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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 06:35
 Merci de bien vouloir faire suivre cette information à qui bon vous semble.
Deux autres lieux de parole partagée existent à Evreux à ma connaissance :
- au Gambetta en face de la gare, café philo tous les dimanche de 10h à 12h ;
- au Petit bruit de l'Oeuf dur, rue du Meilet, repère des amis de Là-bas si j'y suis le deuxième jeudi du mois à partir de 19h30.
Règles du café philo "perso" ci-dessous, utilisées au Régent à l'époque entre 1997 et 2003 et encore aujourd'hui à Bernay. 
 

        Sixième séance de café palabres à Evreux me. 18 juin 2014.

19h à l'@ Déli's Café

  (chaque 3ème mercredi du mois désormais en alternance au Kilucru à l'@ Déli's Café,

adresses plus bas)

 

 

Sixième (et dernière ?)  séance, un peu seul pendant la première heure mais avec Zineb qui m'a rejoint nous avons fini la soirée chez Fanfan au Dellys (Fanfan c'est un peu la Jeanne d'Evreux) et avec Antoinette et André  découverts ce soir-là nous avons passé une soirée géante, dont une boutanche de Champagne offerte par Antoinette.

 

Cinquième séance, 21 mai au Kilucru, 6 personnes, peut-on se passer de télé et de radio ? Qui sommes-nous ? Nous avons découvert le jovialisme. Discussions enflammées !

 

Quatrième séance, 16 avril chez Chriss, 5 personnes, la soirée est passée bien vite, on a décidé de continuer ! 

 

La  troisième séance, mercredi 19 mars au Kilucru, 6 personnes, l'ego, encore l'ego et plein d'autres sujets, en grand groupe toute la soirée terminée à 21h10 puis 22h30 pour les prolongations. Le respect est un thème à aborder ultérieurement, de même que le don, la parole, l'intelligence collective...

 

La seconde séance, mercredi 19 février chez Chriss, a réuni 12 personnes. Après une disposition par binômes qui a duré 45 minutes suivies d'un tour de parole en grand groupe, nous avons terminé à 6 par 40 minutes autour du thème : l'importance de l'ego.

 

La première séance, mercredi  janvier au Kilucru, avait réuni 14 personnes. Placés en binômes afin que chacun et chacune puisse parler, puis tantôt en ½ groupe, tantôt en grand groupe, les participants en sont sortis enthousiastes.

 

La grande majorité des participants étaient venus sur l’idée du café palabres, en curieux. Le thème de cette première séance : « le partage de la parole et donc du  pouvoir », peu mis en avant, avait échappé à la plupart.

 

Les thèmes des séances suivantes, les 3èmes mercredis de chaque mois, lieu vagabond, seront proposés et décidés sur place, en commun, par vote à main levée comme cela se fait souvent à Paris. La forme de partage et de circulation de la parole par binômes, fort appréciée, sera reprise.

 

En ces temps où tout le monde court, où la télévision nous coupe des autres, où les occasions de se parler en profondeur sont rares et où les bars sont de moins en moins fréquentés, les Brèves de comptoir auraient-elles fait fuir le client ?!, l’idée d’ouvrir un lieu de parole afin d’y faire revivre les palabres africaines, un lieu d’échanges ouvert à tous, ne pourra que satisfaire les amateurs de convivialité.

 

Pourquoi café palabres ? Les palabres sont une tradition millénaire africaine où les gens s’écoutent quotidiennement dans une ambiance détendue. Ils ont le temps. Et cette régulation du groupe par la parole a marqué de tout temps et en tout lieu et marque encore aujourd’hui l’organisation des sociétés archaïques dont le mode de vie a perduré depuis que l’homme est homme, depuis 200 000 ans.

 

Occasion d’éducation populaire, cet espace de rencontre se veut avant tout un lieu d’attention aux autres où la parole sera partagée plus que monopolisée.

 

L’animateur n’en est pas à sa première expérience : en 1997 sur une idée de Michèle RIVE (actuelle conseillère municipale d’Evreux) il avait déjà ouvert un « café philosophique » sur la place de la mairie d’Evreux,  au bar Le Régent – qui n’existe plus, puis a ouvert 5 ans après un autre « café philo » devenu « café débat » à Bernay.

 

« C’est le grand paradoxe des espaces de parole où l’on apprend plus à écouter qu’à parler et où l’on apprend plus la concision que le développement rhétorique.

Retarder ses réflexes d’intervention et être bref, apprendre à ‘‘ne pas s’écouter parler’’ comme dit l’expression : c’est surtout sur ces deux points que j’en ai gagné en 16 ans d’expérience de café philo.»

 

Contacts :

@ Déli's Café - 22 rue de l'Horloge, 27000 EVREUX - 06 52 42 97 78

et au Kilucru - 5bis, rue Franklin Roosevelt, 27000 EVREUX – 02 76 55 55 89 

(Chez Chriss - 28 rue Frankiln Roosevelt, 27000 EVREUX - 06 13 87 80 51)

 

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Café débat : règles de fonctionnement - juillet 2003

 

- ne pas se couper la parole, autrement dit retarder ses réflexes d’intervention ;

-    les interventions doivent être concises ;

-  parler fort en s’adressant à  la personne la plus éloignée de nous, même si l’on répond à une intervention de son voisin ;

-     éviter les apartés avec son voisin ou sa voisine ;

-      chacun peut intervenir autant que l’animateur pour réguler les débats ;

 

-     en principe le rôle de l’animateur s’arrête là, c’est-à-dire après avoir présenté les règles de fonctionnement ;

 

-  à ceux qui objectent qu’un débat sans animateur risque de verser dans     l’anarchie, il faut leur rappeler  l’adage de Proudhon : « la plus haute perfection de la société réside dans l’union de l’ordre et de l’anarchie » ;

-         à ceux (et celles) qui ne peuvent pas se passer des apartés, on peut leur dire que si on accepte les discussions par petits groupes de 2 ou 3 personnes nous ne formons plus un groupe mais plusieurs groupes, ça devient le ‘café du commerce’, ça n’est plus un café philosophique.

-         On peut leur dire aussi qu’il existe deux types de débats : les débats ordonnés et les débats désordonnés. Il s’agit de savoir de quel type de débat on veut.

-         On peut leur dire encore que les apartés ont été interdits d’autorité durant toute notre scolarité (et nous avons lutté contre cet interdit autoritaire en l’enfreignant, c’est-à-dire en chuchotant), alors qu’il s’agit ici de se gérer soi-même : si j’ai quelque chose à dire d’intéressant, ça doit l’être pour le groupe, pas seulement pour mon voisin. Et si je ne peux pas le dire à la seconde près parce que quelqu’un parle déjà, je dois accepter de retarder mon réflexe d’intervention.

-         Enfin, si ce que j’entends me hérisse le poil, il faut que je sache que c’est dans ce cas précis que ma tentation sera la plus grande de couper la parole, et que ce sera là le plus difficile pour retarder mon réflexe d’intervention. Mais aussi que ce sera là qu’il me faudra intervenir pour empêcher quiconque de couper la parole sous prétexte de désaccord indépassable du genre : « je ne peux pas laisser dire ça ! » Si, on peut laisser dire même n’importe quoi et y répondre, plus tard.

 

Pour joindre l’animateur : 06 30 04 73 44

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Published by gorgerouge - dans palabres
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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 13:16

Je remets ce texte en page d'accueil pour faire écho au thème du café philo d'hier 4 mai au Falstaff à Bastille : "La complexité, force majeure ?"

