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31 décembre 1984 1 31 /12 /décembre /1984 21:44

 

Qu'y faire ?



Un camping auto-géré. Un an pour le préparer.

Plus un accompagnement vidéo.

Une anticipation de la vie au village à échéance 5 ans, 10 ans, 20 ans, avec des prix des énergies fossiles qui flambent et qui deviennent inaccessibles.

Enfin, un défi à relever qui est le suivant : utiliser notre temps libre (vacances, fins de semaines, retraités, chômeurs, temps partiels, femmes et hommes au foyer et j'en passe) à produire en toute convivialité et en toute camaraderie. Produire quoi ? Tout. De l'alimentaire au potager, des vêtements, des habitats en auto-construction, des lave-linge à pédales, tous produits de première nécessité pouvant être fabriqués sans énergie fossile.

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Le côté festif, convivial, est primordial, la place accordée au plaisir est centrale, prioritaire sur toute autre considération. Pourquoi est-ce important de le dire ? Parce que notre éducation fait toujours passer le plaisir après, après l'effort, comme une récompense. Et du coup le temps toujours long de l'effort laborieux, toujours trop long du travail sérieux, chacun risque de prendre la poudre d'escampette. Le plaisir doit être là avant, pendant, tout le temps. C'est la raison d'être de vivre. C'est la vie. Ou ça devrait être la vie. Et en tout cas ça peut l'être. Ou le redevenir. Car ça l'a été mais nous l'avons oublié, notre culture nous l'a fait oublier. C'est cela le trait majeur de notre culture, notre fameuse culture judéo-chrétienne.

Il est un autre trait qui caractérise le plaisir, qui l'accompagne faute de quoi il n'est qu'un leurre : c'est le fait que ce plaisir ne doit échapper à personne. Un collectifs d'individus n'est un collectif que du moment où il n'écarte personne, où il intègre tout le monde.

Porter attention, d'abord, aux plus démunis.

Troisième pierre : la manière de porter cette attention. Savoir écouter, totalement, savoir faire en sorte que le groupe écoute, sans se perdre dans l'écoute mais en écoutant vraiment.

Et quatrième pierre : aider sans assister. Responsabiliser sans entrer dans une logique de guichet, de consommation. Faire ensemble plutôt que d'offrir des services. Faire ensemble après avoir décidé ensemble. Commencer par partager le pouvoir, en partageant la parole.

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Un collectif d'habitants peut nous permettre de faire plein de choses impossibles à faire seul. Collectivement on peut tout faire. Partager des repas de rue, mettre en place des marchés sur le quartier en plus du seul centre ville, s'organiser des vacances à proximité en trouvant un terrain pour cela, créer des jardins familiaux et/ou un potager partagé, produire localement ce dont nous avons besoin, résoudre par nous-mêmes nos problèmes de voisinage, nos difficultés quotidiennes, s'entraider.

L'invention collective est une aventure merveilleuse qui peut être réalisée au sein du collectif. C'est peut-être l'un de ses buts prioritaires : nous donner la notion d'une responsabilité et d'une invention collectives, nous donner la possibilité d'un pouvoir d'action et de création illimités.



Nous avons des projets à proposer, mais nous voulons aussi écouter et prendre en compte ce que vous attendez de ce collectif.



Plaisir, liberté de faire, entraide, prise de responsabilité collective sont quelques-unes des possibilités qui s'offrent à nous. Nous ne sommes pas pressés : nous avons toute la vie devant nous pour apprendre à nous connaître, savoir ce que nous voulons faire, comment améliorer le bien vivre dans le quartier, comment mieux consommer mais aussi comment produire ensemble. Nous avons du temps libre.



Nous pouvons tout produire, tout construire, tout reconstruire. Il suffit de décider ensemble par quoi on commence.



Par la fête et par le plaisir d'être ensemble, par la convivialité assurément, mais sans doute aussi par le plaisir de produire ensemble, de puiser nos ressources dans et de notre sol, de retrouver non seulement la fierté de produire nos propres biens de consommation avec nos mains, mais surtout de retrouver le plaisir de les produire et de les fabriquer ensemble, avec nos voisins, nos amis, par binômes d'entraide : un artisan compétent avec un débutant, des amoureux réguliers ou de passage qui travaillent ensemble, deux personnes qui veulent faire connaissance, des formations à trois lorsque c'est opportun.



