Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 20:53

Qu'est-ce qu'un verger urbain partagé et pourquoi faire ?

 

Un tel verger consiste à planter des arbres fruitiers en ville. Partout où c'est possible. La plus grande variété possible. Peu importe le rythme : soit en remplacement des arbres morts, soit là où il reste des espace libres, soit en coupant les arbres existants pour en faire du bois d'ébénisterie ou de chauffe.

 

Le côté partagé ou participatif répond à l'objection déjà entendue : « les enfants vont grimper aux arbres pour manger les fruits. » Il s'agit de décider de l'utilisation collective des fruits :

  • à quel moment on les cueille ? Par exemple une journée décidée à l'avance, une cueillette collective, festive ;

  • quelle distribution ?

* Telle part pour les associations caritatives, d'ailleurs ces associations auront été invitées à participer à la cueillette ;

* telle part pour la restauration collective et les cantines scolaires ;

* telle part pour la consommation personnelle des habitants ayant participé ou non à la cueillette (certains n'auront pas pu être là ce jour, ou auront donné de leur temps dans d'autres tâches conviviales) ;

* telle part pour la transformation et la conservation ;

* telle part pour la vente via une AMAP locale co-gérée par le collectif d'habitants...

 

 

Pourquoi faire ?

 

« Seuls 20% de l'approvisionnement alimentaire en Île-de-France viennent de la région parisienne. La ceinture maraîchère est en voie de disparition. Pourtant, les stocks des supermarchés sont de l'ordre de 4 à 5 jours. En cas de rupture d'approvisionnement en pétrole, on peut imaginer la catastrophe alimentaire qui en résulterait. » Le Sarkophage, 13 novembre 2010 / 15 janvier 2011, page 6. En kiosque.

 

Quel est ce risque de rupture d'approvisionnement en pétrole ?

  • Voir « Pétrole apocalypse », 2005, ouvrage d'Yves Cochet.

  • Voir aussi du même auteur : « Anti-manuel d'écologie », 2009. Un seul extrait page 107 : « L'une des grandes différences entre le point de vue des « optimistes » et celui des « pessimistes » repose sur la compréhension du temps. Pour les « optimistes », le rapport simple entre les réserves de pétrole (un peu plus de 1000 milliard de barils) et la consommation mondiale annuelle (un peu plus de 30 milliards de barils) nous promet encore plus de trente ans de consommation au rythme actuel. Pour les « pessimistes », ce rapport n'a aucun sens. Ce qui compte est la date du pic de production et la décrue, à partir de laquelle les prix s'envoleront. C'est aujourd'hui, ou demain. Nous ne sommes pas à une ou deux années près. Vu l'inertie du système énergétique mondial, le choc est de toute façon inéluctable. »

 

C'est pour limiter ce choc que des vergers urbains partagés, de même que des potagers partagés, et pas seulement urbains : ruraux aussi, sont urgents, vitaux, aux points de vue alimentaire, social (création de lien social à travers une activité productive conviviale), économique (moindre dépendance à l'économie mondiale, aux risques de crash boursier et autres crises des subprimes), environnemental (agrobiologie et permaculture sans intrants).

 

3546431858_8daf627919.jpg

 

À Evreux, on pourrait envisager un multi-partenariat associatif et institutionnel autour d'un tel projet : associations caritatives, ville et agglomération, services techniques dédiés aux espaces verts, Missions Locales et services d'insertion, comités de quartier, Adress, Grabhn, Terre de liens, association Aurore et Aux Légumes d'Ici et Maintenant (conserverie, traction animale etc.), ferme du Bec Hellouin (permaculture), mouvements écologiques locaux politiques comme associatifs, associations de locataires etc.

 

Cette structure multipartenariale devra probablement commencer par s'approprier un recensement des espaces verts et de leurs potentialités : orientation nord-sud, repérage des espaces pour planter des arbres (plutôt au nord des parcelles repérées), désignation d'espaces pour installer des carrés potagers (plutôt au sud des parcelles).

 

--------------------------------------

 

 

22 novembre :

 

D'un côté :

  • des réserves de pétrole on en a encore pour un sacré bout de temps, 50 ans minimum !

  • On trouvera quelque chose, ils attendent le moment propice pour sortir leurs énergies de remplacement !

  • Les écologistes on s'en passerait bien ! Ils nous culpabilisent et le problème c'est eux !

    Entendu ce matin même : « on ne pourra pas se passer de pétrole, ce n'est pas possible. » Sous-entendu : c'est bien les écolos qui veulent nous en priver, c'est un déni des réserves limitées et un entêtement à croire à une croissance infinie dans un monde fini

 

De l'autre côté, une frange minoritaire des écologistes passe d'une position de sonneurs d'alarmes, nous invitant à anticiper la crise écologique pour tenter de l'éviter, à une attitude visant seulement à accompagner tant bien que mal la catastrophe qui est désormais inévitable ; à en limiter les dégâts. À force de ne pas vouloir la voir, la catastrophe n'en sera que plus soudaine, plus violente, plus douloureuse.