"Hou la la ! C'est beaucoup plus compliqué que ça !" dénonçait Miguel Benasayag quelques temps avant de se faire virer de France Inter, dévoilant du même coup le subterfuge des experts qui nous excluent de leur savoir, bras armé de leur pouvoir, tandis que de l'autre côté les merdias dominants nous désinforment à longueur de journée, voir

http://www.michelcollon.info/Exceptionnel-une-journaliste-RTL.html .

 

Le thème de ce 18 août 2010 était « Le progrès ».

 

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Serge nous parle d'une émission de télé récente sur les OGM, à laquelle participaient quatre experts dont il n'a pas retenu les noms.

 

Et l'un d'eux a dit que le principal problème des OGM était que, comme ils lutteraient contre la faim dans le monde, cela accroisserait la surpopulation qui elle-même accélèrerait notre perte !

 

Aucun commentaire de contestation dans la petite assistance (8 personnes), sauf de ma part mais je suis bien seul contre tous. J'ose contredire une parole d'expert, me prenant pour un expert moi-même. Norman Baillargeon (1), au secours ! Gilles-Eric Séralini (2), au secours ! Pierre Bourdieu (3), au secours ! Marie-Monique Robin (4), au secours ! Dominique Guillet (5), au secours ! Jean Ziegler (6), au secours !

 

Je m'en suis très bien tiré, mais ce qui m'intéresse ici est le double message qui serait passé et resté dans les têtes si je n'avais pas été présent.

 

Le premier message selon lequel la position de cet expert était la vérité, le second selon lequel on peut continuer à s'en remettre aux experts.

 

C'est ça le quotidien véhiculé par la télé : une incrustation dans nos cerveaux que nous sommes des ignorants devant s'en remettre aux experts qui, eux, savent. Dormez bonnes gens, il n'y a rien d'autre à faire. «Aies confiance» chantait le serpent dans Le livre de la jungle. Il chante tous les jours à qui regarde la télé quotidiennement.

 

Et sans ces connaissances sur les OGM glanées ici ou là (voir ci-dessous), je n'aurais pas pu répondre à cet autre participant du café philo, non contredit lui non plus, pour qui il était évident que les OGM permettaient de traiter moins les cultures, alors que c'est l'inverse exact puisqu'ils sont résistants aux insecticides.

 

D'où ma décision de mettre ce billet sur mon blog, histoire de participer à cette remise à l'heure nécessaire. Marginale, mais vitale. Marginale, forcément puisque pas reprise par les grands médias. L'essentiel est dans les marges disait mon « père spirituel » Michel Duval.

 

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(1) Ayant lu récemment le Petit traité d'auto-défense intellectuelle de Norman Baillargeon, j'y allais sans crainte aucune, alors qu'une participante apparue pour la première fois au café philo ce jour là me regardait goguenarde, en voyant comment j'osais me poser en contradicteur d'un expert télégénique avec autant d'assurance, avant même que j'avance mes arguments. Elle n'avait jamais vu ça, un tel culot, une telle inconscience vouée à l'échec puisque son sourire semblait dissimuler sa conviction selon laquelle je ne pouvais pas contredire un expert de manière convainquante.

 

(2) Sur mon insistance, Serge finit par se souvenir que l'un des experts présents était biologiste à l'université de Caen. Immédiatement j'interviens pour lui dire : « Eric-Gilles ou Gilles-Eric Séralini ? » « Comment dis-tu? » me fait répéter Serge. « Oui, c'était un nom comme ça, ça doit être lui ! » D'emblée le néophyte que j'étais sensé être passait pour un peu moins illuminé.

 

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(3) Je savais, pour m'être intéressé à Pierre Bourdieu (Sur la télévision, La sociologie est un sport de combat, L'opinion, ça se travaille...), qu'il y avait toutes les chances pour qu'à ce genre d'émission il n'y ait qu'un seul anti-OGM face à trois pro-OGM, sans compter l'animateur probablement plutôt pro lui aussi. Dans ce contexte, j'imaginais bien, alors que Gilles-Eric avait épuisé son temps de parole et surtout s'était épuisé à donner la contradiction non seulement face aux trois autres, mais aussi face à l'omniprésence des positions plutôt pro OGM sur les médias dominants en général, positions incrustées dans nos têtes, j'imaginais bien qu'à ce coup fatal, porté peut-être en fin d'émission, par notre expert inconnu selon lequel les OGM luttent contre la faim dans le monde en accroissant la surpopulation qui elle-même accélèrera notre perte, Gilles-Eric n'avait pas pu répondre. Et l'inconnu avait réussi ce tour de passe-passe machiavélique en ne laissant dans le souvenir de mon Serge que celui-ci, doublement faux [voir (4)], mais le seul à avoir été rapporté ce 17 août. Et si Serge avait retenu cette seule formule frelatée, combien d'autres téléspectateurs étaient-ils tombés dans le même piège ? Sans compter l'acquièscement des six autres personnes présentes à cette séance de café philo !

 

(4) Doublement faux, cet argument l'était par le fait que les OGM ne résoudront PAS la faim dans le monde, et par cet autre fait que, par suite, la surpopulation ne nous conduira pas à notre perte. L'expert escroc créait ainsi une fausse peur pour nous faire croire à son mensonge. J'avançais mes arguments en m'appuyant sur Le monde selon Mosanto, film (et livre que je n'ai pas lu) de Marie-Monique Robin => http://robin.blog.arte.tv , et surtout en insistant sur cette date, 1996, à partir de laquelle Monsanto utilise comme argument de vente de ses OGM qu'ils lutteront contre la faim dans le monde. Un argument de marketing pur et simple, sorti du jour au lendemain du chapeau sur service de communication de l'entreprise. Alors que les travaux de Marie-Monique Robin, Jean-Pierre Berlan, Gilles-Eric Séralini et tant d'autres montrent que le seul objectif des OGM est de gagner de l'argent en rendant les paysans dépendants des firmes agro-industrielles, dans la mesure où ils deviennent obligés de leur racheter leurs graines chaque année, au lieu de resemer une partie de leur récolte comme cela se fait depuis la nuit des temps.

 

26 août, trouvé (encore !) sur http://miiraslimake.over-blog.com :

http://www.noslibertes.org/doc/mondialisation/OGMUnProjetEugeniste.pdf

 

(5) Merci à Dominique Guillet pour sa piqûre de rappel à travers son film, Titanic Apicole, dans lequel les OGM et les semences sont montrés comme le premier fléau qui nous menace, devant la perte de fertilité des sols.

 

(6) Enfin, merci à Jean Ziegler qui m'a permis d'attaquer d'une manière fort percutante ma diatribe anti-OGM en me référant à la page 140 de sa version poche de La haine de l'Occident. Il décrit comment, en Inde, «le paysan devra payer le prix (exorbitant la plupart de temps) imposé par les sociétés transcontinentales de l'agrochimie.» Il y rapporte qu' «Entre 2001 et 2007, 125 000 paysans indiens se sont suicidés, tant la libéralisation de l'agriculture les a appauvris.» Puis il décrit cet «étrange rituel qui préside au suicide», que j'ai raconté ce 17 août, lorsqu'ils s'isolent pendant plusieurs jours, puis sortent de leur isolement pour boire d'un trait un bidon de pesticides. «Il meurt lentement dans de grandes souffrances.»

 

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23 août 2010 :

http://miiraslimake.over-blog.com/article-eugenisme-et-racisme-social-46598425.html

 

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25 novembre 2010 :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=20836

 

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20 janvier 2011 :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4539

 

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Published by Gorge Rouge - dans palabres
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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 04:50
J'ai écrit ce texte fin 2003, soit 7 ans avant la lecture du Manuel de transition.
 
et présentation de « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie »,
Marion Gret et Yves Sintomer,Ed° la découverte, mars 2002,
10 € en livres rares et anciens sur la toile le 11 novembre 2007.
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dimanche 27 janvier 2013 :
sur Face de bouc j'ai trouvé ça :

Hubert Reeves:
"Mal adapté parce que trop bien nanti, néfaste à l'équilibre biologique de la planète, l'être humain serait-il en définitive une erreur de la nature ?"
 
