Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 18:33

champ de soja, protéine végétale
source icônographique : http://www.couplan.com/pc/francais/yungas/yungas_1.htm


Quel est le mieux ?

 

Accepter, voire organiser une augmentation des inégalités – des riches plus riches mais moins nombreux, des pauvres plus nombreux et de plus en plus misérables – en ne voyant comme indicateur économique que les PIB et la croissance économique qui ne sera pas suivie, quoiqu’on en dise, de réduction des inégalités, bien au contraire, et qui plus est sera suivie par un accroissement des émissions de GES ?

 

Ou bien se fixer comme objectif une place pour tous qui s’accompagne d’une réduction des inégalités, et donc d’un appauvrissement des plus riches au bénéfice des plus pauvres ?

 

Quand les fins et les moyens ne sont pas en cohérence – accroître les inégalités pour les réduire « plus tard », il se peut fortement qu’il y ait anguille sous roche.

Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 18:33

Un grand vide en-dessous de nous, avec seulement quelques étais qui empêchent l’écroulement ; une espèce de gruyère dont les trous occupent bien plus de place que la pâte ; étrange sensation que cette réalité de l’emploi ou du chômage selon que le verre vide ou plein nous interpelle.

 

Des défis pour les jeunes : mais dans quel contexte ?


 


Imaginons un contexte de plein emploi : ce n’est donc qu’un entraînement pour un emploi futur garanti, cas de figure des sociétés traditionnelles lorsqu’elles ne souffraient aucune exclusion. « Le chemin des neuf mondes », d’Éric Julien.

 

Mais là ?

 

Ceux qui réussissent ne parviennent pas à cacher les autres, laissés sur la touche.

 

Le système n’est pas parfait.

 

Pire : certains projets renforcent les défauts de ce système ! D’un point de vue social (recours à des produits fabriqués en Chine) ou environnemental.

 

Propose-t-on de corriger ces aspects pervers des projets ? « Pas de politique ! » Un système zéro défaut n’est ni à l’ordre du jour, ni réaliste.

 

Et de continuer à s’ébahir devant les lauréats de ces projets.

 

Mais moi, mon ressenti, c’est les trous dans le gruyère. Une immense angoisse. Untel a réussi, bien. Très bien. Et après ? Et les autres ?

 

Chacun pour soi, exit la concertation, exit la cohésion de groupe, c’est à toi de te prendre en mains, le groupe ne peut rien faire pour garantir une place pour tous et pour chacun.

 

Et la précarité qui ne cesse de croître…


17 septembre 2008, je rencontre dans le Jura Allaoui et Madjid, les créateurs de l'association Emergence au Havre. Ils m'apportent un sacré contre-pied à ce texte. Voir leur site : http://www.emergence-asso.fr/ qui en dit finalement peu par rapport à ce qu'ils parviennent à faire sur le terrain pour booster les jeunes et moins jeunes qu'ils rencontrent.

Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
26 mars 2006 7 26 /03 /mars /2006 20:11

Le retrait du CPE : et après ?

Le creusement des inégalités économiques

est la cause de nos problèmes actuels

et le libéralisme nous empêche de le dire

 

Le 17 mars 2006 au matin sur France-Culture, Olivier Pastré, dans sa chronique économique, conclut qu’il faut « évidemment » privatiser l’eau – seuls 3% de l’eau sont privatisés au monde et ce n’est pas du tout suffisant – et que si chacun donnait un centime d’euro sur chaque euro dépensé en eau ça résoudrait beaucoup de problèmes.

 



Première remarque.

Manifestement il n’a pas entendu, et c’est bien dommage, l’émission de Daniel Mermet « Là-bas si j’y suis » du 9 mars sur de France-Inter (17h06 à 18h en semaine), qui portait sur 3 reportages télé sur Arte à 15H45 les 16, 23 et 30/03. Sujet : la privatisation de la poste, de la SNCF et d’EDF.

Face à la déréglementation d’EDF, l’un des deux invités, Gilles Balbastre, citait un canadien qui disait qu’en matière d’électricité nous n’avions pas besoin de choisir un opérateur : nous n’avons besoin que de sécurité et d’électricité bon marché. Or la déréglementation, quoiqu’en disent ses défenseurs, apporte l’inverse.
Ainsi en Floride un black out – noir total – artificiel a été provoqué par les distributeurs d’électricité qui ont fait chanter le Payeur Public en lui disant : tu payes (plus cher) ou c’est la catastrophe économique due à une prolongation du black out. Le Payeur Public a payé.

 

Le second invité concluait en exposant la véritable motivation des défenseurs de la déréglementation : privatisation des profits, socialisation des pertes.

Dans la même veine on apprenait que la facture électrique de la SNCF a augmenté de 50% depuis 2002 et a été répercutée sur le prix des billets.

Alors Olivier, toujours autant emballé pour privatiser à tout va ?

 

Deuxième remarque.

Olivier Pastré n’est-il pas au courant que les milliards d’euros nécessaires pour résoudre les problèmes de l’eau – ainsi que plein d’autres problèmes : sociaux pour commencer – sont stockés dans les coffres bancaires sur des comptes numérotés anonymes et gonflent chaque année inexorablement (augmentation de 87 milliards d’euros de bénéfices pour le CAC 40 en 2005) ?

Si, il est au courant.

Alors pourquoi s’obstine-t-il à vouloir que tous, même les pauvres et les classes moyennes, mettent la main à la poche, contribuant à creuser les inégalités économiques ? Sûrement parce qu’il croit que cette solution est plus facile à mettre en place que de prendre au portefeuille des plus riches, d’accord. Mais il échappe à une question fondamentale :

 

Troisième remarque sous forme de question.

