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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 05:20

Nous avons été éduqués par des générations profondément résignées : résignation due aux deux guerres mondiales,  à l'impasse du progrès depuis l'homme préhistorique jusqu'aux mirages des technologies les plus avancées, en passant par la sédentarité,  l'agriculture, l'Egypte antique, l'époque antique grecque et romaine qui auront fait long feu, les Vikings, le moyen-âge et ses féodalités, les royautés, l'esclavage, la Révolution Française suivie des Napoléonades, la Révolution Industrielle imposée quoiqu'on en dise et le recours croissant aux énergies fossiles, avec son corolaire le colonialisme etc.

Puis ces générations, passées par un sursaut d'espoir en Mai 68, mais toujours entachées de résignation et, par surcroît, d'égoïsme*, ont accouché d'enfants écrans.

Et pourtant ! Parmi eux, des valeurs fortes et bénéfiques subsistent : le respect, l'amitié indéfectible avec ses potes d'enfance.

D'où vient l'égoïsme ? Il semble bien qu'il remonte, non pas à la nuit des temps, mais à une époque qui marque la fin des sociétés traditionnelles et le début de l'écriture. L'époque des grands écrits comme la Bible. Le texte se substituait soudainement à la mémoire collective. Les valeurs et la mémoire n'étaient désormais plus concertées : elles pouvaient être écrites, marquées dans le marbre. Ainsi commença l'histoire, celle de ceux qui savaient écrire, ou dicter leur philosophie personnelle.

L'écriture aurait-elle marqué la fin de la concertation, la fin des palabres ?

La domination, l'exploitation, de l'homme autant que des ressources, ont pu s'exprimer et ont connu de nombreux accélérateurs qui se retrouvent dans le premier paragraphe de ce texte.

Les sociétés traditionnelles n'avaient pas d'histoire, ni de notion de progrès : elles avaient juste une mémoire collective et orale des valeurs garantes de la pérennité de leurs conditions de vie.

Les sociétés traditionnelles, les peuples premiers n'étaient guidés ni par le souci de liberté individuelle, ni par l'égalité de tous, mais par la préservation du groupe. La concertation leur servait de liberté, et leur mode de vie était fortement marqué par leurs traditions, en accord avec le milieu naturel dans lequel ils vivaient.

Le dernier accélérateur de la disparition de la concertation, l'énergie qui fait le boulot à notre place, celle-là même qui nous fournit 118 équivalents esclaves énergétiques - enfin pas à tout le monde : à nous habitants aisés des pays riches, ce dernier accélérateur, j'ai nommé le pétrole, va bientôt commencer à se tarir.

Et nous, privilégiés qui surfions sur la vague du colonialisme sans trop nous en préoccuper, les conflits armés sont loin de nous, loin des yeux loin du cœur, nous nous appliquions à nous mêmes, entre nous, tant bien que mal, des valeurs de démocratie. Les dictatures, c'était pour les autres.

Il se pourrait bien que l'avenir proche soit une occasion de recréer une société concertée, libérée du poids des traditions : une société où l'invention collective de proximité n'aurait pas de limites, où le respect et le souci de ne laisser personne en chemin seraient au centre de nos valeurs, où l'éventualité d'un nouveau joug serait inacceptable, et de fait n'aurait pas sa place.

Une société où les pratiques de partage de la parole, donc de partage du pouvoir, et de mise en commun des savoirs faire seront au centre.

Lorsque le soufflé va retomber, après plusieurs siècles de montée en puissance, avec l'épuisement soudain et croisé des énergies fossiles, tout peut se produire. Y compris le meilleur.

* 20 juin : hier soir mon pote Romain m'a alerté sur la notion d'individualisme responsable, opposée à celle d'égoïsme. En prenant acte, j'ai donc remplacé individualisme par égoïsme.

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Published by gorgerouge - dans écrin
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 04:17
Les parties en rouge et en italiques sont supprimées de la version orale.

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(Voix off)
La  seule thérapie que je réclame est celle de cette société malade qui m'a engendré.
Sans remède.
Impro J'entre sur scène en bavardant avec mon pote imaginaire Robert que je n'ai pas vu pas vu depuis 12 ans, depuis 2013, nous disons bonjour à la cantonade qui pédale déjà et nous nous racontons comment nous vivons en 2025. L'un des deux (Robert et Robinus) décrit donc d'abord le Vélo Couché Vertical Collectif - VCVC tout en pédalant avec les autres.
Certains d'entre vous connaissent-ils la revue Passerelle Eco ? Dès 2010 quelqu'un y avait témoigné que depuis qu'il s'était fabriqué son lave-linge à pédales, il n'avait jamais autant lu ! Une vitesse de pédalage lente et compatible avec la lecture.
(La première partie de cette déblatération m'a été fortement déconseillée par des personnes avisées, et souvent adeptes du Développement Durable.
C'est pourquoi je la mets, finalement.
L'énergie du pédalier, donc musculaire, est la seule qui soit vraiment inépuisable, et qui était omniprésente avant l'avènement des énergies fossiles.
« Energie du pédalier » est le titre d'un bouquin épuisé, paru en 1977 aux Etats-Unis, version française en 1982 à Besançon, j'en ai une version scannée disponible en 4 parties. Trop lourd pour mettre sur mon blog.
Mais revenons à aujourd'hui, c'est à dire en 2025.)
Impro Robert décrit ensuite "Les Antilles en Normandie", ou comment ils ont recréé les Fraternités Ouvrières, une profusion alimentaire partout autour de chez eux en 6 ans, sous forme de ceintures vivrières.
(Version écrite : Et chez toi Robert, comment ça se passe maintenant que nous avons quitté les énergies fossiles ?
Ben vois-tu Robinus, chez nous dès 2013 nous avons mis en place des formations à la récolte et à la conservation des graines de plantes comestibles locales. Et pendant 6 années de suite nous avons fait germer, planté, arrosé, bichonné ces gaines, partout où c'était possible de les semer, sur les espaces verts, en ville, à proximité des villes, dans les campagnes. Nous avons planté des milliers d'arbres fruitiers, Nous avons installé de nombreux bacs de production de spiruline, ce qui nous fournit la plus riche de nos innombrables sources de protéines végétales et nous permet de nous nourrir sans peine l'hiver. Nous mangeons de la viande encore, mais en bien moins grande quantité qu'à l'époque du fossile.
Aujourd'hui vois-tu Robinus, je sais pas comment ça se passe chez toi et je m'en tape (c'est un Une Personne Spectacle, c'est parfois un peu décalé !) mais chez nous l'activité de récolte et de conservation des graines comestibles ne se fait plus que pour le plaisir de conserver une pureté variétale. Nos forêts comestibles sont tellement abondantes que nous ne récoltons même pas 5% de ce qu'elles produisent, les 95% restants retournent à la terre et se ressèment naturellement.)
Impro Retour dans l'Eure. Il n'y pas que le VCVC et l'alimentaire. Les autres domaines sont abordés sous la forme d'un tirage au sort, 12 ans plus tôt, d'un panel de 100 personnes sur un territoire donné. Dont 30 % d'artisans ou travailleurs manuels.
Visualisation ou grande libération de l'imaginaire puis grande requalification à la Rob Hopkins, avec en plus l'idée du tirage au sort, les personnes ayant été rémunérées comme dans les jurys d'assise.
(Version écrite : Imaginez maintenant que nous tous, dans cette salle, ayons été tirés au sort parmi les 54000 habitants du département de l'Eure. Donc nous sommes 30% d'ouvriers ou artisans. Nous constituons des groupes de 10 personnes comprenant chacun 3 ouvriers ou artisans  et 7 "autres". Ces groupes ont une journée devant eux pour effectuer l'exercice suivant : nous vivons en 2025, nous vivons bien, nous avons renoncé à toute utilisation d'énergies fossiles puisqu'elles coûtent horriblement cher et émettent souvent des gaz à effet de serre, vous avez réussi à transmettre des savoir-faire minimums, vitaux, vous les artisans, aux 7 autres. Racontez comment vous vivez, comment vous vous y êtes pris et par quelles étapes vous êtes passés. Rob Hopkins distingue la grande libération de la grande requalification.
Quand j'ai testé pour la première cet UPS : Une Personne Spectacle, traduction d'OMS pour Ouane Man Schaud Lapin dans le Marais Vernier près de Pont-Audemer, sur les terres du Président du Conseil Général de l'Eure, j'ai ajouté la partie humoristique qui suit parce que c'était du local et que le public était acquis à ma cause. C'était la cerise sur le gâteau, un extra qu'on ne peut se permettre qu'entre amis. Puis finalement, réflexion faite, je l'ai gardée. Si j'ai fait une connerie, vous me le direz.)
Sans l’implication active et déterminante du Président du Conseil Général à l’époque, Jean-Louis Destans, ce dispositif n’aurait probablement pas pu voir le jour, et rapidement il a été repris dans de très nombreux autres endroits. Et ça n’a pas été facile de le convaincre, croyez-moi ! Même de l’approcher, au début, c’était impossible. Nous avions dû le kidnapper pour l’amener de force à l’une de nos représentations, attaché à une chaise dans les coulisses avec un mouchoir sur la bouche pour l’empêcher de beugler ! C’était au Studio D le 13 août 2013. Le lendemain, après plus de 4 heures de dispute acharnée, il nous a suivis. Volontairement. Avec toute son énergie.
Ensuite retour au présent.
La réalité est que les 4 collaborateurs de Destans que j'ai rencontrés n'ont probablement même pas tenté de lui parler de nos entrevues suivies de mails tellement ils sont persuadés, avec raison, qu'ils vont se faire envoyer balader. Le maître mot de Destans c'est « relance ». Il a autre chose à foutre qu'aller se faire emmerder par un petit objecteur de croissance dont personne n'a jamais entendu parler.
Question anticipatoire : c'est quoi le plus grave, entre l'idée du kidnaping qu'on pourrait facilement comparer à une incitation au terrorisme, mais ce n'est jamais qu'une idée, et le fait que ce monsieur, élu, et pas à n'importe quel poste, refuse de voir en face l'après pétrole, annonciateur d'un changement de société, rien que ça ?! Et ce n'est pas une fiction. Vous aurez une petite idée à la fin de cet UPS – Une Personne Spectacle – des conséquences que va avoir le pic de pétrole. Monsieur Destans s'en fout, aveuglé qu'il est par la relance. Ou en tout cas s'en foutait au moment de l'écriture de ces lignes à l'été 2013.
Je fais prendre conscience du stress de l'avenir.
Le fait d'avoir ouvert sur les solutions heureuses peut nous faire accepter de regarder les choses en face, puisque les solutions existent. Sans solution nous n'osons pas regarder les problèmes en face.
Donc maintenant regardons les problèmes en face.

