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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 17:28

Connaissez-vous l’histoire de « la Dame de Condé », qu’on appelle aussi « le billet baladeur » ?

 

- Non !

 

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- Alors, asseyons-nous et je vous la raconte. C’est une histoire, mais quand on la comprend, on comprend tout. « Un jour, à la gare de Condé-sur-Gartempe, une dame élégante descend du train, et se dirige vers l’Hôtel de la Gare. Elle demande à retenir la grande chambre, et comme elle n’a pas de bagages, elle laisse à l’hôtelier un billet de 500 francs, puis s’en va visiter le bourg. Le pâtissier, qui sirotait un digestif au comptoir, voit la scène, et dit à l’hôtelier : « Dis donc, ça fait un bout de temps que tu me dois 500 F pour la pièce montée que je t’ai livrée à l’occasion de la communion de ta fille. Je crois que c’est le moment de me payer ! ». L’hôtelier cède le billet au pâtissier. Celui-ci est tout content, car il est rentré dans ses frais et a même fait son petit bénéfice. Il rentre chez lui, montre le billet à sa femme : « Ah, chéri, tu vas pouvoir m’offrir ce petit ensemble bleu. Tu avais dit que tu l’achèterais dès que tu pourrais ». Le pâtissier se rend chez la marchande de vêtements, et achète l’ensemble bleu. La marchande est toute contente de son petit bénéfice, et soudain se dit : « Je vais réunir tous mes enfants, je file chez l’épicier ». L’épicier, de son côté, avait une réparation en attente à faire à sa voiture, et se rend chez le garagiste, qui lui-même paye un représentant, lequel représentant se rend à l’hôtel pour retenir la grande chambre. Il présente à l’hôtelier le fameux billet de 500 F. Hélas, cette chambre est déjà retenue, comment faire ? Sur ce, la dame rentre de promenade, et dit à l’hôtelier : « Bof, cet endroit n’est pas aussi joli que je le pensais. J’annule ma réservation. Seriez-vous assez aimable pour me rendre mon billet ? » L’hôtelier, un peu abasourdi, prend le billet que lui tend le représentant, et le rend à la dame. Celle-ci, alors, regarde le billet attentivement, puis sous les yeux médusés de l’assistance, l’approche d’une bougie, le brûle, et dit en souriant : « Il était faux, alors c’est mieux comme ça ! » Puis elle s’en va, toujours en souriant. »

 

- (Un silence) ...Elle est bizarre, votre dame....

 

- Bizarre, mais utile ! car dans cette histoire, (la marchande compte sur ses doigts) si vous additionnez la pièce montée, le petit ensemble bleu, le repas de famille, la réparation de la voiture, le travail du représentant et sa chambre, c’est 6 fois 500 F, soit l’équivalent de 3000 F de marchandises ou de services qui ont pu être échangés ce jour-là grâce au billet. Sans ce billet, l’hôtelier avait une dette et les autres restaient bloqués : l’ensemble bleu restait chez la marchande, le repas chez l’épicier, le garagiste se tournait les pouces et l’auto n’était pas réparée, etc. Quelle que soit la nature du billet, je dis bien : « quelle que soit la nature du billet », tout le monde est content.

 

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- Mais... l’hôtelier, à la fin, est escroqué. Il n’a pas le billet !

 

- Vous oubliez que la pièce montée était mangée, mais non payée. Cette somme, tôt ou tard, devait sortir de sa caisse ! Disons qu’avec la chambre du représentant, il paye sa pièce montée. Non, la seule personne qui avait un billet et qui ne l’a plus, c’est la dame. Mais elle n’est pas lésée, elle savait qu’il était faux. D’ailleurs, la même chose se serait produite avec un chèque de 500 F libellé sans ordre, qui serait passé de main en main, et qu’elle aurait déchiré à la fin. Voyez-vous le rapport avec le robin ?

 

- Un peu... mais pas bien clairement...

 

- L’argent, sous quelque forme qu’il se présente, est un outil pour faciliter les échanges. Quand il n’y a pas assez de monnaie en circulation par rapport à la quantité de biens ou de services échangeables, le système se bloque, tout le monde en pâtit. La dame avec son billet fictif a augmenté de 500 F la masse monétaire du village, et hop, le commerce a repris. Donc, si vous donnez des euros pour du socialement utile (un démuni... une réalisation écologique...) vous augmentez la capacité d’action de ce socialement utile. Le Club Robin, en doublant votre don bienfaisant, augmente aussi votre pouvoir d’achat. Et les échanges se multiplient, dont tout le monde profite. Ainsi, les appareils que vous achetez aujourd’hui fonctionneront peut-être bientôt à l’énergie solaire, et c’est un de vos voisins, actuellement au chômage, qui modifiera votre installation !

 

- Ca alors !... C’est pourtant vrai... Pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt ?

