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30 novembre 2003 7 30 /11 /novembre /2003 19:50
Monsieur Sarkozy,
 
        vous qui êtes Hongrois d’origine, et qui portez (historiquement) en vous une haine ancestrale, profonde et sourde des Romanos, vous qui prônez une politique sécuritaire et d’exclusion, exclusion des étrangers en trop, qui finiront emprisonnés, peut-être torturés ou tués pour certains d’entre eux à leur arrivée au pays, vous qui rêvez de pouvoir, Monsieur Sarkozy, je vous invite à lire «  C’est pour ton bien, origines de la violence dans l’éducation de l’enfant » d’Alice Miller. Elle y raconte l’enfance d’Hitler, les origines de son accession au pouvoir et des conséquences que l’on sait, et les causes de sa haine des juifs. Elle y explique que ce n’est pas tellement la souffrance d’Hitler enfant qui a été déterminante pour sa vie; c’est l’impossibilité qu’il avait d’exprimer cette souffrance.
        Avez- vous souffert Monsieur Sarkozy ?
        Faudra-t-il attendre 50 ans pour découvrir que votre politique actuelle prend sa source dans une enfance baignée de soumission ?
        Serez-vous capable d’éviter les dégâts potentiels d’ici 10 ou 20 ans ?
        Serez-vous capable un jour de renier cette déclaration qui sera vôtre : "je ne supporte pas la repentance" et qui sous-entend que vous ne reconnaissez jamais vous être trompé, autrement dit si un jour vous premiez une mauvaise direction (par exemple le totalitarisme, voir le lien ci-dessous)  vous persisteriez obstinément vers le pire ?
 
 
Signé : un ami qui vous veut du bien. 

Lien : http://www.lesarkophage.com/ 
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15 novembre 2003 6 15 /11 /novembre /2003 20:07











                              Source icônographique : La dame de la BCD

Acte un.
 
Une nuit d’octobre 2003, je rêve que je suis suspendu au rebord d’une falaise et que des mecs du haut de la falaise s’apprêtent à me tirer dessus à bout portant avec des flingues. Je suis sur le point de lâcher mais je suis conscient que c’est un rêve et malgré cela, l’angoisse de la chute est maintenue dans toute son intensité.
 
Réveillé, je fais le lien avec l’enfant qui rêve qu’il fait pipi et qui pisse réellement au lit. Je n’ai pas osé lâcher le bord de la falaise. C’est doublement la situation inverse : j’avais conscience que je rêvais et je ne suis pas passé à l’acte.
 
Que se serait-il passé si j’avais lâché ? Me serais-je réveillé brutalement en sueur ? Peut-être mais peu importe, ce n’est pas cela qui est troublant, c’est la suite.
 
C’est m’a-t-il semblé une situation « chamanique » : ce n’est pas mon conscient éveillé qui communique avec mon monde onirique, c’est mon activité onirique qui a conscience d’elle-même par rapport à la réalité (elle a conscience des deux : d’elle-même et de la réalité). De plus cette conscience n’enlève rien à la force du monde onirique, je ne suis pas parvenu à « jouer » avec lui (à lâcher le bord de la falaise) comme s’il s’agissait d’une futilité.
 
 
 
Acte deux.
 
Le lendemain matin de ce rêve, j’en parle avec des amis et la discussion bifurque sur la question apparemment abordée par Freud : rêvons-nous en couleurs ou en noir et blanc ? Personne n’a la réponse.
 
La nuit même qui a suivi, j’ai rêvé que mon ancien patron venait nous rendre visite au boulot avec son frère, et ils étaient tous deux vêtus d’une chemise jaune canari.

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10 septembre 2003 3 10 /09 /septembre /2003 19:09
ou de l'amnésie historique au mensonge politique


La liberté, dans le genre « Les hommes naissent libres et égaux en droit »,formule qui sous-entend qu’ensuite, libre à chacun de réussir ou d’échouer, la liberté donc, celle de réussir ou d’échouer, fut à l’époque de la Révolution française, une réelle avancée.

