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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 16:34

 

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Le pessimisme et l'optimisme sont tous deux des distractions qui nous éloignent d'une vie pleinement vécue. (Tom Atlee, Crisis fatigue and the Co-creation of Positive Possibilities, Co-Intelligence Institute, www.co-intelligence.org ) p.101

 

 

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Seule une culture gorgée de pétrole bon marché peut perdre ses talents et savoir-faire aussi massivement que celle que nous avons, à un point tel que certains jeunes gens que j'ai rencontrés sont chanceux s'ils coupent une tranche de pain sans se blesser un doigt. Il n'est pas exagéré de dire que les Occidentaux d’aujourd’hui sont la génération la plus inutile (en termes d'aptitudes pratiques) que la Terre ait abritée. Malgré tout, la première étape dans la création d'un avenir localisé, sobre en énergie et abondant est de visualiser son avènement. p.101-104

 

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Une vision pour 2030 – L'agriculture a subi une transformation remarquable que peu de gens de 2010 auraient cru possible. Il y a vingt ans, la hausse du prix du pétrole et les traités internationaux sur le climat ont amené les gouvernements à reconsidérer leur adhésion à l'approche pro-globalisation, libéralisée et libre-échangiste de l'Organisation mondiale du commerce. La décision fut prise de privilégier la sécurité alimentaire nationale au lieu du commerce international. Les autorités locales ont décidé de favoriser l'achat d'aliments locaux entraînant ainsi une expansion rapide du marché local. p.108

 

 

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Une vision pour 2030 – En vingt ans, la hausse du prix et les ruptures d'approvisionnement en gaz naturel ont démontré la dépendance et la vulnérabilité de l'agriculture aux engrais azotés (fabriqués à partir de gaz naturel). L'engraissement des sols avec des matières organiques qui fixent le carbone est maintenant une priorité et un aspect important des politiques agricoles pour réduire les émissions de carbone. p.108

 

 

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Une vision pour 2030 – Depuis vingt ans, l'intégration d’arbres productifs constitue une caractéristique fondamentale de l'agriculture, tant pour leur rendement que pour la séquestration du carbone. Les plupart des fermes, mais également un peu partout en ville, se trouvent des plantations de variétés spéciales de noyers et de noisetiers qui produisent des aliments riches en protéines ainsi que de l'huile pour le biodiesel utilisé localement. p.108

 

 

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Une vision pour 2030 – Depuis vingt ans, l’agriculture a compensé la baisse forcée de sa consommation de pétrole en y substituant du biodiesel local, en réintégrant en partie les chevaux de trait et en employant plus de main d’œuvre. La taille moyenne des fermes est maintenant beaucoup plus petite qu'en 2010 et plus de gens habitent et travaillent en campagne. Les fermes sont maintenant fortement diversifiées et produisent plus que de la nourriture. Elles  hébergent une panoplie d'entreprises qui fournissent, entre autres, des énergies renouvelables locales, des plantes médicinales et les matériaux de construction demandés par le secteur du bâtiment qui veut le plus de matériaux locaux possible. On peut y trouver des crépis d'argile, du pisé, des bottes de paille, des blocs de chanvre et calcaire en plus du bois d’œuvre. p.108

 

 

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Une vision pour 2030 – Quand, vers 2012, la hausse du prix des carburants et de la demande de terres pour, brièvement, produire des biocarburants poussa à la hausse le prix des aliments, on découvrit pour la première fois en 50 ans qu'il était moins coûteux de manger des aliments biologiques locaux. Nos menus sont alors devenus plus saisonniers et moins carnivores. p.110

 

 

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Une vision pour 2030 – Les variétés locales de fruits et de légumes sont maintenant fort appréciées et l'enseignement des techniques de jardinage biologique et intensif est au cœur des programmes éducatifs et des plans de sécurité alimentaire nationaux. p.110

 

 

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Une vision pour 2030 - À peu près la moitié des remèdes prescrits par les médecins sont d'origine locale : les fermiers locaux et les jardins partagés produisent les plantes médicinales essentielles qui sont ensuite préparées dans des laboratoires locaux. Les pharmaciens locaux préparent jusqu'à 50% des remèdes qu'ils vendent sur place. Les médecins peuvent prescrire des traitements complémentaires comme l'implication dans les jardins collectifs locaux et l'accès à des aliments sains est devenu la règle. La recrudescence du travail signifiant, la reconstruction de la cohésion sociale et l'émergence d'un sens communautaire ont diminué le nombre de maladies liées au stress et à la dépression. p.110-111