Et si ce creusement des inégalités était la cause de la raréfaction de l’eau potable et des autres problèmes modernes dus à une idéologie individualiste et à court terme ? Privatisation des profits, socialisation des pertes.

En croyant résoudre le problème, il l’aggrave. Grave !

 

Quels arguments pour affirmer cela ?

En voilà deux.


Un.

Le libéralisme refuse les processus de décision collective ouverte à tous – sauf le vote évidemment : « vote et tais-toi ! » Exemple : le référendum sur le traité européen. Même au plus haut niveau à Bruxelles il n’y a pas de concertation : les choix se font parce que tout le monde (dans les lobbies à Bruxelles)  va dans ce sens – le sens de la déréglementation et de la libre concurrence des marchés. Du coup les choix économiques sont pris quand ils enrichissent les investisseurs (sur le dos des autres), avec des effets dramatiques aux niveaux social et environnemental. L’exemple le plus criant est le recours à la main d’œuvre sous-payée en Chine et en Inde avec des produits qui voyagent au pétrole, accélérant l’effet de serre, et avec des marges de 800% ! « Va voir là-bas si j’y suis ».


Deux.

Le libéralisme nous impose une chape de plomb (qui commence à se lézarder) dans laquelle tout est joué, et où en matière de décision collective tout le monde attend quelqu’un d’autre pour agir – pour Kyoto nous attendons Bush mais ce n’est que le gros arbre qui cache la forêt. Tout projet de fixer collectivement des objectifs dans l’intérêt de tous – et non pas du plus grand nombre – du genre : enrayer vraiment les déséquilibres écologiques, efficacement, rapidement ; du genre : faire une place économique pour tous ; tous ces projets sont d’avance taxés de… communisme, abusant jusqu’à plus soif de la confusion entre le sens… commun du terme : mettre quelque chose en commun ou prendre une décision en commun et après concertation, et le sens… soviétique : le stalinisme et les goulags.

On ne peut pas parler, ni de communisme (au sens commun du terme), ni de décision concertée entre tous, ni de démocratie participative (non dévoyée comme c’est si souvent le cas hélas) sans être considéré comme étant sympathisant du Parti Communiste, lui-même porte-drapeau obligatoire des goulags.


Ainsi, tout objectif garantissant une place pour tous – l’espace et le social – et pour sept générations à venir – le temps et l’écologie – est tué dans l’œuf.

 


Inégalités économiques sans cesse accrues et impossibilité de s’y opposer : là est l’autocensure collective dénoncée entre autres par Georges Orwell, Aldous Huxley et aujourd’hui par Philippe Val ; là est LA Matrice.

 

Et l’on entend de toute part :  « il n’y a plus de projet politique ».

Et pourtant…

 


À combien se chiffre la quantité d’argent mondial (relativement stable) ? Et quel mode de calcul choisir ? La somme des PIB de tous les pays du monde ? Allons-y. Nous trouvons X millions de milliards d’euros.

Bien. On divise par 6,3 milliards d’êtres humains, ça nous fait une moyenne de Y euros par an et par habitant.

Et là on peut imaginer le programme politique suivant :

- pour les plus pauvres, un objectif de multiplier par 10 leur niveau de vie (de 1 euro par jour, ils passeraient à 10) ;

- pour les plus bas salaires occidentaux, un objectif de revalorisation du SMIC à deux fois ce qu’il est aujourd’hui ;

- pour les plus hauts revenus, par exemple 3 fois ce nouveau SMIC, donc six fois le SMIC actuel.

« Trois SMIC ! Il est fou ! »

Peu importe 3 SMIC : ça peut être 7, 10, ou même 20 ; ça sera toujours mieux que 1090 ou 5000. D’ici qu’on en soit arrivé là, à commencer par inverser la tendance actuelle d’accroissement exponentiel des inégalités économiques, de l’eau aura coulé sous les ponts ;

- tout le reste du pognon est géré collectivement, la moitié pour les États, l’autre pour les collectivités territoriales qui auraient en charge d’organiser des budgets participatifs pour décider des investissements dans tous les domaines ; plus personne ne serait ni privé ni fonctionnaire : tout serait concerté… comme dans bon nombre de sociétés traditionnelles dis donc !

 

Quelles échéances ? On se donne deux ans pour promouvoir le projet au niveau international, un an pour le concevoir techniquement, et 5 ans pour le mettre en place progressivement.

Donc à échéance 2014, si l’objectif est atteint on peut lancer une seconde phase : rehausser davantage le niveau de vie des plus pauvres.

 

« Ah oui mais alors la Bourse dans tout ça, qu’est-ce qu’elle devient ? C’est pas possible, on ne peut pas supprimer la Bourse ! » Quand je vous disais que le libéralisme était une chape de plomb ! Ben si, on peut « supprimer » la Bourse : d’une manière light en lui faisant, progressivement elle aussi, respecter les même critères, 3 SMIC maximum.

 

Au fait, la taxe Tobin et ATTAC dans tout ça ? Ça fait un peu mièvre… En revanche, la suppression des paradis fiscaux est plus qu’à l’ordre du jour : qui sait aujourd’hui que les comptes numérotés ont été créés pendant la seconde guerre mondiale pour mettre les biens de juifs hors de portée des nazis ? La menace des nazis n’existe plus, que je sache…

 

Et quand le CPE sera retiré, qu’est-ce qu’on fera ?

Ben on fera qu’il est temps d’être plus ambitieux dans nos projets, nos objectifs, nos exigences.