 

- (La marchande soupire) On s’est tous fait piéger par un système de raréfaction volontaire de l’argent qui arrangeait bien les riches. Car quand l’argent manque, on va en emprunter à celui qui en a, et on lui rend la somme, augmentée des intérêts. Celui qui manquait d’argent en a encore moins, et celui qui en avait, en a encore plus : engorgement et spéculation d’un côté, misère de l’autre... Evidemment, pour éviter que tout se bloque, l’Etat tente d’opérer des transferts, de redonner un peu de pouvoir d’achat là où il est trop faible, mais vous le voyez bien, ça coince de partout ! Car l’Etat n’a plus le droit de créer de l’argent. C’est le système financier mondial, entièrement privé, qui s’est octroyé ce privilège. Alors, l’Etat, lui aussi, doit emprunter. C’est la Dette Publique, et nous nous échinons à en rembourser les intérêts... Et les pays du Tiers Monde sont enlisés dans une Dette colossale à l’égard des pays riches... Le système est généralisé, mais c’est une monumentale erreur ! L’humanité risque d’en mourir....

 

- Mais ceux qui détiennent le pouvoir financier actuellement vont protester devant ce nouveau système ?...

 

- C’est probable. Mais ça ne sert à rien de se cramponner à une erreur quand la vérité commence à apparaître. Rappelez-vous, les tribunaux ont obligé Galilée à dire que la Terre était fixe, et alors ?... Qui avait raison ?... Espérons que quelques riches vont comprendre très vite que, sans s’appauvrir, ils peuvent être socialement très utiles !

 


 

- Mais pourquoi la dame brûle le billet à la fin ? Les robins aussi sont prévus pour disparaître ?

 

- Tout à fait. Si le Club Robin ne faisait que doubler les dons de bienfaisance, la quantité de robins en circulation serait rapidement délirante. Il y aurait inflation, c’est-à-dire trop d’argent en circulation par rapport aux biens et services échangeables. Pour éviter cela, les robins passent de votre compte personnel sur mon compte commerçant, et je peux les utiliser chez un autre commerçant. Mais lui n’encaissera que la moitié de mes robins. Les commerçants sont d’accord pour cela. Le robin a un très grand rôle à jouer, mais ne doit pas devenir surabondant.

 

- Je n’en reviens pas... Je crois que j’ai compris... Ah !... « Donner pour vivre mieux »... Quels changements en perspective ! Ah, Madame, j’ai envie de vous embrasser ! (elles s’embrassent en riant).

 

Gilberte

 

Source :

http://soniajfath.net/spip.php?article145  

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 08:02

janvier 2012 :
C'est hallucinant ! Dans quelle France de cinglés politiques et médiatiques vivons-nous pour nous cacher ça ?!!

 

*Objet : *Pilules contraceptives DANGER

A DIFFUSER sans retenue pour info, *cela ne dure qu'une demi heure*
http://www.tsr.ch/emissions/temps-present/sante/3543070-attention-cette-pilule-peut-nuire-a-votre-sante.html


c'est une bombe et ce n'est qu'un début...
sachant que cela ne réduit pas pour autant les risques de toutes les
pilules hormonales.
Il faut prévenir toutes les mères pour protéger nos adolescentes.

Milène Clichy
http://regulation.naturelle.free.fr
01 72 52 30 52

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22 août 2011 :

http://zad.nadir.org

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17/08/2011 : fauchage =>
http://www.youtube.com/watch?v=gL2_chKPWjE&feature=player_detailpage

 

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Etrange sensation cet après-midi, et étrange coïncidence ce jour 24 août 2010 : à 17h je me rends à la commémoration de la libération de Bernay en 1944. J'ai à l'esprit Sven Lindqvist, découvert cette nuit même grâce au blog de Roland, http://miiraslimake.over-blog.com

Merci François Schmitt pour ce texte sur Sven Lindqvist :

http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=103

 

 

Et tous ces autres liens découverts eux aussi ces dernières nuits insomniaques :

 

http://www.eutopic.lautre.net/coordination/spip.php?article4616

 

http://miiraslimake.over-blog.com/article-guerre-biologique--etc---a-jette-une-etrange-lumiere-sur-le-monde-anglo-saxon-non---37345332.html

 

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http://senshumus.wordpress.com/2010/02/13/rendre-son-esprit-a-lagriculture/

 

http://vivresansogm.org/topic/index.html

 

http://www.les-renseignements-genereux.org/

 

http://www.grouchos.org/

 

http://tvbruits.org/spip.php?article981

 

http://www.scoplepave.org

 

et notamment http://www.scoplepave.org/conf_incul_5.php pour le lien vidéo sur les retraites

 

ainsi que

 

http://www.scoplepave.org/docus/Guide%20de%20desintox%20de%20la%20langue%20de%20bois.htm ,

http://www.scoplepave.org/desintoxication%20du%20langage.php 

et

http://www.scoplepave.org/docus/politique%20jeunesse%20.htm

 

http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=998

 

http://lmsi.net/

 

http://www.alterinfo.net/J-accuse-le-CRIF-d-avoir-colonise-la-France_a36812.html

 

http://1984.over-blog.com/

 

http://r-sistons.over-blog.com/

 

http://www.larevuedesressources.org/spip.php?auteur6 

 

 

25 août : http://www.habicoop.fr

http://www.jeanot.fr/

 

http://www.negawatt.org/

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 10:02

Suite à mon séjour de quatre jours en juillet 2010 à Longo maï à Limans, il m'apparaît utile de faire un bref compte-rendu, afin notamment de garder un contact constructif.

