palabres

Mercredi 4 mars 2009
 

À table. Le grand-père qui fête ses 74 ans et le petit-fils de 12 ans empoignent le sel en même temps. Aucun ne lâche. Stupeur.


La grand-mère, les deux fils et la belle fille prennent parti pour le grand-père : le petit-fils lâche.


Commentaire d'un des fils : « si c'est le plus jeune qui prend le dessus, c'est la barbarie. »


Les anciens ont appris l'humilité, le respect, le sens du sacré.


Le plus jeune, s'il prend le dessus, ne verra comme résultat de sa victoire que la loi du plus fort : la barbarie.

Tandis que l'ancien, en se servant en premier, ne le prendra pas comme une victoire : il y verra une transmission séculaire du respect de l'autre, de la patience, de la tempérence.


En contrôlant sa pulsion de consommation, le petit-fils apprend à surmonter sa frustration. Y aurait-il un lien avec la décroissance ?



Le surlendemain, 10 mars 2009, je raconte cette histoire à Manu qui me parle d'une émission sur France Inter entendue le matin même et qui décrivait la délinquance chez les cheveux gris ou blancs, dont deux soeurs de 85 ans tenaient le pompom, assassinats à l'appui. Le vieillesse n'est donc plus une garantie de sagesse. L'individualisme et l'avarisme ont gangréné précocemment quelques candidats devenus âgés aujourd'hui.


Alors je me rabats sur une valeur sûre, racontée maintes fois depuis ma lecture ancienne de « L'école avec Françoise Dolto » : la pédagogie institutionnelle grâce à laquelle c'est le groupe, la classe en l'occurence, qui propose des solutions aux conflits rencontrés. Cela se fait en présence d'adultes, et non pas sous leur autorité.

Alors Manu me lance sur les contes et les griots africains. Je poursuis sur « Le gai savoir de l'acteur », magnifique ouvrage sur la comédia del'arte de Dario Fo, prix Nobel de littérature. Manu continue : dans son énorme bagage d'histoires, le griot, face à un conflit rencontré dans la communauté, puise celle qui lui semble le plus s'en rapprocher, l'aménage en conte inachevé, et laisse les participants inventer des suites. Cette suite sera le choix fait par la communauté pour la résolution du conflit. Ce que l'on appelle finalement aujourd'hui une décision concertée... Ça rappelle également le théâtre de l'opprimé d'Augusto Boal, inventé au Brésil, également appellé théâtre forum. Manu me parlait des contes qui constituent un module de sa formation en Accompagnateur Moyenne Montagne.

 

 


On évoque souvent la perte des valeurs : quand on comprend que ce n'est pas la perte des valeurs qui caractérise (entre autres) notre époque, mais la perte des conditions de leur élaboration, et que ces conditions sont finalement assez diverses et pas si compliquées que cela à remettre en place, l'espoir n'est pas loin. L'espoir et l'action.

Par Gorge Rouge
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Mardi 30 décembre 2003
et présentation de « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie »,
Marion Gret et Yves Sintomer,Ed° la découverte, mars 2002,
10 € en livres rares et anciens sur la toile le 11 novembre 2007.
 
Scénario fictif optimiste
 Ce texte a été écrit en 2003.
 
Avril 2009. Hubert Reeves donne une conférence dans la salle des fêtes de Bernay, ville normande de 12000 habitants. C’est le coup de tonnerre, assourdissant : en une soirée, les 240 habitants présents (2 % de la population) prennent conscience que d’ici 50 à 100 ans, la terre se réchauffera de 5,8 degrés. (Changer à volonté la date, le nom de la ville, le nombre de ses habitants et des présents).
 
Avril 2010. Le processus participatif mis en place à Bernay a transformé les projets environnementaux en priorité des priorités : c’est une question de survie, globalement et, donc, localement. Un coefficient de 5 sur 5 a été attribué aux projets qui visent à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. De plus il s’avère que ces projets sont portés par une part massive de la population : 12 % des habitants ont soutenu au moins un projet dans ce domaine, sur une participation totale de la population de plus de 16 ans ayant pris part au processus participatif s’élevant à 14 %.
 