Pour finir : des écarts de revenus de 1 à 6 (si le RMI occidental est fixé à un demi SMIC), ça permet :

- de mieux supporter le fait d’être au RMI tout en étant stimulé pour un emploi payé au SMIC (doublement de niveau de vie) ;

- de refuser plus facilement des conditions de travail inhumaines ;

- de choisir plus facilement son travail et donc son lieu de travail et donc ses déplacements et donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre – tiens, pas con !

- de revaloriser les métiers artisanaux et traditionnels ;

- de favoriser le retour à la campagne ;

- de choisir plus fréquemment des temps partiels pour donner plus de sens à sa vie ;

- de subvenir plus facilement à ses besoins à condition d’habiter à la campagne (jardin potager, réseaux d’échange de proximité) ;

- de se libérer de la société de consommation ;

- …

 

Ça ne va pas plaire à tout le monde ? On s’en fout si ça fait vivre tout le monde !

Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 21:11

11fevr_039

la part des bénéfices des entreprises était largement en faveur des revenus du capital en 1967 et au détriment des salaires. Ce fait est en partie à l’origine des évènements de 68.

 

A partir de là, une correction progressive en faveur des salaires s’est opérée jusqu’en 1983… Puis le mouvement s’est inversé, la part attribuée au revenu du capital a recommencé à gagner du terrain pour retrouver, en 1997, le niveau qu’elle avait en 1967. Et depuis 1997 le processus continue.

 

J’avais entendu ça à la radio en avril 2002 et je l’avais noté, ce serait bien du Bernard Maris.

 

Est-ce que ça a quelque chose à voir avec le CPE ?

Tiens oui, au fait : est-ce que ça a quelque chose à voir avec le CPE ?

 

 

 

Qu’est-ce qu’un champignon monétaire ? C’est une gigantesque pompe à fric. Il y en a beaucoup : par exemple, parmi les 500 plus grosses fortunes au monde il n’y a que 10 français.

 

Sont-ce eux qui font marcher l’économie libérale ?

 

Si ils investissaient tout ce pognon ils ne seraient pas si riches.

Inversement, s’ils sont tant pourris de fric c’est bien qu’ils gardent leur pognon pour eux.

 

Ah si ! Ils veulent bien investir… à condition que ça leur rapporte davantage.

 

Oui mais « ça crée des emplois »…

Non : ça s’approprie des parts de marché.

C’est pas pareil.

 

 

 

Concept majeur à avoir en permanence à l’esprit : la quantité d’argent mondial.

 

Est-elle fluctuante ? Elastique ? Non : elle est relativement stable. Augmentation de 10% par an environ d’après Bernard Maris.

Et alors ?

Alors les champignons monétaires poussent forcément sur le dos des autres.

Quels autres ?

Les classes moyennes et pauvres.

 

Quand vous entendez à propos d’un multimilliardaire : « tant mieux pour lui », autorisez-vous donc à rétorquer : « Ah non ! Que nenni ! Tant pis pour nous ! »

 

 

 

« Nous luttons contre la pauvreté » qu’ils disent.

Vérifions : n’est-on pas plutôt en train de déplacer la pauvreté ?

Il existe une condition nécessaire pour que cette lutte soit efficace : c’est qu’elle soit financée en puisant dans les Champignons monétaires  – les grandes pompes à fric.

Pourquoi ? Parce que sinon ce sont les classes moyennes qui se précarisent en venant à la rescousse des plus pauvres.

Financer un plan de lutte contre la pauvreté se fait toujours sur le dos des autres (la quantité d’argent mondial relativement stable).

Il faut se demander : quels autres ?

Toujours.

 

 

1973 : Dassault gagne 1090 fois le SMIC.

2006 : le journal La Décroissance dénonce des écarts de revenus de 1 à… 5000 !

La différence s’est faite sur le dos des autres.

Quels autres ?

Les classes moyennes qui se sont appauvries, et les pauvres qui se sont suicidés. Et c’est pas fini.

 

 

 

4543667296_d40048efe2.jpg


Questions à propos des contrats aidés (CPE, CNE, CIVIS, Contrats d’Adaptation etc.)

 

Qui finance ?

L’État, donc tout le monde.

 

Qui en profite ?

Le patron via les aides de l’État.

L’employé ? C’est quand-même un contrat précaire !

 

Qui en pâtit ?

Je veux dire, pour le CPE : et si un poste CPE – autrement dit turn-over tous les deux ans – remplaçait, souvent, un CDI parti en retraite ?

 

La quantité d’argent mondial étant relativement stable (augmentation de 10% par an en moyenne), il faut se demander :

- est-ce que le CPE ralentit l’accroissement (exponentiel) des inégalités économiques ? Mieux, les réduit-il ?

- Ou au contraire les accélère-t-il encore davantage, ces inégalités économiques ?

 

 

Si c’est cette dernière la bonne réponse, alors vraiment, tout faux.

 

Il semble bien que, effectivement : tout faux.

 

 

 

Y’a un truc qui me gave, mais alors vous pouvez pas savoir comment ça me gave : tout le monde est d’accord (sauf le MEDEF et Villepin-Sarko) pour

LU-TTER-CON-TRE-LA-PRÉ-CA-RI-TÉ !

 

Bon. Mais ça coûte des sous, beaucoup de sous pour LUTTER CONTRE LA PRÉCRITÉ. Et alors où on les prend ces sous, hein ? À qui on va les prendre ? Qui va payer ? Les classes moyennes ? « Et pendant ce temps-là les plus gros continuent de s’enrichir, tranquilles ».

