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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 05:38

 

Sur quoi repose le monde occidental contemporain ? Sur les ressources fossiles, elles-mêmes permettant un progrès jamais connu jusqu'alors.

 

Energies et minerais fossiles fondent notre monde. Et au premier rang des énergies : le pétrole.  

 

Extrait de La Folle de Chaillot (1945) de Jean Giraudoux :

  • La folle : Que cherchent-ils? Ils ont perdu quelque chose ?

  • Pierre : Ils cherchent du pétrole.

  • La folle : Curieux ! Qu'est-ce qu'ils veulent en faire ?

  • Pierre : Ce qu'on fait avec du pétrole. De la misère. De la guerre. De la laideur. Un monde misérable.

 

À cause du réchauffement climatique nous devrions nous passer des énergies émettrices de gaz à effet de serre.

 

À cause du pic des ressources fossiles, en quantités finies, nous allons être forcés de nous en passer. Dixit un certain Rob Hopkins.

 

Mais encore ?

 

Quand ? Pour quelles conséquences ? Faut-il nous y préparer ? Comment nous y préparer ? Quid de l’alimentaire, premier risque : de famine, premier stress ?

 

Quand, et en parallèle : les énergies alternatives ne seront pas au rendez-vous, pas à 100 %, la descente énergétique sera-t-elle lente ou brutale ? Entraînera-t-elle une panique, un effondrement économique sachant que notre économie repose sur les énergies fossiles ?

 

On sent bien qu’il y a un bruissement depuis 40 ans, depuis 1975, depuis la fin des 30 glorieuses, des « 30 Honteuses. »

 

Rob Hopkins appelle « Intervalle du pétrole » le bref interlude de 200 ans où nous aurons extrait du sol la totalité de cette extraordinaire substance et l’aurons brûlée.

 

Où en sommes-nous dans cet Intervalle du pétrole ? En haut du pic ? Avant le pic ? Pourquoi ne nous préparons-nous pas à ce monde post extractiviste ?

 

C’est en partie parce qu’on attend ce pic depuis 40 ans, caché par ce leurre : la fin du pétrole qui n’arrivera jamais (il en restera toujours quelques gouttes dans le sous-sol), que nous nous sommes laissés endormir, ne voyant rien venir... Quoique !

 

Alors, les générations futures, qu’adviendra-t-il de leur quotidien ? De votre quotidien ? De notre quotidien ? N’est-il pas temps de reconnaître que les générations futures, c’est nous ?

 

Christian Araud a publié « La décroissance ou le chaos » en 2012. En page 201, dans ses remerciements, il écrit ces mots :

« Il est de tradition d’ouvrir ou de fermer une œuvre littéraire ou un essai par des remerciements. C’est donc pour moi l’occasion de remercier la maffia polytechnicienne pour m’avoir confié a priori un certain nombre d’études, en se basant uniquement sur le fait que j’appartenais à la conférie, sans trop se poser la question de savoir si je rendrai exactement le service attendu.

Encore merci ! »

 

 

 

 

 

Nous avons été reçus par le président du Conseil Général de l’Eure le 13 décembre 2013 pour évoquer l’après pétrole avec lui. Il a été formé à l’ENA. Est-ce pour cela qu’il n’a jamais donné suite à cet entretien, 6 mois après ? Tout juste pourrons-nous dire qu’ "il savait" lorsqu’il sera trop tard pour se préparer.

 

D’ailleurs trop tard pour qui ? Car comment se passeront les choses ?

 

Il est plus que probable que l’effondrement se fera par sélection économico-médiatique, ce qui a déjà commencé : une frange de plus en plus restreinte de la population mondiale, celle-là même qui tient et qui subit les rennes du pouvoir médiatique et économique, continuera à faire « comme si de rien n’était », espérant faire perdurer encore un peu son pseudo bonheur éphémère, fermant les yeux sur le château de cartes qui se délite sous ses pieds.

 

Tout est fait pour tenter de maintenir le système en place, rien n’est fait pour accompagner son effondrement. Et pourtant ! Dans son ouvrage « Adieux au capitalisme » sorti en janvier 2014, Jérôme Baschet, à la page 24, énumère 5 contradictions convergentes qui annoncent la fin de notre monde occidental :

- la spirale de l’endettement et du crédit,

- la croissance exponentielle des capitaux à réinvestir,

- la restriction tendancielle du travail vivant nécessaire,

- le caractère limité des ressources naturelles fossiles,

- les conséquences de la dégradation des écosystèmes et du changement climatique.

 

Et déjà en pages 21 et 22 il avait évoqué « la récession dans certaines zones centrales du système-monde », dont la zone euro, dont le PIB s’est contracté de 0,5 % en 2012 et devrait subir une baisse de 0,4 % en 2013 selon des données la Banque centrale européenne datant de septembre 2013. Il évoquait encore « des menaces d’éclatement annoncé des prochaines « bulles » (celle de l’immobilier en Chine pourrait s’avérer d’une ampleur plus considérable encore que celle qui a déclenché la crise des subprimes en 2007). »

 

Pour tout dire notre cynisme, notre aveuglement, notre entêtement à foncer toujours plus vite dans le mur sont partagés par tous ou presque.

 

Le 1er juin dernier à Paris lors d’une soirée entre amis qui regroupait 7 personnes nous nous sommes pris au jeu du bonheur : « le bonheur c’est... » et chacun chacune d’y aller de son inspiration bucolique, une scribe gardant mémoire des propositions.

 

Je me suis hasardé à évoquer le bonheur des générations futures. Trois réactions fusèrent immédiatement, ne laissant pas la moindre seconde à la réflexion :

- c’est ironique ?

- Y’en aura pas, tu peux barrer.

- ça, on s’en fout !

 

Le président du Conseil Général de l’Eure se situait à peu de choses près au même niveau d’analyse.

 

Par où commencer ?

 

suite ici.

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 05:41

 

Etre rassurés. En plus d’être reconnus : voir « Comment se faire des amis » publié en 1936, dernière réedition 1990. Etre rassurés est notre raison d'être. Après avoir mangé, dormi, avoir chaud et être en bonne santé.

 

Il y a deux manières d’être rassurés sur notre avenir proche aujourd’hui :

la première, la plus fréquente et de loin, c’est découter des radios, de regarder des chaînes de télévision financées par la publicité.

 

La seconde est de préparer un monde vivable en connaissance de cause !

 

Ces deux chemins sont antinomiques. Incompatibles. Car les médias commerciaux ne nous informent pas sur ce sujet précis, celui de l’effondrement du système post extractiviste en cours.

 

 

C’est ce même mécanisme assurément qui rend illisible la revue La Décroissance à bien des gens. Pourtant quelle lucidité ! Mais être rassurés, désinformés, et condamnés à être détruits par un système mortifère que nous laissons s’emballer, est préférable à la lucidité pour la majorité des habitants de ce monde post orwellien.

 

Tout ce que j’écris, tout ce qui se lit dans des revues telles que La décroissance ne sert finalement pour l’instant qu’à annoncer l’inutilité de nos avertissements face à l’énorme machine médiatique publicitaire qui rassure pour vendre ses publicités.

 

Qui peut lire des articles tels que celui de Pierre Thiesset dans le numéro de juin 2014 en pages 3 et 4, hormis si l’on y a été habitué depuis plusieurs années ? Car ça doit être un sacré choc de lire un tel papier sans y avoir été préparé, en sortant directement de TF3 ou de Radio propagande d’Etat (Radio France) !

 

 

 

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L’image du ying et du yang en double goutte d’eau imbriquée reflète bien cette réalité :

- d’un côté ceux qui veulent être rassurés en se baignant dans les médias optimistes qui nous désinforment en passant d’une bonne humeur enthousiaste à la pub puis aux informations partielles et déresponsabilisantes, la petite tâche de noir au milieu de la goutte blanche signifiant notre désarroi face au désatre non annoncé qui arrive ;

- de l’autre côté ceux qui voient les choses en face, telles qu’elles sont, plutôt noires, mais qui leur permet d’entrevoir un espace de clarté et de préparer un avenir convivial, vivable, décroché du monde économique qui s’effondre.