Juillet 2010. Seul le levier participatif a permis de mettre les pieds dans le plat du réchauffement climatique (quel élu pourrait aller si loin dans sa lucidité comme dans ses objectifs sans passer pour un illuminé ?!). Mais le bras de fer que l’on pourrait qualifier de lobbyiste commence sur le terrain juridique. Le projet consiste à faire rouler les bus et les véhicules municipaux aux agrocarburants locaux (100 % huile de tournesol ou de colza) tout en convertisant les pâturages en cultures de protéines végétales (quinoa, amarante) et en tournesol et colza. Mais rapidement ce projet se heurte à l’obligation de payer la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) alors que les biocarburants ne sont ni des produits pétroliers, ni des produits fossiles, ni des produits polluants ! Non seulement l’argument économique ne tient pas debout (refus d’une diminution des recettes de l’Etat du côté gouvernemental, impossibilité de payer la TIPP du côté de Bernay, sans quoi le passage du pétrole aux biocarburants serait un gouffre financier), mais surtout l’enjeu écologique laisse inflexible le gouvernement, lié aux milieux financiers lobbyistes les plus puissants.
 
L’affaire est portée devant le Conseil d’Etat.

(En fait, "depuis 2002 la filière des agrocarburants bénéficie d'une réduction de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ainsi qu'une taxe générale sur les activités polluantes, qui oblige les distributeurs à incorporer des biocarburants à la pompe dans une proportion qui devra atteindre 10% en 2015", trouvé dans L'âge de faire de janvier 2008. Le problème n'est pas pour autant résolu : "La loi de finance 2008 pourrait bien réduire (de 30% environ) les avantages fiscaux dont bénéficient les producteurs d'agrocarburants" - même source.)

De plus une relocalisation économique massive se met en place sous forme d'économie sociale et solidaire : maraîchage biologique de proximité avec une forte dimension donnée à la redécouverte d'espèces anciennes en partenariat avec Kokopelli, artisanat local sans utilisation d'énergies fossiles.
 
Août 2010, le Conseil d’Etat tranche en faveur de la suppression de la TIPP envers les agrocarburants pour les transports publics, arguant principalement de l’urgence écologique.
 
Avril 2011. L’initiative locale de Bernay, soutenue par les multiples municipalités à avoir mis en place un dispositif de démocratie participative, a fait des petits. Les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre éclosent de partout, jusqu’à modifier radicalement le mode de vie d’une partie croissante de la population des pays développés.
 
Avril 2013. Publication des premières estimations fiables et moins alarmantes que celles annoncées en avril 2008. En comptant avec l’inertie du phénomène enclenché, l’arrêt du réchauffement climatique d’ici une centaine d’années est peut-être encore possible. Il est trop tôt pour savoir à quelle température cette stabilisation prendra effet, et si les 5,8 degrés de plus annoncés dès l’été 2003 seront atteints ou dépassés.
 
30 décembre 2003.

     La Boca

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État des lieux
 
La réflexion qui me vient le plus souvent à l’esprit en découvrant les articles et les réactions à la Démocratie Participative (DP), c’est de me dire que c’est bien dommage que leurs auteurs n’aient pas lu « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie » de Marion Gret et Yves Sintomer.
 
L’exemple le plus caricatural est celui-ci : le 17 novembre 2003, je participe à un colloque organisé à Rouen par le Conseil Economique et Social de Haute-Normandie sur le thème : « décentralisation et démocratie participative ».

Deux constats se sont avérés criants :
1- tous les intervenants étaient d’accord pour affirmer que, au final, c’est toujours l’élu qui décide (alors que c’est le contraire à Porto Alegre !)
        2- aucun d’entre eux ne connaissait l’existence du livre « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie ».

Autrement dit (et je l’ai dit au micro en plus d’indiquer ce livre), le thème qu’ils traitaient ce jour là et celui pour lequel j’étais venu portaient tous les deux le même nom mais étaient deux thèmes différents.