En 1789, la liberté marquait l’abolition des privilèges de noblesse : on ne naissait plus, comme auparavant, soit noble, soit roturier, mais libre de réussir quelle que soit sa condition sociale. Par là même, tous étaient égaux – en droits. C’était réellement, à l’époque, un progrès en termes de justice sociale.

Et puis, il y eut, en plus de l’égalité et de la liberté « civiques », l’invention de la liberté économique : le libéralisme. Advint la liberté de pouvoir s’enrichir individuellement, indéfiniment. Atteindre ce but devint même bientôt une consécration. Et sans même qu’on s’en rende compte, (quoique ?…) le but poursuivi par la liberté révolutionnaire originelle, à savoir un gain de justice sociale, ce but céda le pas à son contraire : un accroissement des inégalités, tout en se réclamant d’un mot ayant la même racine – le libéralisme.



Conclusion : le libéralisme est en soi un mensonge dans la mesure où la liberté politique de 1789 provenait d’une volonté de justice sociale alors que le libéralisme est devenu, par un tour de force symptomatique de la pensée unique, le faire-valoir indiscutable d’une aggravation de l’injustice sociale. On pensera notamment aux paradis fiscaux dont la suppression est l’un des principaux buts de l’association Attac.


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5 juin 2003 4 05 /06 /juin /2003 19:34
 Si le projet de loi sur les retraites est voté le 10 juin prochain (2003) et appliqué, nous perdrons de 2 ans et demie à 3 ans de salaire au terme de notre espérance de vie (calculs effectués par des économistes d’attac*). Pendant ce temps si rien n’est fait, les revenus du capital continueront de progresser au détriment du revenu du travail. Et les inégalités croîtront encore.

Il sera beaucoup plus difficile de supprimer la loi que d’empêcher son vote. C’est pourquoi la grève, massive, dès aujourd’hui et avant le 10 juin, est vraiment nécessaire pour faire pression sur le gouvernement.

Quelques jours de salaire en moins valent mieux que 3 ans de salaire partis en fumée… c’est-à-dire dans la poche des actionnaires et des profiteurs des niches fiscales qui essaient de se faire discrets.

Que pèsent les échéances professionnelles, quelles qu’elles soient, quand dans les cinq jours qui viennent se joue un basculement ou non vers un creusement sans précédent des inégalités économiques dont nous ferons les frais ?

Pas de doute qu’une fois cette loi votée, c’est une explosion des revenus du capital qui nous attend, déjà 13% d’augmentation des bénéfices de Nestlé entre 2001 et 2002, 13 points qui ne sont jamais appelés à être redistribués.

La pyramide des âges, qu’ils nous disent ? Mensonge ! « L’avenir des retraites relève moins de la pyramide des âges que de la répartition des richesse produites » Lignes d’attac, janvier février 2003.

Nous avions cru que la mécanisation, l’automatisation et la robotisation allaient rendre le travail moins pénible… Il est temps que les profits engrangés soient partagés entre tous et que cesse le désastre économique engendré par les dividendes des actionnaires !


* Les valeurs retenues pour cette simulation ont été choisies de manière à obtenir des résultats nettement en deçà de la réalité.
 
1960 : les 20 % les plus riches à l’échelle mondiale possèdent 70 % des richesses
 
1997 : ces mêmes 20 % possèdent 86 % des richesses
 
 
1960 : les 20 % les plus pauvres possèdent 2,3 % des richesses
 
1997 : ils ne possèdent plus que 1 % des richesses
Rapport des Nations Unies

 
Monsieur Raffarin, votre politique contribue-t-elle à inverser cette tendance ?

Répondez à la question, Monsieur Raffarin !

La réponse est NON !

 
 
Un projet au moins existe, alternatif au vôtre et réaliste, celui de l’association attac. L’avez-vous lu, Monsieur Fillon ? Savez-vous qu’il existe, Monsieur Raffarin ? Il serait temps !
Ces arguments économiques valent également pour contrer la décentralisation. La fonction publique territoriale n’est jamais que l’anti-chambre idéale de la privatisation dont rêvent les libéraux, de droite comme de gauche, qui ne savent que raisonner dans le contexte étroit d’une économie libérale dont la première caractéristique, loin d’être la liberté, est surtout d’être fondamentalement inégalitaire !
Il n’est pas question d’appeler à un quelconque stalinisme mais à des formes plus souples de gestion politique, telles que la démocratie participative. Voir « Porto Alegre – L’espoir d’une autre démocratie », Marion Gret et Yves Sintomer, éd° La Découverte, mars 2002. Fiche de lecture sur ce blog : Démocratie participative et écologie.
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9 septembre 2002 1 09 /09 /septembre /2002 19:06

 

       Produire 15 % de l’énergie sous forme d’énergie renouvelable d’ici 2010, cet objectif n’a pas été fixé à Johannesburg.