 

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À la question fréquente : « pourquoi Longo maï refuse d'être considéré comme un écovillage et refuse d'apparaître sur la liste des éco-lieux en France ? » (ou plus exactement ils réclament d'être rayés de cette liste, ce qu'ils attendent toujours !), la réponse, de mon point de vue, réside :

 

- d'une part, dans le fait même que je n'ai pas eu le temps d'aborder cette question avec les pionnières et les pionniers de Longo maï au bout de quatre jours sur place. Je n'étais pas venu pour ça. J'étais venu, comme je l'ai dit lors de la réunion du lundi 12 juillet, pour découvrir la manière de partager le pouvoir et la parole à Longo. Le fait est que j'aurais immanquablement posé cette question (éco-lieu ou pas ?) si l'heure de la fraternité était arrivée. Or, non. Lorsqu'on n'est pas en phase avec les anciens de LM, on n'en discute pas : on doit en revanche quitter la place. En ce sens LM n'est pas, effectivement, à mes yeux, un éco-lieu ouvert.

 

Pour autant, les différentes tâches et travaux que j'y ai assurés, bottes de foin et de paille notamment pour les plus durs physiquement, se sont effectués dans une ambiance de colonie des vacances pour adultes, ce qui m'a comblé de joie. Je remercie ici particulièrement Micki's et Camilo.

 

Pour moi le pur bonheur c'est celui-là : la convivialité au travail. Ici les outils sont nos mains, nos jambes, le tracteur et sa remorque, et en cours de route est apparue la technique du « 2 - 3 » en balancé pour jeter à deux les bottes tout en haut de la remorque. René était le champion des partenaires pour le 2 – 3, et c'est avec lui qu'est né ce slogan : « Longo maï, Finger in der Naze ! »

 

L'objectif est, pour ce qui me concerne : comment répandre rapidement, et à l'internationale, de telles pratiques productives conviviales ? Et finalement, comment passer d'une société des consommateurs aliénés à une société de producteurs libres ? Sur ce point, Longo maï m'accueillera les bras ouverts, j'en ai la certitude.

 

 

D'autre part, le travail à l'internationale et le côté historique de Longo maï m'apparaissaient dès le début comme susceptibles de démarquer les Longos des éco-villages. Je peux aujourd'hui confirmer. La description de leurs actions, à travers le livre de Trixie : « Longo maï, révolte et utopie après 68 », 18 € port inclus, disponible auprès de l'auteure à Limans - 04300, m'a passionné de bout en bout, et je me suis retrouvé à maintes reprises dans mes convictions, notamment dans celle-ci page 39 : « En fait, c'est tout simple : on regarde autour de soi quelles sont les ressources locales d'une région, ce que les gens cultivaient et transformaient autrefois, et avec quelles autres régions se pratiquait l'échange complémentaire des produits. On ajoute une pincée de technologie moderne et adaptée. C'est ainsi que l'on peut  résumer le concept qui est à la base de Longo maï et applicable à n'importe quel pays. » Je précise juste que cette technologie moderne et adaptée est une technologie sans énergie fossile et à taille humaine : petit éolien par exemple.

 

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Longo est abonné à Passerelle-éco.

 

Mon compte-rendu de visite chez Michel Rosell ensuite ne sera pas si long : je me contenterai de livrer quelques sites Internet.

 

http://lagouttedeaudepluie.sib.org

http://tsunami.ecolosocial.free.fr

http://energiestro.com/fr

www.hypnow.fr

 

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 08:37

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             http://miiraslimake.over-blog.com


 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 06:55
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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 19:05

Je bêche, je bine, je greline à donf et je cogite.

 

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                                                                           grelinette

 

Quelle belle terre nous avons en Normandie ! Quand je pense à cette terre ardèchoise aride et caillouteuse dont parle Pierre Rabhi dans ses livres et au cours de ses conférences, je me dis :" quelle chance nous avons !" Mais juste après je me dis aussi : "et quel gâchis ! Tous ces gens qui habitent en ville, en appartement, qui en plus dans de nombreux cas sont au chômage, quel gâchis qu'ils ne puissent pas avoir accès à la terre !"

Moi déjà je suis à 80% et j'ai, trop peu certainement, trop petit, mais tout de même j'ai un potager dans lequel je m'éclate, et le peu que j'y produis, c'est du vrai bonheur, mais c'est surtout le plaisir de sentir la terre. La terre mère, avec ses vers de terre, comme Claude et Lydie Bourguignon aiment les montrer dans "Nos enfants nous accuseront" et dans "Solutions locales pour désordres globaux".