 

Se faire dévisser le bocal.
Bien. Nous avons 3 solutions heureuses qui emportent tout :  le VCVC, la profusion alimentaire et pour les autres secteurs de production la visualisation collective sous forme de panel de 100 personnes tirées au sort avec la méthodologie de Rob Hopkins pour passer à l'action. Pour l'ami Rob il faut dix ans sur une territoire donné, nous ne les avons plus mais faudra faire avec, hein !
En tout cas c'est simple, relativement simple. Nous avons les grandes lignes.
C'est réalisable. C'est réaliste. Vital. Est-ce inéluctable ?
Et pourtant nous ne le faisons pas. Du moins pas encore. Pourquoi ? Quels sont les obstacles qui nous empêchent de voir le caractère nécessaire et urgent de cette mise en commun des savoir-faire ?
Je vous propose de considérer que chacun d'entre nous est comme prisonnier dans un bocal. Ce bocal symbolise nos représentations du monde. Pour changer nos représentations, une seule solution : il faut ouvrir le bocal. Or son couvercle est bien vissé, et sa fermeture est renforcée par des boulons.
Pour ouvrir le bocal de nos représentations nous allons devoir dévisser d'abord le boulon central, après quoi nous nous attaquerons aux autres boulons, innombrables, tout autour du couvercle.
AVERTISSEMENT : se faire dévisser le couvercle est très désagréable.
Mais nécessaire.
Pourquoi nécessaire ? Après tout nous pourrions très bien poursuivre cette charmante tournée des solutions d'avenir avec d'autres idées délicieuses, d'autres applications du VCVC et autres trouvailles rassurantes, non ?
Hé ben non. Justement ça ne marche pas.
Ça ne marche pas parce que trouver une nouvelle idée, meilleure que les anciennes, ne suffit pas pour l'intégrer. Il faut, aussi, détruire nos anciennes représentations, et comprendre en quoi elles étaient erronées. Sinon on y retourne, à nos anciennes représentations. Par habitude. Et par l'omniprésence médiatique, qui nous impose, quotidiennement, une représentation du monde confortable, acceptable. Pourquoi donc se faire suer le burnous à se faire dévisser le bocal ?!
C'est pas la presse purée dominante qui va nous inciter à nous faire ôter le couvercle, vu que c'est plutôt elle qui l'a serré, et bien !
Donc détruire nos anciennes représentations.
Ça mérite de boire un coup.
On y va ? Vous êtes prêts ?
Le boulon central, donc.
C'est le progrès.
Gilbert Rist a publié un bouquin intitulé :  "Le développement, histoire d'une croyance occidentale".
Tout est dans le titre.
Je vous en lirai plus tard un extrait pour finir en beauté.
Marshall Sahlins a écrit en 1974 : "Age de pierre, âge d'abondance".
Etonnant, non ? Mais tellement bien argumenté !
Peu présent dans les médias.
Les Yanomani. Peuple amérindien. Leur méfiance envers le progrès, leur intuition viscérale selon laquelle il ne fallait pas toucher au fragile équilibre de l'écosystème dans lequel ils vivaient leur faisait refuser toute notion de nouveauté, à tel  point que le moindre ajout à leur mythologie, à leur cosmogonie était raconté comme s'il avait toujours existé.
D'une manière générale, de tout temps et en tout lieu, les hommes ont vécu en cohérence avec leur environnement, sauf l'homme occidental pris au sens large, qui a détruit son environnement… au nom du progrès.
Lydia et Claude Bourguignon, dans leur préface à l' "Introduction à la permaculture" de Bill Mollison, 1991, traduction française toute récente de Passerelle Eco, décembre 2012 :
"En 7000 ans d'agriculture, l'humanité a désertifié 2 milliards d'hectares, dont un milliard au XXe siècle. Cela signifie que les agricultures traditionnelles (…) ont détruit les sols 70 fois plus lentement que l'agriculture conventionnelle."
Les 4 citations qui suivent sont extraites de la revue La Décroissance, juillet-août 2013.
Jacques Caclin : "Pour moi qui ai travaillé quelques années en Afrique et qui  suis marié à une Nigérienne, l'un des peuples les plus pauvres, j'ai vu d'autres réalités, des gens qui sont en dehors de toute croissance."
Commentaire personnel : ces "gens en dehors de toute croissance" vivent ainsi depuis la nuit des temps, depuis que l'homme est homme, et en 2013 la plupart d'entre nous occidentaux sommes persuadés que LA voie à suivre est celle du progrès et de la croissance, au secours George Orwel nous sommes devenus fous !
Corneluis Castoriadis (mort en 1997 à 75 ans), disait le 25 novembre 1996, à Là-bas si j'y suis : "On est rentré dans une époque d'illimitation dans tous les domaines (…) c'est un des très grands thèmes, il faut apprendre à s'autolimiter, individuellement et collectivement, et la société capitaliste est une société qui, à mes yeux, court à l'abîme de tous les points de vue, parce que c'est une société qui ne sait pas s'autolimiter. Une société vraiment libre, une société autonome doit savoir s'autolimiter. L'imaginaire de notre époque est très loin de cela. Et c'est cet imaginaire de l'expansion illimitée, de l'accumulation (…), c'est cela qu'il faut détruire. Tout dépend de ça."
Lewis Mumford (mort en 1990 à 95 ans) a écrit en 1964 dans "La cité à travers l'histoire" :
"La civilisation moderne n'est plus qu'un véhicule gigantesque, lancé sur une voie à sens unique, à une vitesse sens cesse accélérée. (Depuis 1964 je vous fais pas de dessin) Ce véhicule ne possède malheureusement ni volant, ni freins, et le conducteur n'a d'autres ressources que d'appuyer sans cesse sur la pédale d'accélérateur, tandis que, grisé par la vitesse et fasciné par sa machine, il a totalement oublié quel pouvait être le but du voyage. Assez curieusement on appelle progrès, liberté, victoire de l'homme sur la nature, cette soumission totale et sans espoir de l'humanité moderne aux rouages économiques et techniques dont elle s'est dotée. L'homme, qui s'est assuré une domination incontestable sur toutes les espèces animales d'une taille supérieure à celle des virus et des bactéries, s'est avéré incapable de se dominer lui-même."
Le dernier extrait de ce n° 101 de l'été 2013 : François de Ravignan (mort en 2011 à 76 ans) écrivait en 1983 dans La faim pourquoi ? :
"Quand on dit développement durable, on se situe d'emblée dans une logique de continuité, comme s'il suffisait de réformer l'actuel développement pour entrer dans le durable. Or le développement dont nous avons l'expérience étant largement destructeur, on ne saurait accéder à quelque chose de durable sans d'abord défaire le développement."
Merci au journal La Décroissance pour toutes ces citations.
Et comme promis, pour terminer sur le dévissage du boulon central, le must : Gilbert Rist, "Le développement, histoire d'une croyance occidentale".
"La problématique du "développement" est inscrite au plus profond de l'imaginaire occidental. Que la croissance ou le progrès puissent se développer infiniment, voilà une affirmation qui distingue radicalement la culture occidentale de toutes les autres.
Cette caractéristique, aussi étrange que moderne, détermine entre les peuples une fracture dont la gravité l'emporte largement sur toutes celles qui ont été forgées au cours de l'histoire pour justifier (…) la prétendue supériorité de l'occident (sauvages / civilisés ; cultures de l'oralité / cultures de l'écrit ; sociétés sans histoire / sociétés historiques, etc.)"
Je vous la relis ?
Dévisser le boulon central du couvercle, s'attaquer à la religion du progrès, c'est pas une mince affaire.