 

 

Même Philippe Bihouix, dans « L’âge des low tech », publié en 2014, a beau faire mine de montrer le chemin : il reste rassurant sur la lenteur de l’effondrement du système ! Si ses propositions sont souvent pertinentes, encore qu’il fait une croix sur les Villes et territoires en transition en une demi page sans même faire figurer le Manuel de transition dans sa bibliographie, hallucinant !, il passe à côté de l’urgence du problème à résoudre. Le principe de précaution passe à la trappe, préférant être rassurant... et inconscient. Car sans urgence tout le monde attend la fin du monde.

 

Et pendant ce temps-là comme disait l’autre dans le bêtisier du bachot, les continents dérivent, peinards. Avec ce genre de constat, on peut clairement établir que la dérive des cons tinue !

 

Ecouter en boucle des radios commerciales avec leurs animateurs toujours pleins d’enthousiasme niais nous anesthésie, nous conditionne comme dans 1984, nous rend sourds, aveugles, peureux et cons. Je suis bien placé pour le savoir : lorsque j’écoute ce genre de radio, deux ou trois fois par an dans le bus qui m’emmène à Rouen, je suis atterré. Même en voiture je ne peux plus. Alors que lire la Décroissance après avoir lu Hopkins me rend non seulement lucide mais plus courageux : «le monde s’effondre, retroussons nos manches pour planter des ceintures vivrières, pour organiser des filières locales et artisanales afin de fabriquer nous-mêmes nos vêtements et nos maisons, répondons par l’affirmative à Jean Giono qui exhortait les paysans à rester en dehors de l’économie marchande, seule manière de résister au système qui se mondialisait déjà rapidement en 1938 ! » 1938, date de publication de sa Lettre aux paysans, rééditée en mai 2013 aux éditions Heros-Limite – lien : http://www.heros-limite.com/?s=giono.

 

 

Aujourd’hui les cartes sont redistribuées puisque quitter cette folie économique n’est plus un choix, une option, mais s’avère inéluctable, voir en autres Jérôme Baschet : Adieux au capitalisme évoqué plus haut.

 

Ce n’est qu’une question de temps croyez-vous ? Non : c’est une question de préparation, d’anticipation. Moins nous préparons le ré-enchantement du monde tel qu’il existait autrefois et tel qu’il existe encore au Bouthan par exemple, et plus nous nous retrouverons face au désastre annoncé.

 

Nous ne pouvons pas empêcher l’effondrement du capitalisme, mais nous pouvons éviter le désastre d’un monde laissé exsangue, en commençant dès aujourd’hui à lui rendre vie.


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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 08:40

www.alternatiba.eu

 

il se tiendra une alternatiba à Rouen à l'automne 2015 et probablement une mini alternatiba à Evreux une ou 2 semaines avant.

 

 

 

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J'ai vu le film et voici ce que j'en pense : la litanie de "consommer moins, se déplacer moins, produire moins dénergies fossiles..." fait étrangement penser au boulon numéro 1 "tout changer pour que rien ne change".

 

"C'est déjà ça !" pensons-nous le plus souvent, certes, mais est-il raisonnable de courir dans le mauvais sens ?

 

Car cette alternatiba passe à côté de 3 essentiels au moins :

 

le premier est l'axe des 3 poupées russes, première poupée : les incroyables comestibles, seconde poupée : les forêts nourricères et autres ceintures vivrières (le maire qui intervient y fait référence) et troisième poupée : la transition telle que conceptualisée par Rob Hopkins, tous secteurs de production vitaux confondus.

 

Le deuxième essentiel est le mélange des trois ingrédients non abordés dans le film qui sont :

- l'exode urbain ;

- le changement de métiers ;

- la décroissance (récession organisée, anticipée).

 

Pour information, pour Patrick Viveret "la décroissance c'est de la connerie" (Cluny mai 2013).

 

Et le troisième essentiel est la présence impérieuse de deux éléments pour qu'un territoire soit résilient : une autonomie locale de production défossilisée et l'existence d'une monnaie locale.

 

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 05:00

 

Ce texte fait suite à l'Ouverture de ce blog.

 

Pourquoi Gorgerouge et plus, voir Gorgerouge, aphorisme & copinages 


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Si vous voulez être informé par courriel des nouvelles publications sur ce blog, abonnez-vous à la newsletter, dans la colonne de droite, descendez d'un écran.
Juste au-dessus des liens.

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Avez-vous jeté un œil au www.pacte-contre-hulot.org  ? C’est très fort ! Eventuellement, munissez-vous d’un stylo…



 

 

 

 

                                                                              cathédrale d'Amiens

 

 


Ce blog a été créé le 4 novembre 2007.

Les articles sont classés en douze catégories :

braise , pour les plus importants concernant l'après pétrole et le réchauffement climatique - commencez donc par ce lien : http://terresacree.org/ressources.htm que j'indique aussi sur ce blog dans Les deux sinon plouf ! - 4 août 2008 ;

neige , pour les moins importants dans le même thème ;

rubis , pour les textes traitant d'économie qui me paraissent les plus importants, le rubis (et la pierre de jade ci-dessous) représentant des monnaies d'échange ou des grains de SEL (Système d'Échange Local) ;

jade , pour les autres textes traitant d'économie ;

écrin , pour les plus importants, les plus poétiques ou  ceux qui ont suscité le plus de réactions enthousiastes ;

vitre , et en priorité Conservateur ou révolutionnaire ?  , pour ceux qui décrivent notre résistance au changement, quand nous sommes collés à la vitre. Cette catégorie comprend les logiques mentales collectives erronées qui nous aveuglent, ainsi que la critique des médias. C'est dire si elle est importante ;

palabres , pour ce qui concerne la démocratie participative, la liberté de parole et le partage du pouvoir ;

respir  pour les écrits relatifs au développement personnel ;

arc-en-ciel , pour les textes qui touchent plusieurs thèmes à la fois ;

astre, pour les hors catégorie.

La onzième catégorie concerne quelques
sources documentaires rangées la plupart du temps en fin de blog en septembre 1984.

La douzième catégorie, créée le 10 août 2009, correspond aux fiches de lecture . Elle sont également rangées en 1984.

28 septembre 2009, création d'une treizième catégorie (voir Ouverture ) : roulement à billes . Encore plus chaude que "braise", cette catégorie concerne les solutions concrètes pour quitter dans les faits la spirale de l'effondrement écologique actuel. Les raisons d'un tel choix figurent également dans La convivialité, Ivan Illich .

 

2 février 2013, création de la catégorie EVT pour Evreux Ville en Transition et les compte-rendus de réunions qui s'y rapportent.

Le texte fondateur sur les enjeux climatiques, écrit à l'automne 2006, se trouve ici : 
De l’EEDD à la maîtrise du réchauffement climatique 1/3 


En haut à droite de chaque page, à la fin des "articles récents", vous pouvez accéder à la liste complète des articles.


Même si je dis les choses différemment à chaque fois, les textes étant indépendants les uns des autres, je me répète souvent, surtout dans les conclusions. Vous voilà prévenus, et du coup j'espère que vous ne m'en tiendrez pas trop rigueur.



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Lorsque notre empreinte est légère, elle n’écrase que quelques brins d’herbe qui se relèvent après notre passage.

Mais l’empreinte écologique de l’homme occidental contemporain tend à écraser la terre entière sur son passage : ne lui survivra-t-il rien ?

Le but de la vie, c’est la vie. Tandis que le mode de vie peut être tantôt vivifiant, tantôt belliqueux et destructeur, voire même suicidaire.



Maisons inondées au sud de Dacca, Bangladesh
source icônographique :
 
http://www.ledeveloppementdurable.fr/developpementdurable/poster/15.html
 

=> sur cette exposition de photos,
voir YAB - 18 septembre 2010  
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Il y a au moins un bar à Bernay où l'on trouve du vin biologique (pour les sceptiques, voir Malbouffe ): c'est au café de l'Agriculture.

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25 novembre 2007 :

La porte que vous ouvrez en entrant sur ce blog risque fort de vous faire l’effet d’un haricot géant :
l’émergence dans un monde totalement nouveau,
mais pourtant plus réel que celui auquel vous êtes habitué
.

Trois exemples :

- les lecteurs de Libé ne connaissent pas ce qui se dit dans Le Plan B. Mais les lecteurs du Plan B connaissent le contenu de Libé.

- Syndicalistes, vous ne savez pas ce qui se joue comme lorsqu’on lit La Décroissance. Mais les abonnés à La Décroissance connaissent les revendications des grévistes.