 

 

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Une vision pour 2030 – Vers 2012, on se rendit compte que les jeunes sortaient de l'école sans être préparés à faire face aux besoins pratiques d'un monde beaucoup moins abondant en énergie. Ils ne savaient rien en construction, en cuisine, en reprisage, en jardinage ou en réparation. À partir de 2012 on enseigna à jardiner, à cuisiner et à travailler le bois dès le niveau primaire. Les terrains des écoles ont été transformés en jardins intensifs et plusieurs élèves y exploitent leur propre entreprise. p.111

 

 

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Une vision pour 2030 – Dans la plupart des grandes villes, les adultes bénéficient de collèges de requalification qui offrent un vaste choix de cours pour développer les compétences pratiques viables autant pour le grand public que pour les professionnels. p.111

 

 

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Une vision pour 2030 – Comme le prix des carburants rendait prohibitif le transport scolaire, le nombre de petites écoles rurales a commencé à croître à partir de 2015. p.111

 

 

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Une vision pour 2030 – Des entreprises productives variées logent dans les écoles qui sont devenues des fermes ou des jardins maraîchers intensifs. Les écoles fourmillent maintenant d'activités et sont un rouage essentiel, partie prenante de l'économie locale. p.111

 

 

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Une vision pour 2030 - Le modèle économique global s'est enrayé aux environs de 2012 lorsque le pic de pétrole a commencé à se faire ressentir jusque dans les pays développés. Une récession prolongée s'ensuivit, une transition difficile qui mit en évidence notre dépendance vis-à-vis de l'investissement étranger et les conséquences du fort endettement des consommateurs. Mais parallèlement à cette récession, on assista à l'émergence d'économies locales vigoureuses, d'autant plus lorsqu'elles avaient anticipé. La pénurie de devises nationales et l'effondrement des systèmes de pensions forcèrent les villes et les villages à développer leur propre système d'économie et de nouvelles formes d'échange ont pris forme, telles que les émissions de monnaies locales (comme à Toulouse dès 2011). p.111

 

 

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Le choix est limpide : si une minorité de pays puissants continue à favoriser un système économique fondé sur des technologies centralisées et des canaux d'approvisionnement vulnérables, ils devront le protéger à fort coût et en menaçant nos libertés civiles. Si, au contraire, nous passons à une économie mondiale décentralisée fondée sur une utilisation équitable et efficace des énergies renouvelables, nous obtiendrons des communautés qui ne peuvent pas facilement être menacées et, le plus important, qui ne peuvent en menacer d'autres. (Paul Allen, directeur, Centre for Alternative Technology) p.111

 

 

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Une vision pour 2030 – En 1930, presque toutes les entreprises étaient la propriété de gens du cru et, 100 ans plus tard, cela est de nouveau la norme. p.114

 

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86

 

Une vision pour 2030 – Dans la version actuelle, plus de 80% des matériaux de construction sont d'origine locale, ce qui a provoqué une explosion du nombre d'entreprises productrices de crépis d'argile, de bottes de paille de petite taille, de pisé et de blocs de chanvre et de calcaire. p.116

 

 

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Une vision pour 2030 – Tous les nouveaux bâtiment sont conçus pour être indépendants des réseaux d'arrivée d'eaux et des égouts ainsi que pour produire plus d'énergie qu'ils n'en consomment, en groupe ou individuellement. p.116

 

 

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Une vision pour 2030 – Des servitudes agricoles empêchent la propriété privée de logements ruraux conformément aux « 15 critères pour un développement durable en régions rurales » élaborés dès 1999 en Angleterre par l'organisme de réforme de l'aménagement rural Chapter 7. p.116

 

 

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On aurait pu se mettre à attaquer les gens d'affaires pour leurs habitudes bien peu vertes mais au lieu de cela, nous avons cherché à les impliquer. p.123

 

 

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Plus j'ai rencontré des gens qui travaillaient dans des positions d'autorité, qu'il s'agisse de planificateurs, d'ingénieurs, de conseillers municipaux ou même de politiciens, plus j'ai constaté que ceux-ci sont des gens ordinaires, qui ont souvent des familles et qui sont aussi déconcertés que quiconque par la tournure que prennent les événements. Cela n'aiderait vraiment pas notre cause que de crier : « Pourquoi ne font-ils pas quelque chose ? » p.124