Ma réponse :
il est bien gentil Hubert Reeves, dont le bouquin "Mal de terre" a été fondateur pour moi, mais si depuis lors il s'était rapproché des territoires en transition son discours serait moins catastrophiste, version "continuer à l'identique ou disparaître". Voir ci-dessous . Texte écrit en 2003, depuis je me suis moi-même transformé en conférencier, mais Hubert Reeves attirerait des foules, pourquoi est-il passé à côté de Rob Hopkins ? Mystère ! Voir http://gorgerouge.over-blog.com/article-manuel-de-transition-1-4-29-decembre-2011-95401286.html
Bonnes lectures !
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Scénario fictif optimiste
Ce texte a été écrit en 2003.
 
Avril 2004. Hubert Reeves donne une conférence dans la salle des fêtes de Bernay, ville normande de 12000 habitants. C’est le coup de tonnerre, assourdissant : en une soirée, les 240 habitants présents (2 % de la population) prennent conscience que d’ici 50 à 100 ans, la terre se réchauffera de 5,8 degrés. (Changer à volonté la date, le nom de la ville, le nombre de ses habitants et des présents).
 
Avril 2005. Le processus participatif mis en place à Bernay a transformé les projets environnementaux en priorité des priorités : c’est une question de survie, globalement et, donc, localement. Un coefficient de 5 sur 5 a été attribué aux projets qui visent à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. De plus il s’avère que ces projets sont portés par une part massive de la population : 12 % des habitants ont soutenu au moins un projet dans ce domaine, sur une participation totale de la population de plus de 16 ans ayant pris part au processus participatif s’élevant à 14 %.
 
Juillet 2005 Seul le levier participatif a permis de mettre les pieds dans le plat du réchauffement climatique (quel élu pourrait aller si loin dans sa lucidité comme dans ses objectifs sans passer pour un illuminé ?!). Mais le bras de fer que l’on pourrait qualifier de lobbyiste commence sur le terrain juridique. Le projet consiste à faire rouler les bus et les véhicules municipaux aux agrocarburants locaux (100 % huile de tournesol ou de colza) tout en convertisant les pâturages en cultures de protéines végétales (quinoa, amarante) et en tournesol et colza. Mais rapidement ce projet se heurte à l’obligation de payer la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) alors que les biocarburants ne sont ni des produits pétroliers, ni des produits fossiles, ni des produits polluants ! Non seulement l’argument économique ne tient pas debout (refus d’une diminution des recettes de l’Etat du côté gouvernemental, impossibilité de payer la TIPP du côté de Bernay, sans quoi le passage du pétrole aux biocarburants serait un gouffre financier), mais surtout l’enjeu écologique laisse inflexible le gouvernement, lié aux milieux financiers lobbyistes les plus puissants.
 
L’affaire est portée devant le Conseil d’Etat.

(En fait, "depuis 2002 la filière des agrocarburants bénéficie d'une réduction de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ainsi qu'une taxe générale sur les activités polluantes, qui oblige les distributeurs à incorporer des biocarburants à la pompe dans une proportion qui devra atteindre 10% en 2015", trouvé dans L'âge de faire de janvier 2008. Le problème n'est pas pour autant résolu : "La loi de finance 2008 pourrait bien réduire (de 30% environ) les avantages fiscaux dont bénéficient les producteurs d'agrocarburants" - même source.)

De plus une relocalisation économique massive se met en place sous forme d'économie sociale et solidaire : maraîchage biologique de proximité avec une forte dimension donnée à la redécouverte d'espèces anciennes en partenariat avec Kokopelli, artisanat local sans utilisation d'énergies fossiles.
 
Août 2005, le Conseil d’Etat tranche en faveur de la suppression de la TIPP envers les agrocarburants pour les transports publics, arguant principalement de l’urgence écologique.
 
Avril 2006. L’initiative locale de Bernay, soutenue par les multiples municipalités à avoir mis en place un dispositif de démocratie participative, a fait des petits. Les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre éclosent de partout, jusqu’à modifier radicalement le mode de vie d’une partie croissante de la population des pays développés.
 
Avril 2008. Publication des premières estimations fiables et moins alarmantes que celles annoncées en avril 2008. En comptant avec l’inertie du phénomène enclenché, l’arrêt du réchauffement climatique d’ici une centaine d’années est peut-être encore possible. Il est trop tôt pour savoir à quelle température cette stabilisation prendra effet, et si les 5,8 degrés de plus annoncés dès l’été 2003 seront atteints ou dépassés.
 
30 décembre 2003.
 
     La Boca

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État des lieux
 
La réflexion qui me vient le plus souvent à l’esprit en découvrant les articles et les réactions à la Démocratie Participative (DP), c’est de me dire que c’est bien dommage que leurs auteurs n’aient pas lu « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie » de Marion Gret et Yves Sintomer.
 
L’exemple le plus caricatural est celui-ci : le 17 novembre 2003, je participe à un colloque organisé à Rouen par le Conseil Economique et Social de Haute-Normandie sur le thème : « décentralisation et démocratie participative ».

Deux constats se sont avérés criants :
1- tous les intervenants étaient d’accord pour affirmer que, au final, c’est toujours l’élu qui décide (alors que c’est le contraire à Porto Alegre !)
        2- aucun d’entre eux ne connaissait l’existence du livre « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie ».

Autrement dit (et je l’ai dit au micro en plus d’indiquer ce livre), le thème qu’ils traitaient ce jour là et celui pour lequel j’étais venu portaient tous les deux le même nom mais étaient deux thèmes différents.

 Autre exemple de ce grand écart entre ce que les gens ont à l’esprit quand ils pensent à la DP et ce qu’il est décrit dans le bouquin de MG  et YS : fin novembre 2003 je rencontre une copine qui me confirme que ce n’est pas facile d’instaurer un processus participatif en France en s’appuyant sur son expérience selon laquelle quand on demande aux gens ce qu’ils veulent, lors de réunions publiques, on obtient bien quelques réponses, mais quand on demande qui veut s’en occuper il n’y a plus personne. Chez elle aussi, sa représentation de la démocratie participative est très éloignée de ce qui se pratique à Porto Alegre où les citoyens font des propositions qui seront retenues ou non, mais où ils n’ont en aucun cas la responsabilité de les mener à terme : ceci est l’affaire des élus (sous le contrôle des citoyens) et des professionnels (employés municipaux et sous-traitants privés).

 J’ai l’impression permanente qu’en France (sauf peut-être à Morsang-sur-Orge dans l’Essonne ?) dans le meilleur des cas, celui des tentatives sincères pour instaurer un processus participatif, le temps et les énergies sont consacrés à essayer d’inventer quelque chose de mièvre, une participation de façade dans laquelle l’objectif est pipé puisqu’au bout du compte ce sont toujours les élus qui décident, alors qu’il existe une structure participative, très bien décrite dans l’ouvrage cité ci-dessus, dans laquelle ce sont les participants, tous ceux qui veulent participer, qui proposent et qui définissent eux-mêmes les critères prioritaires de sélection ou de rejet parmi les propositions faites.

Faute de critères clairs et de règles objectives communes à tous, c’est, en France, la plupart du temps la place libre aux groupes de pression et à la « spontanéité populaire ».

Le malaise est d’autant plus grand que cette permanence de sensation est présente aussi lors de la lecture de la revue dont l’objet est de promouvoir la DP, la revue Territoires. Yves Sintomer, l’un des deux co-auteurs de « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie », a beau faire partie du comité de rédaction de Territoires, ça ne change rien au constat.

