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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 21:10

http://vimeo.com/49341949#

et pour en savoir plus : http://jean-philippe-seunevel.tumblr.com/

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 C'était à Nanterre, à la ferme du bonheur, les 6 et 7 octobre 2012.

 

http://youtu.be/fvL6mTJ0uAM

 

 

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Présentation des Villes en transition

 

- lien de l'atelier avec la permaculture :

Le mouvement des villes ou territoires en transition, parti de Totnes en Angleterre en 2006, a été impulsé par un enseignant en permaculture : Rob Hopkins.

La permaculture pouvant être définie comme la (ré)invention d'éco-systèmes incluant l'être humain, on peut décrire les territoires en transition comme une transposition de la permaculture à des territoires comprenant plusieurs centaines de personnes. Ces territoires sont autant urbains que ruraux, sachant que le partenariat entre les grandes villes et leurs alentours ruraux semble inévitable : on parle dès lors de ceintures vivrières.


- description de l'atelier :

nombre de personnes : une trentaine de personnes assises en cercle sur des chaises vu l'herbage humide ;

l'ambiance : très calme, accueillante, très bonne qualité d'écoute : écoute bienveillante ;

les activités : des palabres à parti d'une présentation succincte des territoires en transition


- les références : le "Manuel de transition" de Rob Hopkins,

les liens pour aller plus loin : www.transitionfrance.fr

 

- déroulé de l'atelier :

 

Le fond :

 

Impulser un territoire en transition signifie visualiser collectivement la façon dont nous pourrons vivre dans dix ans, vingt ans, quand le pétrole sera devenu inabordable. Cette visualisation passe par une libération de nos imaginaires, libération qui ne va pas forcément de soi. Rob Hopkins nomme cette phase la "grande libération".

Une fois cette visualisation produite, des étapes de descente énergétique sont formalisées : par quelles étapes devons-nous passer pour atteindre d'ultime étape zéro pétrole ?

Vient ensuite la phase de ce que Rob Hopkins appelle la "grande requalification" : nous devrons nous réapproprier des savoir-faire pour pouvoir mettre en oeuvre les différentes étapes repérées.

La mise en place dans les faits est dès lors possible : 10 années seraient nécessaires pour mener le processus à terme, sauf que nous ne les avons probablement plus. Là grandit le défi à mesure que le temps passe car plus nous attendons, plus l'anticipation sera difficile et serrée.

 

La forme :

 

Lorsque nous animons un atelier, nous les transitionneurs, le groupe dans lequel nous sommes fait partie intégrante d'une mini-expérience de transition. Et dans la mesure où la concertation et la place du collectif sont au cœur même de la démarche de transition, faire un exposé sur la transition sans mettre la participation du public au cœur de la rencontre ou de l'atelier serait une contradiction. C'est d'ailleurs aussi sur l'aspect pédagogique et participatif que se démarque le Manuel de transition par rapport à la plupart des autres approches politiques. Du coup la concision dans nos prises de parole et l'écoute des participants en partageant la parole devient une composante essentielle dans toute présentation. Les échanges prennent la plus vite possible le pas sur l'exposé magistral des transitionneurs, et avant d'apporter une réponse nous prenons toujours le temps de nous assurer que personne d'autre dans l'assistance n'a pas déjà une réponse à fournir.

Avec une telle intention, une ambiance d'écoute bienveillante ne manque pas de s'installler.

 

La place des transitionneurs :

 

Benoît Cassandier est intervenu samedi 29 septembre, quai de Seine à Paris, lors d'un atelier sur la transition ; à la question : "concrètement, la transition, c'est quoi ?", sa réponse fut à peu près la suivante : nous développons des savoir-faire artisanaux, sans recours aux énergies fossiles, nous les expérimentons à petite échelle, et lorsque l'après pétrole arrivera réellement nous serons prêts pour partager ces savoir-faire.

 

Les technocrates, les élus, des décideurs, les hauts fonctionnaires ne savent pas, ne savent jamais, sauf exception que je n'ai encore pas rencontrée, défaire ce qu'ils ont construit pour préparer la descente énergétique qui s'annonce. La reconstruction se fera par le bas, par en-dessous, sans eux qui assistent, impuissants, à l'accélération de la récession inéluctable puisque leur système de domination s'est accéléré grâce aux énergies fossiles et que ces énergies fossiles vont leur échappé à un rythme qu'ils refusent de regarder en face. Leurs pseudo solutions de rechange ne seront pas au rendez-vous, ni en puissance, ni dans les temps. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes.