 

Rappelez-vous Jacques Calvet qui avait dit : « je crois beaucoup en la solidarité des moins pauvres avec les plus pauvres ».

 

QUI VA PAYER ? Question essentielle. Question taboue jamais posée.

 

 

8 mars 2006

Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
1 décembre 2005 4 01 /12 /décembre /2005 21:20
Le problème des quartiers qui flambent (ou des FFU : Feux de Forêt Urbains) est d'abord économique.

Même ceux qui disent que c'est un problème d'emploi oublient que l'emploi ne peut se résoudre que par l'économique.

Après deux écoles s'affrontent :
- les libéraux (les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain..., mais le dernier bouquin de Jean-Luc Porquet : "Que les gros salaires baissent la tête", éd° Michalon, 18€, entre autres bouquins, semble en montrer les limites)
- et les alter-quéqu'chose qui prônent une réduction des inégalités économiques (des gauchistes, voire des communistes ! En tout cas des idéalistes).

Revenons-en aux quartiers : si la cause du problème est économique, la solution est sans doute en grande partie localement économique.

La problématique devient la suivante : il faut modifier les flux monétaires locaux dans les quartiers (et pas seulement dans les quartiers qui flambent) afin d'inverser ce que j'appelle le champignon monétaire ou la grande pompe à fric (GPF).

Autrement dit :
1 - comment arrêter progressivement de dépenser le peu d'argent que l'on a vers ces GPF : information sur les conglomérats coca-cola, Nike, etc. et boycott local pour trouver des alternatives en économie solidaire qui ne sont pas toujours plus chères.
2 - comment développer progressivement des productions locales (les plus faciles étant le maraîchage solidaire, l'autonomie énergétique est aussi primordiale même si elle est plus facilement réalisable à la campagne), afin de retrouver une économie de quartier.

Le tout est d'atteindre une autonomie excédentaire : nous n'avons plus besoin de vous (EDF, Total, Danone, Nestlé etc.) mais le peu que nous gagnons (y compris les alloc), nous le faisons circuler entre nous, et le surplus est réinvesti pour augmenter, pour retrouver notre autonomie perdue.
Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
4 septembre 2005 7 04 /09 /septembre /2005 00:20

 


Parmi les blocages qui nous ôtent quasiment toute implication face à notre destin (on attend un Sauveur alors que chacun(e) de nous est un sauveur potentiel, encore faut-il s’y mettre et y croire, Rome ne s’est pas faite en un jour), on peut repérer les sept verrous suivants :
 
1 - L’inhibition par procuration. « On ne peut pas changer les gens ! » Alors que c’est soi-même qu’il faut changer, mais quand je prononce cette phrase je m’ôte toute individualité et je renonce « au nom des autres » comme disait Jehan Jonas, cet immense chanteur, disparu aujourd’hui, censuré et oublié parmi tant d’autres.

2 - Très proche du précédent blocage : la fatalité naturelle et inévitable. Les choses sont ce qu’elles sont on n’y peut rien, c’est naturel, nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. Or trop peu de gens savent que dès la première guerre mondiale des millions de dollars ont été investis dans des fondations et institutions de propagande libérale. Aux Etats-Unis « entre 1990 et 93, quatre magazines néo-libéraux parmi les plus importants ont reçu 27 millions de dollars en contributions "charitables" , pendant que les quatre seules revues progressistes américaines d’audience nationale n’ont collectivement bénéficié que de 269 000 $ » (100 fois moins). « Des Fondations reposant sur de grandes et anciennes fortunes industrielles américaines financent aussi des chaires dans les universités les plus prestigieuses des Etats-Unis. Exemple : la Fondation Olin pour l’entreprise privée, 55 millions de dollars en 1988. Le généreux donateur nomme les professeurs qui vont occuper les chaires et diriger les centres d’études. » Ainsi on trouve des « chaires Olin dans les universités Harvard, Yale, Stanford, Chicago, parmi beaucoup d’autres. »
 
Cet argent permet également d’organiser des débats créés de toute pièce à grand renfort de publicité, « le "débat" ainsi lancé par quatre bénéficiaires de fonds Olin autour d’une conférence Olin dans une revue Olin se retrouve dans les pages du New-York Times, du Washington Post et de Time ». (source : le Monde Diplomatique, août 1996 p.16-17).
 
Seule solution à cette omniprésence télé-guidée d’une idéologie qui n’est en rien ni inévitable ni naturelle : la recherche d’autres sources d’information pour une nouvelle naissance de l’être, une information alternative, plus optimiste, plus dynamisante. De ce point de vue, quelques mouvements écologistes concrets, pratiques, sont des pionniers. On pourra citer parmi d’autres la revue Silence disponible dans les magasins biologiques ainsi que Biocontact disponible gratuitement dans les Biocoop, et un site : http://www.passerelleco.info/ associé à la revue du même nom.
 
 
3 - Le bonheur individualiste. Demandez autour de vous ce qu’évoque le bonheur : si vous trouvez quelqu’un qui vous dit que son bonheur personnel ne le préoccupe plus parce qu’il est atteint et assouvi mais qu’il s’intéresse plutôt au bonheur de ceux qui l’entourent, dîtes-vous que vous venez de tomber sur la perle rare.
 