- Troisième exemple : sympathisants de Nicolas Sarkozy, vous refusez de lire le Sarkophage. Mais nous connaissons la politique de N. S. au-delà de ce que vous en savez.

 Ô ! Paradoxe qui rend Big Brother si heureux ! Tant de fois vous dites : "on nous cache tout." Mais quand nous vous proposons de vraiment voir ce qui vous est caché, vous répondez : "j’ai d’autres choses à faire."

Alors ici c’est un peu un blog qui va retourner le doigt du gant. Vous savez que l’envers du décors est plus vrai que l’endroit mais vous vous êtes toujours arrêté là, sans aller voir. Une bonne partie du travail de recherche est fait et continue d’être fait régulièrement, il vous suffit d’entrer et de vous laisser guider.

Tant de fois je me suis entendu dire : « tu réfléchis trop ! » Comme si réfléchir menait à trop réfléchir, trop froidement, au détriment de l’émotion et de l’humanisme. Mais faire de la musculation n’a jamais empêché de travailler sa souplesse dans le même temps !

Vous allez découvrir la jouissance à côté de laquelle vous êtes passé tout ce temps à force de vous obstiner à réfléchir peu. La curiosité quotidienne est un bon polard permanent. Du Deninckx partout.

Bon voyage.
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En fin de blog vous trouverez des fiches de lecture, des citations et une bibliographie améliorée (filmographie, bédégraphie, discographie...)

 

 

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source icônographique : 
http://www.chine-informations.com/actualite/chine-bilan-lessai-reduction-pollution-beijing_7363.html


                                                              

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L'enjeu de l'information est tel qu'il me semble utile d'insister ici sur le fait que lire le mensuel La Décroissance par exemple (ou d'autres revues lucides) est un acte de résistance à la résignation ambiante devant le désastre écologique qui arrive.

Pas une semaine sans une nouvelle alarme plus dramatique que la précédente.

Sortir la tête de sous le sable tels des autruches est la première étape obligatoire pour tenter de nous sortir de là où nous sommes, seule attitude pour devenir actifs.

Cette nécessité vitale est hélas rarement réalisée, comme s'il existait une forte autocensure vis-à-vis de ces informations de mauvais augure peut-être mais lucides, comme une sorte de Big Brother intériorisé, donnant hélas toute sa pertinence tragique à la Parabole de l’au-delà qui se trouve dans ce blog !


 

 

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 06:43

Rassurer c'est assurer l'aveuglement qui conduit au chaos de manière certaine faute de l'avoir vu arriver et de s'y être préparé.

 

 

S'il faut rassurer c'est après avoir vu les choses en face : le pic de tout, et après avoir intégré une logique de décroissancce massive.

 

 

Sinon nous donnons crédit aux annonces de Joseph Tainter : 3 à 4 milliards d'êtres humain qui meurent de faim en trois mois. Surtout dans les pays riches. Surtout dans les grandes villes des pays riches.

 

 

Le principe de précaution doit nous faire adopter cette lucidité. Sinon nous courrons à la catastrophe.

 

 

Ne pas voir ça, ne pas comprendre ça, faire l'autruche, continuer à rassurer par déni de lucidité c'est creuser notre tombe.

 

 

C'est un vrai paradoxe. Le paradoxe qui précède l'effondrement des sociétés. Ou qui l'empêche en l'accompagnant dans un processus de descente énergétique et de changement d'activité.

 

 

 

 

Moins on voit l'avenir tel qu'il n'est pas annoncé dans les médias dominants, plus le risque d'un chaos augmente.

 

 

 

Plus on se prépare à ce chaos pour l'anticiper (on ne l'évitera pas), plus son accompagnement pourra se faire en douceur, sans trop de dégâts.

 

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 05:00

 

Il n’y a pas d’erreur sur le titre Avatar : voir en fin de document.


Sur l’initiative d’une coalition composée « d’organisations de la société civile du Brésil, de la France et des Etats-Unis », le président de la multinationale française GDF Suez, M. Gérard Mestrallet, a récemment reçu un courrier l’exhortant à annuler la participation de sa compagnie à un projet de barrage en Amazonie brésilienne. Dans la mesure où le gouvernement français est actionnaire à hauteur de 36 % de la dite société, une copie de la lettre a également été adressée au président de la République, Nicolas Sarkozy, ainsi qu’à plusieurs autres membres du gouvernement.
De fait, il s’avère que GDF Suez est l’un des actionnaires majoritaires dans le consortium d’entreprises chargé de la construction du barrage hydroélectrique de Jirau, sur le rio Madeira, affluent du fleuve Amazone.
Or, projet pour le moins controversé, ce barrage est dénoncé, d’une part, comme une négation des droits fondamentaux des populations indigènes locales, mais s’accompagne, en outre, d’un lourd impact environnemental.

D’après l’association Survival International, « Jirau est le plus grand programme hydroélectrique en cours dans les Amériques ». Et qui dit projet pharaonique, dit dégâts incommensurables. Ainsi, au rythme actuel auquel évolue le projet, des milliers de familles riveraines devraient être déplacées. Dans l’indifférence générale, les droits des communautés indigènes installées à proximité du site sont bafoués, le barrage suivant sa progression en l’absence de consentement préalable de leur part.

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Outre cette dimension humaine, le barrage de Jirau, à l’instar de nombreux projets de ce type, devrait avoir de lourdes répercussions sur l’environnement, plus ou moins proche. De larges zones forestières seraient, en effet, menacées, incluant notamment des aires protégées. La construction du barrage entraînerait également un risque d’extinction de centaines d’espèces de poissons migrateurs. Touche finale à ce non-sens environnemental, la végétation en décomposition et la déforestation occasionnées « contribueront de manière significative à l’émission de dioxyde de carbone et de méthane » dans cette région. En inondant des forêts et en dévastant les stocks de poissons, Jirau compromet directement les moyens de subsistance des populations locales.

Pour Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International France : « Il est scandaleux que le gouvernement français utilise des fonds publics pour financer une entreprise honteusement responsable de la destruction d’une importante rivière amazonienne et d'une région d’une exceptionnelle diversité biologique et socio-culturelle (…) ». En outre, la coalition à l’origine du courrier contestataire rappelle qu’en agissant ainsi, GDF Suez et ses partenaires dans ce projet se rendent passibles d’amendes pour déforestation illégale. Ils seraient d’ores et déjà impliqués dans une affaire civile intentée au Brésil par le Ministère public de l'État, le Ministère public fédéral (Ministério Público) ainsi que par des organisations non-gouvernementales.

Chaque année, la Convention de Berne (BD) et Greenpeace organisent les Public Eye Awards, palmarès récompensant les entreprises les plus irresponsables en matière de critères sociaux et environnementaux. L’année 2010 ne faisant pas exception, une cérémonie de remise des prix est programmée le 27 janvier prochain à Davos, commune située à l’est de la Suisse. Elle coïncidera avec l’ouverture du Forum économique mondial (WEF). Et si les noms des nominés n’ont pas encore été communiqués, certaines informations ont déjà pu filtrer quant aux candidats retenus. Et c’est sans surprise que GDF Suez figure dans les entreprises en lice pour la coupe.                                                                                              Cécile Cassier

Source : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4063

 

On pourrait y ajouter le Niger, le nucléaire etc.

 

Là, le film Avatar comme parabole crédible et actuelle commence à devenir intéressant. Au-delà de la parabole passée de l’extermination de tant de peuples indigènes.

 

Question : James Cameron raconte-t-il une belle histoire lui aussi ou se rend-t-il  compte de la portée de sa parabole ? Les spectateurs y voient, très majoritairement, une belle histoire, point barre. Quel dommage que ce genre de film ne soit pas suivi de débats ancrés dans le saccage généralisé actuel !

 

Notre monde de mort (destruction de la biomasse, pour ne citer que celle-là, la pire de toutes, dont les conséquences présentes et à venir sont et seront terribles, famines plus nombreuses et bientôt généralisées) va jusqu’à produire des films qui accélèrent cette destruction (énergie du tournage, énergie des spectateurs qui se déplacent, décervelage dû au film lui-même) en dénonçant sans le voir, sans en avoir conscience, l’incohérence mortelle dans laquelle nous sommes. Paradoxe menant à la cécité. Même quand la réalité est sous nos yeux nous ne la voyons pas.

 

Sacré coup porté aux positions favorables à un discours qui y « met les formes » pour qu’il soit plus « pédagogique » !