 

Et alors ? Sommes-nous obligés d’attendre une telle décision, venant de nos « décideurs », pour nous fixer nous-mêmes et atteindre cet objectif et même un objectif plus haut ?

 

Comment ? Par exemple en passant par le monde associatif et le mouvement citoyen. Autant que la citoyenneté serve à quelque chose !

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5 septembre 2002 4 05 /09 /septembre /2002 19:01

 

Les critiques du FMI ne disent jamais qu’une égalité relative (écarts de richesse entre 1 et 3, 1 et 10, peu importe) relancerait la consommation et les emplois, et que ça résorberait le chômage. Ces critiques ne disent donc jamais que, si on renverse le problème de la feignantise des chômeurs, on se rend compte que ce sont bien en réalité ces inégalités excessives qui sont la source du chômage.

 

De toute façon, il faut non pas relancer mais réduire la consommation. Ce qui n’est pas incompatible avec une réduction importante des inégalités, mais qui par contre doit s’accompagner d’un effort sans précédent pour développer la sobriété comme valeur de survie.

 

Et là, nous tirons sur quelle ficelle ? Sur celle de la capacité à se contenter de ce que l’on a, sur l’urgence de boycotter la publicité et de jeter sa télé à la poubelle, sur le recours à la terre et à une vie simple.

 

Nous tirons sur la ficelle qui nous fera retrouver l’harmonie universelle que l’on peut ressentir en lisant Luis Ansa ou Jérémy Narby, cette harmonie qui n’est pas la séparation entre l’homme consommateur et la nature consommée et pillée mais selon laquelle au contraire l’homme et la nature sont complémentaires. Et cette attention se traduira par l’élévation du niveau de conscience des individus, par un plus grand respect de la vie en général, par une redécouverte du sens du sacré (qui est encore plus facile dans la nature que dans les églises), et par un retour du spirituel ; ce spirituel au sens où Dieu, c’est nous, Dieu, c’est la nature, et ce spirituel selon lequel le sens du sacré ne doit pas, ou pas seulement, être recherché dans la prière, mais dans tous les actes et tous les instants de la vie quotidienne.

  

 

Finalement André Malraux aura peut-être bien eu raison à propos du retour du spirituel au XXIème siècle, pas forcément là où on l’attendait, je veux dire dans les mouvements sectaires et fanatiques, mais plutôt là où on ne l’attendait pas : le dénuement.

  

5-26 septembre 2002

 

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5 septembre 2002 4 05 /09 /septembre /2002 18:56

Petite synthèse acerbe de la grande escroquerie cynique

 

 

            On a pu lire et entendre un peu partout depuis 1996 que les 358 personnes les plus riches de ce monde possédaient autant que les 2,3 milliards d’individus les plus pauvres. ( Et on peut lire dans la revue « Silence ! » de mars 2003 que ‘les 225 patrimoines les plus élevés de la planète possèdent autant que les 2,5 milliards les plus pauvres, soit 47 % de la population totale.’ Comme quoi l’écart continue bien à se creuser.)*

            Comme on sait aussi que la majorité de l’humanité vit dans des pays à la fois pauvres et totalitaires, on peut en conclure que plus de la moitié de l’humanité n’a pas son mot à dire quant à ces inégalités puisqu’elle ne participe pas au débat démocratique.

Quant à la minorité restante des privilégiés, habitants des pays riches et démocratiques, plus de 50% d’entre eux votent pour des politiques qui maintiennent cet état de fait inégalitaire. D’ailleurs on n’a pas vraiment le choix : la seule alternative qui nous est offerte par l’environnement médiatique est une alternative qui, elle aussi, justifie les inégalités citées plus haut.