Et se retrouver dans la fête autant lorsque nous sommes au boulot, au potager, à l'atelier, que lors du p'tit bal du samedi soir.



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Le moitié de la population mondiale vit avec moins de 2€ par jour.

38 millions de personnes meurent de faim chaque année. Et ce chiffre augmente.

1milliard vit en-dessous du seuil de pauvreté : moins de 1 dollar par jour, chiffre jamais atteint jusque là.

Sur ce milliard de personnes, un turn-over important existe : 38 millions d'entre eux meurent chaque année, remplacés par plus de 38 millions de nouveaux arrivants, naissances y compris.

 

ll existe un lien direct entre ces constats de la misère et notre mode de vie en prise directe avec la mondialisation. Jean Ziegler l'a expliqué et je l'ai raconté après lui sur ce blog à plusieurs reprises. (Faire une recherche en tapant Zeigler dans la fenêtre en haut à droite de votre écran)

 

Mais le lien entre notre alimentation fossilisée et cette pauvreté n'est pas évidente à percevoir : elle n'est pas expliquée quotidiennement ni à la radio (sauf exception) ni dans l'abrutissoir !

 

Pourquoi consacrer son temps libre à cultiver des espaces libres ?

Pour la convivialité, la qualité de vie. La nôtre et celle des peuples qui pratiquent la monoculture sous la contrainte, alors qu'ils vivaient de polyculture depuis des millénaires.



Pourquoi est-ce difficile de mobiliser les gens sur un collectif d'habitants ? Pas de motivation pour quoi que ce soit autre qu'une convivialité de façade et dépolitisée, pas de perception d'une urgence quelconque, leur vie leur suffit.



Je cultive mon potager chez moi, mais tout seul, et c'est déjà le bonheur. J'ai un verger, en ce moment je ramasse des noix. Mais à plusieurs ce serait encore mieux. Produire dans la convivialité, pour soi. Un soi collectif.



C'est peut-être ça l'accroche à utiliser.



Et en cas de coup dur, crise, pénurie alimentaire, chômage, nous produirons nous-mêmes nos propres denrées alimentaires. Et peut-être davantage à l'avenir : autre chose que les seules denrées alimentaires.



Ou bien faut-il mettre les pieds dans le plat en parlant du pétrole, des 95% de conflits armés dans le monde liés à l'or noir, de l'uranium, du Niger ? Du néo-esclavagisme ? L'industrie du textile notamment.



Ou encore des dates d'épuisement des ressources fossiles ?



Ou bien des trois à la fois ? Convivialité, écologie politique, inéluctabilité. Ce que je vous propose, ce que nous vous proposons n'est qu'une anticipation sur ce qui est inéluctable. D'où l'intérêt du recours à la vidéo.

Peut-être.



Le problème est bien la perception de notre monde que se font les participants aux réunions. S'ils s'en satisfont, rien ne pourra être fait dans le sens qui est le mien puisque moi, avec la perception que j'en ai, je ne m'en satisfais pas et c'est bien pour ça et uniquement pour ça que je veux changer localement ce monde.



Et changer cette perception signifie qu'ils veuillent s'en donner le temps ! Car une telle transformation prend du temps.



Alors ? Comment avancer ? Comment créer ce déclic ? Proposer une sorte d'université populaire ? Mettre (encore une fois) les pieds dans le plat en déclarant que notre monde va mal ? Joël ne me suivra pas, lui pour qui on va vers le progrès !

 

http://www.vrede.be/images/stories/flyer-herdenking-hiro-2010%281%29.jpg

 

Quels arguments trouver ? Les mêmes que face aux éducateurs à l'environnement peut-être :



  • une critique des effets, ou plutôt de l'absence d'effets de l'éducation à l'environnement : que feront nos chérubins éduqués à l'environnement quand ils seront adultes ? Ils mettront en place des actions d'éducation à l'environnement pour les générations suivantes ! Sauf que d'ici là les deux principales ressources en énergies fossiles seront épuisées et que les adultes n'auront rien fait pour anticiper cet épuisement, à part s'en remettre aux générations futures et aux énergies de remplacement qui ne sont que des chimères, quand elles ne sont pas des nécro-carburants,

     