 

 

91

 

Lors de la première Initiative de Transition à Kinsale en Irlande, qui a démarré en septembre 2004, parfois les étudiants passaient la matinée à construire à la bauge ou à plâtrer à l'argile et allaient ensuite casser la croûte en ville, si bien qu'on se mit à les appeler affectueusement les « Boueux. » p.124

 

 

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Un événement pour lancer une Initiative de Transition, s'il est conçu de manière à comporter une abondance de possibilités d'engagement dans la communauté locale, et fait également appel aux membres ayant des aptitudes et des connaissances pertinentes, peut vraiment inscrire le processus dans la vie de la municipalité, apportant l'information et l'inspiration qui ne s'y trouvaient pas, tout en renforçant et en validant le travail que d'autres ont déjà fait. p.124

 

 

93

 

Il nous revient de communiquer que quelque chose est en train de se produire et est profondément transformateur, comportant un élément de magie et une étincelle de merveilleux. La création d'une telle atmosphère est l'huile qui lubrifie le moteur de notre processus de descente énergétique. Plus il sera possible de susciter l'impression que quelque chose d'important, de positif et de dynamique est en train de se produire, moins votre travail rencontrera de friction et de résistance. p.124-125

 

 

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L'un des ingrédients essentiels afin d'élaborer des réponses communautaires au pic pétrolier consiste en l'établissement d'une communauté qui suscitera une vision de ce que pourrait être l'avenir. Nous passons de la vision du pic pétrolier, c'est-à-dire des conséquences probables à venir, à la vision de possibles. Cette transition est subtile mais instructive. L'événement Forum ouvert (pages 164-165) donne à la communauté la permission de rêver. C'est quelque chose de très fort que de voir cela arriver, et les gens s'en retourner chez eux enthousiasmés à l'idée de ce que l'avenir pourrait devenir et par le sentiment d'avoir fait la connaissance d'une famille spirituelle, au sein de laquelle ils pourront créer cet avenir.

L'auteur bouddhiste Ken Jones parle de « changer le climat plutôt que de gagner le débat ».p.124

 

 

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Ce qui est sorti du travail à Kinsale en Irlande depuis septembre 2004, c'est une idée, un modèle et le sentiment qu'une réponse réussie au pic pétrolier et au changement climatique a des airs de fête plus que de manifestation. p.128

 

 

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« Une vision sans action n'est qu'un rêve ; de l'action sans vision ne fait que passer le temps ; la vision conjuguée à l'action peut changer le monde ». Joel Barker. p.129

 

 

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« Le moment est venu d'examiner ce que signifiera pour la Grande-Bretagne, au cours des 15 à 20 prochaines années, la création d'une économie de l'après-pétrole – une déclaration en faveur de la ''fin de la dépendance au pétrole'' davantage que ''l'indépendance pétrolière'' ». (David Miliband, ministre britannique de l'Environnement à l'époque puis des Affaires étrangères, 5 mars 2007) p.131

 

 

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« Laissons les idées émerger de la communauté et surtout laissons-les sous son contrôle. La tâche du Conseil consiste à faciliter, écouter, peut-être fournir des conseils, des contacts et des fonds, mais surtout de veiller à ce que la bureaucratie ne nuise pas aux initiatives de la base. » (Conseiller municipal en relation avec le réseau de Transition) p.131

 

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À la lumière des changements d'envergure imminents esquissés plus tôt, il est évident que l'idée de passer au travers en toute sécurité, en changeant seulement nos ampoules ou en baissant le thermostat de quelques degrés, est complètement dérisoire. Dans cette troisième partie, les mains, nous verrons comment amorcer, avec notre communauté, la transition vers un monde sans pétrole qui sera réellement meilleur que celui d'aujourd'hui. Nous sommes potentiellement à l'orée de beaucoup de choses dont une renaissance économique, culturelle et sociale sans précédent. Le modèle de Transition décrit une façon positive, centrée sur les solutions, de rassembler les gens qui vous entourent pour réfléchir à la façon dont votre communauté fera face au pic pétrolier et aux changements climatiques.