Mais de là à se faire dévisser le bocal, c'est loin d'être suffisant. Il résiste encore le bougre ! Autour du couvercle j'ai dénombré à ce jour 33 autres boulons, j'en ai intégré 4 à ma déblatération (sauras-tu les trouver?) mais il en reste encore 29, et surtout ça augmente tout le temps ! (J'en étais à 22 sur 26 le 13 août au Studio D.) On va pas forcément tous les faire, nous verrons, "j'ai écrit les autres sur la pochette" comme disait Nino Ferrer. Encore un qu'ils ont bien censuré : 6 sur 100. Quelle ignorance ! Il a gravé 100 chefs d'œuvre, les médias nous en ont dévoilé 6.
Je suis méfiant envers les médias, enfin envers les médias dominants, non ? Si, un peu quand même, hein ?
(Tirage au sort dans le chapeau du magicien de 29 petits papiers, qui sont autant de résistances au changement et de boulons latéraux qui maintiennent fermé le bocal de nos représentations.
Ces 29 boulons peuvent être utilisés à n'importe quel moment entre deux parties, et par petits groupes de 5 par exemple.
Et là je triche : le deuxième boulon que je tire est le n° 16, sauf que ma main est vide.)
Impro
C'est "Fillipa, l'homme s'est toujours adapté." Tu parles ! Au Portugal pendant l'été 2012, dans sa ville natale de 10000 habitants, Fillipa a rencontré des gens qui étaient tétanisés par la crise, inhibés, attendant tout de l'Etat providence qui était débordé. Une femme lui a même dit : "j'attends la mort." Elle a passé deux mois à faire de l'écoute et du soutien psychologiques et à tisser des réseaux de solidarité à partir notamment des jardins partagés.
Fin de l'impro.
(A un autre moment je recommence, c'est le n° 18 bien que ma main soit vide.) "Il n'y pas de solutions individuelles pour l'après pétrole". Avant oui, dans de nombreux pays encore aujourd'hui comme dans les campagnes en Amérique latine oui, c'est un témoignage écrit que j'ai reçu au Printemps 2013. les gens possèdent des savoir-faire individuels, ils cultivent des légumes, élèvent des moutons, confectionnent des vêtements en laine, et sur la place du marché devant eux ils déposent ce qu'ils ont à échanger ou plus rarement à vendre. Et derrière sur un linge plié en forme d'enveloppe ils mettent une petite portion de ce qu'il veulent acquérir. Là oui la somme de leurs savoir-faire fonctionne, mais nous, occidentaux, qui ne savons presque plus rien faire de nos dix doigts, nous allons être obligés de transmettre les savoir-faire des 30% d'ouvriers et artisans  70% restants, et cette transmission ne pourra se concevoir que collectivement. Ce point est essentiel. Penser l'avenir égoïstement est illusoire. Et 99% de nos façons de raisonner se font sur le plan individuel, c'est un boulon qu'il va falloir dégripper coûte que coûte, sans relâche jusqu'à ce qu'il cède.
(A un moment je tire le n°22 la main vide - Impro)
Les autres boulons :
1  -  Tout changer pour que rien ne change (marqueur des fausses solutions)
2  -  On ne peut pas revenir en arrière =>  retour aux sources
3  -  Budget de l'armée dans celui de l'énergie, appels à la paix hypocrites sans l'abandon de nos consommations fossiles, Alain Accardo Le petit bourgeois gentilhomme, Amnesty International (Hou là attention monstre sacré !)
4  -  Comment se passer de bagnole ?  Posée comme ça, il n'y a pas de réponse à cette question. Commen relocaliser nos productions ? Là oui : une fois que ce sera fait nous nous rendrons compte que nous n'avons plus besoin de voitures.
5  -  Les embouteillages et la voiture électrique / centrales nucléaires et changement du parc automobile rattrapé par la vitesse de la descente de production de pétrole
6  -  Les générations futures, c'est nous ! + rappel article 22
7  -  Le grand écart (entre le monde  d'aujourd'hui, notre quotidien, et celui de demain)
8  -  Nous avons été formés pour construire notre monde occidental, pas pour le déconstruire !
9  - Energies fossiles, transports, monocultures, argent : 4 piliers de sable de notre société
10  -  "Ils ne savent pas où on va" à propos du réseau GRANDE au Havre, think tanks proche de Total
11  -  Que diraient les philosophes de l'Antiquité grecque s'ils vivaient aujourd'hui ou la parabole de la grenouille sur le gaz – disparition de la petite paysannerie au XXe siècle, Eric Hobsbawm L'âge des extrêmes ou histoire du court XXe siècle. Voir aussi http://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1913/rl_accu_k_29.htm
12  -  L'homme est un loup pour l'homme – Kropotkine : L'entraide, un facteur d'évolution
13  -  Il va falloir qu'ils trouvent des sous... tant que notre économie ne s'est pas effondrée ! Et à l'été 2013 avant le pic pétrolier nous sommes déjà en récession, non ?
14  -  Il faut arrêter de nous culpabiliser… de nous responsabiliser ?
15  -  passer de la parole / de la parlote à l'action, tourner indéfiniment autour des problèmes ou refaire le monde seulement en paroles, y'a pas de problèmes y'a que des solutions => qu'est-ce que tu proposes ?!
(16  -  Fillipa : l'homme s'est toujours adapté, mon œil ! voir ci-dessus avant les boulons)
17  -  pic de pétrole sur 4000 ans dans le Manuel de transition
(18  -  Il n'y a pas de solution individuelle - voir au-dessus des boulons)
19  - Chérir la terre, chérir les gens, produire en abondance et partager les surplus - Maria Sperring
20  -  Chacun de nous engage l'humanité entière, JP Sartre, alternative à la résignation
21  -  Transition énergétique 20 % de la puissance des énergies fossiles et TransitionS 80 % de descente, d'énergie en moins : faut pas confondre => rappel tout changer pour que rien ne change, transitionS => individuelle
(22  -  Article 22 : débrouille-toi comme tu peux - les vraies générations futures il va falloir plutôt les prendre par la main mais avec la notion de plaisir et de convivialité, pas avec des coups de pieds au cul, voir De mémoire indienne, Alice Miller etc. Sacré défi !)
23 – sociétés traditionnelles => sociétés concertées libérées des traditions
24 – préparer l'après pétrole c'est l'accélérer. Planter partout des arbres fruitiers met  les fruitiers sur la paille, sauf... (lien boulon n°8, y'a que des solutions etc.)
25 – La France est encore rurale, voir par exemple ses nombreux fromages. Atout majeur. Dixit Rob. Hopkins. Faut pas bouder les bonnes nouvelles !
26 - Si tout le monde fait bien son boulot, le monde marchera convenablement.  Vous y croyez vraiment, à ça ?
27 - "Oui mais nous, retraités, nous ne la connaîtrons pas, la fin du pétrole !" Combien de fois changent-ils radicalement de tête quand je leur annonce la date du pic de pétrole ! à mettre en lien avec le boulon 6 : les générations futures, c'est nous ! Hé oui, il va falloir assumer les conséquences de nos conneries !
28 - Galilée et l'après pétrole : quand j'annonce l'après pétrole je sens bien que le problème n'est pas l'après pétrole, mais moi ! Faites-nous taire et tout continuera comme avant. C'est ainsi que fonctionne notre cerveau archaïque. 4 juin 2014 : mon pote Abdé me présentait récemment comme suit : "c'est Robin, il est pour l'après pétrole !"
29 - Les récessions qui frappent de plein fouet des pays comme la Grèce, le Portugal, l'Espagne n'ont rien à voir avec le PP. Ben si ! Leurs chutes de consommation de pétrole abaissent la pression sur le coût du baril de brut. La question cynique à se poser est : à qui le tour ? Et l'autre question : et si nous changions de paradigme ?