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Longo maï
 

Avant de présenter cette fiche de lecture sur la démocratie participative telle qu’elle s’est mise en place à Porto Alegre 15 ans durant, durée au bout de laquelle le Parti des Travailleurs a perdu les élections, je veux vous présenter une autre expérience que j’ai découverte pendant l’hiver 2007 en lisant « Longo maï, vingt ans d’utopie communautaire » écrit en 1993 par Luc Willette (Éditions Syros, épuisé).


Ces extraits des pages 98 à 100 décrivent leur fonctionnement.
 

Longo maï, réseau communautaire dont l’épicentre se trouve en Haute-Provence près de Forcalquier, va fêter ses 35 ans en 2008.

 

« Rien n’étonne plus un militant politique – communiste, socialiste ou gauchiste – débarquant à  Longo maï que d’apprendre qu’il n’y a jamais d’élections, jamais de motions, jamais de textes soumis au vote des camarades. Ni président, ni secrétaire général, ni trésorier, ni congrès. Rien de tout ce qui fait un parti conscient et organisé. « Mais s’il n’y a pas d’élection, qu’advient-il de la démocratie ? s’étonnera le visiteur. Et si je ne suis pas d’accord avec la ligne suivie, et si je veux proposer une autre ligne, comment faire sans un congrès, des votes, des candidatures, des majorités, des élus ? »

Eh bien, non ! Il n’y a rien de tout cela à Longo maï. Pas de règlement intérieur, pas d’élection, pas de majorité et de minorité, même s’il y a parfois des oppositions. Le principe est celui de la démocratie directe et permanente. « On fonctionne au niveau humain, explique Mathieu, pas au niveau formel. » Des congrès, pour quoi faire ? Puisque, tous les soirs ou presque, a lieu à Grange-Neuve une assemblée générale informelle où l’on discute de tout. De la politique agricole interne à la guerre du Golfe, du financement d’une campagne antifasciste en Carinthie à l’attitude de tel coopérateur qui renâcle trop souvent au ramassage des framboises. Bien sûr, ces réunions informelles tournent parfois et même souvent à la dispute. Pas un seul des coopérateurs – Rémi excepté – qui n’ait vu un soir tout le monde lui tomber dessus. Et on ne mâche pas ses mots. « Les Germaniques, me dit Elke, ne comprennent pas toujours ces séances d’engueulades.

« Ça a du bon, rétorque Bertrand, on s’engueule un bon coup et le lendemain c’est fini, on n’en parle plus. Ça vaut mieux que de garder les choses sur le cœur et de les ressasser pendant des semaines. Ça permet à la fois de vider les abcès et de resserrer les liens.

Sur le moment, ça secoue. Une sorte d’électrochoc. Un côté psychothérapie de groupe. Certains n’y ont pas résisté et sont partis. D’autres ont encaissé. « Quand j’en ai marre du collectif et des engueulades, m’avoue Marie-Pascale, je vais parler avec mes oies. » Certains m’avouent que ces séances sont difficiles à supporter. Rémi notamment est parfois très dur. Les mots sont cinglants et font mal. Pour sa part, François estime que « les engueulades n’ont jamais fait de dégâts. C’est fait avec délicatesse malgré les décibels (…) »

Je ne suis pas totalement convaincu. Je n’ai jamais assisté à de telles séances et je n’en ai – pas encore – été victime, mais je connais certains qui en ont souffert. Ils restent fidèles au mouvement mais certains sont blessés pour longtemps. »

(…)

C’est au cours de ces assemblées générales quotidiennes que tous les problèmes généraux et individuels sont réglés et toutes les décisions prises. Pas besoin de vote, la majorité se dégage très bien dans la grande salle. Si l’un d’eux n’est pas d’accord, il le dit. S’il persiste dans son désaccord, il peut s’incliner et rester. Si le désaccord est trop important, l’engueulade trop forte, il peut toujours s’en aller. Personne n’est exclu, mais tout le monde peut toujours partir. Et pratiquement, tous ont, un soir ou l’autre, été tentés de partir, de retourner à une vie plus facile, moins mouvementée, plus douce. Guido, par exemple, et Dieu sait que Guido est solide, m’avoue qu’une année il en a eu tellement assez qu’il a fichu le camp et pris le train pour l’Italie. « Mais, à peine débarqué à Turin, j’ai senti tout ce qui allait me manquer. Je n’ai même pas pris la correspondance pour chez moi, j’ai repris le train pour la France, et je suis revenu à Limans. » Etc.


D'autres infos sur Longo maï en fin de Démocratie participative, encore - 23 juin 2008




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« Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie »,
Marion Gret et Yves Sintomer,Ed° la découverte, mars 2002.
 
Un résumé n’est pas possible tellement ce (petit) livre (135 pages petit format) est dense. S’il faut en extraire l’essentiel, ce serait (très subjectivement) ceci :
 « La mise en place du budget participatif ne résultat pas de l’application d’un programme d’action préalable et fut plutôt le résultat inattendu de la volonté initiale de favoriser la participation aux circonstances du moment ». p.57-58. Autrement dit la DP reste à inventer et la description de Porto Alegre n’est qu’un exemple dont on peut s’inspirer, mais pas un exemple à recopier tel quel.

Ceci dit le fond philosophique qui a garanti la réussite du processus est exprimé par cet objectif de justice sociale clairement affiché par l'équipe municipale : "l'inversion des priorités" que l'on peut comprendre par : servir d'abord les plus oubliés. La population a senti ainsi d'emblée qu'elle ne jouerait pas le didon d'une mauvaise farce.

 
Porto Alegre est une ville brésilienne d’1,3 millions habitants répartie en 16 secteurs (ou arrondissements) ; le processus participatif y est en place depuis 1988.
6 % de la population des adultes prend part au processus participatif. p.76.
Assemblées et Forums :
35 assemblées plénières locales s’y tiennent chaque année, de 100 à près de 2000 habitants y participent. Ces assemblées permettent de désigner les délégués aux seize Forums de secteur.  16 Forums de secteur : prise de parole sur inscription, 3 minutes de parole maximum. p.36-37.
C’est au niveau des secteurs que les Forums de délégués définiront de façon formalisée une liste hiérarchisée des interventions jugées prioritaires, ordonnée par quartiers et par thèmes.
Répartition budgétaire :
La répartition budgétaire du processus participatif se fait en fonction d’un paramètre « majoritaire-démocratique » (+ les habitants sont nombreux à se mobiliser, + leurs propositions de dépenses sont prises en compte), ce paramètre majoritaire-démocratique étant lui-même pondéré par un critère visant à limiter les déséquilibres démographiques entre les secteurs (coef.2), d’un critère de priorités établies par les habitants (coef.5, les dépenses publiques étant réparties en 13 domaines), d’un critère de carences en services et infrastructures (coef.4, en fonction d’un indice construit par les services techniques de la municipalité), et en fonction d’une logique technique (depuis 1992) selon laquelle les services municipaux effectuent une évaluation préalable de la faisabilité et de la rentabilité des projets.
 