Ce soir ? Un plat de quinoa maison, une récolte ridicule, j'ai de quoi faire deux repas, ce soir et demain, pour une récolte laborieuse à suspendre mes pieds de quinoa dans des sacs en papier pour sécher durant l'hiver, puis à détacher la graine de sa tige, ensuite à séparer la graine de son enveloppe en la versant au vent, l'enveloppe plus légère s'envole... Enfin en théorie ! Parce que la graine, légère elle aussi, peut partir au vent avec son enveloppe. Du coup j'ai dû improviser une séparation différente : j'ai parié que l'enveloppe flotterait tandis que la graine coulerait. Eau froide : pas mal. Eau bouillante : raté. Retour eau froide. La prochaine fois j'essaierai avec de l'eau pas trop chaude.

 

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                                 Pied de quinoa devant un tournesol et entre deux amarantes.

                                Voir aussi l'illustration au début de  agro-écologie 2/2, été 1998


Je cogite. Je me dis, les collectifs d'habitants, ils faudra bien un jour prochain qu'ils s'emparent de leurs droits ! De leur droit à la terre d'abord. Un homme ou une femme sans terre, c'est comme un poulet hors sol. Si en plus il est chômeur !
Comment faire ? Les jardins familiaux, collectifs, de cocagne et j'en passe (voir

www.reseaucocagne.asso.fr/ et http://gorgerouge.over-blog.com/article-23498357.html ), n'existent pas toujours et n'arrivent pas à répondre à la demande croissante. Mais pourtant, de la terre, il y en a ! Aux abords de toute ville de quelque taille qu'elle soit, ville et agglomération pour les plus grandes, on y trouve des terres agricoles !

 

Il doit bien y avoir un moyen pour que l'agriculteur propriétaire de ces lopins de terre accepte que les vendre ou de les louer contre une rémunération adéquate, non ? Et avec l'appui des collectifs d'habitants plus le soutien de la ville, cet accord financier doit pouvoir être trouvé, non ?!

C'est souvent l'image de la télé qui m'apparaît dans ces moments de divagation. La télé et les quatre murs du quidam qui s'emmerde à cent sous de l'heure, et que "d'aucuns" accusent de feignantise.

Les collectifs d'habitants inventent les vacances de quartiers. Le jour où ça va se mettre en place, pour des vacances illimitées et une convivialité sans borne, ça va chauffer. Je cogite. J'adore jardiner.

 

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Y'a un truc qui m'inquiète en ce moment : malgré une forte chaleur, aucun inscte ne se fait entendre.

 

Et puis y'a un deuxième truc qui m'inquiète : c'est qu'hier soir j'ai vu le tome 1 du Titanic Apicole.


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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 22:34

Lequel des deux est le plus politique ?


J'aurais pu dire : lequel des deux est le plus subversif ? ou le plus progressiste ? (encore que ce mot là renvoie tellement au productivisme que je m'en méfie : progressiste, progrès, productivisme, croissance, au détriment de l'écologie, non, très peu pour moi.)

J'ai fréquenté quelques années deux groupe Attac l'un après l'autre. Disons 7 ans environ. Et j'anime un café philo depuis 13 ans : ça fera 13 ans en juin 2010. En deux lieux différents, l'un après l'autre également. Il est temps de faire un bilan.

 

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À première vue il semblerait qu'un groupe Attac a davantage pour but de faire un travail politique chez les adhérents, et davantage un travail philosophique chez les participants à un café philosophique.

Travail politique : apprendre à mieux gérer les affaires de la cité, à mieux maîtriser les enjeux démocratiques locaux, à mieux percevoir les injustices institutionnelles pour mieux les combattre.

Travail philosophique : apprendre à mieux interroger un concept, à mettre en doute ses propres représentations et convictions.

À première vue... et pourtant !

Il existe un point commun - ou de conflit c'est selon - entre ces deux espaces : celui du partage du pouvoir et de la parole. Et là, en glissant le pied de biche sous le cailloux pour le soulever un peu, on découvre ce qu'on ne s'attendait pas à découvrir. Mais alors pas du tout.

Précaution : mes analyses ne sauraient être généralisables d'emblée, elles ne concernent que les deux cas particuliers des cercles - Attac et café philo - que j'ai fréquentés, elles ne sont exprimées ici que pour être interrogées et je ne doute pas une seconde qu'il n'y a pas deux groupes Attac identiques, ni deux cafés philo. Mais les comparaisons que je vais oser révèlent peut-être, quand-même, des tendances susceptibles de se retrouver plus ou moins souvent, avec plus ou moins de relief.

La taille, le nombre et la vivacité des fourmis ou des scorpions seront sujets à discussion, mais au moins j'aurai soulevé le cailloux.