  • une remise en cause de la courbe de Gauss, courbe en cloche des énergies fossiles dans l'histoire de l'humanité (une courbe qui a mis 200 ans à grimper jusqu'à son sommet, mais qui mettra 20 ans à redescendre pour les deux principales ressources : l'uranium et le pétrole ; ce n'est donc pas une courbe de Gauss qui par définition doit être symétrique),

     

  • une répétition de la date d'épuisement des ressources fossiles (2050 pour le pétrole, 2040 pour l'uranium, elles ont bon dos les énergies renouvelables dont le rachat à prix fort par EDF justifie une prochaine augmentation de 3% des coûts de l'électricité !),

     

  • et surtout les enjeux alimentaires, voir par exemple le Titanic apicole. Le voir où ? Voir aussi les enjeux liés à l'eau, aux liens entre alimentation et santé, à l'harmonie d'une vie au contact de la nature et de la terre, etc. Créer une convivialité productive.





Comment voyez-vous le présent ?



Comment voyez-vous l'avenir ? Voir par exemple le rapport du 20 octobre 2010 de Pavan Sukhdev



Une fois que nous sommes d'accord sur ces deux points, le sens donné au collectif peut être partagé. Pas avant.



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27 octobre je recois ceci :



http://www.mesopinions.com/Association-Ecolomia--Pour-la-creation-de-fermes-bio-pedagogiques-en-France-petition-petitions-4f81fd3652f7a7ce89ff703d84b827e9.html

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Mise en place d'un marché de Noël.

La question, les questions que je me pose, sont : un marché de Noël, dans quel but, avec quel esprit, avec quelles suites et quelles perspectives, et comment le rendre convivial ?



Finalement nous n'avons jamais parlé de ça : un marché de Noël semblait aller de soi, c'est d'emblée considéré comme une action « normale » pour un collectif d'habitants, mais si ce marché est seulement un alignement de quelques stands de commerçants plus ou moins locaux qui vont essayer de vendre leurs produits à la population du quartier, non seulement je n'en vois pas l'intérêt, mais en plus nous risquons l'échec.



Pour moi la fête, la musique, le bal musette doivent être la raison d'être de cette manifestation, le côté marchand devant être uniquement au service de cette fête.



Exemple : si nous vendons du cidre, ce sera en priorité celui du coin, ainsi que nous en avions déjà convenu. Mais son stand devra être intégré au stand restauration, et non pas séparé.



Second exemple : les mets proposés gagneront à être issus de productions locales et le moins traitées possible, mais surtout les habitants du quartier devront être sollicités pour mettre la main à la pâte.



Troisième exemple : les habitants devront pouvoir s'impliquer au maximum dans l'organisation de la soirée, notamment pour qu'ils puissent proposer leurs propres musiques selon un processus de programmation concertée qu'il nous faut discuter, ils devront pouvoir présenter leurs musiques au micro s'ils le souhaitent, et il bien sûr il faudra faire une place aux habitants d'origine étrangère et à leurs musiques et danses s'ils le souhaitent.



Dans ces conditions nous pourrons faire en sorte que les habitants commencent à se ré-approprier leur vie sur le quartier. S'ils viennent consommer, acheter, dépenser leur argent et seulement ça, et c'est ce qu'on entend en premier dans le mot « marché », nous courons probablement à l'échec.



« Fête de Noël » me semble donc davantage approprié que « marché de Noël ». Une action telle que je viens de la décrire peut lancer une vraie dynamique au sein de notre collectif. Se ré-approprier sa vie, collectivement, et libérer nos imaginaires pourront devenir possibles.



Je ne suis pas d'accord avec Jérôme quand il a dit : « nous ne sommes pas là pour changer le monde, ne croyez surtout pas ça ! » Et pourquoi pas ? De quoi as-tu peur Jérôme ? D'être « débordé par ta base » comme dit l'expression syndicale ? Mais tant mieux ! Objectif atteint !



Il te plaît à ce point le monde dans lequel nous vivons ? Ta petite vie à toi, oui, elle est sûrement plaisante, comme la mienne, mais est-ce que tu t'en contentes pour ce qui concerne les autres ?