           
Certes, d’autres choix échappent à ce contexte médiatique formaté : des partis politiques minoritaires souvent qualifiés d’extrémistes (ce qui renforce, voire explique leur situation minoritaire), soit l’abstention, soit l’implication dans des structures non politiques, associatives, caritatives etc. Mais pendant ce temps d’engagement, les urnes ont été remplies, la messe a été dite.

 


           
Rares sont ceux qui sont capables d’entendre qu’il y a un lien entre richesse des uns et pauvreté des autres. Car tirer sur ce genre de ficelle renvoie à des frayeurs comme nivellement par le bas, uniformité, communisme, morne plaine et j’en passe. Prenez l’expression « appauvrir les plus riches » par exemple, ce n’est pas bon, ça fait peur. Laisser des milliards de pauvres mourir de faim, on a l’habitude, mais prendre la décision, proposer ou seulement envisager d’appauvrir les plus riches, minoritaires, c’est impensable.

 




           
« Nous voulons des sous », oui, ça c’est correct. Mais demander à qui nous prendront ces sous, c’est déjà tabou. Si en plus, on suggère de les prendre aux plus riches, alors là c’est extrémiste.

 


           
Du coup, quand on y parvient, à avoir des sous en plus, c’est en les prenant dans le pot commun. Et on déshabille Pierre pour habiller Paul. Alors que Charles, Ernest-Antoine, Édouard et François-Xavier, intouchables, ont sur le dos cinq manteaux de fourrure et quinze pardessus.


           
À part ça, nous vivons dans un pays, dans des pays démocratiques. La démocratie ! Quelle valeur ! Quel refuge !

 

             Comment les dire, ces choses-là ? À qui ? « D’où tu parles, toi ? Extrémiste ! »

 


           
Elle est belle, la démocratie ! Passer sa vie à voir tous ces pauvres mourir – y compris dans des pays riches – et passer sa vie à voir tous ces gens accepter ça sans broncher parce que « le nivellement par le haut, c’est bien mieux », franchement, ce n’est pas joyeux.

           
La démocratie, c’est un processus de décision collective à l’échelle d’une nation et au-delà. Notre démocratie est foutue, puisqu’on ne parvient pas à décider autre chose que des fusions d’entreprise et des plans de licenciements, juteux pour seulement quelques actionnaires minables qui ne se rendent pas compte, ou s’en foutent, que leur jeu fait des morts à l’autre bout de l’axe économique.

 


           
Alors il existe d’autres voies que la démocratie à grande échelle : c’est d’une part la démocratie locale, participative, comme à Porto-Alegre (1,3 millions d’habitants) ou au Chiapas (grand comme la Bretagne) ou dans des écoles qui pratiquent la pédagogie institutionnelle (« L’école avec Françoise Dolto », en poche). Et c’est d’autre part le détachement progressif de la servilité salariale (encore heureux quand on a un boulot) pour retrouver dans tous les domaines de la vie une autonomie solidaire, faite d’échanges de proximité.

 


           
Le défrichage de ces deux voies est la seule issue, la seule stratégie possible. Mais tout est à faire. À commencer par la sobriété, et le culot. Avoir le culot de rouler à l’huile de friture avec une voiture diesel.

 


5 septembre 2002

 

 

* On sait aussi pour l’avoir entendu ici et là que les 3 personnes les plus riches au monde possédaient, il y a peu, autant que le PIB des 48 pays les plus pauvres. « Possédaient » car depuis ça doit être pire.

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26 avril 2002 5 26 /04 /avril /2002 00:46
 
entre capital et salaires
 

 
Entendu récemment à la radio que la part des bénéfices des entreprises était largement en faveur des revenus du capital en 1967 et au détriment des salaires. Ce fait est en partie à l’origine des évènements de 68.

À partir de là, une correction progressive en faveur des salaires s’est opérée jusqu’en 1983, deux ans après le 10 mai 1981… Puis le mouvement s’est inversé, la part attribuée au revenu du capital a recommencé à gagner du terrain pour retrouver, en 1997, le niveau qu’elle avait en 1967. Et depuis 1997 le processus continue.