L’essentiel est de comprendre que la DP se fonde sur ‘‘des règles objectives qui ne varient pas d’un quartier à un autre et des critères transparents ’’. p.25.
___________________________
 
 Pour entrer un peu plus dans le détail et pour faciliter la lecture du bouquin (ça devient très technique) :
 
1er paramètre (logique majoritaire-démocratique) p.45 : le nombre des délégués au Forum de secteur est déterminé en fonction du nombre de participants inscrits dans les assemblées plénières (1 délégué pour 10 présents jusqu’à 100 participants, 1 pour 14 présents jusqu’à 200 et ainsi de suite de façon décroissante au-delà). Au niveau microlocal, cette logique majoritaire-démocratique constitue une forte incitation à la participation. (Cette logique est en revanche largement neutralisée lorsque l’on passe à l’échelle de la ville : chaque quartier élit le même nombre de représentants à la structure participative, quel que soit le nombre des personnes qui ont été présentes aux assemblées.)
1er critère (priorités établies par les habitants, coef.5) p.46 : chaque secteur doit sélectionner 4 priorités (note de 1 à 4) parmi 13 domaines possibles d’intervention publique (traitement des eaux, habitat, voirie, éducation, assistance sociale, santé,transports et circulation, aires de loisir, sport et loisirs, éclairage public, développement économique, culture, et assainissement de l’environnement).
La 1ère matrice (priorités thématiques), bas p.47 – haut p.48 : répartit les dépenses entre les différentes administrations municipales.
2ème paramètre (logique de justice distributive) p.48 : il s’exprime à travers les carences en services et infrastructures qui affectent chaque secteur. En fonction d’un indice construit par les services techniques de la municipalité, les secteurs se voient attribuer une note allant de 1 à 4 par ordre croissant de carence (2ème critère, coef.4). p.49
Le 3ème critère p.49 vise à limiter les déséquilibres démographiques entre les secteurs. Note de 1 à 4 en fonction de la population de chacun d’entre eux : 1 pour un secteur de moins de 25000 habitants, 2 entre 25001 et 45000 habitants, 3 entre 45001 et 90000 habitants, 4 au-delà. (coef.2) 
En cumulant les notes attribuées en fonction des 3 critères formalisés, multipliées par leur coefficient respectif, on aboutit à une 2ème matrice de répartition qui pondère les demandes des secteurs en fonction de la population et du niveau de carence. p.49.
3ème paramètre (logique technique) p.52.
 La 3ème matrice p.49 permet de calculer les sommes qui vont effectivement être attribuées à chaque secteur.

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Sur l'Economie Sociale et Solidaire et Longo Maï, voir
économie sociale et solidaire et Longo Maï, 11 octobre 2009

 

                                      http://microcosmos.unblog.fr/



Bibliographie
pour tenter d’acquérir un tempérament d’animateur d’un processus participatif :
 
« Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie », Marion Gret et Yves Sintomer, Ed° la découverte, mars 2002. (7,50 € en 2003).
 
Territoires, revue de l’ADELS (Association pour la Démocratie et l’Education Locales et Sociale), site : www.adels.org Tél : 01 43 55 40 05 ; abonnements : 01 44 84 85 20. Dernier dossier de novembre 2003 : Agir localement contre le réchauffement climatique. Il faut absolument se le procurer pour un complément d'info qui concerne autant les citoyens 'Lambda' que les élus, à commencer par ceux des collectivités territoriales ( faites-leur suivre ce courriel, ou mieux, offrez-leur via vos associations le n° Territoires du mois de novembre 2003 avec une info publique par voie de presse). On y découvre beaucoup d'initiatives qui sont source d'espoir, et que si tout reste à faire, tout est faisable !
L’ADELS organise également des journées ou stages de formation à la DP.
 
« Une saison en banlieue », Adil Jazouli (épuisé mais se trouve encore facilement en occasion…),
 
« L’école avec Françoise Dolto », Michel Amram et Fabienne D’Ortoli (10 premières années dans l’Eure à la Neuville du Bosc, entre Le Neubourg et Le Bec Hellouin) en poche  (voir Fiches de lecture  à la fin de ce blog) ; voir aussi Bonjour ! 20 décembre 2008
 
« L’indien qui est en moi », Adalberto Barreto, où l’on voit à quel point la culture brésiliene est prédisposée à adopter un fonctionnement participatif, où la parole des faibles et des exclus est facilement entendue en priorité dans un groupe, et où l’on comprend, finalement, comment « l’inversion des priorités » a pu être l’une des lignes directrices, dans les mots et dans les faits, à Porto Alegre.
 
« Pour une démocratie participative » Antoine Bevort, presses de sciences po, septembre 2002. On y découvre notamment que la liberté des anciens était la concertation alors que la liberté des modernes est devenue l’individualisme.
 
 
_________________
 
 
Après 15 ans d’existence, les élections municipales de Porto Alegre n’ont pas reconduit l’équipe qui portait le processus participatif mais celui-ci subsiste apparemment, ainsi qu'ailleurs sous bien d’autres formes, voir par exemple dans le champ professionnel en Argentine le film « The take. »

___________________

 


Épilogue. Ou de la perception « à la française » de la participation citoyenne…

Le 25 février 2004, je reçois par la poste les actes du colloque du 17 novembre 2003 :  « Quelle démocratie participative pour réussir la décentralisation ? ».

Mes deux interventions y sont retranscrites comme suit :

La première (p. 40) :

« Monsieur Dermagne a évoqué Lula et Pôrto Alègre mais a omis d’indiquer que l’expression « démocratie participative » provient du dispositif de gestion municipale mis en place à Pôrto Alègre. Je vous invite tous à lire l’ouvrage « Pôrto Alègre, l’espoir d’une autre démocratie » ainsi que la revue « Territoires » de l’association ADES. J’ai animé, le 6 novembre dernier, une soirée d’information-débat en m’appuyant sur ce livre. Je suis disposé à renouveler cette expérience. »

Et la seconde (p. 62) :

« J’interviens à titre individuel. Je vous ai précédemment donné un principe fondamental de la démocratie participative telle qu’elle s’exerce à Pôrto Alegre : n’importe quelle association peut se constituer pour formuler, dans tous les domaines, des propositions concrètes, lesquelles seront ou non retenues. Ainsi, les corps intermédiaires peuvent se développer dans la mesure où ils seront pris en compte, selon des règles objectives. Ce dispositif répond aussi à la préoccupation de Monsieur BARBOSA sur le manque de subvention puisque, si une proposition est  retenue, l’association qui l’a avancée reçoit des fonds. »

D’abord, deux fautes d’orthographe à Porto Alegre…

Ensuite, concernant ma première intervention, personne ne voit l’intérêt qu’il y a à lire un bouquin, plus une revue (de l’association ADELS, et non pas ADES…), et m’inviter à faire une soirée d’information-débat sur un thème qui est précisément celui du colloque du jour ! C’est que l’essentiel de mon intervention a été censuré, ce qui non seulement la vide de son sens, mais surtout me fait passer pour une espèce d’illuminé qui croit qu’à lui tout seul en une soirée il peut faire mieux que le CES de Normandie en une journée dans un amphithéâtre des plusieurs centaines de personnes dont le Préfet de Région, le Président du CES national, le philosophe Alain Etchegoyen etc.  : l’important, c’est bien, ainsi que je l’ai dit, que le thème qu’ils traitaient ce jour là et celui pour lequel j’étais venu (pour lequel nous étions venus ?) portaient tous les deux le même nom mais étaient deux thèmes différents ! Participation effective d’un côté, concertation de façade le plus souvent de l’autre. Il y avait tromperie sur la marchandise. C’est quand-même un comble, pour le compte-rendu d’un colloque sur la démocratie participative, de déformer à ce point l’intervention d’un participant !

Quant à ma seconde intervention, j’ai d’abord dit qu’à Rouen en ce 23 novembre, tous les intervenants étaient d’accord pour affirmer que, au final, c’est toujours l’élu qui décide, alors que c’est le contraire à Porto Alegre ! Nouvelle censure.

Et puis, surtout, si une proposition est retenue, les crédits correspondants sont débloqués, mais en aucun cas ils sont versés à l’association qui a proposé l’action ! Au contraire la gestion et la réalisation du projet sont du ressort des techniciens et des élus, sous le contrôle des citoyens. Nouvelle déformation ou erreur de transcription. Ça fait beaucoup, pour dix lignes de compte-rendu d’intervention.

