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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 16:29

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La Transition au Canada

par Charlotte Astier et Camille Daum-Lobko

 

Au moment où les chocs que nous promettent le système économique globalisé, le pic pétrolier et les changements climatiques, pour n'évoquer qu'eux, entraîneront la faillite de la civilisation actuelle, la Transition deviendra alors un point crucial. Dans ce contexte de débâcle, les transitionneurs deviendront des ressources essentielles pour leur communauté et auront un rôle décisif à jouer dans les transformations sociales et politiques à l'échelle mondiale. Durant cette période charnière et chaotique, le mouvement de Transition devra cesser d'être « transitoire » et prendre le dessus pour s'ériger comme nouveau modèle de société viable. En attendant, il faut agir ici et maintenant. p.179

 

 

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France qui décroît, France en transition

par Luc Semal et Mathilde Szuba

 

Le mouvement des Transition Towns ne prône pas un militantisme d'opposition, bien au contraire. Le choix du mot très neutre de Transition traduit cette volonté de consensus. C'est tout le contraire de la décroissance : en France, ce mouvement s'est cristallisé en 2002-2003 autour d'un mot choisi parce qu'il incarnait un rejet, un refus, et donc un conflit. p.181

            Après plusieurs années d'existence, les milieux anti-productivistes semblent à la recherche d'un nouveau souffle, et c'est là que la Transition peut amener quelque chose de nouveau aux militants français, en leur faisant découvrir une nouvelle approche et de nouvelles méthodologies d'action. p.182

 

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France qui décroît, France en transition

par Luc Semal et Mathilde Szuba

 

Par souci de communication ou de conviction personnelle, la tentation est grande de mettre l'accent sur la dimension émancipatrice de l'écologie... et de taire sa dimension nécessaire, qui n'est ni agréable à constater, ni agréable à entendre. La Transition, quant à elle, a cherché à résoudre le dilemme en proposant une réflexion en deux temps : d'abord poser les bases de la nécessité et du non-négociable (le réchauffement climatique et l'imminence du pic pétrolier), et ensuite seulement, à l'intérieur de ce cadre, construire l'émancipation et le souhaitable. p.183

 

 

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France qui décroît, France en transition

par Luc Semal et Mathilde Szuba

 

Le mouvement pour la Transition se considère toujours comme un mouvement résolument optimiste, qui cherche justement à rompre avec les conceptions apocalyptiques et misérabilistes de l'écologie catastrophiste. (note personnelle : qui peut envoyer ce document à Pascal Bruckner ?!) La Transition propose donc une forme originale de pensée sur la crête, qui se préserve autant du catastrophisme défaitiste que de l'optimisme naïf, et que l'on pourrait définir comme un catastrophisme agissant.

            La résilience incarne parfaitement la tension permanente évoquée ci-dessus entre catastrophisme et optimisme : la résilience peut être résumée comme l'art de rebondir, ou comme la capacité à encaisser un choc sans s'effondrer, et même en en sortant plus fort qu'auparavant. Penser la résilience des territoires et des communautés humaines, c'est entériner le fait qu'il y aura très bientôt, que nous le voulions ou non, des chocs énergétiques, économiques et sociologiques majeurs : c'est une manière de penser la catastrophisme, parce que c'est reconnaître que jusqu’à un certain point la situation nous a échappé – il ne s'agit plus d'éviter le choc, mais de nous y préparer. p.183

 

 

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France qui décroît, France en transition

par Luc Semal et Mathilde Szuba

 

L'une des forces de la Transition, c'est de parvenir à fournir un cadre commun au sein duquel tous les groupes pourront s'épauler, coordonner leurs actions et viser des buts communs très concrets pour la reconstruction de la résilience locale, la Grande Transition. L'attitude proposée est à la fois ferme et ouverte, parce que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, à condition bien sûr de jouer le jeu en respectant les constats préalables du pic pétrolier et du réchauffement climatique. (Note personnelle : de toute façon l'ensemble des associations à caractère social sont déjà aux abois) Les groupes locaux de Transition vont donc évidemment à la rencontre des autres groupes écologistes déjà existants dans leur ville, mais aussi d'associations locales moins évidentes : les troupes de théâtre sont invitées à faire des pièces sur la vie locale en 2030, les associations de médecins à réfléchir sur la médecine post-pétrole, les clubs de cuisine à redécouvrir ou inventer des recettes locales... Quant aux élus locaux, ils sont presque systématiquement contactés et invités, même si tous ne sont pas également réceptifs à cette démarche. p.183

 

 

 

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France qui décroît, France en transition

par Luc Semal et Mathilde Szuba

 

En faisant de l'échelon local le centre de sa réflexion et de sa méthodologie, la Transition a fait le pari de concentrer un maximum d'énergie sur la Transition des communes, et de proposer aux militants de réfléchir dans le cadre du territoire qu'ils connaissent et qu'ils habitent plutôt que de manière abstraite. La Transition est donc une approche essentiellement pragmatique, dans laquelle le recensement des ressources et des qualités locales disponibles est un préalable à toute forme de proposition ou d'action. La rédaction des Plans locaux de descente énergétique est la conclusion logique de cette approche, puisqu'elle permet de décliner localement les principes généraux de la Transition, après les avoir confrontés aux forces et aux faiblesses d'un territoire précis et délimité. p.184

 

 

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France qui décroît, France en transition

par Luc Semal et Mathilde Szuba

 

En Italie, où existait déjà une réflexion sur la notion de décroissance et des réseaux militants comme celui des villes lentes (« città slow »), le Transition Handbook a été traduit et publié à la fin de l'année 2009.