Je commence par le café philo. Celui que j'anime a la particularité de mettre l'accent sur des règles de partage de la parole : ne pas se couper la parole, retarder ses réflexes d'intervention, ne pas abuser de son temps de parole etc. Parfois il arrive que quelqu'un fasse remarquer le hors sujet d'un propos, hors sujet qui peut être contesté. Chemin faisant, l'attention à l'autre s'aiguise : la parole tourne vraiment, le tentatives de prises de parole sont repérées, et sollicitées.

Les groupes Attac maintenant. Qu'est-ce qui les anime ? Est-ce le partage du pouvoir et de la parole ? Si on pose la question aux personnes concernées, très certainement répondront-elles par l'affirmative. Mais dans la réalité il est une autre priorité qui l'emporte : le fond idéologique, la plate-forme d'Attac à laquelle chaque personne adhère par sa présence même, faute de quoi elle est priée de sortir. Et à partir de là je me suis vu me retrouver sur les bancs de l'école : le bureau face aux adhérents, un rapport frontal, et des échanges pauvres, hésitants, souvent un monologue de la part de la brochette du bureau, avec la plupart du temps dans la salle des interventions qui leur passent un coup de brosse à reluire, d'autant que l'on se retrouve pour dérouler un ordre du jour et préparer des actions qui ne donnent pas le temps d'interroger et de refaire le monde. Ou alors, celui qui conteste avec véhémence, c'était le vieux militant LCR qui avait roulé sa bosse, mais petit jeune que j'étais je ne pouvais pas frotter mes doutes contre les certitudes des autres. Je me suis tiré.

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Je me suis posé la question suivante : quelle légitimité avons-nous de réclamer un partage de la parole dans d'autres cercles que celui d'un café philo ? Encore qu'il existe de nombreux 4580075765_2da286e92b.jpgcafés philo accaparés par ceux qui savent, et j'ai vu débarquer un jour un prof de philo qui nous disait texto : "ici c'est un café philosophique, je suis prof de philo, vous devez m'écouter !" Nous nous sommes transformés en café débat, et nous l'avons foutu dehors. Ça s'écrit café débat mais ça se prononce café philo.

Mais dans un groupe Attac ? Ou dans une réunion du NPA ou d'Objecteurs de Croissance ? Il n'existe pas ce socle impératif de partage de la parole comme il peut en exister dans un café débat quand les règles et les objectifs y sont clairement affichés. Le risque est fort de se trouver face aux mêmes dérives que celles évoquées ci-dessus.

Et alors la fin - le programme, les objectifs - justifie les moyens - la confiscation de la parole.

Alors que, de même que "le but de la vie c'est la vie", le partage du pouvoir et de la parole constituent le coeur même de ce qui fait qu'un monde est juste et équilibré. Je dirais même : le partage du pouvoir entre l'homme et son environnement. C'est une contradiction ou une confusion fondamentale qui s'ajoute à celle décrite par Alain Accardo dans « Le petit bourgeois gentilhomme », celle des revendications politiques du militant anticapitaliste, alter-mondialiste, gauchiste, qui entrent en contradiction avec ses comportements de consommateur compulsif, consommations sur-dosées au pétrole.


Dans une réunion d'amis, on peut très bien dire : "attends ! Machin veut dire quelque chose !"

Mais dans une réunion Attac, je me suis fait incendier parce que ma proposition ne collait pas avec la plate-forme d'Attac ni surtout avec les représentations du furieux qui mettait le feu, et personne n'a pris ma défense au nom du droit d'expression : la doxa, l'idéologie, le programme l'avaient emporté sur la parole et le pouvoir partagés. Quelle était cette proposition ? Faire des échanges, des invitations réciproques, donner des informations croisées entre le groupe Attac et le café philo.

Si j'avais fait la même proposition au café philo, animateur ou non, on m'aurait peut-être envoyé promener mais certainement avec moins de véhémence, et on aurait écouté mes arguments.


Au final, la préparation des esprits (le mien y compris) pour gérer la ville, et la campagne, sous forme de collectif d'habitants a été pour moi plus efficace au sein d'un café philo que dans un groupe Attac. Mais la généralisation de cette affirmation ne saurait être établie : elle n'est jamais qu'un prisme qui permet d'observer et d'interroger ce qui se passe ici ou là.

 

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Pour trouver le chemin de l’invention collective , des filières de proximité, des productions de biens sans recours aux énergies fossiles, d’un échange de la consommation contre de la convivialité, pour atteindre ce port, si l’on veut passer par Attac, par les groupes PS, PC, NPA…, il  faudra peut-être bien tirer fortement sur le volant pour le redresser : ça n’est pas forcément une ligne droite devant nous.

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 08:02

 

Hier soir 2 avril 2010 j'ai vu "Gold Men résistants pour la terre" - www.goldmenlefilm.fr - à Bernay, en présence du jeune réalisateur (40 ans à peu près) Cyril Peyramond. Débat Fructueux.