19 janvier 2010

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25 janvier 2010 :

En sortant du film, les réactions des deux personnes qui m'accompagnaient étaient du genre : "quel beau film !" et j'avais vu l'interview de J. Cameron sur le site du film où il n'évoquait à aucun moment un quelconque lien avec notre monde actuel.
 
Autrement dit : le but est de faire et de voir un beau film, passer un bon moment. Ceux qui ne sont pas suffsamment alertés n'y voient pas ce côté réel, ce lien avec le réel.
 
La vertu parabolique (au sens biblique et christique du terme) ne nous saute aux yeux qu'à nous, mais les autres ? Je fais l'hypothèse que ça a sur eux un effet pervers, paradoxal, qui les éloigne de la perception d'un monde analogue sur notre terre, maintenant.

 

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15-01-2010

GDF Suez s’attire les foudres de la communauté internationale

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:04

J’ai rappelé dans La confession de Massoud, citant Plaute, que l’homme est un loup pour l’homme...

 

Despotisme, esclavagisme, etc., ces anti-valeurs se confrontent au « bien », à l’attention aux autres, aux décisions collectives et à l’invention collective. Mais que trouve-t-ton entre les deux ? La résignation, le cynisme, les chapelets de problèmes.

 

L’attention aux autres, les décisions collectives pour des productions collectives sans recours aux énergies fossiles, défossilisées : voilà trois piliers de notre ancienne civilisation que l’argent, le salariat, les machines et enfin les énergies fossiles ont détruits. Sans compter la voiture puis la télé.

 

Voilà les principaux piliers qui donnaient sens à la vie et qui, à nouveau, donneront sens à la vie dans un avenir proche. Dès aujourd’hui si nous le voulons, si nous le décidons, si nous retrouvons notre capacité à décider de concert d’organiser nos vies en ne comptant de nouveau que sur nous-mêmes.

 

Le temps ne suffit pas : il faut aussi se parler.

Se parler ne suffit pas : il faut aussi que cette parole soit partagée.

Et cette parole partagée ne suffit pas : elle doit être tournée vers le but de nous réapproprier notre puissance créatrice collective, vers le but de nous réapproprier notre savoir-faire manuel, à commencer par ensemencer la terre pour nous nourrir, puis nous vêtir, nous loger, nous chauffer quand il fait froid.

 

Redonner vie aux terres incultes sans attendre que les agriculteurs s’en chargent, mais le faire avec eux dès aujourd’hui, là est le défi.

 

Récemment j’ai rencontré une personne apparemment lucide, hyperactive, éveillée, communicante, enthousiaste, optimiste et positive, mais à y regarder de plus près une personne alitée. Elle m’a dit : « sans tracteurs nous ne pouvons pas nourrir l’humanité ». Avec une telle autorité que cette affirmation pouvait tout justifier à elle seule : notamment l’extraction des gaz de schistes et la culture de l’éthanol sur des surfaces agricoles de plus en plus grandes pour alimenter nos tracteurs qui nourriront l’humanité. Je sentais fortement que TINA était parmi nous : There Is No Alternative.

 

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Il faudra bien pourtant aller prochainement à la rencontre des agriculteurs aux portes de nos villes et de nos villages pour leur dire : « vous avez des terres incultes, nous avons du temps et des bras, passons un accord pour que, sur des petites parcelles au début, nous ré-enrichissions vos terres pour créer autour de notre ville, de notre village, des ceintures vivrières, des couronnes de « Fraternités ouvrières ».

 

Nous avons des déchets verts, nous avons des cartons, nous avons des excréments, nous pouvons faire du lombricompost en quantité pour redonner vie à vos terres inertes et y faire repousser des forêts comestibles, y greffer des arbres fruitiers en abondance, et redonner à la terre sa générosité ancestrale que notre monde moderne et fou lui a retiré temporairement.

 

Nous pouvons retrouver ce jardin d’Eden bien plus rapidement que les 200 ans qu’il aura fallu à notre monde perfusé aux hydrocarbures et à l’uranium pour le détruire.

 

Pour cela, nous sommes en route pour ressusciter l’attention aux autres et les décisions, non pas hiérarchiques mais collectives et concertées, afin de nous réapproprier nos vies.

 

Pour cela, nous réinvestissons les espaces de paroles, les bars pour nous rencontrer, nous libérant de vos écrans.

 

Pour cela, nous remettons les mains dans la terre, emboîtant le pas aux mouvements citoyens que sont les incroyables comestibles, les guérillas jardinières et autres jardins partagés.

 

Pour cela, nous irons demain à la rencontre des agriculteurs pour redevenir paysans, pour leur proposer de donner du sens à nos vies oisives, de donner de l’action à nos bras inutilisés, et pour leur proposer de sortir de cette impasse : endettement, grosses machines, produits phytosanitaires, graines stériles, terre morte.

 

Non, l’homme n’est pas un loup pour l’homme. Le monde que nous reconstruisons a existé partout et de tout temps, seuls les dominants et les soumis l’ont oublié.

 

Massoud - 14 avril 2014

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 05:36

2 avril 2014 : lire ou relire ces 170 citations du manuel de transition, quitte à ne lire qu'un texte sur 7 (!) par jour, ça fait vraiment du bien. Surtout après cette période électorale où les cartes sont redistribuées.

 

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Cet article revêt une importance très haute : il a pour objectif clair de faciliter et d'accélérer la mise en place d'initiatives de transition partout où c'est possible, c'est à dire : partout !

 

Il est donc destiné à être propagé à profusion : ça urge !

 

Même si vous vous sentez dépassé(e) par ces initiatives collectives et concrètes, vous pouvez toujours vous demander qui dans votre entourage pourrait y être réceptif au point de tenter une mise en route : faites passer l’info ! Sans modération.

 

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                            ça c'est mes potes du Studio D http://www.studio-d27.com/

 


Ce n'est pas une « chaîne » que je vous propose de lancer comme nous en avons l'habitude sur nos boîtes mail : ces informations ne sont pas une fin en soi mais de vraies invitations à l'action collective. C'est passionnant : l'après pétrole peut être, devra être passionnant. C'est une question de survie collective.

 

L'après pétrole n'en finit pas de pointer son nez, mais comme le dit si justement l'ami Rob Hopkins : la question n'est pas de savoir si le pic de pétrole va se produire, mais QUAND il se produira.

Et il est déjà douloureusement sensible dans de nombreux pays du tiers-monde, parce qu'ils n'ont pas su anticiper, parce qu'ils restent trop attachés à des modes de fonctionnement à l'occidentale (colonialisme et économie mondialisée).

 

Et attendre est la pire chose que nous puissions continuer de faire.

D'autant plus que nous, pays développés, sommes encore plus éloignés d'un monde post-pic, dans nos pratiques quotidiennes, que ne le sont les pays du tiers-monde !

 

Bonne lecture !

 

 

 

Les 170 citations ci-dessous sont issues du « Manuel de Transition – de la dépendance au pétrole à la résilience locale » de Rob Hopkins, octobre 2010 pour l'édition française.

 

170 citations, cela peut sembler long, mais ce Manuel pourrait vous prendre trois semaines de lecture tellement il est neuf à intégrer, là il vous faudra peut-être une ou deux heures pour tout lire, et les propositions que vous allez découvrir ici sont tellement passionnantes, positives, argumentées, réalisables, urgentes et VITALES que vous allez plutôt les avaler d'un trait.

 

Ces extraits peuvent être utilisés à des fins d'animation participative pour lancer une initiative de Transition en les distribuant au hasard à des tables de 5 ou 6 personnes et en faisant s'exprimer ces personnes oralement, puis en leur laissant à disposition des grandes feuilles de papier collées au mur avec des feutres pour immortaliser les propositions et réflexions qui leur semblent les plus importantes. Certaines de ces citations, notamment celles en caractères gras, pourront bénéficier d'un traitement à part, comme par exemple les extraits 64 et 99 qui pourront à eux seuls faire l'objet d'une information ou d'un atelier communs à toute la salle.

 

Ces moments d'échanges gagneront grandement à être entrecoupés de pauses à l'issue desquelles les participants seront invités à changer de table afin de faire connaissance avec le plus grand nombre possible de personnes au cours de la séance. Rob Hopkins est très fort sur le côté convivial des processus de Transition et c'est très certainement, dans la forme, la transformation la plus nécessaire qu'il opère par rapport à nos fonctionnements associatifs habituels (notes 127, 135 à 141, 144 à 146).