 

Toujours la semaine précédente à Eco-box à Paris, dimanche 30 septembre, Fillipa nous a raconté son séjour au Portugal dans une ville de 10 000 habitants durant l'été 2012. En ville, les gens très majoritairement issus du tertiaire ne savent pas, et n'essaient même pas, de s'organiser en pleine récession économique. Fillipa racontait qu'elle avait passé son temps à écouter les gens, des gens inhibés, tétanisés, désespérés. Une femme a fini son entretien en lâchant : "j'attends la fin, j'attends la mort". Durant ces deux mois, Fillipa a réussi, laborieusement, à créer des réseaux d'entraide, des jardins collectifs. Au bout de deux mois, 1000 personnes, sur 10 00, étaient investis dans ces réseaux.


Cette expérience portugaise nous apprend que nous sommes tellement déresponsabilisés, en attente des décisions des décideurs (qui ne décident que de délocaliser et de brader au privé le peu qu'il reste des biens publics),
et tellement démunis face à des savoir-faire manuels que nous avons perdus
que sans l'aide extérieure de transitionneurs
enthousiastes, l'après pétrole court à un chaos généralisé.

 

Sans les transitionneurs, spontanément les citadins ne savent pas s'organiser, les pouvoirs publics ne proposent rien de plus qu'avant les temps de crise (s'ils savaient le faire ils anticiperaient), ce qui met d'autant plus en avant l'importance de ce que nous portons. L'argument si souvent répété et entendu selon lequel "les hommes se sont toujours adaptés", cet argument tombe d'un coup.

Le rapport villes-campagnes :

 

Reste la question de la plus grande résilience des territoires ruraux : c'est un fait en Grèce, au Portugal, où les traditions de potagers familiaux sont restées la règle, mais qu'en serait-il en France si la récession nous tombait dessus d'ici un à trois ans ? Certes la France connaît un boum des jardins collectifs et autres incroyables comestibles, mais l'anticipation est-elle suffisamment et partout avancée ?

Une ceinture vivrière en bio de 6,3 km de large autour de Rennes a été estimée pour nourrir la ville. Voir http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/10/05/la-region-parisienne-est-tout-juste-autosuffisante-en-salade/

 

Le paradoxe de l'imaginaire et de la concertation :

 

Demander à quelqu'un qui regarde TF1 en boucle, ou n'importe quel autre média aux mains des puissances financières, ou plus simplement quelqu'un qui n'a jamais envisagé sérieusement l'après pétrole, demander à cette personne d'imaginer un monde post-pétrolier, elle risque fort de vous ressortir du TF1, dans le genre : "ils ont des solutions !"

Pour autant, imposer des solutions toutes faites en coupant toute participation aux accros à la télé serait une impasse qui comporterait le risque majeur d'une nouvelle domination : celle des transitionneurs. Retour au paragraphe sur la forme. 

 

Article 22 :

 

Nous devrons réussir à mobiliser les quelques artisans qui restent et à leur faire abandonner l'article 22 : "démerde-toi comme tu peux" car les cols blancs que nous sommes majoritairement devenus sommes incapables de faire quoique ce soit de nos 10 doigts si nous ne sommes pas pris en charge ! Pour cela nous devons multiplier nos festivals écologiques et transformer nos foires consuméristes en chantiers participatifs où chacun met la main à la pâte ; des chantiers participatifs permanents si possible. Des potagers collectifs, mais aussi des maisons communes auto-construites, des ateliers de confection vestimentaire depuis la production de la fibre végétale ou animale jusqu'au vêtement final. Des productions collectives, conviviales, pour une auto-consommation directe. Des productions en excès, en sur-abondance, que ce soit pour l'alimentation ou pour les autres filières, afin de créer une sédentarité d'abondance, accueillante, non stressée, ultime étape que ne laissait pas entrevoir le film "Le sacre de l'homme". Dans ce film est mis en évidence l'existence d'un ancien nomadisme d'abondance faisant la place à une vie sédentaire mais frugale. Nous inventons désormais l'abondance sédentaire : le pétrole ne sera qu'un lointain souvenir, une chimère marquant l'apologie et la fin d'une autre chimère : celle du progrès. Nous devrons inventer un autre mot que progrès pour définir le monde qui s'annonce, caractérisé par l'énergie du pédalier et par les productions permacoles à profusion.

 

Nous saurons d'où nous venons.

 

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Published by gorgerouge - dans braise
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