 Autre exemple de ce grand écart entre ce que les gens ont à l’esprit quand ils pensent à la DP et ce qu’il est décrit dans le bouquin de MG  et YS :
fin novembre 2003 je rencontre une copine qui me confirme que ce n’est pas facile d’instaurer un processus participatif en France en s’appuyant sur son expérience selon laquelle quand on demande aux gens ce qu’ils veulent, lors de réunions publiques, on obtient bien quelques réponses, mais quand on demande qui veut s’en occuper il n’y a plus personne. Chez elle aussi, sa représentation de la démocratie participative est très éloignée de ce qui se pratique à Porto Alegre où les citoyens font des propositions qui seront retenues ou non, mais où ils n’ont en aucun cas la responsabilité de les mener à terme : ceci est l’affaire des élus (sous le contrôle des citoyens) et des professionnels (employés municipaux et sous-traitants privés).

 J’ai l’impression permanente qu’en France (sauf peut-être à Morsang-sur-Orge dans l’Essonne ?) dans le meilleur des cas, celui des tentatives sincères pour instaurer un processus participatif, le temps et les énergies sont consacrés à essayer d’inventer quelque chose de mièvre, une participation de façade dans laquelle l’objectif est pipé puisqu’au bout du compte ce sont toujours les élus qui décident, alors qu’il existe une structure participative, très bien décrite dans l’ouvrage cité ci-dessus, dans laquelle ce sont les participants, tous ceux qui veulent participer, qui proposent et qui définissent eux-mêmes les critères prioritaires de sélection ou de rejet parmi les propositions faites.

Faute de critères clairs et de règles objectives communes à tous, c’est, en France, la plupart du temps la place libre aux groupes de pression et à la « spontanéité populaire ».

Le malaise est d’autant plus grand que cette permanence de sensation est présente aussi lors de la lecture de la revue dont l’objet est de promouvoir la DP, la revue Territoires. Yves Sintomer, l’un des deux co-auteurs de « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie », a beau faire partie du comité de rédaction de Territoires, ça ne change rien au constat.

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Longo maï

Avant de présenter cette fiche de lecture sur la démocratie participative telle qu’elle s’est mise en place à Porto Alegre 15 ans durant, durée au bout de laquelle le Parti des Travailleurs a perdu les élections, je veux vous présenter une autre expérience que j’ai découverte pendant l’hiver 2007 en lisant « Longo maï, vingt ans d’utopie communautaire » écrit en 1993 par Luc Willette (Éditions Syros, épuisé).


Ces extraits des pages 98 à 100 décrivent leur fonctionnement.

Longo maï, réseau communautaire dont l’épicentre se trouve en Haute-Provence près de Forcalquier, va fêter ses 35 ans en 2008.

 

« Rien n’étonne plus un militant politique – communiste, socialiste ou gauchiste – débarquant à  Longo maï que d’apprendre qu’il n’y a jamais d’élections, jamais de motions, jamais de textes soumis au vote des camarades. Ni président, ni secrétaire général, ni trésorier, ni congrès. Rien de tout ce qui fait un parti conscient et organisé. « Mais s’il n’y a pas d’élection, qu’advient-il de la démocratie ? s’étonnera le visiteur. Et si je ne suis pas d’accord avec la ligne suivie, et si je veux proposer une autre ligne, comment faire sans un congrès, des votes, des candidatures, des majorités, des élus ? »

Eh bien, non ! Il n’y a rien de tout cela à Longo maï. Pas de règlement intérieur, pas d’élection, pas de majorité et de minorité, même s’il y a parfois des oppositions. Le principe est celui de la démocratie directe et permanente. « On fonctionne au niveau humain, explique Mathieu, pas au niveau formel. » Des congrès, pour quoi faire ? Puisque, tous les soirs ou presque, a lieu à Grange-Neuve une assemblée générale informelle où l’on discute de tout. De la politique agricole interne à la guerre du Golfe, du financement d’une campagne antifasciste en Carinthie à l’attitude de tel coopérateur qui renâcle trop souvent au ramassage des framboises. Bien sûr, ces réunions informelles tournent parfois et même souvent à la dispute. Pas un seul des coopérateurs – Rémi excepté – qui n’ait vu un soir tout le monde lui tomber dessus. Et on ne mâche pas ses mots. « Les Germaniques, me dit Elke, ne comprennent pas toujours ces séances d’engueulades.