 

L'entrée par les écovillages (conférence gesticulée)

Sur mon chemin j'ai eu la chance de croiser les écovillages, en passant par les cafés philo, Grains de Pollen, association ébroïcienne (d'Evreux) de chômeurs autonomes en 97/98, puis Michel Rosell. Rencontres déterminantes.
Michel Rosell conclut longuement Volem rien foutre al païs, de Pierre Carles.
Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est un écovillage il existe une revue passerelle eco, ainsi qu'un site Internet du même nom. Peu présents dans les médias.
(Présentation succincte et improvisée des écovillages)
J'aime bien la manière de présenter l'après pétrole sous forme d'élargissement du renouveau des écovillages à des territoires plus grands et jusqu'aux villes et leurs ceintures vivrières.
Cela étant dit on peut distinguer trois façons radicalement différentes d'appréhender cette"entrée par les écovillages". Mais j'ai mis bien longtemps à m'en rendre compte : ça date seulement du début de l'été 2013. Et c'est déterminant, vous allez voir pourquoi.
La première entrée, la plus courante, relève de l'initiative individuelle et du choix personnel. Rejoindre ou non un écovillage est une affaire privée et somme toute exotique, baba cool. Point. C'est intéressant ce que tu me dis là ! Mais au fait, pourquoi tu me racontes tout ça ?
La seconde relève de l'imposition, de l'abus de pouvoir, voir de la dictature : "tu ne me feras pas retourner aux champs" m'avait dit Eric, Inspecteur des impôts. Comme si mon intention était d'imposer la mise en place d'écovillages. J'en étais resté sur le cul, mais quelque 5 à 10 ans plus tard ça me sert de leçon.
La troisième manière d'appréhender les écovillages comme solution d'avenir se situe en quelque sorte entre les deux premières : un jour prochain nous nous rendrons compte que pour échapper au chaos nous aurons tout intérêt à nous organiser en écovillages, ou écoquartiers, qui n'en porteront d'ailleurs probablement pas le nom. Comme dans les campagnes en Grèce par exemple. Ce seront des choix, collectifs. En masse. Pas individuels. Et personne, à part la nécessité, ne nous l'imposera. Mais faute d'avoir été clairvoyant sur ces trois entrées, pas mal de personnes à qui j'ai parlé d'écovillages pensaient que j'étais un doux rêveur ou n nouveau Pol Pot écolo en puissance. Sympa.
Il faut ajouter que très tôt, dès les années 99-2000 lorsque j'ai découvert les écovillages, j'ai compris que rejoindre un écovillage, pour moi, absorberait tout mon temps et mon énergie et ne ferait qu'ajouter un individu de plus à la cohorte (première entrée, celle du choix personnel) et qu'il valait mieux orienter mes recherches vers la bonne manière d'élargir les écovillages à des territoires plus vastes.
Là-dessus, Robinus y avait pensé, Rob Hopkins l'a fait en Angleterre. Dès 2005-2006. Bouquin sorti en 2008, version française en 2010 : le Manuel de transition. Vous pensez si je l'ai lu !
Il a sorti deux autres bouquins depuis.
 
