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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 07:52


https://www.collectifstoptafta.org/auteur/76-collectif-stoptafta-rouen

 

 

Susan George en 2010, entendue hier soir à Rouen à propos du projet TAFTA.

 

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Et l'escabeau escamoté des arboriculteurs : encore un coup des lobbies au volant de leurs gros tracteurs et aux commandes du projet TAFTA !! Merci Evelyne.

Le décret anti-escabeau fâche les arboriculteurs

Agriculture. Une norme européenne interdisant aux mineurs le travail posté en hauteur entre en vigueur cette année en France, au grand dam des producteurs de pommes.

Stéphane Frachet | Publié le 03.05.2014, 16h16

 

 
 

Lille (Nord). Une transposition du droit européen dans le Code du travail effective cette année interdit désormais les échelles, escabeaux et marchepieds comme postes de travail permanents aux moins de 18 ans. | (PhotoPQR/« la Voix du Nord»/Patrick James.)

 

Nulle, déconnectée du terrain, anticompétitive : les qualificatifs fusent dans la bouche des arboriculteurs français, très remontés contre une transposition du droit européen dans le Code du travail, qui interdit les échelles, escabeaux et marchepieds comme postes de travail permanents.

« Le cueilleur de pommes est assimilé à un élagueur-voltigeur, c'est absurde », pointe Luc Barbier, exploitant à Hoëville (Meurthe-et-Moselle) et président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF).

 
Si ce décret européen datant du 7 mars 2008 a mis plus de cinq ans à être transposé en France, dans l'article R. 4323-63 du Code du travail, cette nouvelle contrainte tombe au plus mal pour une profession déjà confrontée à une crise des vocations.

« Le texte a été mis en place en catimini, par un fonctionnaire qui s'est basé sur des statistiques, sans doute pour protéger les salariés du BTP, se lamente Thierry Moisy, qui produit 600 t de pommes par an à Saint-Paterne-Racan (Indre-et-Loire). Mais ce technocrate n'a pas mesuré l'impact dans les vergers, où l'escabeau constitue un outil quotidien. » Thierry Moisy se souvient avoir reçu un mail des organisations professionnelles l'été dernier, « mais les équipes de cueilleurs étaient déjà organisées ». C'est donc en 2014 que l'article prend pleinement son effet.

Un quart des saisonniers étaient mineurs dans le Cher


Les conséquences sont nombreuses. « Je n'emploie plus aucun mineur », dit Pascal Clavier, arboriculteur à Saint-Martin-d'Auxigny (Cher) sur 50 ha, qui ne sait pas encore comment il s'organisera cet été. Les moins de 18 ans de la région avaient là un moyen de se constituer un petit pécule l'été. Pour eux, c'est fini. En 2010, ils représentaient encore un quart des saisonniers. Autre incidence  : sur la conduite de l'exploitation et l'équipement de ces agriculteurs, concurrencés par la Pologne, l'Italie et l'Allemagne. « Est-ce qu'il faut couper les arbres à hauteur d'homme, alors qu'ils se déploient au-delà de 3 m ? » raille Pascal Clavier. « Si le texte n'est pas modifié, je vais devoir acheter des plates-formes automotrices à 30 000 € l'unité. C'est impensable alors que nous sommes déjà sur la corde raide », poursuit-il.

« L'escabeau n'est pourtant pas dangereux. J'ai plus d'arrêts de travail le lundi parce qu'un gars s'est blessé au football ou à VTT durant le week-end », assure l'exploitant, qui reconnaît quelques chutes par le passé, mais sans gravité.

Les quelque 50 000 arboriculteurs français enragent, parce que la directive européenne sur le travail en hauteur n'a pas été transposée avec la même rigidité chez nos voisins. « En Espagne, elle n'est pas appliquée. En Allemagne, les saisonniers sont payés moins cher et ils peuvent grimper sur des échelles jusqu'à 3 m », déplore Luc Barbier, président de la FNPF, qui a saisi le ministère de l'Agriculture. « Notre ministère de tutelle a reconnu l'absurdité de la situation et il va saisir le ministère du Travail. Mais, en attendant la modification du texte, un arboriculteur peut toujours tomber sur un inspecteur du travail trop tatillon et se faire sanctionner », déplore-t-il.

 

Le Parisien

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 17:57

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=o7WBcxtgvro

 

54 minutes incontournables.

 

Merci Sarah !

 

Sarah qui en retient  2 citations:

* un cheikh arabe: "l'âge de pierre ne s'est pas terminé parce qu'il n'y avait plus de pierre, mais parce que les hommes étaient passés à un autre mode de production / avaient su utiliser d'autres ressources"
J'en comprends que cette fois-ci ce sera un autre scénario : non pas une sortie par le haut, choisie, mais bien un retour en arrière, subi, et malgré tout bénéfique. Pas un retour en arrière temporel qui est impossible mais énergétique. Et comme nos ressources en métaux sont bientôt épuisées on peut dire que nous reviendrons prochainement à l'âge de pierre, ou à la bougie. Sans les abeilles. Le côté bénéfique en prend un coup dans l'aile au passage...
* PDG de total expliquant que le pic du petrole est pour bientôt : " ce n'est pas tant la question des réserves et des ressources mais la question de l'extraction / production et du coût que ces recherches et productions supplémentaires engendreraient : ce n'est pas la question de la baignoire mais du robinet" = on pourrait encore trouver du pétrole mais l'extraire coûterait si cher pour qu'il soit produit à la hauteur de notre consommation, qu'il serait invendable et même pas rentable pour les industriels. 
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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 10:50