« Ça a du bon, rétorque Bertrand, on s’engueule un bon coup et le lendemain c’est fini, on n’en parle plus. Ça vaut mieux que de garder les choses sur le cœur et de les ressasser pendant des semaines. Ça permet à la fois de vider les abcès et de resserrer les liens.

Sur le moment, ça secoue. Une sorte d’électrochoc. Un côté psychothérapie de groupe. Certains n’y ont pas résisté et sont partis. D’autres ont encaissé. « Quand j’en ai marre du collectif et des engueulades, m’avoue Marie-Pascale, je vais parler avec mes oies. » Certains m’avouent que ces séances sont difficiles à supporter. Rémi notamment est parfois très dur. Les mots sont cinglants et font mal. Pour sa part, François estime que « les engueulades n’ont jamais fait de dégâts. C’est fait avec délicatesse malgré les décibels (…) »

Je ne suis pas totalement convaincu. Je n’ai jamais assisté à de telles séances et je n’en ai – pas encore – été victime, mais je connais certains qui en ont souffert. Ils restent fidèles au mouvement mais certains sont blessés pour longtemps. »

(…)

C’est au cours de ces assemblées générales quotidiennes que tous les problèmes généraux et individuels sont réglés et toutes les décisions prises. Pas besoin de vote, la majorité se dégage très bien dans la grande salle. Si l’un d’eux n’est pas d’accord, il le dit. S’il persiste dans son désaccord, il peut s’incliner et rester. Si le désaccord est trop important, l’engueulade trop forte, il peut toujours s’en aller. Personne n’est exclu, mais tout le monde peut toujours partir. Et pratiquement, tous ont, un soir ou l’autre, été tentés de partir, de retourner à une vie plus facile, moins mouvementée, plus douce. Guido, par exemple, et Dieu sait que Guido est solide, m’avoue qu’une année il en a eu tellement assez qu’il a fichu le camp et pris le train pour l’Italie. « Mais, à peine débarqué à Turin, j’ai senti tout ce qui allait me manquer. Je n’ai même pas pris la correspondance pour chez moi, j’ai repris le train pour la France, et je suis revenu à Limans. » Etc.


D'autres infos sur Longo maï en fin de Démocratie participative, encore - 23 juin 2008




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« Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie »,
Marion Gret et Yves Sintomer,Ed° la découverte, mars 2002.
 
Un résumé n’est pas possible tellement ce (petit) livre (135 pages petit format) est dense. S’il faut en extraire l’essentiel, ce serait (très subjectivement) ceci :
 « La mise en place du budget participatif ne résultat pas de l’application d’un programme d’action préalable et fut plutôt le résultat inattendu de la volonté initiale de favoriser la participation aux circonstances du moment ». p.57-58. Autrement dit la DP reste à inventer et la description de Porto Alegre n’est qu’un exemple dont on peut s’inspirer, mais pas un exemple à recopier tel quel.

Ceci dit le fond philosophique qui a garanti la réussite du processus est exprimé par cet objectif de justice sociale clairement affiché par l'équipe municipale : "l'inversion des priorités" que l'on peut comprendre par : servir d'abord les plus oubliés. La population a senti ainsi d'emblée qu'elle ne jouerait pas le didon d'une mauvaise farce.