 

Les extraits sont séparés en trois parties distinctes qui correspondent au plan du Manuel (La tête, citations 1 à 53, Le cœur, 54 à 96, Les mains, 97 à 170). Ainsi ils peuvent être éventuellement utilisés en trois phases, séparées par des pauses conviviales avec boissons et de quoi grignoter, lors d'une séance publique de lancement d'une Initiative de Transition ou à l’occasion d'une grande libération de l'imaginaire.

 

Il n'y a pas de nombre maximum de personnes pour participer à ce genre de « grande libération » comme l'appelle Rob Hopkins dans son Manuel (notes 64, 94, 131 à 133).

 

Les numéros des citations ont été volontairement détachés de celles-ci afin de pouvoir faire des découpages pour distribution en laissant ou en retirant, au choix, ces références chiffrées : effectivement, elles peuvent apparaître comme trop artificielles, trop froides et trop rebutantes à certains. Dans tous les cas les pages sont référencées en fin de citations.

 

Quelques termes centraux tels que résilience ou permaculture ont été mis aussi en caractères gras.

 

Le côté parlant et concret des extraits choisis a été privilégié, entraînant certaines modifications liées par exemple au passage du contexte britannique à un contexte plus universel, et faisant ici et là quelques entorses au principe habituel de fidélité des citations.

 

 

Ce manuel ayant été publié en 2008 dans sa version anglaise d'origine, et au vu de l'urgence qui a grandi depuis quant à l'avènement du pic pétrolier et au réchauffement climatique, il semble que cette grande libération qui méritait un an de préparation en 2008 (notes 114, 127 à 129, 131 à 133), projections de films, http://vimeo.com/12691088) puisse aujourd'hui s'engager directement dans des réunions publiques correctement préparées, et qu'une partie des participants soit invitée à organiser d'autres réunions similaires afin que cette grande libération touche une partie croissante de la population locale, tandis que d'autres groupes pourront s’atteler à d'autres phases comme la grande requalification (notes 65, 142, 143).

 

Faut-il le préciser : cette fiche de citations ne saurait remplacer la lecture intégrale du Manuel de Transition qui comporte, entre autres, d'abondants graphiques (notamment aux pages 27, 29, 74, 34 et 35), outils (pas moins de 12, voir http://villesentransition.net/transition/outils/outil_n01_la_psychologie_du_changement_et_le_modele_frames ) et autres annexes fort utiles qui ne peuvent être repris ici. Le lancement d'une Initiative de Transition ne saurait se passer d'une telle lecture, jusqu'à s'en servir comme d'un véritable manuel,  à moins de vouloir à tout prix réinventer l'eau tiède. Nous n'en avons pas le temps.

 

Vous vous interrogez sur les droits d'auteur de Rob Hopkins et sur ces citations libres de droit ? Voyez l'extrait n° 119 : « Nous existons pour inspirer et motiver la création de projets pour ensuite les relier et les soutenir une fois qu'ils ont démarré ». Ce document y contribue.

 

Rob Hopkins est né en 1968. Son site en anglais : http://transitionculture.org

Le Manuel de Transition coûte 20€.

 

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 Source :

http://www.facebook.com/photo.php?fbid=282786485101405&set=a.282786421768078.63110.215643988482322&type=3&theater

Elle c'est ma pote Coralie.

 

 

7 février 2012 : le parallèle entre le bouquin et ces extraits peut être comparable à cet autre parallèle que faisait François Truffaut entre les films et les cassettes vidéo (ou les DVD aujourd'hui) : voir un film en salle est irremplaçable, mais ensuite pour y revenir les petits formats peuvent suffir. Autrement dit si vous accrochez à cette affaire de transition, procurez-vous le livre, qui est irremplaçable. Vous lirez ces citations plus tard, comme une piqûre de rappel.


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Citations

 

Première partie : La tête

 

 

1

 

Durant l'ère du pétrole, 47 500 champs pétrolifères ont été découverts, mais ce sont les 40 plus grands qui ont fourni 75% de tout le pétrole jamais découvert. p.21

 

 

2

 

Nous pourrions nous servir de l'analogie d'un bar. Le forage conventionnel d'un pétrole brut non corrosif, tel qu'il a cours en Arabie Saoudite, serait comme se tenir à un bar tandis qu'un charmant barman vous verse des pintes de bière directement du tonneau dans la cave. Les sables bitumineux, c'est un peu comme arriver au pub et s'apercevoir qu'il n'y a plus de bière ; seulement, votre désir de prendre un verre est tellement impérieux que vous vous mettez à imaginer qu'au cours des trente ans que ce pub a été en affaires, l'équivalent des 5000 pintes ont été renversés sur le tapis ; aussi inventez-vous un procédé pour bouillir le tapis afin d'en extraire de la bière. C'est là l'acte désespéré d'un alcoolique incapable d'imaginer la vie sans l'objet de sa dépendance. p. 24

C'est vraiment gratter le fond du baril. p.23

 

 

3

 

L’Agence internationale de l'énergie a parlé dans un rapport de 2007 de ce qu'elle appelait par euphémisme une "compression de l'offre" en 2012. p.24

 

 

4

 

Notre situation est comparable à celle du conducteur d'une automobile lancée à toute vitesse sur un chemin de campagne dans un épais brouillard. p.27

 

 

5

 

La production mondiale de pétrole conventionnel semble avoir atteint son pic en mai 2005 à 74,2 millions de barils par jour et n'a cessé de décliner depuis. p.27

 

 

6

 

Le moment précis du pic pétrolier a une importance cruciale. S'il se produit tôt, les conséquences en seront désastreuses. Le pétrole est devenu la principale ressource énergétique du monde. Rien ne peut lui être facilement substitué et il faudra des décennies pour en sevrer les sociétés. Le pic pétrolier pourrait donc bien se révéler le plus grand défi économique depuis l'aube de la Révolution industrielle. Richard Heinberg. p.27

 

 

7

 

Thierry Desmarest, PDG Total, en 2008 : « Le pic de pétrole pourrait être atteint en 2020.» p.28

 

 

8

 

Lord Ron Oxburgh, ancien président de Shell, en 2008 : « Il se peut bien que nous soyons en train de foncer en somnambules dans un problème qui va en fait s’avérer très sérieux et le temps que nous en prenions pleinement conscience, il pourrait bien être trop tard pour y faire quoique que ce soit. » p.28

 

 

9

 

La date exacte du pic pétrolier importe peu. Ce qui importe, c'est le fait qu'il est inévitable, qu'il va se produire bientôt et que nous n'avons pas même commencé à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour y pallier. p.30

 

 

10

 

Quand on se met à explorer la question, le changement climatique fait vraiment peur. On peut même dire que s'il ne fait pas peur, ça ne peut être que par ce qu'on n'a pas vraiment compris ce dont il s'agit. p.30

 

 

11

 

Comme quelqu'un l'a dit récemment à la BBC : "Je ne sais pas ce qu'il en est des niveaux d'émission de gaz carbonique, mais je sais par contre que quand une guêpe atterrit sur mon gâteau de Noël, quelque chose ne va pas." p.31

 

 

12

 

Le réchauffement dont nous faisons l'expérience en ce moment est le résultat des gaz à effet de serre émis dans les années 1970. p.34

 

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13

 

Certaines observations par satellite de 1979 à 2007 prédisent maintenant que l'Arctique sera complètement libre de glace d'ici 2013, avec un siècle d'avance sur les prévisions du GIEC. p.35

 

 

14

 

David Spratt, dans Carbon Equity, 2007, www.carbonequity.info , conclut son étude en ces termes : "Il est tout simplement impératif que nous décarbonisions très rapidement l'économie mondiale et mettions en place les moyens de résorber l'excès présent des niveaux de CO2. Il nous faut choisir des cibles susceptibles effectivement de résoudre le problème à temps. Il n'est pas trop tard pour être honnêtes avec nous-mêmes et nos concitoyens". p.36

 

 

15

 

Il n'existe encore aucune partie du monde où le débit des émissions de gaz carbonique soit en déclin. p.36

 

 

16

 