Voir aussi :
Site associatif : www.resistantspourlaterre.org
Site personnel : www.homoecologicus.eu


J'ai pris la parole très vite, pour orienter la discussion sur ce qui me semblait être le "fil rouge" du film : quel est le lien entre ces 5 expériences découvertes dans l'hémisphère sud et notre mode de vie à nous occidentaux, à nous bernayens ? Comment pouvons-nous changer notre mode de vie ici pour améliorer le leur chez eux ? Les exemples ne manquaient pas dans le film, à commencer par les pins du Honduras vendus très bon marché aux Etats-Unis et en Europe. Et j'en appelais à une relocalisation et à une défossilisation de nos productions, à un développement des filières de proximité.

Et là c'est Cyril lui-même, le réalisateur, qui a enchaîné sur le thème d'"il faut arrêter de nous culpabiliser" ! Repris par deux autres personnes dans l'assistance (10 personnes environ). Sur la culpabilisation, voir sur ce blog Contes de la vie sans pétrole

J'ai laissé passer l'orage pour reprendre la parole plus tard en disant tel quel que j'en avais rien à foutre de culpabiliser, j'ai fait remarquer que ce zaping sur le thème de la culpabilité avait eu pour effet de ne pas avoir été entendu, et j'ai remis une couche sur la nécessité d'une souveraineté économique d'un territoire comme celui de Bernay. Là le message a commencé à passer.

Une vieille citation d'Helder Camara m'est revenue à l'esprit lors de cette discussion, qui disait à peu près cela : "plutôt que de donner des conseils à ceux qui sont loin de vous, occupez-vous de changer le monde là où vous habitez". Si l'on passe à côté de cette conviction en regardant Gold men, on passe à côté de l'essentiel. Et ce risque est grand, très grand.

1177981244_150eadb6f7.jpgmoutarde jaune - http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=936

 

 

L'un des pays visités est le Timor oriental où l'on voit un effort pour faire revivre une loi ancestrale et des coutumes, des pratiques qui respectaient la terre et les hommes. Ce moment du film passe un peu inaperçu je crois, mais c'est un retour en arrière effectif qui mérite qu'on s'y arrête.

Pour m'y prendre j'ai tenté ma chance avec "Le sacrifice", film de 1986 d'Andréï Tarkovski. Cyril l'avait vu à l'âge de 15 ans environ et l'avait énormément marqué. Bonne pioche ! J'ai dit ce que j'en avais retenu et le lien avec Gold Men : dans ma mémoire Le sacrifice pose la question du sens de la vie en ces termes : le sens de la vie consiste-t-il en la recherche d'un progrès jamais atteint et qui nous mène à notre destruction, ou au contraire réside-t-il dans la répétition quotidienne de gestes immuables ?

Cela - la répétition quotidienne de gestes immuables - en a été ainsi durant des millénaires, avant l'esclavagisme, avant la révolution industrielle, et cette poésie du quotidien est également décrite dans "La femme feuille", roman de Charles Hervé-Gruyer, habitant de notre département de l'Eure qui entretient avec Perrine la ferme biologique du Bec-Hellouin. On peut même rapprocher cette possibilité de vie, peuple cueilleur et végétarien, même pas chasseur, du mode de vie des gorilles du Rwanda vus dans le film ! Mais où est notre capacité aujourd'hui à inventer collectivement un monde vivable ? Là est la question centrale.


Ce soir là les débats se sont aussi attardés sur la religion : nous avons assez longuement évoqué les religions conviviales, multiples, compatibles, convergentes. Très fort moment du film qui se passe en Inde. Je voudrais vous faire partager ce beau texte de mon ami Patrick, auteur de ploutopia, qui va dans le même sens :

http://ploutopia.over-blog.com/article-le-djihad-islamique-47297551.html


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Ce jour là en rentrant chez moi, j'ai découvert en bas d'un mail de ma copine Maryline :


"Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire." Helder Camara

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Le 3 avril j'ai envoyé ce mail à Sébastien Viaud, le voyageur du film :


Bonjour Sébastien,

hier soir j'ai vu Gold Men résistants pour la terre en présence de Cyril. Débat Fructueux.

Puis j'ai été voir ton site. Et là stupeur : "Le pétrole, une énergie si pratique"... C'est tout ?
Et en-dessous "Energies renouvelables" : faut-il comprendre qu'elles remplaceront le pétrole ? L'encadré du bas de page sur "Le parc éolien de Middelgrunden" semble l'attester.

J'ai invité Cyril à aller voir mon blog et j'en fais de même pour toi : un texte s'intitule "La vie ou le pétrole". Ce n'est pas tout à fait la même tonalité que "une énergie pratique".

Bien à toi,

signature

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Peu de temps après arrivait le film de Coline Serreau... Autres stupeurs, autres découvertes.

Autres avancées.
  

Voir Coline et Alexandre - 5 avril 2010


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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 20:56

Ce texte fait suite à Coline et Alexandre - 5 avril 2010

 

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Avant-hier 8 avril au Café des Images http://www.cafedesimages.fr  j'ai vu "Solutions locales pour désordres globaux" à Hérouville-St-Clair en présence de Coline Serreau.

