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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 18:14

Planter des arbres fruitiers en ville et à la campagne, pour faire revivre la notion de propriété collective ou de non-propriété.

 

En plein centre ville à Evreux, dans un parking d'une propriété collective, à l'automne 2010 des noix gisaient au pied de leur arbre. Jusqu'à l'arrivée des cantonniers, qui ramassèrent pèle-mêle feuilles mortes et noix.

 

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Ce fait divers pose la question de notre rapport à l'argent, à la consommation, la question de notre non-rapport à la nature. Notre vie est réellement séparée entre notre activité rémunérée, salariée ou non, et notre consommation liée à un acte d'achat. Mais la consommation directe, l'auto-production reste à la marge. Et ici c'est pire : ces noix ne sont ni le fruit de mon travail de jardinier du dimanche, ni le résultat d'un projet personnel. Je n'ai qu'à me baisser pour les ramasser. Trop facile. Pas de mérite. Pas de labeur. La vie est devenue d'abord marchande. La vie non-marchande, la vie de ramasseur cueilleur c'est bon pour les vacances, à la rigueur, ou pour les pauvres. Mais c'est tout. Dans le quotidien, le rapport marchand à la consommation prime. Les centres d'intérêt, le sens de la vie sont ailleurs que dans le ramassage ou la cueillette de fruits.

 

D'ailleurs si nous ramassons nos noix, de quoi vont vivre les producteurs de noix professionnels ?!!!

 

Mais avant cette question vraiment présente, vraiment posée, vraiment entendue, existe sans doute cette impression de perdre son temps à ramasser des noix : le temps libre, les week-end ne sont pas faits pour ça. Ce n'est pas une activité culturelle, ni une activité réparatrice, reposante, rechargeante, enrichissante, valorisante.

 

C'est une bonne illustration de la boutade « cinq jours de prostitution, deux jours de réanimation. » Quand je ramasse des noix, je ne me réanime pas. Je me réanime en dormant, en prenant le thé, en regardant la télé, en allant au cinéma, en recevant des amis, en allant au sport. Pas en ramassant des noix.

 

Autre dimension : si je ramasse des noix, faisons cette hypothèse. Que vont penser les voisins ? Que je n'ai pas les moyens de m'en acheter. Que mon comportement fait un peu clodo. Que je leur vole leur bien collectif, que j'aurais dû leur demander avant si je pouvais. Mais leur demander ou leur proposer de faire un ramassage collectif ça fait un peu cul, alors je préfère ne pas en parler et ne pas les ramasser. Pas de vague. D'ailleurs des noix quand j'en voudrai j'irai en acheter. Pourquoi maintenant précisément ?!

 

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21/11/2010 :

Comment sortir de cette aberration ?

- En se parlant entre voisins, en abordant les problèmes collectivement, en organisant une journée festive et conviviale de ramassage des noix en l'occurence ;

- en ayant une vision claire des enjeux écologiques actuels et des solutions possibles,

- en sortant du cercle vicieux selon lequel "les gens ne sont pas prêts", bottage en touche déresponsabilisant qui nous dispense de nous prononcer et nous engager personnellement sur le problème traité.


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Published by Gorge Rouge - dans vitre
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