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1 janvier 1985 2 01 /01 /janvier /1985 00:58

Pardonner avant de refuser.

 

 

En cours de sophrologie ce 17 mars je m’écrie en pleurnichant : « j’ai peur je suis seul garçon ! … Je viens de voir La domination masculine.

- Ce n’est pas de la domination masculine ça !

- Ben si ! Pour vous empêcher de me dominer, c’est moi qui vous domine ! »

 

Le tueur de Polytechnique de 27 ans du 6 décembre 1989 à Québec (14 jeunes filles tuées) devait culpabiliser très profondément : « je suis un sale machiste, j’ai fait subir plein d’horreurs aux femmes, si elles prennent le pouvoir elles vont me pendre par les couilles,  c’est hors de question, ces féministes sont un vrai danger pour moi, d’ailleurs féministes ou pas c’est la même chose, c’est normal qu’elles ne s’affichent pas féministes, elles seraient trop bêtes de tomber le masque ! »

 

Pourtant il n’était pas en danger. Pas parce qu’il n’était pas coupable : il l’était bien, très certainement. Ni parce que les jeunes filles présentes ne le savaient pas : cela n’a rien changé à leur sort. Mais parce que toutes les atrocités qu’il leur avait fait subir, lui ou les siens, n’empêchait pas qu’il puisse être pardonné par elles. « Nous te pardonnons mais simplement nous n’acceptons plus. Mais nous pardonnons d’abord ». Le pardon chrétien est finalement dans la même énergie : le pardon n’est pas forcément angélique. Encore faut-il qu’il soit prononcé pour être entendu et pour permettre la réconciliation.

 

C’est le rôle attribué génialement au Rugby par Nelson Mandela pour réconcilier communautés blanche et noire en Afrique du Sud. Voir le film Invictus.

 

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C’est aussi en avril 1598 celui de l’Édit de Nantes qui mit fin aux guerres de religion qui sévissaient durant tout le XVIème siècle.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89dit_de_Nantes

 

Seul celui qui a le pouvoir peut déclarer une amnistie. Henri IV, ancien protestant, dut se convertir au catholicisme pour prendre le pouvoir et proclamer l’Édit de Nantes.

 

Les femmes peuvent-elles se convertir à la masculinité ? Peu probable…

 

Peuvent-elles en revanche prendre le pouvoir ? Peu souhaitable.

 

Ha ha ! J’entends d’ici vos réactions offusquées qui voient un machisme inattendu surgir de derrière cette affirmation péremptoire.

 

Je veux seulement dire que ce n’est pas demain la veille qu’un tel projet aboutira, et surtout qu’il est difficilement compatible avec la nécessité de pardon évoquée plus haut : c’est à un partage du pouvoir qu’il faut s’atteler, nous ensemble, femmes et hommes, hommes et femmes. Mais pas seulement un partage numérique – la parité. Un partage du pouvoir dans les faits, que les pouvoirs soient effectivement partagés, et les richesses avec eux.

 

 

Je suis beau-père.

 

Qui de la mère ou du beau-père doit tenir le rôle du père dans une famille ? Si c’est le beau-père et que les enfants ne l’acceptent pas : « t’es pas mon père d’abord ! », alors c’est la mère.

 

Quand c’est nécessaire, le beau-père doit passer par la mère pour s’adresser aux enfants. Le père n’est pas là ? La mère doit endosser son rôle, coûte que coûte.

 

Faire comprendre ça à leur mère n’a pas été facile, un tas de résistances surgissaient de sa part mais je savais où je voulais en venir, avec tout plein d’exemples à la clé puisés dans les petits détails du quotidien, et rien ne pouvait m’empêcher de dire ce que j’avais à dire, j’étais parti et dans mon élan je renversais sans hésiter ses tentatives d’opposition comme des tentatives d’évitement qui seulement ne voulaient pas entendre ce que je voulais dire. L’échange fut bref et crescendo. À la fin une sensation de puissance m’envahit : j’avais réussi à dire ce qui avait été impossible jusque là, car mille barrières, mille résistances partagées et non dites m’empêchaient de sortir de ma cage. Et dans la voiture – c’est dans la voiture que cette scène s’est déroulée -, cette sensation de puissance fut telle qu’à la fin, tel un grand mâle dominant, je poussais un cri, plusieurs cris.

J’aurais pu pousser le cri de Tarzan. Ça « l’aurait fait ».

Mais comme un gros con j’ai laissé aller mon inspiration et c’étaient des cris d’insultes qui sortaient de ma bouche : certaines de ses résistances m’avaient paru particulièrement injustes à mon encontre.

 

Trop tard. La mal était fait. « Je retire… » Tu parles, Charles !

 


« La domination masculine » : le moment le plus fort de ce film est pour moi celui de ce témoignage lorsque cet homme raconte à peu près ceci :

C’était dur pour moi de reconnaître à quel point j’étais violent envers ma femme, mais aujourd’hui, après tout ce travail sur moi, quand les gens après mes conférences viennent me voir pour me confier « moi aussi je bats ma femme » ou bien « mon mari ma frappe, pouvez-vous faire quelque chose pour l’aider ? », je me dis qu’on peut avancer, même sur ce chemin ardu.

 

 

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Published by Gorge Rouge - dans vitre
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sarah 02/04/2010 10:42


merci Robin pour avoir mentionne le pardon...bel et forte idee...!


Gorge Rouge 19/03/2010 12:00


Mon pote Vincent m'écrit ceci :
franchement ton truc de domination masculine, ca me parle pas;
je crois c est pas un exemple de domination masculine:
pour vouloir tuer des femmes il suffit juste d avoir eu une mere destructrice


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