George Monbiot a déclaré au Climate Camp 2007 : "Nous ne sommes plus en train de parler de mesures qui exigent un petit peu de mise au point ici et là ou un petit peu d'ajustement politique par-ci par-là. Nous parlons de mesures qui exigent un changement révolutionnaire à l'échelle mondiale." Réduire les émissions de 90% ne suffit plus, a-t-il dit, ni même de 100%. Il s'agirait de 110-120% de réduction, c'est-à-dire de capter davantage de gaz carbonique que nous en produisons. Je me pencherai plus loin sur ce à quoi cela pourrait ressembler dans les faits - si vous et moi nous nous couchions chaque soir en ayant capté davantage de gaz carbonique que nous n'en avons généré ; mais il s'agit manifestement d'un défi monumental sans précédent. p.36

 

 

17

 

Le danger, c'est que le déclin qui se dessine dans la disponibilité des carburants liquides soit compensé par le recours à d'autres carburants, tous pires que le pétrole pour ce qui est de leurs effets sur le climat - le charbon transformé en carburants liquides, les sables bitumineux, le biodiesel et ainsi de suite. p.37

 

 

18

 

Le changement climatique nous dit que nous devrions changer, tandis que le pic pétrolier nous dit que nous allons être forcés de changer. p.39

 

 

19

 

A moins que nous n'arrivions à planifier d'avance en fonction du pic pétrolier et n'adoptions des mesures telles que le Protocole de l'épuisement du pétrole proposé par Colin Campbell et Richard Heinberg, la récession que causera l'augmentation incontrôlée des prix du pétrole torpillera toutes nos réponses au changement climatique. p.39

 

 

20

 

Une récession – ou pire encore, un effondrement de l'économie – va faire en sorte que garder la lumière allumée deviendra la première de nos priorités tandis que nous attaquer au changement climatique ne tardera pas à se retrouver au bas de la liste. Faire face au changement climatique galopant dans une économie effondrée à la suite du pic de pétrole est le scénario qu'il nous faut à tout prix éviter et c'est à nos risques et périls que nous continuons à séparer ces deux questions. p.39

 

 

21

 

La plupart des pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud font déjà l'expérience des effets du pic pétrolier. p.41

 

(Cinq commentaires personnels :

- ...mais la presse française « la plus muselée du monde occidental » selon certains observateurs tels que Noam Chomsky ne nous en informe pas. « Le totalitarisme est aux démocraties, française surtout, ce que la force militaire est aux dictatures ». Chomsky toujours.

- «  Elle est encore plus connue à l'étranger qu'ici, que ce soit pour son enquête sur le trafic d'organes en Amérique latine ou pour celle sur Monsanto » à propos de Marie-Monique Robin - http://www.rue89.com/planete89/2011/03/08/marie-monique-robin-de-la-ferme-familiale-au-film-sur-les-pesticides-193785

- « Les attaques venues de l'Agence américaine de l'information, selon lesquelles Marie-Monique Robin aurait payé des témoins se sont toutes révélées infondées, mais lui ont valu le retrait provisoire de son prix Albert-Londres 1995 et la une du Monde. La presse, qui avait relayé l'accusation, ne s'est pas fait l'écho des procès que la journaliste gagnait. » - même source.

- En fait c'est la règle médiatique française. Voir Médiacritique(s), www.acrimed.org

- « L'une des initiatives françaises de Transition les plus avancées est certainement celle de Trièves après-pétrole. Le Trièves est un territoire rural des Alpes françaises, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Grenoble, entre les massifs du Vercors et du Dévoluy ». Rob Hopkins p. 185. Vous en avez déjà entendu parler dans la presse française dominante, vous ?)

 

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blaireau - source :http://ecologie.nature.free.fr/pages/mammiferes/blaireau.htm

voir aussi http://www.noe-tv.net/catalogue-naturimages/naturimages-blaireaux.htm


22

 

Si le présupposé de départ est que le spectacle doit continuer à tout prix, vous allez grappiller par-ci par-là pour trouver toutes les stratégies et technologies qui pourraient, en théorie, vous permettre de le faire. Le « programme d'urgence » promu par le rapport de Robert Hirsch (commandé par le Département de l’Énergie des États-Unis) aurait pour résultat de considérablement accélérer la plongée éperdue vers le chaos climatique. p.43

 

 

23

 

Suite à la publication du rapport de Robert Hirsch basé sur le présupposé de départ que le spectacle doit continuer à tout prix, ses recommandations sont susceptibles, entre de mauvaises mains, de mener à des choix politiques relevant du suicide collectif. p.43

 

 

24

 

Il faut examiner les suppositions qui sont à la base de l'économie actuelle. Sont-elles toujours vraies à la lumière des événements des derniers mois ? Étaient-elles, au départ, sensées ? p.45

 

 

25

 

Dans l'avenir, la reconstruction du lien de confiance entre les gens et les entreprises sera le cœur des économies relocalisées. p.48

 

 

26

 

Les modèles économiques qui ont si bien fonctionné pour gravir la montagne d'énergie fournie par les carburants fossiles se révéleront complètement inadéquats pour la descente de l'autre côté. p.48

 

 

27

 

Récemment, Ted Trainer de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud a soutenu que si les sources d'énergie renouvelables auront un rôle essentiel à jouer au-delà du pic, l'idée qu'une société de consommation occidentale puisse se perpétuer ou même continuer de croître, tout en tirant toute son énergie de sources renouvelables, est absurde et qu'il est inévitable de tout repenser en fonction d'un monde où beaucoup moins d'énergie sera disponible. p.59

 

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28

 

Le concept de « descente énergétique » et l'approche de Transition se ramènent à cette simple idée : que l'avenir avec moins de pétrole pourrait être préférable au présent, mais seulement si assez de créativité et d'imagination sont appliquées assez tôt dans la conception de cette transition. p.59

 

 

29

 

L'idée de descente énergétique implique que chaque pas vers le bas de la colline pourrait être un pas vers la santé mentale, vers l'appartenance et vers une complétude humaine. Il s'agit d'un retour à qui nous sommes vraiment. La descente énergétique offre plutôt un regain d'énergie pour nos communautés et notre culture et constitue la clé d'une acceptation réaliste des possibilités de notre situation, de façon à ne pas être  dépassés par les défis qu'elle nous pose. p.59

 

 

30

 

Dans le cas des communautés humaines, le mot résilience renvoie à leur capacité de ne pas s'effondrer au premier signe d'une pénurie de pétrole ou de nourriture mais, au contraire, de réagir à ces crises en s'adaptant. p.60

 

 

31

 

Entre 1939 et 1942, l'utilisation de la voiture a chuté de 95% au Royaume-Uni. p.71

 

 

32

 

« A la fin mai 1941, Bristol disposait de 15 000 jardins partagés (…) L'épouse du conservateur des pièces de monnaies et des médailles au British Museum avait planté dans la cour avant des rangs de fèves, de pois, d'oignons et de laitues ». J. Gardiner, Wartime Britain 1939-1945, 2004. p.71

 

 

33

 

Relocalisation de la production. Ainsi que l'écrit David Fleming, « la localisation a en sa faveur un argument décisif : il n'existera pas d'autres solutions. » p.73

 

 

34

 

Sans pétrole, il crèvera les yeux que seules les économies locales ont encore un sens. (Ted Trainer, Renewalable Energy Cannot Sustain a Consumer Society, Springer Verlag, 2007) p.73

 

 

35

 

Il y a beaucoup de choses que nous pourrions produire localement : une vaste gamme de fruits et légumes de saison, du poisson frais, du bois d’œuvre, des champignons, des teintures, de nombreux médicaments, des meubles, de la céramique, des matériaux isolants, du savon, du pain, du verre, des produits laitiers, des produits en laine et en cuir, du papier, des matériaux de construction, des parfums et des fleurs coupées – pour n'en nommer que quelques unes. p.73

 

 

36

 

C'est par l'alimentation qu'il est le plus sensé de commencer à reconstruire la résilience des communautés, mais les matériaux de construction, les textiles, le bois d’œuvre, l'énergie et les devises la suivent de près. p.74

 

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37

 

Vandana Shiva : "L'avenir du monde en agriculture réside dans une production de nourriture plus abondante en diversité, et ce, à l'échelle locale. Et cela ne peut se faire sans remplacer les carburants fossiles par de l'énergie renouvelable, y compris de l'énergie humaine. Alors, pour la première fois en 500 ans pendant lesquels le colonialisme nous a séparés entre Nord et Sud, colonisés et colonisateurs, nous aurons véritablement l'occasion d'être une seule famille pratiquant une agriculture faite pour une seule planète." p.75

 

 

38

 

Il y a des années que l'on débat des avantages et des inconvénients économiques de la localisation. Le pic pétrolier met un  terme à ce débat. Comme le dit David Korten dans son récent livre The Great Turning : "On va dire que "Korten veut tout changer". C'est là passer à côté de la question. Tout va changer. La question est de savoir si on va laisser les changements se dérouler de façon de plus en plus destructrice ou bien assumer la crise grandissante comme une grande chance pour nous... Il s'agit pour notre espèce du plus grand défi à sa créativité auquel elle ait jamais dû faire face." p.75

 

 

39

 

Une grande partie de nos consommations a été rendue nécessaire par la sape systématique des économies locales au cours des cinquante dernières années, et la perception culturelle profondément incrustée que nous avons le droit d'aller où nous voulons, quand nous le voulons et comme nous le voulons. p.76

 

suite ici

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 06:33

27 mars 2014 : Ce retour 4 ans en arrière reste entièrement d'actualité.