Porto Alegre est une ville brésilienne d’1,3 millions habitants répartie en 16 secteurs (ou arrondissements) ; le processus participatif y est en place depuis 1988.
6 % de la population des adultes prend part au processus participatif. p.76.
Assemblées et Forums :
35 assemblées plénières locales s’y tiennent chaque année, de 100 à près de 2000 habitants y participent. Ces assemblées permettent de désigner les délégués aux seize Forums de secteur.  16 Forums de secteur : prise de parole sur inscription, 3 minutes de parole maximum. p.36-37.
C’est au niveau des secteurs que les Forums de délégués définiront de façon formalisée une liste hiérarchisée des interventions jugées prioritaires, ordonnée par quartiers et par thèmes.
Répartition budgétaire :
La répartition budgétaire du processus participatif se fait en fonction d’un paramètre « majoritaire-démocratique » (+ les habitants sont nombreux à se mobiliser, + leurs propositions de dépenses sont prises en compte), ce paramètre majoritaire-démocratique étant lui-même pondéré par un critère visant à limiter les déséquilibres démographiques entre les secteurs (coef.2), d’un critère de priorités établies par les habitants (coef.5, les dépenses publiques étant réparties en 13 domaines), d’un critère de carences en services et infrastructures (coef.4, en fonction d’un indice construit par les services techniques de la municipalité), et en fonction d’une logique technique (depuis 1992) selon laquelle les services municipaux effectuent une évaluation préalable de la faisabilité et de la rentabilité des projets.
 
L’essentiel est de comprendre que la DP se fonde sur ‘‘des règles objectives qui ne varient pas d’un quartier à un autre et des critères transparents ’’. p.25.
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 Pour entrer un peu plus dans le détail et pour faciliter la lecture du bouquin (ça devient très technique) :
 
1er paramètre (logique majoritaire-démocratique) p.45 : le nombre des délégués au Forum de secteur est déterminé en fonction du nombre de participants inscrits dans les assemblées plénières (1 délégué pour 10 présents jusqu’à 100 participants, 1 pour 14 présents jusqu’à 200 et ainsi de suite de façon décroissante au-delà). Au niveau microlocal, cette logique majoritaire-démocratique constitue une forte incitation à la participation. (Cette logique est en revanche largement neutralisée lorsque l’on passe à l’échelle de la ville : chaque quartier élit le même nombre de représentants à la structure participative, quel que soit le nombre des personnes qui ont été présentes aux assemblées.)
1er critère (priorités établies par les habitants, coef.5) p.46 : chaque secteur doit sélectionner 4 priorités (note de 1 à 4) parmi 13 domaines possibles d’intervention publique (traitement des eaux, habitat, voirie, éducation, assistance sociale, santé,transports et circulation, aires de loisir, sport et loisirs, éclairage public, développement économique, culture, et assainissement de l’environnement).
La 1ère matrice (priorités thématiques), bas p.47 – haut p.48 : répartit les dépenses entre les différentes administrations municipales.
2ème paramètre (logique de justice distributive) p.48 : il s’exprime à travers les carences en services et infrastructures qui affectent chaque secteur. En fonction d’un indice construit par les services techniques de la municipalité, les secteurs se voient attribuer une note allant de 1 à 4 par ordre croissant de carence (2ème critère, coef.4). p.49
Le 3ème critère p.49 vise à limiter les déséquilibres démographiques entre les secteurs. Note de 1 à 4 en fonction de la population de chacun d’entre eux : 1 pour un secteur de moins de 25000 habitants, 2 entre 25001 et 45000 habitants, 3 entre 45001 et 90000 habitants, 4 au-delà. (coef.2) 
En cumulant les notes attribuées en fonction des 3 critères formalisés, multipliées par leur coefficient respectif, on aboutit à une 2ème matrice de répartition qui pondère les demandes des secteurs en fonction de la population et du niveau de carence. p.49.
3ème paramètre (logique technique) p.52.
 La 3ème matrice p.49 permet de calculer les sommes qui vont effectivement être attribuées à chaque secteur.

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Sur l'Economie Sociale et Solidaire et Longo Maï, voir
économie sociale et solidaire et Longo Maï, 11 octobre 2009


 

                                      http://microcosmos.unblog.fr/



Bibliographie
pour tenter d’acquérir un tempérament d’animateur d’un processus participatif :
 
« Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie », Marion Gret et Yves Sintomer, Ed° la découverte, mars 2002. (7,50 € en 2003).
 