 (28 février 2004) - suite ici

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 19:27

Ce texte a été écrit avant la lecture du Manuel de transition.


Un lien avant de commencer :

www.jardindes400gouts.org

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3412029127_cce063a922.jpg                                        Paon de jour - site le moulin de prey

 

Ce texte est dédié au voyageur inconnu rencontré le 27 mai 2010 dans le train. Discussion sur la grève SNCF. Et de ma part Le PLan B, inévitablement. Des reportages sur les interviews censurées des chômeurs, sur leurs réelles revendications. Le fait que le PLan B sorte son dernier numéro avant fermeture. "Mais est-ce que ça sert à quelque chose, tout ça ?" me demande ce voyageur devant mon enthousiasme. Je réponds par l'affirmative, sans hésiter une seconde. Je réponds par l'existence de mon blog. Je m'éclate à écrire mon blog. Je m'amuse comme un fou.


Ce "billet" est consacré à la question suivante, essentielle malgré son apparence "gnan-gnan" : comment se fait-il que ce blog, qui me passionne tellement, intéresse si peu les gens ? Pourtant c'est loin d'être un blog nombriliste du genre journal intime : j'essaie plutôt d'y comprendre le monde qui m'entoure, les injustices, de traquer les fausses solutions, et de trouver des solutions plus fiables. En l'occurrence il peut, de mon point de vue, répondre à la "désabusion" (titre d'une chanson de Nino Ferrer) de ce voyageur.

De mon point de vue il y répond. Mais pas du point de vue de tous les lecteurs. Où réside ce décalage ?

Je fais l'hypothèse que ce que j'y écris est gênant, d'une certaine manière désagréable à lire : j'y écris des choses qui dérangent. Des arguments étayés, des sources citées, des injustices évidentes, des solutions pas forcément faciles à mettre en place mais accessibles pour tout un chacun (à l'inverse des solutions qui dépendent des experts ou des politiciens), et aussi des solutions qui nous impliquent.

Mais nous sommes tellement déresponsabilisés de nos jours ! Envahis par cette vie par procuration, par cette démocratie représentative, délégataire. Moi elles me plaisent, ces solutions, parce qu'elles me semblent à portée de la main et passionnantes à mettre en place ou à tenter de mettre en place. Et cette implication m'apparaît comme un jeu, un défi rempli de relations humaines riches.

 

 

Je fais cette autre hypothèse, que je suis perçu comme un électron libre qui n'a aucune légitimité face aux célébrités intellectuelles, locales ou nationales, qui répètent invariablement le contraire de ce que je peux dire, de ce que nous pouvons dire. Mes sources d'information, argumentées mais minoritaires numériquement, ne sont peut-être de ce fait même pas prises au sérieux.

Les sources d'information. La clé de tout. "Dis-moi à quelles sources tu t'informes, je te dirai qui tu es."

Prenons les films.

Autant de films que j'ai vus. Et qui m'ont retourné.

Nos enfants nous accuseront. Solutions locales pour désordres globaux. Le Titanic apicole. Bonheur national brut. Gold Men, résistants pour la terre. We feed the world. Le monde selon Monsanto. Chomsky & Cie. Les groupes Medvedkine.
 
Autant de films qu'ils n'ont pas vus.

En revanche ce qu'ils ont dans la tête je le sais. Nous le savons tous à peu de choses près.

Exemple vécu : "l'écart de revenus entre le SMIC et le RSA est trop faible, ce qui n'incite pas à travailler pour le même revenu ou presque, et comme les patrons ne peuvent pas augmenter le SMIC, il faut baisser le RSA".
Ou encore : "le travail au noir est la cause de tout".
Et celle-là aussi : "les dégâts du boursicotage ? Bah ! Si c'est pas moi ce sera un autre !"
Ou bien : "vas-y Robin, c'est très bien ce que tu fais ! (militer à Attac et autre) Je suis avec toi !"

Tout ça chez Doudou, appelons-le ainsi, une seule et même personne.

 

902803726_3938f5460a.jpg                                                                            Macaon

 

Et puis nous connaissons ce qu'il y a dans Le Figaro : la même chose à peu près que sur France-Info.

Mais eux ne savent pas ce que nous avons dans la tête. Ils sont ignorants. Ils n'ont pas vu tous ces films, ne lisent pas toutes ces revues, n'écoutent pas Mermet, ne lisent pas nos livres. Leur domination repose sur leur ignorance et leur cécité.  Ils refusent le dialogue. Ils font l'autruche. "Mais allez-y ! Prenez le pouvoir et faites changer les choses ! C'est ça la démocratie !" Doudou encore.

Eux ont TF1 dans leur manche.

Nous, nous avons la Commune de Paris : 10000 à 17000 victimes. Mais nous sommes encore là : nous repoussons sur le terreau de leur injustice.

Ils n'ont pas de temps à perdre à visionner tous ces films, à découvrir et reconnaître les dégâts de leurs actions : "Bah !" me disait Doudou, s'ensuivait un long silence, du genre "de toute façon on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs" ou encore "je ne vais commencer à rentrer dans ton jeu : j'suis pas sorti de l'auberge !" ou bien encore, expression entendue ce midi : "on aurait tort de se priver !" à propos d'un voyage "tout compris" en Irlande pour "seulement" 2000 €...
Vous vous demandez quelle durée, ce voyage ? Pas moi.


J'en viens au fait. Je mets les pieds dans le plat : qui c'est, "eux" ? C'est NOUS. Nous SOMMES les dominants. Nous avons intériorisé leur représentation du monde.


Exemple. Mon blog n'est pas militant : il est alter-militant, car leur représentation du monde, à tous ces doudou, est un militantisme omniprésent que nous ne voyons même plus tellement il se confond avec le paysage.

Nous nous identifions aux dominants, à Doudou, nous raisonnons comme eux, comme lui.

Et c'est pour cela probablement que mon blog n'a que 17 malheureux abonnés (39 mi avril 2013) malgré ses quelque 10 à 30 visiteurs par jour : lire des "Contes de la vie sans pétrole" c'est sympa, mais c'est trop indigeste. Et quant aux solutions suggérées - l'invention collective - elles sont tellement en décalage au regard des solutions habituelles - la fuite en avant scientifique, le retour de la croissance - et tellement minoritaires, noyées dans le Parti de la Presse et de l'Argent, qu'elles ne sont numériquement pas crédibles. Numériquement signifie que même si elles paraissent crédibles, les solutions proposées ici sont difficilement discernées et mémorisées face au flot de fausses solutions qui nous inondent quotidiennement.

Lorsqu'on a des centaines, des milliers de messages convergents, tout aussi faux qu'ils puissent être, si de temps en temps, des solutions crédibles apparaissent, elles disparaissent facilement, noyées dans la masse.

D'autant plus que cet alter-militantisme dont je me revendique ici fait une large place, lui aussi, à de fausses solutions : celles de la revendication, celles des conférences débats qui se suffisent à elles mêmes, celles du fantasme de la fameuse "prise de conscience" citoyenne, sans jamais passer à l'invention collective. Ou alors une invention pour recommencer à organiser des festivals, des conférences, des opérations coup de poing, mais PAS pour relocaliser collectivement la production et la consommation. Je l'ai suggéré récemment au groupe local d'Attac, la réaction a été : zéro. Pas de réaction. Un ange est passé.
 

Qui sont les ignorants ? Autant les électeurs de l’UMP que les lecteurs de Libé.

3654214473_42a9407c1a.jpg                                                                              Vulcain


Je parle à peu de monde aujourd’hui.
 