Grandiose.

Plein de découvertes ce soir là.

La plus importante : pour les néophytes, ce film est un choc. Et pour les initiés ? Que nous apporte-t-il ? Là est toute la question !

Je m'explique : ce film permet des prises de conscience absolument nécessaires, mais sont-elles suffisantes ? La réponse implicite est, trop vite, oui. Ou alors "c'est déjà beaucoup, que veux-tu de plus ?" et l'on s'en contente.

Pour ma part je ne m'en contente pas. Pour plusieurs raisons.

 

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At first - en premier : c'est un film optimiste finalement dans la mesure où l'on y découvre plein d'expériences concrètes et d'acteurs qui mettent en place concrètement des solutions locales. Et le sous-entendu est que l'on va dans la bonne direction, ces actions font tâche d'huile, elles sont innombrables et reproductibles - et d'ailleurs reproduites en de nombreux endroits.

Et pourtant ! Moi je pensais lors de cette soirée : cet écran devant nous fait écran. Que font les 300 personnes dans cette salle ? Que feront-ils de plus demain ? Quelques-uns dont Laurent et sa bande de joyeux travaillent sur un projet autonomisant et collectif dans le pays d'Auge et c'est géant. Mais les autres ? (Je m'y inclus) Que faisons-nous ? Et que ferons-nous demain ? Et les 200 000 habitants de Caen ? Le film ne répond pas à cette question. Et il ne la pose pas.

Il ne la pose pas pour la raison suivante : le film donne à penser qu'en créant des AMAP en grand nombre, en développant une agriculture biologique, sans labour, à forte main d'oeuvre, une ville comme Caen deviendra viable et l'extension de cette réalité locale résoudra le problème. Sauf que !

Sauf que le mode de vie tout comme le niveau de vie des habitants de Caen dépendent du pétrole, de l'uranium, du gaz, du terbium (épuisé en 2012 selon Science & Vie - http://terresacree.org/terbium.htm - mais wikipedia l'ignore encore*) et j'en passe. Sauf que l'extraction, la transformation, le transport, la commercialisation et le traitement des déchets de ces ressources fossiles se font dans des conditions (inévitables) de destruction des humains et de la terre. Coline Serreau voue un culte féminin à la mère Terre qui force le respect, mais là elle est ignorante.

Même avec 75000  hectares de surfaces agricoles consacrées à des AMAP autour de Caen, le mode de vie et le niveau de vie de caennais sont complices de souffrances effroyables et sont condamnés à disparaître à court terme avec l'épuisement des ressources fossiles sur lesquelles ils reposent.

L'erreur de focale du film repose sur deux paramètres : non seulement le fait de ne traiter que de l'agriculture et de l'alimentation, mais aussi de ne pas voir la réalité numérique des problèmes soulevés. Les expérimentations filmées ne seront reproductibles à grande échelle que si les habitants des grandes villes y participent massivement, faute de quoi la main d'oeuvre nécessaire à l'agriculture vivrière et l'exode urbain ne seront pas au rendez-vous. C'est dit par Pierre Rabhi dans le film mais son message passe inaperçu, y compris auprès de Coline Serreau elle-même semble-t-il, comme j'ai pu m'en apercevoir lors du débat.

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       Un jardin mandala comme celui du film de Coline Serreau existe dans l'Eure. Un centre de formation s'y construit.

                                                         C'est ici : www.fermedubec.com

 

At second - seconde découverte de taille : l'opposition intellectuel-manuel se traduit, me semble-t-il depuis cette soirée riche d'enseignements - merci mille fois Coline ! -, par une pression à entrer dans l'action concrète, chez les écologistes de terrain, qui les éloigne d'une vision d'ensemble, d'une vision collective de l'écologie, ce qui les rend aveugles, eux aussi, à ce qui a été dit plus haut. En ayant "les mains dans le cambouis", focalisés sur leurs projets respectifs pour innover et montrer l'exemple, eux non plus ne songent pas aux stratégies nécessaires pour donner à ces innovations une dimension territoriale - je veux dire une généralisation de ces pratiques  à l'échelle d'une collectivité territoriale.

Quant aux intellectuels, face à leur complexe d'infériorité de gants blancs, la seule attitude qu'ils peuvent adopter est celle de l'admiration devant tant de prouesses en matière de bricolage et de technologies douces. De surcroît, passer à une vision généralisée de telles pratiques débouche rapidement sur l'évidence qu'il faudra en rabattre du point de vue de son niveau de vie et de son confort matériel. C'est peu propice à la réflexion quand, justement, on n'a pas, voire on résiste à avoir "les mains dans le cambouis" ! Alors que c'est là le bonheur.

Voilà pour les deux principales leçons de cette soirée. C'est déjà bien pour ce soir. Très gros bisoux à Coline.

 

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* wikipedia l'ignorait encore : c'est désormais réparé depuis ce soir 23h20.