Territoires, revue de l’ADELS (Association pour la Démocratie et l’Education Locales et Sociale), site : www.adels.org Tél : 01 43 55 40 05 ; abonnements : 01 44 84 85 20. Dernier dossier de novembre 2003 : Agir localement contre le réchauffement climatique. Il faut absolument se le procurer pour un complément d'info qui concerne autant les citoyens 'Lambda' que les élus, à commencer par ceux des collectivités territoriales ( faites-leur suivre ce courriel, ou mieux, offrez-leur via vos associations le n° Territoires du mois de novembre 2003 avec une info publique par voie de presse). On y découvre beaucoup d'initiatives qui sont source d'espoir, et que si tout reste à faire, tout est faisable !
L’ADELS organise également des journées ou stages de formation à la DP.
 
« Une saison en banlieue », Adil Jazouli (épuisé mais se trouve encore facilement en occasion…),
 
« L’école avec Françoise Dolto », Michel Amram et Fabienne D’Ortoli (10 premières années dans l’Eure à la Neuville du Bosc, entre Le Neubourg et Le Bec Hellouin) en poche  (voir Fiches de lecture  à la fin de ce blog) ; voir aussi Bonjour ! 20 décembre 2008
 
« L’indien qui est en moi », Adalberto Barreto, où l’on voit à quel point la culture brésiliene est prédisposée à adopter un fonctionnement participatif, où la parole des faibles et des exclus est facilement entendue en priorité dans un groupe, et où l’on comprend, finalement, comment « l’inversion des priorités » a pu être l’une des lignes directrices, dans les mots et dans les faits, à Porto Alegre.
 
« Pour une démocratie participative » Antoine Bevort, presses de sciences po, septembre 2002. On y découvre notamment que la liberté des anciens était la concertation alors que la liberté des modernes est devenue l’individualisme.
 
 
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Après 15 ans d’existence, les élections municipales de Porto Alegre n’ont pas reconduit l’équipe qui portait le processus participatif mais celui-ci subsiste apparemment, ainsi qu'ailleurs sous bien d’autres formes, voir par exemple dans le champ professionnel en Argentine le film « The take. »

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Épilogue.
Ou de la perception « à la française » de la participation citoyenne…

Le 25 février 2004, je reçois par la poste les actes du colloque du 17 novembre 2003 :  « Quelle démocratie participative pour réussir la décentralisation ? ».

Mes deux interventions y sont retranscrites comme suit :

La première (p. 40) :

« Monsieur Dermagne a évoqué Lula et Pôrto Alègre mais a omis d’indiquer que l’expression « démocratie participative » provient du dispositif de gestion municipale mis en place à Pôrto Alègre. Je vous invite tous à lire l’ouvrage « Pôrto Alègre, l’espoir d’une autre démocratie » ainsi que la revue « Territoires » de l’association ADES. J’ai animé, le 6 novembre dernier, une soirée d’information-débat en m’appuyant sur ce livre. Je suis disposé à renouveler cette expérience. »

Et la seconde (p. 62) :

« J’interviens à titre individuel. Je vous ai précédemment donné un principe fondamental de la démocratie participative telle qu’elle s’exerce à Pôrto Alegre : n’importe quelle association peut se constituer pour formuler, dans tous les domaines, des propositions concrètes, lesquelles seront ou non retenues. Ainsi, les corps intermédiaires peuvent se développer dans la mesure où ils seront pris en compte, selon des règles objectives. Ce dispositif répond aussi à la préoccupation de Monsieur BARBOSA sur le manque de subvention puisque, si une proposition est  retenue, l’association qui l’a avancée reçoit des fonds. »