Les 5 arguments de l'après pétrole ou le tableau à 4 cases plus une.
Imaginez (je le dessine sur un tableau imaginaire derrière moi), un tableau à 4 cases. 2 colonnes, verticales, 2 lignes, horizontales.
En haut à gauche : le réchauffement climatique, « RC », ou basculement climatique et la disparition, la destruction de la biodiversité. Autant dire la mort qui rapplique en courant.
Entre nous, franchement, qui en a quelque chose à foutre ? On nous bassine avec ça mais franchement, vous avez vu les embouteillages diminuer vous ?
En bas à gauche : les guerres liées à l'extraction des ressources fossiles. « W » pour war en anglais. D'après Jean Ziegler, peu présent dans les médias – tiens donc ! 95% des conflits armés. Ils ont bon dos Al Qaïda et l'intégrisme musulman qui nous font oublier que le terrorisme pousse toujours sur le terreau de la misère… Petit clin d'oeil au Monde Diplo.
Qui en a quelque chose à foutre de ces guerres ?
Ici nous sommes en  plein dans le fameux niveau de vie des Américains non négociable de Georges Bush… … … Et des Européens. (un blanc)
Il a bon dos le père Bush.
Nous sommes, aussi, c'est trop croustillant pour passer à côté, totalement en phase avec Thomas Pogge (il est anglais alors je prononce le S) lorsqu'il dit, attention écoutez ça c'est énorme, c'est pas pour rien si je l'ai mis en chapeau au-dessus de mon blog :
"La façon dont les citoyens des pays riches vivent actuellement est dans l’ensemble, moralement acceptable."
Selon Thomas Pogge, cette situation est le « préjugé préféré » de tous ceux qui vivent dans le monde occidental. (Un blanc)
Je vous la relis ?
On est très proche du Petit bourgeois gentilhomme d'Alain Accardo, compagnon de route de Pierre Bourdieu, lui pour le coup carrément cassé par les médias.
C'est Alison Katz qui a rapporté ça, dans La santé pour tous ! Se réapproprier Alma Ata. Excellent bouquin.
Donc colonne de gauche : en haut le basculement climatique et la perte de biodiversité, perdu !
Tous les deux sont liés aux émissions de GES dues à la combustion du pétrole.
Et en bas les guerres. Pour la prédation du pétrole entre autres.
C'est ce qu'on pourrait appeler la colonne morale. Ou immorale : tout ça on le sait depuis 40 ans mais on s'en tape," j'avais pas remarqué, j'y peux rien, moi tout seul dans mon coin, faut arrêter de nous culpabiliser" et tout le tintouin.
 
Passons à la colonne de droite.
En haut à droite : le pic pétrolier. « PP ». Petroleum Pénurie. La date du début du déclin de la production mondiale de pétrole. à ne pas confondre avec la date de la fin du pétrole qui n'arrivera jamais, merci Benoît Thévard. Peu présent dans les médias… Il en restera toujours quelques milliers de barils par-ci par-là, inexploitables, donc la fin du pétrole ON - S'EN - FOUT. Hors sujet.
Et en bas à droite : le non remplacement des énergies fossiles par des énergies de substitution QUI NE SERONT PAS AU RDV : ni en puissance, ni en temps.
« ENR » que je barre d'une croix. Exit les ENR et tout votre lobby multicarte : les Verts, le réseau sortir du nucléaire etc.
Matthieu Auzanneau est très fort là-dessus (vidéo depuis chez lui devant son ordi de 13'30, voir en particulier les 2 dernières minutes). Scénario d'une multiplication par 25 des énergies renouvelables, par 25 ! On arrive à une puissance dérisoire par rapport au pétrole et à l'uranium qui va lui aussi franchir son pic de production, qui est lui aussi source de conflits armés. Actuellement éolien + photopiles représentent à eux deux moins de 1 % de l'électricité en France. Sans compter les coûts d'investissement : exorbitants. En période de récession. Cherchez l'erreur.
Cette colonne de droite ne relève pas de la morale, ni de choix politiques, individuels ou collectifs : elle relève de faits, qui vont  arriver, qui arrivent. Le pétrole va nous manquer, c'est imminent, et rien ne le remplacera. C'est la colonne temps. Que nous soyons ou  non des salauds immoraux, ces deux faits sont en train de nous tomber sur la gueule : le pétrole va nous manquer et c'est une bonne nouvelle, et aucune énergie ne lui arrivera à la cheville.  À part nos p'tits mollets et le VCVC.
René Dumont avait juste 45 ans d'avance.
 
Question centrale, majeure : savez-vous pourquoi les médias ne parlent pas de cette colonne de droite, pic pétrolier et non remplacement des énergies fossiles par les énergies renouvelables ?
Parce que ça affolerait les marchés.
Et les lecteurs.
Faut pas affoler les marchés.
Ni les lecteurs.
 
Maintenant je vous propose de dessiner une cinquième case, tout en  longueur  en bas, à cheval sur la colonne morale et sur la colonne temps.
Plus le temps avance, moins nous pourrons ignorer son caractère immoral. C'est pour ça qu'elle est à cheval sur les deux colonnes.
C'est la part de la population, croissante, qui pâtira de l'après pétrole faute de nous y préparer.
Inversement, c'est la part de la population, décroissante, qui continuera à tirer les marrons du feu et à ignorer les dégâts collatéraux.
À quelle partie vous sentez-vous appartenir ? Mmh ? (Silence)
Je pose ma question autrement : jusqu'à quel pourcentage résiduel cette population nantie pourra-t-elle continuer à faire comme si de rien n'était ? 20 % ? 10 % ? Trois % ?!
Elles ont bon dos les 3 plus grosses fortunes du monde qui possèdent les richesses des 45 pays les plus pauvres : nous, à 20% de privilégiés nous chions allègrement, coucou Claude !, sur la gueule du reste de la population et du monde vivant en général, mais "il faut arrêter de nous culpabiliser" et "on ne peut pas revenir en arrière !" Je sais.
Je reformule ma question : jusqu'à quand réussirons-nous encore à tenir tête à l'autre partie du monde qui tente laborieusement de résister soit en manifestant et en revendiquant, soit en s'auto organisant ?
RevendiCONS, C O N S ! J'ai vu ça sur un ticheurte cet été. Excellent.
Personnellement je préfère l'auto organisation collective. Depuis Michel Rosell.
(Silence)
 
À ce stade de ma déblatération, une révélation s'impose. Une espèce de coup de massue. Le genre de truc dont une bonne partie de la salle, d'expérience, risque de ne pas se remettre. D'où les précautions d'usage (sourire franc et complice). D'où l'annonce, avant, des Antilles en Normandie, de l'abondance alimentaire, du panel de 100 personnes pour permettre une auto organisation collective, y'a pas de problème, y'a que des solutions, je sais, mais quand même ce que je vais vous annoncer là va vous faire l'effet d'une douche froide.
 
Vous êtes prêts ?
Il s'agit de l'échéance du pic de pétrole. (Un temps. Long)
C'est 2013 – 2015.
Nous sommes sur un plateau de production mondiale depuis 2004 – 2006. La descente est pour 2013 – 2015.
C'est proprement incroyable. La preuve que c'est  incroyable : c'est que les médias n'en parlent (presque) jamais. Normal : s'ils le disaient ça affolerait les marchés. Je l'ai déjà dit ? Ben je le répète. Et de toute façon la plupart des journalistes, sur ce point, sont ignorants. Je l'ai même testé sur Hervé Morin, c'est dire ! Il m'a sorti « je sais mais Jérémy Rifkins et bla bla bla y'a pas de problème bla bla bla tout changer pour que rien ne change bla bla bla. » Et s'ils savent, leur hiérarchie, ou leur éthique, leur interdit de parler. Et s'ils comprennent il faut qu'ils retournent leur veste.
(Au public, qq'1 au hasard : )
Non pas Edgar ! Hervé. Hervé Morin, l'ancien Ministre de la défense. Egalement maire d'Epaignes, village de 1200 habitants dans l'Eure.
 
