum. Manu me parlait des contes qui constituent un module de sa formation en Accompagnateur Moyenne Montagne.

 

 


On évoque souvent la perte des valeurs : quand on comprend que ce n'est pas la perte des valeurs qui caractérise (entre autres) notre époque, mais la perte des conditions de leur élaboration, et que ces conditions sont finalement assez diverses et pas si compliquées que cela à remettre en place, l'espoir n'est pas loin. L'espoir et l'action.

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Published by Gorge Rouge - dans palabres
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MaNu 03/06/2009 13:44

Favorisons l'échange, communiquons et maintenons la tradition orale.
Les griots sont en effets les sages, mais les contes ne sont souvent que des prétexte à mettre en situation dans un univers fantastique une situation réelle afin d'y trouve une résolution, qui discutée sera acceptée par tous.

C'est à qu'est la richesse à mon sens, l'adhésion de tous...

Enfin pour ce qui est de la délinquance des cheveux gris, ça existe en effet, jettons un oeil à la pyramide de Maslow pour s'en rendre compte et à notre société au consumérisme sur valorisé. "Je suis par ce que j'ai????"

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