D’abord, deux fautes d’orthographe à Porto Alegre…

Ensuite, concernant ma première intervention, personne ne voit l’intérêt qu’il y a à lire un bouquin, plus une revue (de l’association ADELS, et non pas ADES…), et m’inviter à faire une soirée d’information-débat sur un thème qui est précisément celui du colloque du jour ! C’est que l’essentiel de mon intervention a été censuré, ce qui non seulement la vide de son sens, mais surtout me fait passer pour une espèce d’illuminé qui croit qu’à lui tout seul en une soirée il peut faire mieux que le CES de Normandie en une journée dans un amphithéâtre des plusieurs centaines de personnes dont le Préfet de Région, le Président du CES national, le philosophe Alain Etchegoyen etc.  : l’important, c’est bien, ainsi que je l’ai dit, que le thème qu’ils traitaient ce jour là et celui pour lequel j’étais venu (pour lequel nous étions venus ?) portaient tous les deux le même nom mais étaient deux thèmes différents ! Participation effective d’un côté, concertation de façade le plus souvent de l’autre. Il y avait tromperie sur la marchandise. C’est quand-même un comble, pour le compte-rendu d’un colloque sur la démocratie participative, de déformer à ce point l’intervention d’un participant !

Quant à ma seconde intervention, j’ai d’abord dit qu’à Rouen en ce 23 novembre, tous les intervenants étaient d’accord pour affirmer que, au final, c’est toujours l’élu qui décide, alors que c’est le contraire à Porto Alegre ! Nouvelle censure.

Et puis, surtout, si une proposition est retenue, les crédits correspondants sont débloqués, mais en aucun cas ils sont versés à l’association qui a proposé l’action ! Au contraire la gestion et la réalisation du projet sont du ressort des techniciens et des élus, sous le contrôle des citoyens. Nouvelle déformation ou erreur de transcription. Ça fait beaucoup, pour dix lignes de compte-rendu d’intervention.

 (28 février 2004)

Par Gorge Rouge
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Lundi 29 décembre 2003

Nous sommes devant la triple nécessité :

- d’apprendre à nous écouter,

- sur des valeurs « qui visent essentiellement un renforcement du pouvoir des populations les plus fragiles » (Loïc Blondiaux – Le nouvel esprit de la démocratie – éd° La république des idées / Seuil – mars 2008),

- tout en apprenant la brièveté dans nos prises de parole.



Et évidemment pour moi il existe une 4ème nécessité : anticiper l'après pétrole.

La difficulté est d’autant plus grande que cette parole nous échappe fortement au regard d’autres cultures plus orales comme au Brésil (L’indien qui est en moi, d’Adalberto Barreto*) : en conséquence lorsque nous avons cette parole nous sommes tentés d’en abuser pour rattraper le temps de parole perdu.



Comment apprendre la concision ?

- en l’affichant clairement comme objectif et nécessité ;

- en légitimant nos interventions pour arrêter verbalement qui abusera de son temps de parole ;

- en s’exerçant à planifier nos interventions orales avant de prendre la parole ;

- en modulant nos exigences selon le degré d’adaptation de chacun ;

- un mettant en place de nombreux moments d’échanges verbaux en petits groupes (de 2 à 4 personnes) afin que tous puissent s’exprimer effectivement sur un sujet donné puis retour en grand groupe où les répétitions de ce qui a été dit en petit groupe seront épurées ;

- en acquérant une rigueur de raisonnement consistant à maîtriser la savonnette verbale : « stop ! ce n’est pas ma question, ce n’est pas le sujet, arrête de zapper » etc.

- en acceptant de risquer de blesser l’autre en lui coupant la parole non pas pour l’empêcher de parler : « ce point là c’est tel jour telle heure tel endroit pour en parler » mais pour maîtriser la savonnette verbale ;

- en lisant des bouquins tels que "120 mots clés pour s’émanciper" ;

- en pratiquant la multiplicité des compétences, en s’autorisant à jouer un rôle de régulateur de parole même si l’on n’en a pas la légitimité de statut ;

- en osant accéder ou faire accéder, lorsque c'est nécessaire, à des thérapies complémentaires telles que celle décrite sur www.biopsygen.com ou dans le livre "La logique du symptôme" etc.



Comment créer une démocratie participative ?

- en apprenant la concision ;

- en travaillant sur, ou plutôt contre son égo ;

- en s'abonnant à "Territoires" etc.



Sur quoi peut déboucher la DP ?

- sur une relocalisation du travail et des loisirs – voir sur ce blog :
 Relocalisation des loisirs. 15 juin 2008
;

- sur une réinvention d’une convivialité et d’une qualité de vie collective - « Ladies and gentlemans, derrière le mur de vos cité, le carnaval est permanent » Casthelemis

- sur des pratiques de loisirs collectifs : danse, musique, théâtre, mime, relaxation, massage (voir le livre « L’indien qui est en moi »), c’est sans fin.


