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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 19:25

voir http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4442 ...

 

1333 Mds de barils / 30 Mds de barils par an = 44,43 ans

Ce qui confirme l’estimation de 2050 par Science & Vie concernant l’épuisement des réserves mondiales de pétrole.

 

De +, le 25/11 dernier un mail est arrivé sur la liste Echanges de la CEN : COORDINATION DE LA NOUVELLE EDUCATION POPULAIRE echanges-subscribe@liste.la-cen.org . Ce mail disait ceci :

 

« bonjour,

j'ai trouvé ça hier dans un "grand" quotidien natiônal comme ils disent :

 

Le pic a eu lieu en 2006 !

 

Hervé Kempf (Chronique "Ecologie") Article paru dans l'édition du 24.11.10

 

Le pic pétrolier s'est produit en 2006, indique l'Agence internationale de l'énergie. En bonne logique, cette phrase aurait dû faire la "une" de la presse mondiale, les Bourses auraient chuté, et l'on aurait enfin répondu à la question : "Sachant que ce système est totalement vermoulu, à quel moment en change-t-on ?" La réponse aurait été : "Maintenant !"

 

Reprenons les faits. Le pic pétrolier est le moment où la production de pétrole commence à décroître. Depuis une quinzaine d'années, nombre de géologues avertissent de l'imminence de ce moment capital : il signifie en effet que le régime énergétique du monde, fondé sur l'or noir depuis près d'un siècle, va devoir changer radicalement. On ne va pas manquer de carburant du jour au lendemain, mais il va falloir diminuer sa consommation. La théorie du pic pétrolier s'est imposée. Et la question est devenue : quand aura-t-il lieu ?

 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) vient de répondre dans son rapport annuel, intitulé World Energy Outlook 2010, publié à la mi-novembre. Elle énonce ainsi sa prévision : "La production de pétrole brut se stabilise plus ou moins autour de 68-69 Mb/j (millions de barils par jour) à l'horizon 2020, mais ne retrouve jamais le niveau record de 70 Mb/j qu'elle a atteint en 2006." Autrement dit, le pic s'est produit en 2006.

 

Depuis 2006, justement, il y a eu une forte hausse des prix du pétrole (en partie spéculative), puis une crise économique. Cette augmentation des prix a rentabilisé l'exploitation de pétroles "non conventionnels", tels que les sables bitumineux, qui compensent en partie le déclin du pétrole.

 

L'AIE prévoit une augmentation mondiale de la consommation d'ici à 2035. Comment la satisfaire ? En pompant davantage les réserves de l'Arabie saoudite, et en développant sables bitumineux, pétrole de l'Arctique et pétrole sous-marin très profond. Problème : ces exploitations sont encore plus polluantes que la production de pétrole classique, et l'on peut douter des capacités de l'Arabie saoudite.

 

Conclusion mezza voce : la crise pétrolière approche à grands pas.

 

Comment y échapper ? Le moins mauvais des scénarios de l'AIE est dit "450" : on limite les émissions de gaz à effet de serre pour ne pas dépasser un réchauffement de 2o C. Il suppose de réduire rapidement la demande de pétrole : outre le gain pour le climat, cela permettrait d'éviter la pollution due aux pétroles non conventionnels, et réduirait les investissements nécessaires à leur développement, ce qui est bon pour l'économie. Mais cela impliquerait de... changer de politique... maintenant. Ah, horreur ! »

 

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http://cahierdetexte.pmf.free.fr/Docs/Mythologie_grecque/psyche_ranimee_par_le_baiser_de_lAmour_Canova_louvre_tetes2.jpg

 

source icônographique :

http://cahierdetexte.pmf.free.fr/Docs/Mythologie_grecque/psyche_ranimee_par_le_baiser_de_lAmour_Canova_louvre_tetes2.jpg 

 

L’éducation à l’environnement m’a appris une chose plus importante que les autres : ce n’est pas elle qui nous sortira de notre situation actuelle en matière environnementale car l’urgence est trop grande.

 

Il me semble nécessaire de citer ces deux extraits parus dans la revue La Décroissance début Novembre 2010 :

 

- le premier extrait émane du député Yves Cochet.

« L'avenir à moyen terme : un effondrement, une discontinuité, une rupture du système mondial se produira au cours de la décennie qui s'ouvre. Ce sera l'évènement le plus important que l'humanité ait jamais affronté depuis le début de son histoire. Immense et non anticipé. L'origine de cet événement est essentiellement la raréfaction et la cherté croissantes des hydrocarbures. »

 

- Le second est signé Vincent Liegey, membre du Parti pour la décroissance (texte écrit collectivement).