 

La suite de ce texte sur Après Coline - 10 mars 2010  .

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4 avril 2010. Coline Serreau parle sur France-Culture à propos de son film "Solutions locales pour un désordre global‏".

La journaliste : de quel courant politique vous sentez-vous le plus proche ? Des décroissants ?
Coline Serreau (de mémoire) : je ne les connais pas. La décroissance ça fait triste. Pour moi l'urgence est de réduire les inégalités économiques. Et d'ailleurs on y est en décroissance !

 

Elle n'a rencontré aucune personne au cours de son tournage pour lui dire que la première des priorités des Objecteurs De Croissance - ODC - était la réduction des inégalités, ni pour lui dire la différence entre récession subie et décroissance organisée et joyeuse, ni pour lui expliquer la différence entre décroissants et ODC... ça en dit long sur la désinformation efficace des médias, qui opère jusqu'au sein même des écologistes les plus engagés ! Aussi Coline ne se rend-elle pas compte que face au dogme de la croissance destructrice, la décroissance est vitale ? De même qu'elle ne se rend pas compte que ce qui peut être proposé dans son film est incompatible avec les règles économiques imposées par l'impérieuse croissance. Vérification faite, le site du film - www.solutionslocales-lefilm.com - confirme mes propos : les "groupes locaux Colibris" n'y appellent pas à une relocalisation de l'économie telle qu'elle est développée ici.

 

 

                                                     
(8 avril 2010 - les paroles  de Coline Serreau sur France-Culture sont d'autant plus étonnants que le lien suivant les contredit nettement :

http://www.cafedesimages.fr/spip.php?article1738 

à voir aussi : 

http://www.cinealliance.fr/the-news/59-interview/1059-interview-de-coline-serreau.html )

Ces préliminaires illustrent fort bien ce souvenir ineffaçable d'un matin vers novembre 2009 sur France-Culture. Alexandre Adler était interrogé sur les solutions à apporter à la crise actuelle, cette question étant posée dans un contexte où il était question d'écologie. Sa réponse fut à peu près la suivante :
"il faut tout d'abord fixer un cadre incontournable : la relance de la croissance économique est l'absolue priorité. Seul ce renouveau d'une croissance économique nous fera retrouver les conditions de la sortie de la crise. Une fois posé ce préalable et une fois que l'on est d'accord sur cet impératif, nous pouvons commencer à réfléchir."

Sa prise de parole fut aussi brutale, tranchée et indiscutable que cela.

Mais le plus important n'est pas tellement là : c'est surtout qu'il ne fut contredit par personne dans l'équipe quotidienne de France-Culture, présente ce matin comme tous les autres pour entendre ses propos ! Et chaque auditeur de France-Culture, chaque matin, mais cela vaut aussi pour France-Inter, Radio-France et, bien sûr, les chaînes privées, entend des informations qui reposent, toutes, sur ce principe incontournable. C'est le plus fort exemple qu'il m'ait été donné de constater à quel point la "pensée unique" du dogme de la croissance économique est omniprésente dans notre environnement intellectuel et informationnel.

Merci, Coline, de m'avoir donné l'occasion de témoigner de ce souvenir.

 

 

Pour une critique brève, radicale et joyeuse de la croissance, voir  La C… sur ce blog.

La question à se poser maintenant est celle-ci : ce mythe de la croissance pourrait-il être en mesure d'invalider le message porté par le film de Coline Serreau ?

Car si la réponse est oui, alors tout le travail de Coline passera à la trappe, sauf auprès des (très minoritaires) spectateurs déjà convaincus. Tout comme Avatar, tout comme Gold Men Résistants pour la terre etc.


Si nous relocalisons, cette pratique est antinomique, contradictoire avec la relance économique : les filières courtes sont nettement moins bonnes pour le PIB.

Si nous relançons l'économie, cette pratique est incompatible avec un développement des filières courtes : les multinationales agroalimentaires qui gagnent des parts de marché et la croissance économique vont à l'encontre d'une production locale et d'une souveraineté économique des territoires.

La contradiction est inévitable.

Croire que croissance et relocalisation sont compatibles, c'est se fourvoyer.

La réalité est que les appels à la relocalisation sont ultraminoraitaires face aux avancées de la mondialisation, même malgré le développement réel des AMAP en France et ailleurs.

Nous ne pouvons pas nous contenter des AMAP qui naissent partout en France ces temps-ci, puisque dans le même temps la mondialisation gagne du terrain, ainsi que la poursuite de la croissance économique et les dégâts qu'elles engendrent grandissent ou perdurent, dégâts causés autant aux hommes qu'à la terre.

On peut très bien, et c'est la réalité aujourd'hui, se nourrir auprès d'une AMAP et avoir en même temps un mode de vie et un niveau de vie dépendants des énergies fossiles et de l'industrie, faisant le jeu des multinationales, de notre propre aliénation consumériste et de la destruction de notre biotope.

La décroissance appelle d'un côté à refuser la production industrielle et à la remplacer par une production locale et artisanale, et de l'autre à refuser la consommation à l'occidentale et à la remplacer par une frugalité heureuse et conviviale, débarrassée de la publicité et de la télévision, toutes deux sources de notre aliénation individualiste.

Merci à Alexandre Adler d'avoir contribué à ma réflexion.


Une seconde question mérite sa place ici aussi : comment rendre rentable une relocalisation qui ne l'est pas, puisque la main d'oeuvre du tiers-monde est moins chère ? La réponse tient dans la baisse de notre niveau de vie, qui ne veut pas dire une vie plus pauvre, en tout cas au sens péjoratif du terme, mais une vie où nous aurons plus de temps pour la convivialité et pour faire ce que la machine fait à notre place. La décroissance, c'est aussi une vie moins individualiste et plus riche de relations humaines.


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sureau noir
- http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=936


Enfin, voici une troisième question, la plus importante ici, car c'est celle qui se pose en premier et qui fait obstacle à notre acceptation de la décroissance : comment choisir entre relocalisation et croissance ? Les deux sont ressentis comme nécessaires, de la part des écologistes radicaux pour la première, de la part de presque tous les partis politiques ainsi que des médias majoritaires pour la seconde.

Je fais l'hypothèse que notre cerveau, face à ce choix binaire, se laisse emporter par les informations les plus nombreuses qui lui parviennent : celles relayées par la télévision et la radio, celles favorables à la croissance, celles qui contribuent à nous démettre de notre responsabilité au niveau local pour nous en remettre aux élus, décideurs et autres experts. Les films du genre de celui de Coline Serreau, mais je mets dans ce panier "Nos enfants nous accuseront" par exemple, auront fait long feu dans l'esprit des spectateurs, à moins peut-être qu'un débat vienne dire les enjeux abordés ici mais une telle prise de recul n'est pas garantie, loin de là ! Coline Serreau elle-même passait à côté, ce dimanche 4 avril 2010.

Il faut le répéter ici : les AMAP ne suffisent, et se dire que "c'est déjà ça" est une erreur fondamentale puisque, dans le même temps, notre mode de vie continue de créer des dommages irréparables à la terre et aux hommes. Voir La vie ou le pétrole.

C'est à une relocalisation dans tous les secteurs de nos activités économiques qu'il faut s'atteler. Dire que les AMAP sont un bon début n'est vrai qu'à une seule condition : enclencher les étapes suivantes. Alors, on s'y met quand ? Tout de suite ?