Et pourtant j’y crois encore. Je n’ai pas le choix. Y croire c’est comme respirer.

Nous sommes tous comme ce voyageur inconnu : Doudou s'en fout, le voyageur est inquiet, nous aussi, mais le résultat est le même : nous sommes déresponsabilisés. Nous baignons dans un pessimisme cynique.


Comment des initiatives comme celle du jardin des 400 goûts réussiront-elles à entrer en contagion auprès des collectifs d'habitants ?

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 10:31

http://www.scoplepave.org/techniques-de-debat-public

 

J'ai déjà évoqué la scop Le Pavé mais là ça passe encore un cran au-dessus...

 

L'éducation populaire Monsieur, ils n'en ont pas voulu, peut-être bien, mais là pour le coup ils en veulent !

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 14:15

http://ploutopia.over-blog.com/article-egalite-avant-liberte-democratie-105545004.html

 

 

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Encore un excellent article de Ploutopia !

 

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Le hasard veut que nous ayons traité « Pourquoi avons-nous toujours besoin d'idoles ? » hier 20 mai 2012 au café philo à Evreux.

Réflexion issue de cette séance : les amérindiens avaient des idoles pérennes et intègres à la fois !

Ces idoles servent de charte, de règlement intérieur, de programme politique et éthique.

Leur intégrité dans la durée vient probablement du fait que :

  • leur statut est reconnu autant par les paroles qu'ils prononcent que par leur personnalité. Leurs paroles fondent la société, à l'inverse d'un Johnny Haliday par exemple ;

  • les valeurs qu'ils défendent sont issues de longue tradition, elle-même fondée sur la durée : 7 générations ;

  • ils sont au service et cette valeur fondamentale ne souffre d'aucun privilège, sauf symbolique.

Autre clé de lecture : small is beautifull, ce qui reste toujours présent et fondamental dans toutes les initiatives d'en bas dont tu parles – d'ailleurs tu oublies les Initiatives de transition, les plus pertinentes, les plus ambitieuses à mon sens !

As-tu vu ce film : Le sacre de l'homme ?

Bien à toi,

Gorgerouge

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Très intéressant...
L'image véhiculée par les civilisation précolombienne est plutôt du type tyrannique et sanguinaire.
Aztèques, Mayas, Thiwanaco et Inca pratiquaient les sacrifices humains... Ca faisait peut-être partie de la réalité du moment mais tout de même, je n'aurais pas aimé être sacrifié sur l'autel des dieux...
Y-aurait-il eu d'autres tribu plus soft ?
7 générations ?
Aurais-tu des références biblio ?
Ploutopia
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Je crois que l'occidental n'a retenu que le côté cruel des civilisations premières, les rituels de sacrifice masquant une vie profondément pacifique la plupart du temps, d'ailleurs c'est bien ce penchant pacifique qui leur a permis de vivre durant des siècles, voire des millénaires, non ?
Les 7 générations se trouvent référencées dans un bouquin épuisé : "Voies indiennes", lu quand j'avais une vingtaine d'années, mais j'ai recroisé cette échéance par ci par là depuis. C'est leur manière inimitable de remplacer notre "éternité" par une durée plus palpable !
Je lis en ce moment "De mémoire indienne" sur les sioux, leur philosophie colle avec ce que je dis plus haut, sur leur pacifisme et leur respect du vivant en général : pas seulement le respect de l'être humain.
Les discours du chef Seattle, probablement accessibles sur le net, t'en diront plus.
Au plaisir,
Robin

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 11:44

18 mars 2012 :

http://www.plantezcheznous.com/

à ce jour il n'y a encore aucune proposition de prêt dans l'Eure...

 

17 mars :

http://www.avenir-sans-petrole.org/article-le-pic-de-la-croissance-101507755.html

 

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C'est court mais excellent.

 

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Discours de Tommy Douglas en 1944 au Canada.
Tommy DOUGLAS - Thomas Clement (Tommy) Douglas, (né le 20 octobre 1904 à Falkirk (Écosse) et décédé le 24 février 1986 au Canada), est un ancien premier ministre de la Saskatchewan (1944-1961). Il a dirigé le premier gouvernement socialiste en Amérique du Nord, et il était le premier chef fédéral du Nouveau Parti démocratique.


http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Fu2k_IbQ1zw

 

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 03:24

 De la revendication à l'auto-organisation collective.

 

En continuant en l'état notre production fossilisée, polluante, colonialiste (ça chauffe au Niger ces jours-ci), chacun à sa place et les vaches seront bien gardées, nous allons à la catastrophe.

Donc je persiste à penser que les choses évolueront dans la bonne direction si nous relocalisons nos productions, et si nous nous ré-approprions nos libertés affectives.

L'employé de l'équipementier automobile Continental par exemple n'a rien à attendre de cette économie mondialisée et, pour en sortir, il doit changer de logique en réinventant une économie de proximité, produire collectivement et localement pour l'usage du collectif, sans échange monétaire ou à la marge, dans le cadre d'une économie sociale et solidaire : sans patron (il ne s'agit pas de leur couper la tête comme en 1789 mais de les intégrer dans ce monde nouveau, au même titre que n'importe qui d'autre).

Un virage à 180 degrés. Sans aucune revendication: en s'organisant collectivement pour recréer une économie locale autonome (autonomie relative des collectivités humaines les unes envers les autres comme cela a été durant des millénaires) et harmonieuse (harmonie avec notre environnement : les animaux et la nature), dans les faits.


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De l'impasse des luttes et des actions parcellaires.



J'en appelle à une relocalisation de l'économie qui ne se limite pas à la seule consommation ni à l'alimentaire, mais à tous les secteurs de l'activité humaine.

J'en appelle à une mobilisation citoyenne locale et dans l'action.

Deux aspects essentiels que n'aborde pas toute lutte parcellaire, or sans les aborder nous retombons à nouveau, comme toujours, dans l'impasse des espaces séparés.

C'est quoi ce truc ? C'est ce qui nous fait croire qu'une solution partielle, comme l'est celle de l'alimentation et des AMAP, bien que prioritaire, mais abordée le plus souvent sur un plan technique et non pas citoyen ni transversal, va suffire.

Or cette croyance est une impasse car son insuffisance est tellement grande qu'elle en devient quasi inutile, sauf justement à lui ajouter les aspects de prise en charge collective et locale, et de transversalité plurielle pour se ré-approprier l'ensemble des secteurs de production et de vie (l'affectif).


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Propos réactualisés et reformulés plus récemment en avril 2013 ici.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 19:19

Yann Arthus-Bertrand en est à sa quatrième exposition de photos, expos "pédagogiques" sur l'écologie.

 

Extraits des commentaires :

 

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"les prix du pétrole sont actuellement à la hausse et volatiles. Sachant que ces hydrocarbures ne constituent pas une énergie renouvelable, les gouvernements, les scientifiques, les citoyens s’interrogent aujourd’hui sur les autres formes d’énergie qui pourraient, à terme, les remplacer."

"La combustion du charbon reste une source de pollution et de gaz à effet de serre. D’importants travaux de recherche sont menés actuellement pour résoudre ces problèmes."

"Les agro carburants suscitent cependant un certain nombre de débats et font l’objet d’un considérable effort de recherche."

"l’importance de la consommation au XXe siècle d’une ressource qui ne peut se renouveler à l’échelle du temps humain rend aujourd’hui nécessaire le développement des énergies renouvelables."

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YAB ne semble pas connaître Jean Ziegler (voir par ailleurs sur ce blog en entrant "Jean Ziegler" dans la fenêtre "Rechercher" en haut à droite de votre écran), ni le concept de violence institutionnelle, et attribue la pauvreté et les dégâts écologiques, de manière plus ou poins explicite, soit à la fatalité, soit aux pauvres eux-mêmes.