À mettre en relation avec :
- la montée du chômage ;
- le bouquin de Christophe Dejours : « Souffrance en France, la banalisation de l’injustice sociale » dans lequel il dit que « l’impossibilité des gens d’exprimer leur souffrance au travail constitue un obstacle majeur pour reconnaître la souffrance des chômeurs » ;
- l’augmentation de la précarité et du travail partiel sous-payé ;
- l’augmentation de la mortalité dans les catégories sociales en précarité ;
- l’augmentation des suicides (il y a plus de suicides que de morts par accidents de la route en France) ;
- l’augmentation des inégalités économiques attestée par des statistiques qui ne prennent jamais en compte la misère dans laquelle étaient tous ceux qui sont morts précocement (voir les deux alinéas précédents) ;
- l’explosion de la bourse et des flux financiers issus des transactions de change ;
- l’augmentation du nombre de petits porteurs ;
- le manque de soutien des actions menées par ATTAC de la part du PS et de l’UMP (RPR en avril 2002) ;
- l’augmentation du nombre annuel de voitures incendiées ;
- l’augmentation de la violence dans les collèges ;
etc.
 
Donc aujourd’hui nous jetons la pierre à Le Pen, à ses électeurs et aux victimes des politiques menées depuis la fin des 30 glorieuses. Bien. Chirac sera ré-élu, plébiscité, les Socialistes feront probablement un score fleuve aux législatives dès le premier tour, le quinquennat se passera tant bien que mal dans une cohabitation cahotante, une « cahobitation » en quelque sorte, et après 5 ans ? Re-Le Pen ?

Quelle solution ? Quelle garantie pour un monde plus égalitaire ?


Deux
solutions (qui ne sont pas sans lien l’une avec l’autre).

Premièrement, se remuer pour mettre en place, via les collectifs Attac et les partis d’extrême gauche, des systèmes municipaux de démocratie participative du genre de celui de Porto Alegre au Brésil. Il faudrait que Le Monde Diplomatique ressorte son article d’août 1998 qui expliquait très bien ce que c’est.
Lire aussi le supplément « Quand la ville est porteuse des espérances de citoyenneté », Le Monde diplomatique, mai 2000. Il est inimaginable que des gens qui prennent collectivement en mains leurs affaires municipales et qui sont confrontés aux problèmes locaux de solidarité en viennent à voter massivement pour l’extrême droite.

Deuxièmement, redoubler d’effort pour développer les dynamiques autonomisantes, que ce soit les énergies autonomes et renouvelables (récupération des eaux de pluie et Vivendi peut aller se faire voir ailleurs) ou les réseaux d’économie de proximité. Cette dynamique ne demande aucune institutionnalisation, c’est pour cela qu’elle est peu médiatisée et peu connue, mais elle existe bel et bien. C’est un mouvement qui se développe « par en-dessous », sans rien demander à personne, et qui prend petit à petit de l’ampleur.
On peut en trouver l’expression dans des revues comme Silence, tél. : 04 78 39 55 33 (sur abonnement ou dans les Biocoop) ou Passerelle Eco,
http://passerelles.eco.free.fr 
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16 mai 1996 4 16 /05 /mai /1996 12:08
        

    Edgar MORIN nous explique, dans son ‘Introduction à la pensée complexe’ (ESF 1990, p.44), que l’auto-organisation de l’organisme se caractérise par la destruction des cellules (entropie) ‘‘mais, de façon inséparable, il y a le phénomène de réorganisation (néguentropie). (…) Le lien entre vie et mort est beaucoup plus étroit, profond, qu’on n’a jamais pu métaphysiquement l’imaginer’’.

            Il semble que dans tout système auto-organisé, l’intégrité et la pérennité du système lui-même soient liées à celles de ses éléments, et réciproquement : chaque élément, chaque organe ou cellule ne vivent que dans la mesure où ils contribuent à la survie du système, de l’organisme. L’existence éphémère de chaque cellule a autant d’importance pour la vie que l’existence, plus durable, de l’organisme. Et la cellule le ‘‘sait’’ dans la mesure où sa raison d’être est bien de permettre au système de vivre, mais le système le ‘‘sait’’ aussi : s’il n’assure plus son rôle de protection auprès de ses cellules (surmenage…), celles-ci dépériront, et il en subira les conséquences.
 