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* voir le lien : Démocratie participative et écologie dans le quart inférieur du document : Bibliographie pour tenter d’acquérir un tempérament d’animateur d’un processus participatif,

à laquelle il faut ajouter d’autres références comme par exemple :

- le Chiapas et les écrits du Sous-Commandant Marcos (« sous »-commandant parce qu’au-dessus de lui, il y a le peuple) ;

- La forêt d’émeraude, film de John Boorman dans lequel un chef de tribu explique : « si je dis
à mes hommes de faire quelque chose qu’ils ne veulent pas faire, je ne suis plus leur chef » ;

- s’il fallait ajouter un argument de plus à la nécessité de lire « L’école avec Françoise Dolto », Loïc Blondiaux dénonce « l’absence d’apprentissage scolaire de la discussion » , ibid., pages 43 – 44 ;

- Sur la prise de décision en groupe et les décisions au consensus, voir le lien :
http://www.passerelleco.info/rubrique.php?id_rubrique=31 .


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Des nouvelles de Longo maï :

difficile de trouver quelque chose sur eux tellement ils sont vicitmes de chasse aux sorcières
de la part des pouvoirs publics (vous tapez leur nom sur un moteur de recherche et vous tombez sur des sites anti-secte, pour vous dire...)

Un bouquin vient de paraître où une brève description leur est consacrée, plus d'autres expériences à découvrir : "Produire de la richesse autrement", 6€, aux éditions CETIM, www.cetim.ch . En sous-titre : "Usines récupérées, coopératives, micro-finance... les révolutions silencieuses"

J'ai trouvé cet ouvrage grâce à leur revue, 3 n°/an, 15€ l'abonnement, à envoyer à :
Longo maï, Case postale
CH-4004 Bâle
mail : eurocoop@swissonline.ch
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Par Gorge Rouge
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Dimanche 28 décembre 2003
 

Les enfants j’ai quelque chose de très important à vous dire. La chose la plus importante de toutes je crois.




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Vous savez, avant d’être la maîtresse que je suis aujourd’hui, j’ai appris mon métier pendant longtemps. Je veux dire qu’au début c’était beaucoup plus difficile pour moi.

 

 

 

 

 

Quand la prochaine maîtresse arrivera, elle commencera. Ce sera difficile pour elle, comme ça l’a été pour moi au début. Je veux vous dire que vous devrez l’aider à apprendre son métier de maîtresse, l’aider parce que vous serez ses premiers élèves, et parce que vous savez comment ça s’est passé avec moi.

 

Alors si vous voulez me faire un vrai cadeau d’adieu, c’est en retenant ce que je vous dis là.

Si votre nouvelle maîtresse fait quelque chose de travers, vous devrez lui dire des choses comme : « ce n’est pas grave maîtresse ! Et si tu faisais comme ça ? Ou comme ça ? » Et si vous n’avez pas d’idée vous pouvez toujours lui dire : « là ça n’a pas marché mais je suis sûr que tu va trouver une meilleure solution ! »

 

 

 

 

 

Et plus important encore : si l’un ou l’une d’entre vous devient insupportable avec elle, ou même avec vous, vous devrez aider la maîtresse à s’arranger avec cet élève qui met le bazar.

 

Vous n’aurez même pas besoin de dire que c’est moi qui vous a dit de faire comme ça : « écoute Tartempion ça va bien maintenant, arrête tes bêtises et laisse machin ou machine tranquille, d’accord ? »

 

Et les autres vous devrez vous aussi vous faire entendre pour calmer Tartempion et pour aider la maîtresse à tenir la classe.

 

Le plus beau cadeau que vous pouvez faire à une maîtresse c’est de l’aider à faire bien son travail, surtout si elle n’y arrive pas. Et même si elle ne vous remercie pas : elle vous remerciera plus tard, bien plus tard.

Par Gorge Rouge
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