L'intention est que vous soyez pleinement outillé, lorsque vous aurez terminé la troisième partie, pour lancer le processus là où vous habitez. Le message fondamental de cette partie du livre est que nous ne pouvons y arriver individuellement et que tant les changements climatiques que le pic pétrolier doivent être à la base de nos réflexions et de nos décisions. p.131

 

 

100

 

Les quatre prémisses de base des Initiatives de Transition :

 

1)      Nous ne pourrons éviter de vivre en consommant beaucoup moins d'énergie. Il vaut mieux s'y préparer que d'être pris par surprise.

2)      Nos établissements humains et nos communautés manquent de la résilience nécessaire pour survivre aux importants chocs énergétiques qui accompagneront le pic pétrolier.

3)      Nous devons agir collectivement et nous devons le faire maintenant.

4)      En stimulant le génie collectif de notre entourage pour concevoir en avance et avec créativité notre descente énergétique, nous pourrons construire des modes de vie plus inter-reliés, plus enrichissants et qui reconnaissent les limites biologiques de notre planète.

 

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Published by gorgerouge - dans braise
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commentaires

Arthuis Pierre 17/04/2014 09:40

Merci pour tous ces extraits que j'ai lus. Je partage une chose avec l'auteur: oui l'énergie abondante a structuré toute notre organisation. L'énergie abondante va (pour moi ce n'est pas
réjouissant) appartenir au passé. Donc tout va changer. On va, quelque part, faire un chemin inverse de celui que l'on a fait depuis 1 siècle et demi. C'est énorme. Ce n'est pas parce que l'énergie
abondante a charrié au passage pas mal de nuisance et pas mal de voracité dans nos comportement que sa disparition va nous conduire à une partie de réjouissance. Local plutôt que mondial? mais
l'énergie est tout sauf également répartie. L'exploiter localement va signifier vivre avec plus ou moins d'aisance selon le lieu (soleil vs peu de soleil; forêt ou pas, montagne ou pas; désert ou
prairie). Bref il va y avoir des endroits plus ou moins habitables d'où d'importantes migrations (et avec moins de transports au pétrole soit dit en passant); cela ne va quand même pas se faire de
manière euphorique. Bref si l'on accepte le fait qu'on ai moins d'énergie (moins ça risque d'être 5 à 10 fois moins peut être) pourtant on grincerait des dents si l'on nous disait que nos revenus
allaient être divisés par 5 ou 10 (non ? ); c'est pourtant à peu près la même chose (même si la société changeant, avec 5 ou 10 fois moins de richesses on vivra peut être (et heureusement) quand
même pas 5 à 10 fois moins bien...mais c'est pas gagné quand même. Remplacer les engrais azotés (faits à partir du gaz) par de l'engrais animal OK mais les animaux occupent un espace pris sur la
sole agricole. On sait qu'il va en falloir beaucoup moins; donc moins de fumier aussi. Donc ce n'est pas sur une feuille de papier que l'on peut construire un modèle intelligent et qui marche; il
faudra qu'il se trouve tout seul, par tâtonnements. C'est d'ailleurs comme cela que tous les modèles se sont construits, y compris le "modèle" actuel (ce mot n'ayant d'ailleurs pas de sens pour moi
car justement personne avec son cerveau ne l'a inventé). Merci quand même pour la mise en ligne et le choix des extraits. On s'informe et on cogite; ça peut pas faire de mal.

gorgerouge 22/04/2014 10:42



ok Pierre, merci pour ce commentaire fort pertinent.


Les politiques natalistes menées au nom de la croisance économique nous auront conduits, comme tu le dis, à une population excessive sur tous les
territoires, y compris dans des régions incultes, au sens d'incultivables.


Une fois de plus le symbole des générations futures c'est un index levé.


Ce capitalisme à outrance aura été inconséquent, au sens où les amérindiens basaient leur mode de vie sur le bien-être des 7 générations à venir.
Le plus étrange est que 7 générations correspondent à 210 ans (7 x 30 ans), ce qui correspondra approximativement à la duré de l'ère du pếtrole qui laissera derrière elle un monde dévasté à
reconstruire dans une situation de perte généralisée de savoir-faire manuels. Sauf dans les pays pauvres. Les premiers seront les derniers. ça va être un sacré défi pour nous les
occidentaux.


Gorgerouge.



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