Hier mes deux voisins m'ont dit qu'ils ne reviendraient pas, ils n'ont « pas le temps », alors qu'un était retraité et l'autre peut-être sans travail, en tout cas ils ont au moins leurs samedis et dimanches. Si ce genre d'habitants du quartier arrivaient un jour à sortir de leur léthargie pour s'engager dans des productions maraîchères pour notre propre consommation, sans but de vendre, comme à Montreuil à l'est de Paris : Le sens de l'humus - http://senshumus.wordpress.com , ou à Bussy-St-Georges en Seine-et-Marne : http://www.mesopinions.com/Association-Ecolomia--Pour-la-creation-de-fermes-bio-pedagogiques-en-France-petition-petitions-4f81fd3652f7a7ce89ff703d84b827e9.html, puis plus tard dans d'autres productions, locales, artisanales, sans pétrole, sans uranium, est-ce que ça te déplairait Jérôme ? Non. Je suis sûr que non. Simplement ça doit te paraître utopique. D'accord. En revanche je vais te dire : pour le coup ça changerait le monde. Vraiment. Localement.



C'est ce projet, pas moins utopique que celui-là, qui me motive dans ce collectif. Sinon, si c'est pour mettre en place un marché de Noël purement commercial, comme celui qui existe déjà en centre ville, je n'en vois pas l'intérêt. Et si ce n'est pas pour changer le monde, alors c'est pour quoi faire ?



Savez-vous que les réserves mondiales d'uranium seront épuisées dans 30 ans, en 2040 ? Et que celles de pétrole le seront dans 40 ans, en 2050 ? Ces chiffres viennent de Sciences & Vie, revue scientifique peu suspecte de parti pris. Et les conditions actuelles d'extraction de ces ressources sont le plus souvent épouvantables, elles relèvent d'un néo-esclavagisme trop rarement dénoncé mais je suis certain que vous ne l'ignorez pas.



Dès lors oui, je veux changer ce monde, cette idée ne me fait pas peur, c'est plutôt le monde actuel qui me fait horreur, le travail à la chaîne, la pollution, l'augmentation de la pauvreté et de la faim dans le monde, les conflits armés, l'appauvrissement des sols, la perte de sens de la vie et la difficulté à en sortir, et mon expérience m'a fait comprendre que les instances les plus à même de poursuivre efficacement cet objectif de sortie du tunnel, de le concrétiser, de l'atteindre, ce sont justement les collectifs d'habitants. Pourquoi ? Parce qu'ils se situent précisément à mi-chemin entre deux niveaux d'action inefficaces : l'échelle individuelle, qui ne réussit que trop rarement à nous affranchir des énergies fossiles et du mode de production industriel, et d'autre part l'échelle nationale ou internationale, qui ne débouchent que sur de grandioses déclarations d 'intentions vides de réalisations pertinentes.





Les collectifs d'habitants peuvent tout faire, sans rien attendre de quiconque, à condition d'avoir conscience des problèmes qui se posent ! Peut-être à commencer par celui-là : le grand chef indien Sitting Bull, disait ceci : « quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas » - source : http://aphorismesspirituels.hautetfort.com/archive/2007/09/06/sagesse-amerindienne-l-argent-ne-se-mange-pas.html



Ce jour est loin pensez-vous ? Ne croyez surtout pas ça ! Le 29 octobre dernier j'ai rencontré un homme né en 1934. Il était d'origine parisienne. Châtou plus exactement. Son père avait fait 14-18. Voyant arriver la seconde guerre mondiale, il avait acheté une maison en Eure-et-Loire en 1939. C'est ce qui leur a permis de manger pendant la guerre, et du coup de connaître la campagne. Aujourd'hui il y est revenu, il habite à Capelles-les-Grands près de Bernay, il a un potager. Tout le monde sait que pendant la guerre les enfants étaient envoyés à la campagne dès que possible. Pour manger.



Des émeutes de la faim ont éclaté dans plusieurs endroits du monde ces dernières années. L'agriculture conventionnelle est dépendante du pétrole, tout comme les transports alimentaires. Elle consomme 8,5 calories fossiles pour produire une calorie alimentaire en moyenne aujourd'hui. Dans la ou les deux prochaines décennies, la relocalisation dé-fossilisée sera au rendez-vous. Quelques initiatives, encore trop rares, émergent ici ou là. Tout n'est pas à inventer. Je vous propose de prendre le train en marche. Je vous propose d'anticiper ce qui est inéluctable, imminent, en le rendant convivial, joyeux. Moins nous attendons, plus cette transition se fera dans le bonheur, dans l'harmonie. À quoi peut bien servir un collectif d'habitants, s'il passe à côté de ça ?


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Published by Gorge Rouge - dans palabres
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