 

J'ai écrit une réponse au 3ème commentaire à ce texte, c'est ici :

Exode urbain, La Havane et choix démocratique

 

 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 11:52

10 avril : un nouveau lien local qui vaut le déplacement :

http://grata.over-blog.org

 

 

             http://base.ekopedia.org/w/images/0/0e/Four_solaire_d%27Odeillo.jpg

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6 avril 2010 en fin de journée.

Je monte dans le train et je suis pris à parti par une jeune fille un peu, enfin beaucoup, hystérique, qui s'extasie devant mon chapeau de cow-boy et qui veut me l'emprunter.

- T'as pas des poux ?

- Quoi !

- Tu n'as pas des poux au moins ?

Ça dévie rapidement sur une demande de photo, Léa et moi côte-côte, demande écartée pour ma part.

 

Mais la discussion continue.

Léa est avec une copine et le copain de la copine.

Je lui fais un cadeau, mon blog. Ce qui l'éclate complètement.

 

-Tu es à jeun ?

- Quoi ?!

- Il te demande si tu es à jeun !

- Ha oui !! Evidemment que je suis à jeun !

 

Ils s'apprêtent à partir fumer une clope lorsque je découvre la bouteille de Vodka sur la banquette...

- Ben vous voyez, moi je délire tout autant que vous, et je suis à jeun.

- ...

- Ça prend du temps mais avec de l'entraînement on y arrive !

 

La copine reprend le flambeau de la conversation quand Léa lâche :

- Ho vous me fatiguez avec vos trucs ! C'est trop philosophique !

- Quoi ? Tu n'aimes pas la philosophie ? Ça peut pourtant être un sacré trip quand c'est pas chiant !

 

La discussion aurait dû se poursuivre mais l'intervention de Léa y mit fin, c'est ça les leaders trop auto-centrés !
Pourtant la suite n'aurait sûrement pas manqué de sel. Du genre :
- quand je suis sous l'effet d'un psychotrope, je sens nettement mes perceptions qui changent. Très précisément, j'essaie davantage d'imaginer ce qui peut bien se passer dans la tête des gens qui m'entourent, je suis plus attentif à eux, à leurs mimiques, leurs comportements non verbaux, leur tentatives pour prendre la parole, et surtout je fais tourner mon attention pour ne laisser personne hors du groupe : quand quelqu'un n’a pas été sollicité depuis longtemps je m'arrange pour le réintégrer dans le groupe en lui lançant un appel du pied, quel qu'il soit, il prend la balle au bon ou il ne la prend pas peu importe mais il est réintégré dans le groupe. Et à force de vivre ce genre d'expérience, je suis plus à même de faire la même chose à jeun. Mais ça prend du temps, c'est un long apprentissage.

- Second avantage de ma capacité à "triper" sans addiction : mes délires sont permanents, du genre communiquer plus facilement avec mon entourage comme maintenant, les brancher sur le projet de refaire le monde, de sauver le monde, comme un adolescent - mais les ados d'aujourd'hui sont-ils autant idéalistes qu'à mon époque ?! Êtes-vous aussi idéalistes qu’à mon époque ? Avez-vous déjà passé des soirées entières avec vos potes à refaire le monde ? À essayer de comprendre le monde ? Ou vos délires individuels, votre plaisir du moment vous suffisent-ils ?

- Quand je suis plongé dans mes pensées, de l'extérieur j'ai sûrement l'air parfois de faire la gueule mais je ne déprime pas, ou très rarement, je ne connais pas le coup de blues de l'après trip : je suis toujours en recherche plus ou moins féconde de mon monde idéal, de mon délire intérieur, c'est un délire bon pour la santé, bon pour mes neurones, bon pour la planète et les êtres humains, je peux en abuser : il n'existe pas d'addiction nocive à cette passion ! Et surtout mes ressentis intérieurs sont comparables à ceux provoqués par les psychotropes : je me sens fondamentalement bien dans mon corps, dans ma tête, dans mes muscles, je suis bien quand je me sens respirer (j’ai fumé la clope longtemps), profondément, lentement, je sens la vie dans mes poumons désormais propres, je ressens un sentiment de plénitude quand je me sens vivre, quand je marche dans la rue, quand je sens que je mérite mon chapeau de cow-boy. Merci à mon frère pour ce magnifique cadeau. C’est ça la vie. La vie se suffit à elle-même. « Le but de la vie, c’est la vie » aimaient à dire mes potes François Bigrel et Francis Scribot. Ce n’est pas la console, ou les frissons des films d’horreur, ou la consommation compulsive pour échapper à la frustration qui nous envahirait si nous ne pouvions pas donner libre cours à nos pulsions consuméristes. Alain Accardo l’exprime mieux que moi en pages 54 et 55 du « Petit bourgeois gentilhomme »

 

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- Bon allez je vous l’avoue : j’aime bien un petit coup de rouge, pas tous les soirs mais assez souvent. Du Merlot, biologique, en cubi. C’est le top. Enfin pour moi ! Mais peut-on parler autrement que ‘‘pour soi’’ ?

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