Sketch Oyez oyez !
(Roulement de tambour)
Oyez oyez oyez ! Approchez approchez  ! Une information ENORME est arrivée jusqu'à nous ! Et nous allons la faire arriver jusqu'à vous ! Ouvrez bien grand vos oreilles ! Approchez approchez ! Oyez oyez oyez !
Le pic de pétrole va bientôt être franchi et le  monde va changer !
- Mais non ! Mais non !! Mais que dis-tu comme âneries ?! ILS ONT TROUVÉ DES SOLUTIONS ! La voiture électrique ! La voiture à hydrogène ! La voiture à eau ! La voiture à oxygène !!! Les éoliennes ! Les photopiles ! Les gaz de schistes ! Les algues !
- Bougre d'idiot ! Bougre d'imbécile ! De qui parles-tu ? Qui sont-ils ? Hein ! Qui sont TIL ? TIL ? Connais pas ! Je vais  te dire, moi, tes énergies de remplacement, tes énergies de pacotille, à côté du pétrole, de sa puissance, de sa quantité, de sa facilité d'extraction, de transport, hé bien tes énergies renouvelables, ELLES ne seront PAS au RDV, ni en puissance, ni en temps ni en heure !
- D'abord le pétrole y'en a encore pour 50 ans !
- Mais bougre d'idiot ! Bougre d'imbécile et triple buse ! Perroquet à deux balles ! A ce compte là le pétrole il en restera toujours, trop profond, trop caché, trop difficile à extraire ! Ce n'est pas la dernière goutte de pétrole qui compte, Monsieur, c'est le début du déclin de sa production mondiale, et le début du Guéclin, non pas Du Guéclin ! Qui a parlé de Du Guéclin ? La baisse de production, le pic de pétrole Monsieur, c'est pour maintenant !  Nous y sommes ! Et le monde va changer !! Comment faut-il faire pour t'ouvrir les yeux ?!!
(Reprenant le ton de la narration)
Depuis 150 ans, la courbe de production mondiale de pétrole a grimpé  en période d'euphorie, de construction, de progrès exponentiel, en passant par les trente glorieuses, et 40 ans après la fin des 30 glorieuses la chute risque fort d'être brutale parce que personne ou presque ne veut la voir.
(Reprenant le ton de la diatribe sur la place publique)
Et quand aura lieu ce pic Monsieur ? Je vais vous le dire moi, Monsieur, et pas que moi : Benoît Thévard, dont vous ignorez l'existence, Matthieu Auzanneau que vous ne connaissez pas, Jean-Marc Jancovici dont vous n'avez jamais entendu parler ou alors vous vous êtes empressé de les oublier ! Vous voyez Monsieur y'a pas que vous qui savez faire le perroquet, tout dépend de qui nous choisissons de répéter les propos !
(Reprenant le ton de la narration)
Alors que disent-ils, ces trois gusses dont deux d'entre eux sont déjà intervenus devant l'Assemblée Nationale et Benoît Thévard devant le Parlement Européen ?
Hé bien ils disent que le pic de pétrole est imminent, qu'aucune énergie ne pourra le remplacer, que les conséquences sont inimaginables à moins de regarder les choses en face, ce que nos médias ne font pas. Ni nous non plus donc, sauf exception.
Et Benoît Thévard, le plus précis sur l'échéance, prévoit le pic de pétrole pour quand ? Pour 2013 2015 ! Il précise, prudent : au plus tard 2020.
Pour affirmer cela il s'appuie sur pas moins de 20 études indépendantes.
Mais ! Mais à l'été 2012, un ancien directeur de la prospection de chez Exxon, déclarait : 2013 2015. Pas 2020 ! Et il précisait : à raison d'une baisse de 5 à 7 % par an ! Ce qui ne fait pas tout à fait 150 ans ! Mais plutôt une descente 10 fois plus rapide que la montée, ET TOUT LE MONDE ou presque S'EN FOUT !
Il faut le savoir, il faut l'intégrer afin de s'y préparer : l'avenir proche sans pétrole se fera en situation d'échec, en période de récession, que dis-je : d'effondrement du système ! En situation de stress, et c'est bien pour ça que (presque) personne ne veut le voir tellement nous avons été conditionnés par le fait que la croissance, y'a que ça et qu'"avec Carrefour je positive !" Hé ben non, avec Carrefour je positive que dalle !
Hou ! Pas beaux les oiseaux de mauvais augure ! (Un sobriquet que m'avait donné un journaliste de Bernay) Vite ! Le bac à sable que je m'y enfonce la tête !
ça va ?
Il y a plein de façons de relever la tête, autres que les énergies de substitution. Plein !
 
L'existant
Il est temps de montrer l'ampleur de ces mouvements qui préparent conjointement l'après pétrole.
Car il faut bien le dire : les médias en parlent peu !
Les Colibris, Terre de liens, Energie partagée, Enercoop, les Villes en transition, les écovillages et leur revue Passerelle-Eco, des mouvements comme Notre Dame des Landes ou le Chiapas au Mexique dont le Sous-commandant Marcos a rendu hommage à Notre Dame des Landes récemment, consécration s'il en est ! Savez-vous pourquoi Sous-commandant ? Parce qu'au-dessus de lui il y a le peuple. Le Chiapas donc, territoire grand comme la Bretagne qui a pris son indépendance totale vis-à-vis du pouvoir mexicain depuis le 1er janvier 1994 – les médias en parlent très peu. En mai 2013 à Cluny en Bourgogne un collectif de 12 associations nationales a signé une charte de la transition, Attac étant probablement la plus connue de ces 12 associations. Lors de ce festival étaient pratiquées de nombreuses techniques d'animation qui garantissent le partage de la parole et donc du pouvoir et ce quelque soit le nombre de personnes présentes. Comme si mai 68 avait mis 45 ans à mûrir. Plein d'associations donc, pour les Villes en Transition pas moins de 120 territoires sont répertoriés en France et il existe un réseau mondial de la transition : le Global Transition Network.
Il faut ajouter de nombreuses revues sans publicité, L'écologiste, La Décroissance, Médiacritiques, revue critique des médias, sorte de résurgence du Plan B, ça tue ! (Uniquement sur abonnement), Fakir, les Zindignés, mais aussi des radios sans publicité, Radio Libertaire, Radio Zinzine, savez-vous que tout ça existe, bien que les médias en parlent peu ? Et j'en oublie.
L'essentiel est ailleurs.
"Ladies and gentleman, derrière les murs de vos cités, le carnaval est permanent !" chantait Castelhemis depuis plus de trente ans. (silence)
Censure médiatique. Peuple désinformé. Donc journalistes ignorants. La boucle est bouclée, mais elle peut se déboucler.
Quittez vos médias dominants. Rendez-vous addicts, volontairement addicts aux médias alternatifs.
Vous ne pouvez pas savoir comment c'est tripant d'avoir une vision lucide sur
le monde actuel et une vision optimiste sur le monde de demain ! Et vous ne pouvez pas savoir à quel point l'angoisse de l'avenir est profondément enfouie dans toutes les têtes, un truc impossible à aborder à part en stressant encore davantage, alors on n'en parle pas, on garde "ça" pour soi, la peur au ventre, vous pouvez pas vous imaginer !
Enfin si, vous pouvez…
 
17 juillet 2013. En marchant dans la rue j'entends "la télé" par une fenêtre ouverte. C'est une émission, pas un film. Et un mec parle. Ca me semble désormais impossible de regarder et d'écouter une telle émission. Je n'en connais pas le thème. Mais je perçois un discours en boucle auquel le spectateur ne peut pas participer, et tacitement nous acceptons cette règle. C'est une bonne définition du conditionnement, non ? Le télécran est parmi nous. Watson, au secours !
Le pic de pétrole est une bonne nouvelle. Car c'est une opportunité FOLE.
F. O. L. E.
F comme fierté du travail bien fait,
O comme outil convivial : c'est l'outil qui est convivial, ce n'est pas l'homme disait Ivan Illich (silence)
L comme liberté collective. Pas liberté individuelle.
E comme ecosystème.
Cette opportunité FOLE rend désirable une société sevrée de pétrole, libérée de son addiction, de son sang, sans même attendre l'épuisement des dernières réserves.
IL FAUT LAISSER LES DERNIERES GOUTTES DE PETROLE DANS LE SOUS-SOL ! Et avec lui les autres ressources fossiles.
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Jean Giono, qui a marqué les communautés de longo maï, a écrit ces mots :
"La civilisation a voulu nous persuader que nous allons vers quelque chose, un but lointain. Nous avons oublié que notre seul but, c’est vivre et que vivre nous le faisons chaque jour et tous les jours et qu’à toutes les heures de la journée nous atteignons notre but véritable si nous vivons."
Fin de citation.
Croissance et chaos, ou chamanisme et artisanat local : nous devrions désormais emprunter un autre chemin.
Inéluctablement.
(Voix off d'hôtesse de l'air)
Nous informons notre délicieuse assistance que ce spectacle n'aurait pas pu voir le jour sans notre partenaire financier exclusif que nous remercions chaleureusement : le medef.
 