            Ainsi, dès qu’un groupe de cellules est en déperdition, l’organisme se mobilise pour les réhabiliter. À aucun moment il ne les abandonne à leur perte, sauf lorsqu’il y est contraint et qu’il ne peut y faire face, par exemple en cas de maladies incurables.
Notre culture occidentale semble avoir oublié en grande partie, (si elle en a jamais pris conscience !), cette nécessaire réciprocité.
Nos systèmes politiques ont totalement occulté ce principe auto-organisateur - débouchant irrémédiablement sur un système auto-destructeur : lorsque des individus sont en déperdition (les trois-quarts du globe au minimum), le pouvoir politique ne se mobilise pas, c’est le moins qu’on puisse dire, pour les réhabiliter. Il les abandonne constamment à leur sort en laissant délibérément s’accroître les écarts de richesse. Aujourd’hui le système politique ne ‘‘sait’’ plus que s’il n’assure pas son rôle de protection auprès de ses administrés, ceux-ci dépériront et qu’il en subira les conséquences. La même phrase, transposée sur le plan économique, reste vraie : le système économique ne sait pas que s’il ne protège pas les consommateurs, tous les consommateurs, donc tout le monde, il en subira les conséquences.
            Cette espèce de déshumanisation vient probablement du fait que des personnes n’étant pas en règle administrativement sont jugées nuisibles au système politique. Pour l’administration, les individus sont d’abord des ‘‘administrés’’ – ou n’existent pas. Et économiquement, seuls existent les ‘‘consommateurs’’. Les non-consommateurs, non solvables, sont ignorés, inintéressants d’un point de vue économique. Pire, l’économique, à aucun moment, ne se préoccupe de l’étape précédant la consommation : l’appropriation de richesse, qui donne accès au pouvoir d’achat. Le seul mot qui pourrait faire miroir au mot ‘‘consommateur’’, pour désigner non pas celui qui dépense mais celui qui gagne sa vie, qui reçoit de l’argent, c’est le mot ’’travailleur’’. Il sonne de manière ridiculissime comparé au noble ‘‘consommateur ’’. On pourrait aussi avancer les mots ‘‘RMIste’’, ou ‘‘chômeur’’. Toujours pas à la hauteur.
Politiquement et économiquement, l’être humain n’est pas perçu comme tel : il est tantôt ‘‘administré’’, tantôt ‘‘consommateur’’. Et si par malheur pour lui il ne l’est pas, il devient la lie, le reclus, le nuisible par qui tous les maux arrivent, non seulement les siens – bien fait pour lui – mais les nôtres.