4 à 6 - Trois verrous d’ordre économique. Le premier : vous êtes-vous demandé quelle était la stabilité de la quantité d’argent mondial ? Est-elle stable ? Diminue-t-elle ? Augmente-t-elle ? De combien ? 10% par an ? 20% ? 50% ? Cette question n’est jamais posée et pourtant, les très riches (les 3 personnes les plus riches au monde possèdent une fortune équivalente au PIB des 48 pays les plus pauvres) ont une fortune dont la progression dépasse largement les 10% par an. C’est cela la réponse : un accroissement de 10% environ de la masse d’argent mondial. Pour exemple, les entreprises multinationales du CAC 40 ont engrangé 57 milliards d’euros de bénéfices en 2004, soit 55% d’augmentation par rapport à 2003. Autrement dit puisque la quantité d’argent global est limitée, les plus riches s’enrichissent sur le dos des autres : classes moyennes et plus pauvres. C’est mathématique .
 
De plus, la plupart du temps les données économiques sont fournies en monnaie constante, ce qui revient à annuler l’effet de cette hausse annuelle de 10%, et du coup le moindre enrichissement se fait sur le dos des autres. Quand il y a alternance - un coup je m’enrichis, un coup je m’appauvris –ce n’est pas gênant mais la réalité de la minorité nantie est tout autre.
 
On ne se rend pas compte de la proportion démesurée de ces vases communicants, de ces pompes à fric, de ces champignons monétaires qui créent partout, quoiqu’en disent les libéraux intégristes, de la précarité, de la pauvreté et de la mort, y compris dans les pays développés.
Mais quand on a écho de cette réalité, on ne tarde pas à revenir au blocage n° 1 : « Qu’est-ce que je peux y faire ? » Comme si les solutions devaient toujours venir des autres, ces autres qui ne réagissent pas non plus.
 
5 - Second blocage économique : si il est tellement riche, tant mieux pour lui. Amateurs de Bandes Dessinées, ce dialogue vous rappelle-t-il quelque chose ?
- R : Je suis comme je suis parce que j’ai choisi de vivre une vie pleine d’argent, de femmes et de belles choses. Toutes choses coûteuses…Pour les avoir, je dois voler…
- N : En fait… Tu es un voleur !
- R : Évidemment. Mais, contrairement à certains hommes qui font un choix politique en s’enrichissant sur les masses et en accumulant leurs richesses dans des banques suisses, moi, tout ce que je vole, je le dépense tout de suite. Je fais rouler l’argent…Il y a des tas de gens qui vivent grâce à ce que je dépense après un vol… (1)
Le « tant mieux pour lui » s’accompagne ainsi trop souvent d’un « tant pis pour nous » dont nous ne mesurons pas l’ampleur.
 
6 – Troisième blocage économique : il est peut-être très riche mais ça crée des emplois. Voyons ce qui se passe du côté des 200 premières entreprises de la planète : elles devraient avoir créé un sacré nombre d’emplois, puisque leur chiffre d’affaire représente plus du quart de l’activité économique mondiale. Or elles n’emploient que 18,8 millions de salariés, soit moins de 0,75% de la main d’œuvre planétaire ! (Source : le Monde Diplomatique, janvier 1997, p.1)
 
Autre exemple : ce cher Bill Gates. Microsoft faisait, en 1997, un bénéfice de 3,5 milliards de dollars (le Monde Diplomatique, janvier 1998 p. 26). En tenant compte de la différence entre le SMIC et le RMI (1217,91 € - 425,40 € = 792,51 € x 12 mois = 9510,12€ par an), cette somme permettrait de faire passer chaque année 368 029 RMIstes au SMIC à temps plein (3,5 milliards divisés par 9510,12). Les bénéfices d’une seule société ‘pèsent’ 368 000 personnes au chômage !
 
Combien il embauche de personnes Bill Gates ? 22 300 (toujours en 1997). Si on y ajoute 95% de sa fortune personnelle et 80% du salaire de ses 22 300 employés, ces 368 029 personnes pourraient être payées non pas au SMIC mais le double, le triple ? Et si on élargit le raisonnement aux 200 premières entreprises de la planète, ainsi qu’aux 200 plus grosses fortunes du monde du show-biz et du sport, on peut parier que ce n’est pas un pays comme la France qui peut sortir la tête de l’eau (elle peut très bien résoudre le problème avec ses propres richesses), ce sont l’ensemble des pays dits "sous-développés".
 
7 - Dernier verrou à faire sauter parmi d’autres encore, le plus important sans doute, c’est pourquoi je termine par lui : la prison affective dans laquelle nous habitons chacun d’entre nous avec des murs plus ou moins épais et dont il est si difficile de se libérer. Certains travaillent dessus, ça coûte cher la plupart du temps et c’est réservé à une minorité. Pourtant plein de moyens existent qui permettent d’avancer dans le labyrinthe angoissant de nos émotions retenues. Je vous en propose quatre : un CD audio de Jacques Salomé intitulé « Vivre la tendresse au quotidien » et les travaux d’Isabelle Filliozat (site : http://www.filliozat.net  ), Serge Tisseron et Marcel Rufo.
 
 
Une fois ces verrous levés, on peut parier que de nombreuses solutions émergeront (voir « L’impensable » annexe 3 ). Il restera à retenir les plus pacifiques. En voici une en guise d’exemple. On créé une société sous statut d’économie sociale et solidaire (ESS) ayant pour vocation de recueillir et redistribuer des fonds. Il s’agit de dons spontanés sollicités en priorité auprès des grandes fortunes, mais également auprès de quiconque voudra donner ce que bon lui semble. 10% de ces fonds seront affectés à la gestion de la structure. Dix autres pour-cent financeront un groupe de 22 personnes maximum, représentatives de la population (on peut imaginer de passer par un institut de sondage), qui auront pour tâche de décider en concertation de l’affectation des 80% de fonds restants. Ainsi ils pourraient décider d’affecter 40% à la lutte contre le réchauffement et la dégradation de la planète (voir ‘Scénario fictif optimiste’ au début de « Démocratie participative et écologie » annexe 1), 10% à la lutte contre la pauvreté, 10% à la transformation des entreprises en structures d’ESS, 5% à la promotion de la structure et à la création d’antennes dans les 5 continents etc.. … (il reste ici 15% à ventiler)
 