 

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Sur les objecteurs de croissance, voir


http://www.dailymotion.com/video/xctuhe_paul-aries-ce-soir-ou-jamais_news

 

et écouter

 

http://decroissance.lehavre.free.fr/LP-TAC_Tout_autre_chose_-_1-4-2010_-_Ethique__7884517.mp3

commentaire de mon pote Stéphane :

Hallucinant de voir quelqu'un parler aussi lentement tout en disant autant de choses essentielles. Quelle densité de sens !
- à 7 minutes : explication de la différence entre besoin, envie et désir
- à 11 minutes : le cycle production/consommation doit nécessairement s'emballer... pour survivre, il FAUT consommer.

 

et tant que j'y suis :

Une conférence de l'université populaire de Bruxelle.
http://www.videobaz.be/2010/03/sur-la-decroissance-une-conference-de-christian-arnsperger/
à 11 minutes, il revient sur l'usage du mot "Décroissance"

 

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7 avril

J'ai reçu ceci : (source : http://les-oc.info/lettre/ )

 

(...)

L'objection de croissance est aussi de plus en plus lisible.

  • Entropia (revue d’étude théorique et politique de la décroissance) : à l'occasion de la parution du n°8 de la revue, consacré à "Territoires et décroissance", un grand forum de débats aura lieu à Namur, le samedi 15 mai. Des infos.
  • L'escargot déchaîné (le journal du mouvement politique de la décroissance - Belgique) sort son numéro 3. A lire en ligne.
  • L'objecteur de croissance (le journal du Mouvement québécois pour la décroissance conviviale) sort son premier numéro de 2010. A lire en ligne les numéros précédents.
  • Limites (cahiers francophones pour l'objection de croissance) est en train de naître. A lire en ligne son numéro 00.

 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 07:35

Mon amie Gen me demande de contribuer à la rédaction d'un texte sur la transition dans le cadre d'un fascicule sur le thème : « comment éradiquer la violence ».

 

Vu que la transition a été récupérée à toutes les sauces, jusqu'à être descendue en flèche par l'équipe de mon canard préféré La Décroissance (là environ 30% des lecteurs abandonnent leur ouvrage, comme quoi ce ne sont ni la com' ni le calcul qui me guident), autant préciser d'entrée que je me réfère à la transition à la sauce Rob Hopkins et à son Manuel de transition. Une transition vers l'après pétrole. (Encore 20% d'abandons, je ne ferai pas carrière dans le marketing !)

 

Le lien entre l'éradication de la violence et la transition me semble être une occasion de me raconter dans la mesure où ma quête part d'une recherche de compréhension du monde tous azimuts que l'on pourrait résumer à une manière d'éradiquer toute injustice et toute violence, à commencer par les violences institutionnelles, pour déboucher aujourd'hui sur "la méthodologie Rob Hopkins", méthodologie suffisamment ouverte pour nous rendre attentifs, réceptifs et accueillants à ce qui se fait ailleurs. Cette précision s'impose tant elle est perçue trop souvent par les néophytes comme une méthodologie fermée.

 

J'ai déjà écrit par ailleurs cette petite remarque rigolote : "Robin y avait pensé, Rob l'a fait". C'est dire si il était évident pour moi d'épouser non pas Rob, mais ses thèses.

 

Ayant animé régulièrement des séances de café philosophique durant plus de 16 ans, depuis l'été 1997, dans la lignée d'une recherche d'une société idéale et plus juste, j'ai eu la chance que certaines de ces séances débouchent sur des actions concrètes, création d'un collectif de chômeurs autonomes de sensibilité anarchiste, rencontre de l'auto-organisation collective en opposition aux revendications – REVENDI CONS ! Comme quoi il y a extrême gauche et extrême gauche : dans un tract du NPA de l'Eure de février 2014 on peut lire : "les seuls moyen vraiment efficaces dont disposent les travailleurs pour se faire entendre, c'est la grève et les manifestations".

 

Ceci dit l'après pétrole ne se situe pas qu'à gauche dans la mesure où personne n'échappera à l'épuisement des hydrocarbures et autres ressources finies, non renouvelables.

 

 

 

Certes l'exploitation de l'homme par l'homme n'a pas commencé avec l'arrivée du pétrole et la société industrielle lui préexistait, mais l'opportunité du peak oil peut faire espérer et peut nous aider à préparer un monde d'après plus concerté et moins violent où l'homme redeviendrait un frère pour l'homme. De ce point de vue l'après pétrolere présente une opportunité F.O.L.E. :

F comme la fierté du travil bien fait ;

O comme l'outil convivial – selon Ivan Illich c'est l'outil qui est convivial, ce n'est pas l'homme ;

L comme la liberté collective, la concertation – et non pas la liberté individuelle qui n'existe que grâce au salariat et aux énergies fossiles qui font le boulot à notre place ;

E comme éco-système, caractéristique de tous les systèmes vivants, à l'inverse de notre monde perfusé aux hydrocarbures qui s'effondrera une fois passé leur pic de production. Personne ne sait à quelle vitesse cet effondrement aura lieu (affolement des marchés fort probable) mais la date du pic est imminente, voir Benoît Thévard à ce sujet.

 

C'est pourquoi l'invention et l'imagination d'un monde sans énergies fossiles qui serait fortement ressemblant à l'ancien monde artisanal – et non pas ressemblant à l'ancien monde industriel, reste l'enjeu majeur qu'il non faudra affronter avec lucidité. Car finalement, à y bien regarder, le cheval de Troie de la violence institutionnelle a bien été l'industialisation forcée. Oui, forcée. Évidemment pas toujours. Mais souvent. Or l'histoire, écrite par les dominants, ceux-là mêmes qui ont impulsé cette industrialisation, nous a fait oublier son caractère imposé, souvent par les armes et dans le sang, qui ôtait à l'artisan sa fierté du travail maîtrisé de bout en bout. Heureusement leur tentative d'oubli est aujourd'hui sapée par des historiens – par ailleurs jamais invités sur les plateaux télé ni cités par Les nouveaux chiens de garde, voir l’ouvrage et le film du même non. Quels sont ces historiens et autres anthropologues lucides ? François Jarrige, Jean-Claude Michéa ou Joseph Tainter. Je pense aussi à Jean Giono dans sa Lettre aux paysans, rééditée à Genève par les Editions Héros-Limite, 10€, ou à Pierre Gevaert dans son ouvrage Alerte aux vivants et à ceux qui veulent le rester, 2006.

 

Ainsi l’écueil à éviter est de ne pas retomber dans les excès de la domination et de la violence. La culture « démocratique », celle des « droits de l’homme... blanc ! », a été acquise progressivement en Occident. Elle a été concomitante de l’institutionnalisation de la domination, désormais cachée sous des formes économiques et culturelles, et s’accompagne de fléaux tels que la fracture culturelle, la débilité télévisuelle, l’addiction aux écrans violents et compulsifs, etc. tout en nous persuadant que nous vivons dans un monde libre et démocratique.

 

Cette culture qui est nôtre désormais nous fera-elle trouver les ressources pour ne pas nous laisser endormir par les élites belliqueuses de demain ? Au contraire, saurons-nous trouver les moyens d’une auto-organisation collective locale dont les modalités de mise en œuvre sont esquissées dans le Manuel de transition ? Là est la croisée des chemins où nous nous trouvons aujourd’hui.

 

Avant de terminer : les guerres sont liées, à 95 % d’après Jean Ziegler, à l’extraction des ressources fossiles. Vouloir un monde sans violence en maintenant notre niveau de vie occidental est donc impossible. En d’autres termes, décroître est une condition nécessaire, mais non suffisante, pour pacifier nos existences. Et la décroissance se distinguera de la récession consécutive au pic de pétrole par le simple fait qu’elle sera anticipée, organisée en concertation : il n’y aura pas de solutions heureuses individuelles à l’après pétrole.

 

En guise de conclusion voici ce que m'envoie mon amie Kitty, l'une des animatrices du réseau français des villes et territoires en transition :

 

«Nous ne savons pas si ça va marcher mais nous sommes convaincus que :

- si nous attendons les gouvernements, ça sera trop peu et trop tard

- si nous agissons individuellement, ça sera trop peu

- si nous agissons en tant que communautés, ça sera peut-être assez, peut-être juste à temps.»

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