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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 20:16

Avant Le bien commun, anti LOPPSI :

voir http://www.droitaulogement.org/mobilisation-contre-la-loppsi-2.html

comme quoi dans la série "dis-moi à quelle source tu t'informes..."

il n'y a pas que des abonnés à l'abrutissoir.


Voir aussi

http://www.hooseek.com/web?recherche=manifestations+loppsi&lang=&sid=4d2e18899cf02

et 

http://www.liberation.fr/societe/01012309415-loppsi-2-une-loi-extremement-dangereuse-et-regressive

manifs en France :

http://www.halemfrance.org/spip.php?article70

http://antiloppsi2.net/

et

http://www.hns-info.net/spip.php?article27706

 

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Le bien commun.

 

Dans l'affaire des gaz de schiste du plateau du Larzac, des courriers vont et viennent, forcément. Je suis tombé sur un courrier entre Phillippe Derruder et l'Etat (en annexe). Correspondance fertile. Pour moi.

 

Au-delà des enjeux lobbiystes et financiers qui sont bien sûr prioritaires dans cette histoire, Philippe Derruder a écrit une phrase clé dans sa lettre qui donne toute sa légitimité au projet de gaz de schiste. Cette phrase est celle-ci : "Tout dépend bien sûr des intérêts dominants que l'on veut servir : le bien commun ou ceux de quelques multinationales ?"

 

 

 

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Or, en l'état actuel qui consiste à nous complaire dans cet endormissement dû à notre niveau de vie, notre mode de vie et notre environnement merdiatique, en l'état actuel qui consiste à nous complaire dans cette vision cotonneuse et foetale illustrée pertinemment par la formule consacrée : "tout changer pour que rien ne change", trouvez-nous (vite) des énergies de substitution, "ils" trouveront bien, le moteur à eau sortira quand "ils" ne pourront plus faire assez de profits avec le pétrole (autant de conneries que j'ai entendues), c'est bien cette vision des choses qui tient lieu et place du bien commun. Majoritairement.

 

 

Et c'est là qu'il nous faut agir, sinon la vision que nous avons du bien commun se retrouve en parfaite adéquation avec les intérêts des multinationales : offrez-nous – vendons-leur, des énergies fossiles par n'importe quel moyen, débrouillez-vous, nous ne voulons pas savoir (nous paierons), nous fermons les yeux. Pour paraphraser ce que disait Voltaire à propos de l'esclavage: "c'est à ce prix que vous avez des vêtements si bon marché en Europe". Merci Rolland.

 

C'est toute l'histoire du colonialisme qui se rejoue – ou ne se rejouera pas si nous savons trouver les mots et les leviers pour quitter notre torpeur et reprendre notre responsabilité de proximité, notre responsabilité collective seule susceptible de nous dire : votre pétrole, votre uranium, votre gaz, nous n'en voulons plus. D'autres solutions existent, le bonheur n'est pas dans notre niveau de vie, vos mensonges publicitaires ça suffit, nous allons prendre le temps de nous informer autrement, de parler, de nous écouter, de mettre en place dans des faits, localement, des solutions alternatives à votre mondialisation mortifère qui n'est pas inéluctable.

 

 

« L'Etat c'est nous » dit la formule. Sauf qu'entre les deux, la distance de la médiation est telle qu'elle est irréversible, car c'est totalement faux de dire « nous c'est l'Etat ». Pourquoi ? Parce que nous n'existons plus en tant qu'êtres qui pensons et qui décidons. C'est le contraire qui se passe : nous n'existons désormais qu'à travers le prisme du soit-disant intérêt collectif défendu par l'Etat : nous ne sommes que le produit de La fabrique du consentement. Et cette aliénation est telle que tenir ce genre de discours est perçu comme anarchisant, subversif, dangereux. « Où veut-il encore nous emmener celui-là ? » Nous avons tellement l'habitude d'être emmenés, tels des moutons tirés par leur berger, que nous affranchir de notre berger, de notre guide est impensable. Ça nous fait peur ! « Nous n'allons pas changer le monde, ne croyez surtout pas ça ! » Je l'ai entendu de mes propres oreilles au sein même d'un collectif d'habitants.

 

Et puis, le plateau du Larzac, pour 80% des français, c'est loin. L'effet Nimby - Not In My Back Yard – pas dans mon jardin, ça suffit. Relocaliser, c'est aussi ouvrir les yeux. À votre objection « arrêtez de nous culpabiliser », dites-nous, dites-moi, et vous, quand oserez-vous baisser les yeux pour regarder vos mains pleines de sang ? Du sang des hommes et du sang de la terre.

 

Il ne s'agit pas de pleurnicher : il s'agit d'arrêter nos conneries.