 

 

D'un côté des ignorants qui se réfugient derrière ce qu'ils entendent à la radio, à la télé, et qui ignorent les points de vue des écologistes, qui ne connaissent pas le pic de Hubbert et qui ne veulent pas le connaître.

 

De l'autre des gens perçus par les ignorants comme des « militants », insupportables, que l'on refuse d'entendre, encore moins d'écouter, préférant l'attitude de l'autruche, de la stigmatisation de leur position militante. Ces militants savent ce qu'il y a dans la tête des ignorants. L'inverse n'est pas vrai : les ignorants ne veulent pas savoir les arguments des militants.

 

Le pic de Hubbert ? Écoutons Yves Cochet, dans son Antimanuel d'écologie, 2009, page 105 : « La prédiction de Hubbert était fondée sur l'observation que, pour une région suffisamment vaste, le volume annuel de l'extraction pétrolière suit une courbe en cloche qui est maximale lorsque à peu près la moitié de la ressource est extraite. En extrapolant ces méthodes à l'ensemble de la planète, on peut estimer que nous avons atteint aujourd'hui – en 2009 – le maximum de la production mondiale de pétrole. C'est un événement exceptionnel dans l'histoire humaine. Pour la première fois, les volumes de la matière première la plus indispensable à l'ensemble de l'économie mondiale auront cru pendant cent cinquante ans pour diminuer ensuite, année après année. L'image mentale de la « croissance » - du PIB, de la population, du nombre d'automobiles... - se heurte à la décroissance géologique, inéluctable, irréversible de son plus précieux fluide. La singularité de cet événement est telle qu'aucun modèle du monde économique, aucune information massive de sensibilisation, aucune politique d'évitement ou d'adaptation n'aura précédé son advenue. Cette ignorance est catastrophique. »

 

 

Ce sont ces données qui sont inaccessibles aux ignorants cités plus haut. Et c'est cette ignorance catastrophique qui leur tient lieu d'argument.

 

Et lorsque l'échange verbal s'engage, c'est leur parole contre la nôtre. Toujours. Et leur ignorance leur sert d'argument pour rester dans leur léthargie, leur passivité, leur conservatisme.

 

Yves Cochet encore, page 109 : « Découvertes (de réserves de pétrole, NDLR) en chute, offre stagnante, demande croissante, guerres pour l'accès. Telle est la formule de la déplétion pétrolière qui s'annonce. Le choix des pays industrialisés est binaire : ou bien ils décident leur sevrage immédiat et rigoureux, ou bien ils continuent leur addiction par la force. La première alternative est la seule manière de sauvegarder la solidarité et la démocratie, mais nous avons choisi la seconde : la guerre. »

 

 

 

Et encore Yves Cochet fait-il preuve de naïveté ou d'inattention lorsqu'il ne remarque pas la chose suivante qui contre-dit dans le sens pessimiste l'image de la courbe en cloche de Hubbert : cette courbe a mis 200 ans à grimper jusqu'à son sommet, mais elle mettra 20 ans maximum à redescendre pour les deux principales ressources : l'uranium (2040) et le pétrole (2050) ; ce n'est donc pas une courbe en cloche qui par définition doit être symétrique. C'est une courbe qui monte progressivement et qui redescend à pic, cette chute vertigineuse s'accompagnant de frustrations, de famines, de colères.

 

Ces deux dates, 2040 et 2050 sont les dates d'épuisement des réserves respectives d'uranium et de pétrole, mais cet épuisement ne se produira pas du jour au lendemain : les ressources seront progressivement plus difficiles à extraire, à raffiner, et progressivement de plus en plus chères. Cette augmentation « tendancielle » : lente et inexorable, a déjà commencé.

 

On s'y met maintenant pour anticiper la casse et limiter les dégâts ?

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans roulement à billes
commenter cet article

commentaires

gabeu 29/12/2011 15:49

Bonjour,
Nous sommes des planteurs de fruitiers, de vivaces, de fleurs aux 4 coins de la France et plus personnellement à Paris et banlieue ouest. Nous sommes du groupe guérilla gardening et votre projet
nous intéresse bien. Peut être pourrions nous vous donner un coup de main ? semer des fruitiers avant de vous rejoindre, faire des repérages, motiver des gens, partager avec d'autres groupes on
sait faire :)
PS: je viens de poster un article sur notre forum concernant la ceinture vivrière:
http://guerillagardeningparis.xooit.fr/t635-Ceintures-vivrieres-et-vergers-urbains.htm#p2879
Au plaisir,
guérilleusement,
gabe

gorgerouge 03/01/2012 19:14



Bonjour Gabe, je connais ce mouvement et nous avons  déjà semé des graines de potiron le long de la Risle à Serquigny. Je retiens ta proposition et tes coordonnées pour le moment où
démarrera Evreux Ville en Transition ! De plus je suis déjà en partenariat avec terra-vitae.org .


Gorgerouge.



Présentation

  • : Le blog de Gorge Rouge
  • : Essentiellement préparer l'après pétrole localement, fruit d'une quête tous azimuts pour comprendre ce monde de fous.
  • Contact

Profil

  • gorgerouge
  • Voir http://gorgerouge.over-blog.com/article-a-la-recherche-de-l-evidence-14-janvier-2011-65012602.html