« Aujourd'hui nous nous retrouvons face à une forte contradiction : nous n'avons qu'une quinzaine d'années pour mener à bien des changements culturels et sociétaux qui ne peuvent se réaliser que sur plusieurs générations.  (...) Les sociétés productivistes sont trop dépendantes au pétrole pour éviter le choc imminent de son déclin et de sa cherté. Le volontarisme politique ne peut alors plus se fixer comme objectif l'évitement du choc, mais seulement la réduction de la violence de l'impact. Il n'y a, dans ce constat, aucun fatalisme démobilisateur mais, au contraire, un appel à une créativité, une inventivité, une imagination nouvelles pour trouver les formes institutionnelles et civilisatrices susceptibles de sauver un peu de paix, de démocratie et de solidarité. (...) nous partageons (avec Yves Cochet ndrl) la certitude que la décroissance sera l'objet central de la décennie.»

 

 

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Pourquoi dès lors ne pas avoir ressenti récemment d’augmentation significative du prix de l’essence à la pompe ?

 

Le coût des produits pétroliers dépend de bien d’autres facteurs que son abondance ou sa rareté, à commencer par le financement des conflits armés dans les zones de réserves pétrolières.

 

La spéculation sur les marchés pétroliers est telle qu’elle joue un rôle encore prépondérant dans le coût de l’essence à la pompe par rapport aux données relatives aux conditions d’extraction du pétrole.

 

Le coût de l’essence est tellement majoré en France par la TIPP que cette majoration sert ou en tout cas peut servir de matelas d’amortissement, mais une telle régulation grèverait les entrées d’argent dans les caisses de l’Etat français…

 

Malgré toutes ces précautions, la rareté croissante du pétrole jouera forcément un rôle d’augmentation d’abord lente et inexorable (déjà en vigueur) puis exponentielle (à venir) sur son prix.

 

Donc,

-         fin du pétrole en 2050,

-         pic passé depuis 2006,

-         essence progressivement inabordable à la pompe dans les années qui viennent,

-         et dès maintenant le sang sur nos mains quand nous consommons du pétrole, voir les  95% environ de conflits armés liés aux énergies fossiles.

 

+ 8,5 calories fossiles pour produire 1 calorie alimentaire aujourd’hui avec l’agriculture conventionnelle,

+ 20% d’autonomie alimentaire dans une ville comme Paris, ça doit être à peine plus élevé dans les villes plus petites,

+ 4 à 5 jours de stocks dans la grande distribution,

+ la nécessité de nourrir 40% de population mondiale en plus d’ici 2050.

 

 

Les solutions apparaissent les suivantes :

1-     développement d’une alimentation de plus en plus végétarienne, phénomène déjà en route spontanément,

2-     développement des maraîchages en permaculture et autres vergers urbains et péri-urbains partagés, ayant recours à zéro énergie fossile

3-     politiques dénatalistes accompagnées par une meilleure intégration des populations âgées

4-     politiques d’économies re-localisées

5-     lancement de tous ces projets par une impulsion collective, comités de quartiers et autres, sans attendre que ça vienne des élus ni des élections

6-     exode urbain progressif au fur et à mesure de l’expansion de la permaculture, des vergers partagés et de la relocalisation de l’ensemble des secteurs économiques

 

 

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Voir également ce texte de Dominique Guillet :

 

http://www.kokopelli.asso.fr/articles/desertification.html 

 

Permaculture, agrobiologie, végétarisme, relocalisation, politiques locales dénatalistes me permettent d’être moins pessimiste que Dominique Guillet… Sauf que leur mise en place n’est pas du tout, n'est pas encore à l’ordre du jour ! Mais l'urgence peut parfois accélérer les évènements.

 

 

Nous oscillons constamment entre anticiper les catastrophes, mais nous pouvons toujours attendre un peu plus car une telle anticipation exige des sacrifices, des remises en question, et attendre ces mêmes catastrophes pour réagir, le dos au mur : la théorie des catastrophes.

 

Mais entre les deux se situe le phénomène d’inertie : il est peut-être, sûrement, c’est selon, déjà trop tard pour réagir.

 

Avant c’était trop tôt, maintenant c’est trop tard.

 

Nous sommes, dans les deux cas,  toujours démis de nos responsabilités.

 

Mais c'est précisément parce qu'il est sans doute trop tard que l'on ne peut plus attendre : il s'agit de tout faire pour limiter la casse, limiter la catastrophe à venir, qu'elle soit dans un mois ou dans 150 ans.


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"Pour nous, il n'y a pas de développement, il y a la vie."  Salatiel Mendez, leader colombien. Trouvé dans La Décroissance de décembre 2010.

 

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Published by Gorge Rouge - dans braise
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