 

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En guise de conclusion

 

Nous ne laisserons rien d'indispensable derrière nous. Car que craignons-nous tant d'abandonner ? La New Economics Foundation a pourtant démontré que :

ñ     Les hausses de revenu ont cessé de nous rendre plus heureux depuis 1961.

ñ     Quand on leur demande dans quelle décennie elles auraient aimé vivre, entre 1950 et aujourd'hui, la majorité des personnes interrogées choisissent les années 1960.

ñ     62% des Britanniques considèrent leur emploi stressant ou sans intérêt.

ñ     82% des Britanniques sont d'accord avec l'affirmation « la société est devenue trop matérialiste ; elle accorde trop d'importance à l'argent et pas assez à ce qui compte vraiment ».*

ñ     Notre niveau de confiance les uns envers les autres est la moitié de ce qu'il était dans les années 1950. p.186

 

* (commentaire personnel : un chef indien, Seattle je cois, disait : « seulement quand l'homme blanc aura tué le dernier bison, pêché le dernier poisson, coupé le dernier arbre, alors seulement il comprendra que l'argent ne se mange pas ».)

 

 

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En guise de conclusion

 

L'économiste en chef de l'Agence Internationale de l’Énergie, Fatih Birol, affirme maintenant : « Nous devons laisser tomber le pétrole avant qu'il ne nous laisse tomber ». L'ère du pétrole bon marché est terminée. Plus tôt nous accepterons cette réalité et mettrons en œuvre notre créativité collective, moins nous risquerons de sombrer dans le découragement, la chasse aux boucs émissaires et l'impuissance. Nous vivons à une époque charnière de l'histoire humaine où nous pouvons déclencher la plus extraordinaire transition de tous les temps. p.187

 

 

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En guise de conclusion

 

Nous assisterons à une éclosion d'entreprises locales, de solutions et d'habiletés locales et à une explosion d'astuce et de créativité. Nous grandirons inévitablement pendant cette transition ; en fait, cette évolution personnelle est une condition préalable au progrès que nous souhaitons. Nous ne serons plus les mêmes arrivés à l'autre bout ; nous serons devenus plus humbles, plus en lien avec la Nature, plus en forme, plus habiles et, en définitive, plus sages. Nous émergerons éberlués dans un mode de vie qui nous semblera malgré tout plus confortable et plus familier que celui que nous aurons abandonné. Pour qu'on accepte d'échanger la mobilité, la croissance et l'aisance matérielle pour autre chose, il faut que cette alternative soit plus alléchante que ce qu'elle entend remplacer. p.187

 

Non seulement une autre existence est-elle possible, mais elle s'en vient.

Par une journée calme, je peux entendre son souffle.

Arundhati Roy

 

 

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« Mesdames et messieurs, j'ai la réponse ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, je suis tombé sur la technologie qui va nous sauver d'un changement climatique hors de tout contrôle ! Par charité envers vous, je vais vous l'offrir gratuitement. Pas de brevets, pas de petits caractères, pas de clauses cachées. Cette technologie, une forme radicalement nouvelle de capture et de stockage du gaz carbonique, crée tout un émoi parmi les savants. Elle est bon marché, elle est efficace et peut être déployée sans tarder. Elle a pour nom : laisser les carburants fossiles sous la terre ». p.43 (George Monbiot, Rigged, The Gardian, 11 décembre 2007)

 

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Quelques titres en tête d'affiches pour organiser des événements publics : p.147-148

 

-        La fin de l'âge du pétrole - défi ou opportunité ?

            Deux événements (à 7 jours d'intervalle)

            => projection d'un film + débat ;

            => des pistes pour une transition – la formidable opportunité du pic de pétrole (Totnes, septembre 2006)

 

-        JOURNÉE VILLE EN TRANSITION (Montréal, novembre 2009, opération co-organisée par 5 associations, une centaine de personnes, informations et inscriptions par Internet)

 

-        L'énergie après le pétrole – conférence illustrée – un regard lucide sur notre impasse actuelle et comment notre énergie pourrait changer dans le futur. (Brixton Ville en Transition, mai 2004)

 

-        Coaticook, ville en transition ?

- Un mouvement citoyen en faveur du développement durable

- Une approche originale pour revitaliser la communauté et l'économie locale. (Québec ; décembre 2008)

 

-        ASSEMBLÉE D'INFORMATION SUR LES VILLES EN TRANSITION

– Projection du Film « In Transition » (anglais, sous-titres français)

– présentation orale par un intervenant

– Discussion sur l'opportunité de lancer un « Quartier en Transition » sur Villeray (Montréal, mars 2010)

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Published by gorgerouge - dans braise
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