 
Remarque :
une redistribution financière massive, supérieure à celle qui pourrait être impulsée via cette société d’ESS, est un préalable obligatoire à toute modification d’ampleur de nos modes de vie (modification préparée à l’avance ou subie, comme par exemple les conséquences prochaines de l’inévitable explosion exponentielle du prix du pétrole au fur et à mesure de sa raréfaction). Pour simple exemple, la suppression de tous les emplois induits par la disparition de l’automobile-pétrole ne poseront pas de problème majeur si toute cette population concernée perçoit un revenu lui permettant de vivre et de s’investir dans des activités de proximité et d’entraide (voir « Idée simpliste », annexe 2). Retour au moyen-âge diront certains (nombreux)… Je sais mais, un, nous n’aurons pas le choix ; deux, on peut faire en sorte que ce soit un moyen-âge d’or sans les seigneurs-saigneurs et avec les avantages de la technologie moderne quand elle n’est pas polluante ; et trois, le gain de "bonheur" est inestimable entre le mode de vie majoritaire que nous connaissons actuellement en occident et un mode de vie traditionnel plein de solidarité de proximité. Finalement le progrès et la décroissance sont compatibles (voir annexe 4).
 
 
(1) C’est Raspoutine et Nino (Ferrer) dans ‘Corto Maltese en Sibérie’ (1979) p. 76. La bulle suivante vaut également le détour. Merci Hugo Pratt.
 
23 août – 4 septembre 2005
 
 
 
Annexes
 
2 Idée simpliste (6 décembre 2004)
3 L’impensable (28 octobre 2004)
4 La C…  (13 décembre 2004)
6 Retrouver un mode de vie naturel (3 novembre 2005)
Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
6 décembre 2004 1 06 /12 /décembre /2004 01:39

Si tout le monde gagnait à peu près la même chose, que se passerait-il ?

 

11fevr_045


Par exemple si l’écart de revenu était de 1 à 3 pour les actifs, et de 1 à 6 entre les mieux payés et les inactifs ? En considérant que ces mesures aient été mises en œuvre progressivement bien sûr.
 
Quand les chômeurs touchent 10 euros, les smicards en gagneraient 20 et les mieux payés 60.
 
Le simple fait de travailler permettrait à un chômeur de gagner deux fois plus.
 
Ça résoudrait la fameuse différence aujourd’hui insuffisante entre le RMI et le SMIC.
 
Le plus petit boulot serait vraiment incitatif.
 
La richesse nationale serait mieux répartie, et les plus riches se rendraient compte de ses limites.
 
Tout le monde dépenserait vraiment ce qu’il gagne, il n’y aurait que peu de marge pour placer son argent en bourse (si tant est que la bourse existerait encore à ce stade là).
 
Tout le monde ou presque serait imposable.
 
Si l’on réussit à faire appliquer cette mesure au niveau international, il n’y aurait plus de délocalisation puisque les surcoûts liés au transport ne pourraient pas être compensés par une diminution du coût de la main d’œuvre.
 
Que se passerait-il lorsqu’une entreprise se mettrait à s’automatiser fortement, réduisant sa main d’œuvre de manière drastique ? Les personnels licenciés pour cause de chômage technique ne se trouveraient pas dans les situations invivables que l’on connaît aujourd’hui puisque le RMI serait comparativement plus haut. Mais surtout les gains de productivité seraient obligatoirement redistribués – par exemple vers la trésorerie des fonds publics, ce qui permettrait de rehausser le RMI et du même coup tous les salaires se trouvant au-dessus - puisqu’on ne pourrait pas dépasser un écart de revenus de 1 à 6.
 
D’ailleurs qui serait « propriétaire » des entreprises ? Des patrons ? Pas sûr : ça coûterait trop cher pour un seul individu limité dans son pouvoir d’achat, les entreprises seraient plutôt le fruit de projets collectifs de type démocratie participative et seraient gérées collectivement (sous forme de SCOP http://www.scop.coop/ ).
 
Finalement tout le monde serait solvable, même les chômeurs s’ils existent encore, et du coup la consommation repartirait nettement à la hausse, à tel point qu’il faudrait prendre des mesures de décroissance au vu des conséquences environnementales engendrées. 
Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
30 octobre 2004 6 30 /10 /octobre /2004 21:26




Lendemain de cette journée où Pierre, ce jeune normand de 14 ans, pris d’une espèce d’envie de pisser alors qu’il faisait ses devoirs, a assassiné ses parents et son frère… « Il devait être fou », « c’est impensable » entend-on ici et là en écho aux commentaires merdiatiques qui nous ont déjà dit comment il fallait réagir à ce fait divers.
Tous ces gens qui ne réagissent pas au réchauffement climatique, à l’épuisement annoncé des réserves de pétrole, à l’explosion annoncée du parc automobile chinois, aux nitrates dans l’eau, aux pesticides et conservateurs dans la bouffe, etc., en se réfugiant derrière la responsabilité des élus pendant que ces derniers se réfugient derrière l’inertie du système et le poids des multinationales, et demain, dans 15, 20 ans, on dira qu’il est trop tard et qu’il fallait s’y prendre avant !
 