 

 

 

 

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De : Philippe Derudder
Date : 12 janvier 2011 18:17
Objet : Moratoire sur l'extraction des gaz de schiste - suite
À :


ENVOI EN NOMBRE

Bonjour à tous

Le 28 décembre 2010, je vous avais invité à signer la cyber@action 389 demandant un moratoire pour l'extraction des gaz de schiste dont on sait les conséquences des plus préoccupantes là où on a commencé à y procéder .
Pour information vous trouverez ci après la réponse que j'ai reçue (et probablement toutes celles et ceux qui on signé cette pétition) du ministère de l'environnement et du développement durable ainsi que ma réponse.


je crois important de ne pas  se laisser endormir par ce verbiage politique qui voudrait laisser à penser que de nombreuses cloisons étanches nous préservent du naufrage. Nous ne devons pas en rester là et insister pour obtenir un moratoire et un débat public à ce sujet avec referendum au bout.

Si donc vous recevez ce courriel du ministère, vous pouvez vous inspirer de la réponse que j'y ai faite (si vous le souhaitez, bien sûr), ce qui n'empêche pas pas des maintenant  de sensibiliser les gens que vous connaissez dans vos réseau sur cette question.

Amicalement
Philippe Derudder

COURRIEL DU MINISTÈRE :

jean-marie.durand@developpement-durable.gouv.fr
Madame, Monsieur,

Vous m'avez fait connaître vos préoccupations quant aux problèmes environnementaux posés par l'extraction de gaz de schistes et vous avez demandé que soit mis en place un moratoire sur ce sujet.

Actuellement, plusieurs permis d'exploration de gaz de schistes ont été accordés en France. Ces permis ont pour objectif une meilleure connaissance du sous-sol. Les forages à réaliser sont des puits de reconnaissance faisant appel à des techniques classiques. Les entreprises doivent néanmoins déposer une demande d'ouverture des travaux avec un dossier comprenant notamment une notice d'impact, un document indiquant les incidences des travaux sur la ressource en eau et une étude de danger. Ces dossiers seront instruits et feront l'objet, le cas échéant, d'un arrêté préfectoral encadrant les travaux.

Aucune demande n'a été faite pour une phase d'exploitation qui pourrait faire appel aux techniques qui vous inquiètent. Une éventuelle demande se ferait en deux temps : demande de titre minier d'exploitation (aussi appelé concession) et demande d'ouverture des travaux (cf. ci-dessus). L'obtention de la concession ferait l'objet d'une instruction locale et d'une enquête publique, puis d'un avis du Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies et ensuite du Conseil d'Etat avant un éventuel décret du Premier ministre. L'instruction des dossiers se ferait selon la réglementation en vigueur (code minier et code de l'environnement) qui exige notamment que soient maîtrisés les impacts environnementaux.


Jean-Marie Durand
Directeur adjoint du cabinet
MEDDTL

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MA REPONSE

Monsieur le directeur adjoint,
Madame la Ministre

Je vous remercie d'avoir pris la peine de me répondre
Votre courriel, pour autant, ne me rassure pas du tout. Le spectacle qu'offre la France et L'Europe démontre  combien les lobbies industriels et commerciaux l'emportent sur le bon sens et surtout la volonté populaire. La course au profit est aujourd'hui le rouleau compresseur qui écrase toute autre valeur et justifie l'injustifiable. L'habillage administratif que vous décrivez ne remplacera jamais un référendum. Pourquoi entamer une phase de reconnaissance si ce n'est dans l'optique d'une exploitation ? Voulez vous nous faire croire que des entreprises s'amusent à investir des sommes considérables s'il n'y a pas une promesse de profit au bout ? Voulez-vous nous faire croire que les pouvoirs publics ont déjà mis en garde les dites entreprises sur la possibilité d'un refus de mise en exploitation pour des raisons environnementales?
Tout cela est cousu de fil blanc et manque terriblement de transparence.
De tels enjeux, qui engagent l'avenir et dont les conséquences peuvent être considérables, ne doivent pas se décider en catimini dans le secret des cabinets ou dans le labyrinthe des obscures procédures administratives. Ce sont des orientations que seule la société a la légitimité de prendre.

Avant d'entreprendre quoi que ce soit, un vaste débat public devrait être engagé afin que la population, dûment et clairement informée sur les avantages et risques, puisse se prononcer par référendum et ainsi assumer la responsabilité de son destin. Un peu plus de démocratie sur les grandes questions de société serait nécessaire ne croyez-vous pas? Tout dépend bien sûr des intérêts dominants que l'on veut servir : le bien commun ou ceux de quelques multinationales ? Mais dans un pays où l'on manœuvre pour faire passer malgré tout ce qui avait été refusé par référendum, on peut nourrir quelques craintes...
Dans tous les cas Je réitère la demande d'un moratoire afin que la Nation puisse évaluer, en toute transparence, la pertinence de cette orientation.
Avec mes respectueuses salutations
Philippe Derudder

 

 

 

 

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Published by Gorge Rouge - dans vitre
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