           Les déchéances individuelles ont effectivement des répercutions sur la collectivité. À l’inverse, une communauté solidaire est une communauté solide. La solidité d’une chaîne est égale à la résistance de son maillon le plus faible. Mais là où il y a erreur de bon sens, c’est quand on croît que chacun est seul responsable de lui-même et que la société n’est pas responsable de ses membres. Et lorsque l’abandon est sans appel, RMIste en fin de droit, SDF, clochardisation, quart-mondisme, tiers-mondisme, l’erreur est de croire qu’il n’y a pas d’effet retour sur la société. Comme si la société qui se porte bien et celle qui se porte mal pouvaient cohabiter dans une mutuelle ignorance. Comme s’il ne s’agissait que d’une évolution du système et qu’il n’y avait pas péril en la demeure. Or il y a péril.
Nous sommes bien dans un système auto-destructeur. Mais cette destruction n’est pas marquée par un grand jour, elle est en cours depuis bien longtemps.
Tant que nous laisserons les fractions au pouvoir (politiques comme économiques) se situer comme étant au-dessus des autres, tant qu’ils seront convaincus que leur bien-être peut être assuré en ignorant celui de milliers d’autres individus, tant que nous les laisserons raisonner non pas en tant que représentants d’un système (la terre), mais en tant que représentants d’eux-mêmes, en conflit avec les autres – eux-mêmes pouvant être leur famille, leur clocher, leur parti politique, leur patrie, leur continent ou leur hémisphère – alors nous serons dans une logique d’autodestruction – et nous aurons voté pour une telle logique.
Nous sommes tous représentants d’un pouvoir.
La citoyenneté consiste à nous demander au service de qui, ou de quoi, nous mettons notre pouvoir. Au service de l’autodestruction ou à celui de l’auto-organisation ? Au service du pillage et de la société de gaspillage, ce court terme individualiste qui repose sur une vie d’homme, sur l’accumulation maximale de richesses, ou sur cette auto-éco-organisation dont nous parle Edgar Morin, qui assure le long terme, si proche de ces ‘‘Voies indiennes’’ qui fondaient leur système en prévision du bien-être des sept générations à venir…jusqu’à l’arrivée de l’homme blanc ?!
Scénario naïf : si la fraction minoritaire la plus riche de la population, celle qui détient 80% des richesses, décidait d’en redistribuer presque la moitié aux autres, quel serait le résultat ? Les ‘‘riches’’ ont fait fortune, forcément, sur le dos des pauvres. Les circulations monétaires qui ont engendré ces inégalités restant en place, l’argent continuera à tomber dans la poche des plus riches qui à terme se referont leur fortune. Et les inégalités s’aggravent.
Dans la même logique les politiques sociales se financent sur les classes moyennes – qui s’appauvrissent elles aussi – et la tête du champignon continue de s’enrichir – sur le dos des classes moyennes et des pauvres.
Appelons ‘‘champignon monétaire’’ ce phénomène qui draine l’argent des consommateurs vers quelques aspirateurs aux fortunes colossales. Il faut, d’une manière ou d’une autre, couper en partie la tête du champignon pour la reverser à son pied.
L’impôt sur les grosses fortunes n’est pas suffisant pour enrayer ce phénomène d’aspiration et d’appauvrissement, et c’est en amont qu’il faut agir.
Tant que la structure des circulations monétaires qui forment ce champignon ne sera pas transformée, la précarité augmentera, chômage ou pas. Et cette transformation doit enrayer ce déplacement des champignons vers les pays où la main d’œuvre est ‘‘payée’’ une misère, ces pays sur lesquels nous n’avons aujourd’hui encore aucun pouvoir, pour au contraire harmoniser progressivement les coûts de main d’œuvre.

1er-16 mai 1996


                                source icônographique : http://fr.treknature.com/gallery/photo98565.htm
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18 avril 1995 2 18 /04 /avril /1995 20:41

24 avril 2010 : cet article sur l'Économie Sociale et Solidaire peut apparaître soit technique, soit caricatural (soit les deux) mais il faut ici le remettre dans son contexte pour en relever toute son importance.

Le champ de l'Économie Sociale et Solidaire me semble incontournable pour mettre en oeuvre tout ce qui est pointé du doigt sur ce blog : nous n'y parviendrons pas en se contentant d'attendre que les changements viennent de la seule initiative individuelle.

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L'ESS - Économie Sociale et Solidaire - concerne le champ de l’économie relevant de l’autogestion, sur le principe de décisions collectives « une personne, une voix ». Ses principales formes juridiques sont les SCOP  ( http://www.scop.coop ) pour les activités de production ou les SCIC ( http://www.scic.coop ) pour les services.

Les différences entre les entreprises classiques, dirigées par un chef d'entreprise, et les entreprises relevant de l'ESS sont multiples et, souvent, inattendues.

La première est le passage d'une logique de recherche d'emploi à une logique de création d'activité économique.

 

3295599274_28b0c9bc71.jpg                                                                    oseille

 

L'emploi dépend des employeurs, qui sont souvent dans une logique :
- de rentabilité maximale,
- de versement des bénéfices de l'entreprise au profit des actionnaires au détriment des salariés,
- de délocalisation,
- d'automatisation des processus de fabrication au détriment du savoir-faire artisanal qui tend à disparaître,
- de sacrifice de quelques-uns en cas de difficulté,
- de décisions pyramidales...
 
Toutes considérations qui ne sont pas celles du champ de l'ESS :
- rentabilité équilibrée et viable,
- actionnaires-salariés, (les revenus peuvent être versés sous forme d’avance sur les intérêts du capital comme cela se fait à Mondragon)
- relocalisation des activités économiques,
- préférence pour des processus de fabrication artisanale qui en font la fierté de l’artisan et qui donnent du sens à sa vie professionnelle,
- partage équitable des risques,
- décisions concertées...