Si on y ajoute le chômage et le désœuvrement pour plus en plus de jeunes, qu’ils soient qualifiés ou non, l’insignifiance de la vie, l’indifférence devant la faim dans le monde et la misère des pays sous-développés et des pays développés, le tout enrobé de violence permanente à la télé, dans les journaux, dans les écoles, plus une absence presque totale de formation pédagogique chez les enseignants qui réduit l’éducation, que ce soit en classe ou dans les familles, à plus ou moins d’autorité, à trop ou pas assez d’autorité, sans concertation ni responsabilisation sincères, comment ne pas comprendre son acte ?
 
Sa famille était une famille modèle ? Et alors ? Modèle de quoi ? D’un monde comme celui-ci ?
 
Que faire ?

L’impossible, l’impensable pour n’importe quelle oreille conditionnée par le discours omniprésent de la pensée unique :

-   d’abord répartir les richesses pour que chacun trouve de quoi vivre, c’est-à-dire ramener les inégalités économiques (tous revenus confondus, qu’ils soient du travail, du capital ou de la solidarité) dans une fourchette de un à trois, ou de un à sept peu importe, même de un à vingt dans un premier temps ce serait déjà énorme*. Ce premier point c’est le socle, celui sans lequel rien d’autre ne peut être envisagé car son absence donnerait, comme il donne actuellement, au moindre argument libéral, un semblant de validité. L’accusation de communisme qui surgira de tout côté ne changera rien à l’affaire ;

-   dans le même temps et seulement à la condition que le point précédant soit mis en œuvre, réduire les naissances - un simple changement de discours y suffirait - afin de résorber progressivement la population humaine, première source des dérèglements écologiques actuels ;

-         ensuite tenir un discours de décroissance (finie la pub), vu que l’économie quasi-égalitaire ne sera plus tributaire de cette sacro-sainte croissance dont on nous rabâche les oreilles depuis un siècle et demie ;

-         mais en même temps prôner une consommation de qualité (finie la pub qui vente des produits de merde) en faveur de produits écologiques, naturels, non polluants, non toxiques, même s’ils coûtent plus cher, on s’en foutra puisque tout le monde sera solvable, et même s’ils causent du chômage dans les secteurs traditionnels – traditionnellement pourris comme la pub – on s’en foutra pour la même raison ;

-         stimuler, évidemment, le retour du jardin potager et les habitudes de vie de proximité, à commencer par les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, site :
www.allianceprovence.org ) qui permettent une vraie solidarité ;

-         etc., le reste viendra tout seul.
 
 
* « En 1950, les revenus cumulés des 10% des hommes les plus riches du monde étaient cinquante fois plus élevés que ceux des 10 % les plus pauvres. En 2000, le rapport est de quatre-vingt-dix ! » Cité par Hubert Reeves, dans « Mal de terre », page 195, mars 2003.
Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
5 juin 2003 4 05 /06 /juin /2003 19:34
 Si le projet de loi sur les retraites est voté le 10 juin prochain (2003) et appliqué, nous perdrons de 2 ans et demie à 3 ans de salaire au terme de notre espérance de vie (calculs effectués par des économistes d’attac*). Pendant ce temps si rien n’est fait, les revenus du capital continueront de progresser au détriment du revenu du travail. Et les inégalités croîtront encore.

Il sera beaucoup plus difficile de supprimer la loi que d’empêcher son vote. C’est pourquoi la grève, massive, dès aujourd’hui et avant le 10 juin, est vraiment nécessaire pour faire pression sur le gouvernement.

Quelques jours de salaire en moins valent mieux que 3 ans de salaire partis en fumée… c’est-à-dire dans la poche des actionnaires et des profiteurs des niches fiscales qui essaient de se faire discrets.

Que pèsent les échéances professionnelles, quelles qu’elles soient, quand dans les cinq jours qui viennent se joue un basculement ou non vers un creusement sans précédent des inégalités économiques dont nous ferons les frais ?

Pas de doute qu’une fois cette loi votée, c’est une explosion des revenus du capital qui nous attend, déjà 13% d’augmentation des bénéfices de Nestlé entre 2001 et 2002, 13 points qui ne sont jamais appelés à être redistribués.

La pyramide des âges, qu’ils nous disent ? Mensonge ! « L’avenir des retraites relève moins de la pyramide des âges que de la répartition des richesse produites » Lignes d’attac, janvier février 2003.

Nous avions cru que la mécanisation, l’automatisation et la robotisation allaient rendre le travail moins pénible… Il est temps que les profits engrangés soient partagés entre tous et que cesse le désastre économique engendré par les dividendes des actionnaires !


* Les valeurs retenues pour cette simulation ont été choisies de manière à obtenir des résultats nettement en deçà de la réalité.
 
1960 : les 20 % les plus riches à l’échelle mondiale possèdent 70 % des richesses
 
1997 : ces mêmes 20 % possèdent 86 % des richesses
 
 
1960 : les 20 % les plus pauvres possèdent 2,3 % des richesses
 
1997 : ils ne possèdent plus que 1 % des richesses
Rapport des Nations Unies

 
Monsieur Raffarin, votre politique contribue-t-elle à inverser cette tendance ?

Répondez à la question, Monsieur Raffarin !

La réponse est NON !