Rappel :
Bigard mon pote
Je veux pour finir et avant de discuter ensemble vous raconter une histoire vécue.
Bon je vais me moquer d'une vieille dame, vous voilà prévenus. Mais ça reflète ce que n'importe qui dans l'assistance a plus ou moins dans la tête.
C'était vers 2008 lors d'une manifestation écologique organisée par la MJC  de Bernay, j'y ai tenu une mini conférence sur l'après pétrole devant le modique parterre d'au moins 10 personnes ! Et là cette vielle dame me sort toute affolée : "Mais vous n'allez quand même pas m'enlever ma 2 chevaux !"
(Silence)
ça vous rappelle rien ?
Moi ça me fait penser à mon pote Bigard. Les poissons rouges. La mémoire à court terme.  Bonjour Madame ! A chaque tour du bocal. Bonjour Madame !
Premier tour (faisant le signe de tenir une banderole au-dessus de lui) : "y'a plus de pétrole !"
Second tour : "mais vous allez pas m'enlever ma bagnole !"
Troisième tour (plus fort) : "y'a plus de pétrole !!"
Quatrième tour (très fort) "COUCOU ! Y'A PLUS DE PÉTROLE !!"
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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 12:05
Tandis que je pédale, mon regard croise celui d’un nègre.

Avez-vous remarqué que « noir », pour eux, c’est péjoratif, alors qu’ils emploient le mot « nègre » en référence à la négritude, tant défendue par Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et d’autres ?

Il fait beau et chaud, j’arbore un sourire détendu. Lui aussi.
Notre échange dure. Son sourire lentement quitte son visage. J’ai la sensation que le mien quitte également mon visage. Pourtant il n’en est rien. J’espère ne pas me tromper.

Dans cet échange changeant de quelques secondes, j’ai ressenti tout le racisme ambiant de notre culture. Si j’avais été raciste, ou même, pas raciste : neutre, je me serais laissé porter par le regard que je recevais en succombant à l’imitation. Il aurait vu mon sourire quitter mon visage.
Sa méfiance se serait trouvée justifiée.

Et mon racisme latent aurait pris racine, puisque je lui aurais rejeté la responsabilité de la perte de mon sourire.

J’aurais justifié mon comportement physique, qui prime sur la pensée.



------------------------------------------------------------------------------
texte paru dans la revue Globules n° 65 d'octobre 2005 en page 16

 
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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 06:13

La recherche du sens de la vie, la philosophie, est née en Grèce à une époque déjà dominée par l’argent, l’esclavage et en conséquence, par l’égoïsme, rendu possible par les deux premiers termes.

 

La recherche du sens de la vie  n’avait pas lieu d’être à l’époque où la vie avant un sens : celle des sociétés traditionnelles.

 

Jostein Gaarder, philosophe et historien de idées, dans  son best seller Le monde de Sophie, passe complètement à côté de ce constat. Car son histoire de la philosophie, à l’instar de notre philosophe local ébroïcien Denis Collin, ignore les peuples premiers considérés comme préhistoriques et préphilosophiques et se satisfait au passage de notre mode de vie occidental, industriel, progressiste, pétri de croissance, pour s’engouffrer ainsi dans les pas du Petit bourgeois gentilhomme, faisant de nous, habitants des pays riches, des salauds immoraux qui, jamais, ne baisseront les yeux sur le sang des guerres qui recouvre leurs mains. Ou alors cette lucidité sera exceptionnelle, au détour d’une rencontre improbable avec un Jean Ziegler ou un Thomas Pogge, ce genre de personnages systématiquement ignorés et censurés par les médias dominants.

 

Le retour aux écosystèmes, aux équilibres et à un mode de vie artisanal et concerté, mais libéré des traditions, se fera en empruntant le chemin de la décroissance.

 

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 07:28
Quand les faits divers ne sont pas classés
dans la rubrique ‘sinistrose’…
 
  
2 septembre 2003.         C’est la rentré des classes, de retour à la maison. Dans le train, une petite demie-heure entre Evreux et Bernay, des ados sont ‘un peu’ bruyants dans le compartiment d’à côté. Il y en a un notamment qui cogne violemment l’appui coude contre la buttée. Les trois adultes qui sont avec moi dans le compartiment manifestent plus ou moins leur agacement. Celui qui est en face de moi souffle de plus en plus bruyamment (lui aussi !). Je finis par me lever avec un large sourire aux lèvres, je sors du compartiment, je vais à celui d’à côté, j’ouvre la porte, je passe la tête, regard circulaire avec toujours le même sourire amusé, finalement je m’arrête sur celui qui était derrière moi (celui qui cognait l’appui coude violemment contre la buttée) et je lui dis : « excuse-moi mais je suis assis derrière (je lui montre la cloison), et ça me fait mal au cul… » Et là mon sourire se transforme spontanément en rire, qui devient très vite communicatif.
 
Là-dessus je referme la porte, je regagne mon compartiment encore plus jovial qu’en partant, et je dis à la ronde en m’asseyant : « j’ai fait ce que j’ai pu mais je ne promets rien… » Déjà les trois adultes me regardaient d’un air ahuri, tellement surpris non seulement que je ne me sois pas énervé, mais surtout que j’aie trouvé le moyen de me marrer et de faire marrer les ados par-dessus le marché.
 

Finalement les jeunes se sont calmés, j’en ai entendu un qui disait à un moment : « il a mal au cul ! » et puis le voyage s’est passé calmement jusqu’au bout.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 09:50

           

           C’est à 32 ans que je prends conscience que si les grand-mères et les grand-pères sont si souvent tant aimés de leurs petits-enfants et s’ils les aiment tant, avec autant de gentillesse, de générosité et de patience, c’est forcément en très grande partie parce qu’ils ont ce sentiment, inconnu des jeunes, qu’ils sont en sursis. Ils savent que leurs petits-enfants, âgés de trois ans, sept ans, dix ans, ils ne les verront pas grandir longtemps. Dans un an ou deux peut-être, pour eux grands-parents, la croissance de leurs petits enfants s’arrêtera là.

            Comment avoir de grandes ambitions, des projets à long terme, des exigences éducatives basées sur de nombreuses années d’effort lorsque l’on sait que l’avenir n’est pas pour nous ? Et que faire d’autre pour nos petits enfants, sinon les aimer tels qu’ils sont puisqu’ils ne seront jamais autres, ou si peu, et profiter avec eux du moment présent, des confitures aux abricots, des crèmes au chocolat, des bouillies blanches et des clafoutis savoureux pleins de noyaux ?