La place de l’ESS dans les problématiques de lutte contre le décrochage scolaire ou contre l’illettrisme peut surprendre mais l’hypothèse présentée ici vaut sans doute la peine d’être étudiée.

Tentons de nous mettre à la place du jeune en échec scolaire : déjà  en situation d’échec par rapport aux enseignants et à cette relation prof-élèves qu’il peut légitimement vivre comme une situation « dominant-dominé », le jeune en tant que futur employé sur le marché du travail peut se sentir tel un produit qui sera mis, en cas de réussite, à disposition de son futur employeur. Employeur qu’il ne connaît pas mais qui sera son nouveau « dominant ».

Il est incité à entrer dans un système où il sera une fois de plus dominé, et où les possibilités de devenir dominant un jour sont très faibles, d’autant plus qu’il est en échec scolaire.

Comment se comportera-t-il si on lui propose un autre scénario, où le pouvoir est partagé, celui de l’autogestion et de l’ESS ?

Mais les résistances ne viennent pas forcément de celui qu'on croit : le jeune en échec. Ma récente expérience en la matière m'a montré que les résistances viennent des représentants institutionnels. Ils ne connaissent pas forcément l’ESS, d’autant plus qu’en France elle est très peu présente au nord de la Loire. La curiosité pourrait être de mise : elle n’est hélas pas forcément au rendez-vous. D’ailleurs, comme cela a été écrit dans un compte-rendu de séance sur la lutte contre le décrochage scolaire, même si « l’économie solidaire peut être un bon complément pour l’intégration des jeunes en rupture sociale (…), les SCOP ne sont pas connues ni toujours lisibles et elles ont aussi besoin de rentabilité. »

« Intégration » : à quel système économique ? L’économie libérale ou l’ESS ?

« Rentabilité » : financière ? Mais de quel point de vue ? Celui de l’économie libérale ou celui de l’ESS ? Et si les SCOP représentaient une occasion de donner plus de sens à notre existence ? Sens humain, sens écologique, sens économique, même si la rentabilité des SCOP n’est, peut-être, pas compatible avec un niveau de vie à l’occidentale.


Revenons à ce qui se passe dans la tête du jeune en échec. Cette notion selon laquelle je peux être maître de ma vie et de mon travail, ainsi que de mes relations d’égal à égal avec mes collègues, je pense ici d’abord à mon (futur) travail d’artisan (Face au monstre mécanique -
Une histoire des résistances à la technique, François Jarrige, 2009, éditions Imho), est-elle si étrangère que cela à l’enseignement de base auquel j’accepte ou non d’accéder ? Et si, à l’inverse de cette sensation de pion aux mains des employeurs, cette autre sensation de maîtrise de mon existence était la base, justement, de l’enseignement de base auquel je peux adhérer, celui à partir de quoi les projets les plus passionnants peuvent naître ?

Au-delà de ces réflexions, on peut se demander aussi dans quelle mesure l’ESS fait peur aux institutionnels.

Cette peur peut être justifiée dans la mesure où l’ESS semble s’opposer au patronat, et que le patronat assure des financements et des reconnaissances tous azimuts, Conseil Régional et Missions Locales y compris, en termes de débouchés, en termes de réseaux d’embauche.

 

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Reste à savoir si cette opposition est si réelle que cela : à imaginer un développement massif de l’ESS, les patrons ne se retrouveraient pas à la rue mais seraient intégrés dans cette nouvelle économie.

Et reste à savoir, du coup, si cette peur évoquée plus haut, qu’elle soit latente, intériorisée, ou au contraire manifeste, entretenue par des pressions venant du patronat, est légitime. Au vu de ce qui vient d’être dit, dans la mesure où l’ESS laisse une place pour tous et ne se situe pas dans une logique revancharde, on peut émettre l’hypothèse que les réticences à l’égard de l’ESS n’ont pas lieu d’être, ouvrant ainsi la place pour une attitude de curiosité.


25 mars 2010.

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