 
 
Un projet au moins existe, alternatif au vôtre et réaliste, celui de l’association attac. L’avez-vous lu, Monsieur Fillon ? Savez-vous qu’il existe, Monsieur Raffarin ? Il serait temps !
Ces arguments économiques valent également pour contrer la décentralisation. La fonction publique territoriale n’est jamais que l’anti-chambre idéale de la privatisation dont rêvent les libéraux, de droite comme de gauche, qui ne savent que raisonner dans le contexte étroit d’une économie libérale dont la première caractéristique, loin d’être la liberté, est surtout d’être fondamentalement inégalitaire !
Il n’est pas question d’appeler à un quelconque stalinisme mais à des formes plus souples de gestion politique, telles que la démocratie participative. Voir « Porto Alegre – L’espoir d’une autre démocratie », Marion Gret et Yves Sintomer, éd° La Découverte, mars 2002. Fiche de lecture sur ce blog : Démocratie participative et écologie.
Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article
5 septembre 2002 4 05 /09 /septembre /2002 18:56

Petite synthèse acerbe de la grande escroquerie cynique

 

 

            On a pu lire et entendre un peu partout depuis 1996 que les 358 personnes les plus riches de ce monde possédaient autant que les 2,3 milliards d’individus les plus pauvres. ( Et on peut lire dans la revue « Silence ! » de mars 2003 que ‘les 225 patrimoines les plus élevés de la planète possèdent autant que les 2,5 milliards les plus pauvres, soit 47 % de la population totale.’ Comme quoi l’écart continue bien à se creuser.)*

            Comme on sait aussi que la majorité de l’humanité vit dans des pays à la fois pauvres et totalitaires, on peut en conclure que plus de la moitié de l’humanité n’a pas son mot à dire quant à ces inégalités puisqu’elle ne participe pas au débat démocratique.

Quant à la minorité restante des privilégiés, habitants des pays riches et démocratiques, plus de 50% d’entre eux votent pour des politiques qui maintiennent cet état de fait inégalitaire. D’ailleurs on n’a pas vraiment le choix : la seule alternative qui nous est offerte par l’environnement médiatique est une alternative qui, elle aussi, justifie les inégalités citées plus haut.


           
Certes, d’autres choix échappent à ce contexte médiatique formaté : des partis politiques minoritaires souvent qualifiés d’extrémistes (ce qui renforce, voire explique leur situation minoritaire), soit l’abstention, soit l’implication dans des structures non politiques, associatives, caritatives etc. Mais pendant ce temps d’engagement, les urnes ont été remplies, la messe a été dite.

 


           
Rares sont ceux qui sont capables d’entendre qu’il y a un lien entre richesse des uns et pauvreté des autres. Car tirer sur ce genre de ficelle renvoie à des frayeurs comme nivellement par le bas, uniformité, communisme, morne plaine et j’en passe. Prenez l’expression « appauvrir les plus riches » par exemple, ce n’est pas bon, ça fait peur. Laisser des milliards de pauvres mourir de faim, on a l’habitude, mais prendre la décision, proposer ou seulement envisager d’appauvrir les plus riches, minoritaires, c’est impensable.

 




           
« Nous voulons des sous », oui, ça c’est correct. Mais demander à qui nous prendront ces sous, c’est déjà tabou. Si en plus, on suggère de les prendre aux plus riches, alors là c’est extrémiste.

 


           
Du coup, quand on y parvient, à avoir des sous en plus, c’est en les prenant dans le pot commun. Et on déshabille Pierre pour habiller Paul. Alors que Charles, Ernest-Antoine, Édouard et François-Xavier, intouchables, ont sur le dos cinq manteaux de fourrure et quinze pardessus.


           
À part ça, nous vivons dans un pays, dans des pays démocratiques. La démocratie ! Quelle valeur ! Quel refuge !

 

             Comment les dire, ces choses-là ? À qui ? « D’où tu parles, toi ? Extrémiste ! »

 


           
Elle est belle, la démocratie ! Passer sa vie à voir tous ces pauvres mourir – y compris dans des pays riches – et passer sa vie à voir tous ces gens accepter ça sans broncher parce que « le nivellement par le haut, c’est bien mieux », franchement, ce n’est pas joyeux.

           
La démocratie, c’est un processus de décision collective à l’échelle d’une nation et au-delà. Notre démocratie est foutue, puisqu’on ne parvient pas à décider autre chose que des fusions d’entreprise et des plans de licenciements, juteux pour seulement quelques actionnaires minables qui ne se rendent pas compte, ou s’en foutent, que leur jeu fait des morts à l’autre bout de l’axe économique.

 


           
Alors il existe d’autres voies que la démocratie à grande échelle : c’est d’une part la démocratie locale, participative, comme à Porto-Alegre (1,3 millions d’habitants) ou au Chiapas (grand comme la Bretagne) ou dans des écoles qui pratiquent la pédagogie institutionnelle (« L’école avec Françoise Dolto », en poche). Et c’est d’autre part le détachement progressif de la servilité salariale (encore heureux quand on a un boulot) pour retrouver dans tous les domaines de la vie une autonomie solidaire, faite d’échanges de proximité.

 


           
Le défrichage de ces deux voies est la seule issue, la seule stratégie possible. Mais tout est à faire. À commencer par la sobriété, et le culot. Avoir le culot de rouler à l’huile de friture avec une voiture diesel.

 


5 septembre 2002

 

 

* On sait aussi pour l’avoir entendu ici et là que les 3 personnes les plus riches au monde possédaient, il y a peu, autant que le PIB des 48 pays les plus pauvres. « Possédaient » car depuis ça doit être pire.

Repost 0
Published by Gorge Rouge - dans jade
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Gorge Rouge
  • : Essentiellement préparer l'après pétrole localement, fruit d'une quête tous azimuts pour comprendre ce monde de fous.
  • Contact

Profil

  • gorgerouge
  • Voir http://gorgerouge.over-blog.com/article-a-la-recherche-de-l-evidence-14-janvier-2011-65012602.html