 


              À 32 ans, je viens de comprendre ça. Et eux, les vieux, n’en parlent jamais, bien qu’ils l’aient forcément compris, puisqu’ils le ressentent chaque jour un peu davantage. Nous pouvons nous interroger : pourquoi n’en parlent-ils pas ? Mais eux se demandent, probablement, plutôt : à quoi bon ?

  

 

2 mai 1996

 

10 mars 2012 :

http://www.dailymotion.com/video/xo3yv5_il-fait-si-bon-vieillir_webcam#from=embediframe

trouvé sur

http://genevievejurgensen.blog50.com/archive/2012/01/31/une-jeune-fille-magnifique1.html

 

Les Initiatives de Transition, entre autres, portent en elles la potentialité de faire retrouver aux anciens la place qu'ils avaient auparavant, partout, pas seulement chez les amérindiens, et ceci sans demander à l'Etat, et sans revendiquer : en faisant.
Directement.
Avant le pétrole il y avait les palabres,
après le pétrole il y aura les palabres.
Derrière les palabres se cachent l'intelligence musculaire concertée, le savoir-faire partagé de l'artisan, fierté de la communauté à laquelle il appartient, et une place pour tous. Tous, et non pas "le plus grand nombre".

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 13:00

Lilas a écrit ces lignes sur son blog :

(choisissez une lecture directement sur son blog, ce sera plus tactile, plus beau)

 

" Ce matin me parrait parfait pour une matinée sur la truffière.Le sol est gelé,

juste comme il faut, le soleil rasant se lève timidement dans la brume de ce

matin de janvier.

Je ferme la cabane, chausse mes bottes,prend mon bâton,tire sur la fermeture

éclair de mon vieux blouson et chemin faisant m'avance à travers la campagne

endormie vers la petite plantation de chênes truffiers.

 

Quittant le chemin de pierres blanches à quelques lieux de la cabane, je contourne

le vieux clapier de pierres grises  tourmentées où trône un chêne centenaire.

Dressé là comme un phare abandonné, au milieu de nulle part, vigie immuable

et repaire miraculeux des lapins de garenne égarés ou poursuivi par un faucon.

Me voici rendu sur la truffière et les petits chênes tout dorés de leurs feuilles 

hivernale brillent comme des tas d'or tombés des poches d'un géant philanthrope.

 

Il me faut attendre,  le soleil ne perse pas assez, la brume et la terre me semble

ne pas assez fumée, qu'importe je ne suis pas aux pièces...

Assis sur le mur de pierres sèches qui entoure la truffière, j'ouvre ma musette et

commence mon déjeuné, d'un bout de pain et de petits "oussets" de canards cuits

la veille, un bout de fromage de chèvre et quelques grains de raisins séchés,

Arrosé au goulot d'un petit cahors vin de derrière les fagots.

 

Me voilà descendu de mon perchoir, les fesses mouillées par la mousse

il est temps de chercher mes truffes.

Je connais la mouche et sa couleur particulière qui virevolte au dessus

de la truffe enterrée sous quelques centimètres de terre.C'est mon grand père

qui me l'a apprit et chaque fois que je truffe à la mouche, j'ai une pensée pour

lui, comme une prière non dite  qui perce la brume et monte vers les nuages...

 

Lilas."

 



Le même jour j'y ai apporté ce commentaire :



"Voilà.

Tout est dit, tout est là. La recherche de ta nourriture est une nourriture en soi. "La mouche et la truffe" illustre parfaitement l'adage selon lequel "le but de la vie, c'est la vie".

Tu prends autant de plaisir à chasser la truffe qu'à savourer le produit de ta chasse.

Nous ne vivons pas pour manger, pas plus que nous ne mangeons pour vivre : chaque instant de la vie doit redevenir, car cela a été et il l'est encore en certains endroits plus nombreux que nous le croyons, chaque instant de la vie doit redevenir un moment de plénitude tel que tu le décris en guettant les mouches, en cherchant les truffes, en communiant avec ton grand-père qui reste vivant en toi.

Combien savent encore vivre ainsi aujourd'hui ?

Comment faire en sorte que celles et ceux qui ont oublié recouvrent cette mémoire ?

C'est sans doute la plus belle manière de formuler ma quête.

Merci Lilas."


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J'aurais pu intituler ce texte Le Graal. J'ai préféré l'effet de surprise.

 

Quand j'ai reçu ce mail m'annonçant La mouche et la truffe (je suis abonné à la newsletter de Lilas), j'étais en train de commencer l'écriture de « 14 janvier » dont je n'avais pas encore le titre. Dont je n'ai toujours pas le titre à cet instant. Beau croisement. Belle imbrication.


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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 10:09

Actuellement deux voies s'offrent à nous :

 

poursuivre sans que rien ne change vraiment, en ajoutant une pincée d'énergies renouvelables par ci par là en s'en mettant plein les fouilles au passage. Cette orientation ignore sciemment que les énergies renouvelables ne remplaceront que 20% des énergies fossiles : les générations futures se débrouilleront comme elles pourront avec les 80% de chute énergétique qui s'accompagneront à coup sûr d'un crach économique. Sans compter les désastres écologiques engendrés.

 

La-comuna-de-Rhiannon 0164

 

Source icônographique : http://equateur-natacha.over-blog.com

 

 

Deuxième voie qui n'est pas encore à l'ordre du jour : revenir à un mode de vie écologique, relocaliser et défossiliser toutes nos productions, retrouver une agriculture vivrière, élargir le mode de vie des écovillages aux villes et aux mégapoles, reconnaître que le mythe du progrès n'aura été qu'une fuite en avant et une impasse qui ne pourra déboucher que sur cette conclusion philosophique : finalement il n'est de mode de vie acceptable écologiquement et durable, que celui qui consiste en une répétition immuable de gestes quotidiens sans aucun recours aux énergies fossiles, gestes qu'il nous faut désormais ressusciter.

 

La courbe du progrès aura bientôt suivi celle des énergies renouvelables : une lente montée en puissance qui aura duré 150 ou 200 ans pour le pétrole, pour connaître une chute brutale, proche de la verticale. 10 ans, 20 ans maximum.

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 22:00

Il y a de cela un quart de siècle environ, j'avais 18 - 20 ans, j'ai lu "Voies indiennes", ouvrage épuisé.


J'y ai appris que certains amérindiens fondaient leur mode de vie sur le bien-être des sept générations à venir. En exemple, ils mentionnaient qu'ils ne tuaient pas plus de bisons qu'il ne leur en fallait, et qu'ils ne donnaient pas naissance à trop d'enfants au regard de ce que le troupeau pouvait les nourrir.
 
 

Là-dessus est arrivé en occident l'idéologie de la croissance économique, seule méthode pour pouvoir continuer à s'enrichir lorsqu'on est déjà plein aux as. Voir  La C… .

 

Et la croissance démographique y a trouvé pleinement sa place.
 

 

 

16 juin 2008


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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 17:48
Il y a de cela déjà longtemps, un peuple d’aveugles avait commencé son autodestruction, tels les Mayas avant eux.
 
Un voyageur, observateur extérieur, leur dit comment sauver leur civilisation et le monde presque entier que leur destruction emporterait avec eux : il suffisait de regarder derrière, et devant différemment.
 
Chacun pouvait entendre les paroles de ce voyageur, les répéter autour de lui et les mettre en pratique.
 
Que pensez-vous qu’il advint de ce peuple ? Il disparut.
 
Aujourd’hui personne n’est là pour raconter cette histoire, ni l’entendre : je suis mort et autour de moi, pas âme qui vive.



(26 novembre 2007)

http://i1.trekearth.com/photos/7498/snowinnormandy.jpg

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