Ses préconisations en deviennent affligeantes : elles participent à un renforcement des causes de ce qu'il dénonce. Son travail a été écrit et financé par les entreprises multinationales. Ma lecture régulière du journal La Décroissance me permet une telle affirmation. Quel est le but de ces entreprises ? Augmenter leurs profits. YAB vit grâce à elles. A-t-il un yaourt à la place du cerveau ? Sa naïveté en est-elle à ce point de transformation chimique de ses neurones en fromage blanc ? Ou est-il lucide, donc menteur, cynique ? C'est ça l'eau !

 

Depuis le temps qu'une de ses photos figure sur mon blog ( Mode d'emploi ), je me devais de faire une telle mise au point.

 

Et pour le coup vous n'aurez pas de photo.


 

https://mail.google.com/mail/?ui=2&ik=88aa20331a&view=att&th=12b10ce40ade8591&attid=0.1&disp=attd&zw

 


 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 22:34

Lequel des deux est le plus politique ?


J'aurais pu dire : lequel des deux est le plus subversif ? ou le plus progressiste ? (encore que ce mot là renvoie tellement au productivisme que je m'en méfie : progressiste, progrès, productivisme, croissance, au détriment de l'écologie, non, très peu pour moi.)

J'ai fréquenté quelques années deux groupe Attac l'un après l'autre. Disons 7 ans environ. Et j'anime un café philo depuis 13 ans : ça fera 13 ans en juin 2010. En deux lieux différents, l'un après l'autre également. Il est temps de faire un bilan.

 

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À première vue il semblerait qu'un groupe Attac a davantage pour but de faire un travail politique chez les adhérents, et davantage un travail philosophique chez les participants à un café philosophique.

Travail politique : apprendre à mieux gérer les affaires de la cité, à mieux maîtriser les enjeux démocratiques locaux, à mieux percevoir les injustices institutionnelles pour mieux les combattre.

Travail philosophique : apprendre à mieux interroger un concept, à mettre en doute ses propres représentations et convictions.

À première vue... et pourtant !

Il existe un point commun - ou de conflit c'est selon - entre ces deux espaces : celui du partage du pouvoir et de la parole. Et là, en glissant le pied de biche sous le cailloux pour le soulever un peu, on découvre ce qu'on ne s'attendait pas à découvrir. Mais alors pas du tout.

Précaution : mes analyses ne sauraient être généralisables d'emblée, elles ne concernent que les deux cas particuliers des cercles - Attac et café philo - que j'ai fréquentés, elles ne sont exprimées ici que pour être interrogées et je ne doute pas une seconde qu'il n'y a pas deux groupes Attac identiques, ni deux cafés philo. Mais les comparaisons que je vais oser révèlent peut-être, quand-même, des tendances susceptibles de se retrouver plus ou moins souvent, avec plus ou moins de relief.

La taille, le nombre et la vivacité des fourmis ou des scorpions seront sujets à discussion, mais au moins j'aurai soulevé le cailloux.


Je commence par le café philo. Celui que j'anime a la particularité de mettre l'accent sur des règles de partage de la parole : ne pas se couper la parole, retarder ses réflexes d'intervention, ne pas abuser de son temps de parole etc. Parfois il arrive que quelqu'un fasse remarquer le hors sujet d'un propos, hors sujet qui peut être contesté. Chemin faisant, l'attention à l'autre s'aiguise : la parole tourne vraiment, le tentatives de prises de parole sont repérées, et sollicitées.

Les groupes Attac maintenant. Qu'est-ce qui les anime ? Est-ce le partage du pouvoir et de la parole ? Si on pose la question aux personnes concernées, très certainement répondront-elles par l'affirmative. Mais dans la réalité il est une autre priorité qui l'emporte : le fond idéologique, la plate-forme d'Attac à laquelle chaque personne adhère par sa présence même, faute de quoi elle est priée de sortir. Et à partir de là je me suis vu me retrouver sur les bancs de l'école : le bureau face aux adhérents, un rapport frontal, et des échanges pauvres, hésitants, souvent un monologue de la part de la brochette du bureau, avec la plupart du temps dans la salle des interventions qui leur passent un coup de brosse à reluire, d'autant que l'on se retrouve pour dérouler un ordre du jour et préparer des actions qui ne donnent pas le temps d'interroger et de refaire le monde. Ou alors, celui qui conteste avec véhémence, c'était le vieux militant LCR qui avait roulé sa bosse, mais petit jeune que j'étais je ne pouvais pas frotter mes doutes contre les certitudes des autres. Je me suis tiré.

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Je me suis posé la question suivante : quelle légitimité avons-nous de réclamer un partage de la parole dans d'autres cercles que celui d'un café philo ? Encore qu'il existe de nombreux 4580075765_2da286e92b.jpgcafés philo accaparés par ceux qui savent, et j'ai vu débarquer un jour un prof de philo qui nous disait texto : "ici c'est un café philosophique, je suis prof de philo, vous devez m'écouter !" Nous nous sommes transformés en café débat, et nous l'avons foutu dehors. Ça s'écrit café débat mais ça se prononce café philo.

Mais dans un groupe Attac ? Ou dans une réunion du NPA ou d'Objecteurs de Croissance ? Il n'existe pas ce socle impératif de partage de la parole comme il peut en exister dans un café débat quand les règles et les objectifs y sont clairement affichés. Le risque est fort de se trouver face aux mêmes dérives que celles évoquées ci-dessus.

Et alors la fin - le programme, les objectifs - justifie les moyens - la confiscation de la parole.

Alors que, de même que "le but de la vie c'est la vie", le partage du pouvoir et de la parole constituent le coeur même de ce qui fait qu'un monde est juste et équilibré. Je dirais même : le partage du pouvoir entre l'homme et son environnement. C'est une contradiction ou une confusion fondamentale qui s'ajoute à celle décrite par Alain Accardo dans « Le petit bourgeois gentilhomme », celle des revendications politiques du militant anticapitaliste, alter-mondialiste, gauchiste, qui entrent en contradiction avec ses comportements de consommateur compulsif, consommations sur-dosées au pétrole.


Dans une réunion d'amis, on peut très bien dire : "attends ! Machin veut dire quelque chose !"

Mais dans une réunion Attac, je me suis fait incendier parce que ma proposition ne collait pas avec la plate-forme d'Attac ni surtout avec les représentations du furieux qui mettait le feu, et personne n'a pris ma défense au nom du droit d'expression : la doxa, l'idéologie, le programme l'avaient emporté sur la parole et le pouvoir partagés. Quelle était cette proposition ? Faire des échanges, des invitations réciproques, donner des informations croisées entre le groupe Attac et le café philo.

Si j'avais fait la même proposition au café philo, animateur ou non, on m'aurait peut-être envoyé promener mais certainement avec moins de véhémence, et on aurait écouté mes arguments.


Au final, la préparation des esprits (le mien y compris) pour gérer la ville, et la campagne, sous forme de collectif d'habitants a été pour moi plus efficace au sein d'un café philo que dans un groupe Attac. Mais la généralisation de cette affirmation ne saurait être établie : elle n'est jamais qu'un prisme qui permet d'observer et d'interroger ce qui se passe ici ou là.

 

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Pour trouver le chemin de l’invention collective , des filières de proximité, des productions de biens sans recours aux énergies fossiles, d’un échange de la consommation contre de la convivialité, pour atteindre ce port, si l’on veut passer par Attac, par les groupes PS, PC, NPA…, il  faudra peut-être bien tirer fortement sur le volant pour le redresser : ça n’est pas forcément une ligne droite devant nous.

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