Jehan Jonas faire Ctrl + plusieurs fois pour agrandir la taille des caractères

 

Dans des écoles
Aux murs décorés de tes dessins d'enfant
Sur des bancs où tu seras fier de t'asseoir
Comme se sont assis tes ainés
Quand nos aînés n'y seront plus

On t'apprendra l'obéissance
On t'apprendra la transparence
On te rendra inodore, incolore, insipide
Insonore et stupide
On t'apprendra le code de la route
À voter oui une fois pour toutes
À voter oui
À voter non
Hum, hum, hum... à voter
À faire ton devoir du dimanche

Tu deviendras celui qui rampe
On éteindra ta lampe
Et tu parleras au nom des autres
Tu diras "Nous"
Tu diras "Nous voulons"
Tu ne diras plus jamais "Moi"

Tu parleras très fort
Tu marcheras quand même
Sous la botte ferrée
D'un cabot militaire
Puisqu'il faut le faire
Ou bien tu t' feras réformer
Et tu l' diras très fort
En riant comme une conne
"Je les ai bien eus, ha, ha...
Je les ai bien eus"
Comme si c'était possible

Tu seras de la majorité
Ou tu seras de l'opposition
Tu suivras les consignes
Tu seras pour ou contre
Et quand tu l'auras dit
T'iras t'asseoir devant ta soupe
Avant qu'elle refroidisse
Avant qu' même le Royco se révolte

À défaut d'être quelqu'un
Tu seras quelque chose
Dont tu causeras bien haut
En faisant de grands gestes
Modeste
Tu seras une fonction écrite
En gras sur une carte de visite

Tu écouteras les compliments
Le rouge au front, baissant la tête
Couronnant de tes cheveux blancs
Le pavillon de ta retraite
Et tu diras "Merci"
Ravalant ta rancœur
Car on t'aura appris
Qu'on ne parle jamais la bouche pleine

Tu seras un valet modèle
Fidèle
Un peu putain, bien sûr
Mais faut bien vivre
Et l'on t'entendra dire
"Mon p'tit, tu sais, dans la vie
On ne fait pas toujours c' qu'on veut
Tu comprendras plus tard
Il faut plier parfois
Comme j'ai plié toujours"

Et tu f'ras le compte de tes amis
Sur le doigt qu'il te restera
D'une vie de labeur
Avec des gens sévères
Hum... mais justes
Et l'on t'emportera
Plié, voûté
Coudé
Dans une boîte en bois
Comme dans le ventre d'une mère
Suivi des enfants de ta femme

Voilà pourquoi
Voilà pourquoi, mon fils
Ta mère... prend la pilule

 

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L'histoire de Jehan Jonas vient d'être écrite et publiée par Laure Cousin, sa compagne, "Jehan Jonas, une confiscation". ISBN 978-2-9547873-0-5

 

Aux éditions le second souffle.

 

http://www.jehan-jonas.fr/?p=46&PHPSESSID=35ca4a759bfa62b32ebf9b28961475a8

 

jehanjonas2dsouffle@yahoo.fr

 

L'intégrale de ses chansons y est également disponible. La version audio du Plaidoyer pour un futur crétin à elle seule vaut ce cadeau tant l'interprétation de Jehan est saisissante.

 

Elle passe encore parfois sur Radio Libertaire, 89.4 en région parisienne seulement ou sur Internénette.

 

Pour découvrir d'autres chanteurs qui parlent en français et qui sont censurés (chapitre 9 d' Une confiscation : "la censure") par le pouvoir politico-merdiatique dominant, voir www.aumagique.com et http://forumleoferre.org/ .

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 10:40

http://miiraslimake.over-blog.com/article-3727584.html

 

ça ne peut pas faire de mal de réentendre ou de découvrir ces (moins de) deux minutes d'intervention d'André Pochon.

 

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                                                                                             ortie

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 06:11

je vous signale un autre résumé du Manuel de transition :


http://biosphere.ouvaton.org/annee-2010/1376-2010-manuel-de-transition-de-la-dependance-au-petrole-a-la-resilience-locale-de-rob-hopkins

 

Merci Michel !

 

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                                                                   passereau

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 14:18

En ce début de printemps voici une lecture utile.

Vous pouvez vous contenter de lire les parties surlignées, mais si vous avez un peu de temps, tout lire est encore mieux.

 

Source : http://www.liberterre.fr/agriculture/agro-ecologie/index.html

Sens de l'Humus

John Jeavons, été 1998.

Traduction de l'Anglais par Dominique Guillet


Ce soir, le sujet de ma conférence est “Développer un meilleur sens de l’humus pour une micro-agriculture durable et bio-intensive”. Ce thème est d’une importance vitale tant du point de vue de la diversité génétique que du point de vue du sauvetage des semences. La finalité fondamentale de ma conférence est de vous faire prendre conscience, ce soir, de l’importance des grains, de l’importance de la préservation des plantes à grains.

Il nous faut préserver les plantes à grains non seulement pour l’alimentation humaine (comme la plupart d’entre nous seraient enclins à le penser, habitués qu’ils sont à ne raisonner qu’en termes de ce qui est important pour l’homme) mais surtout pour la vie des sols. Alors, ce soir, nous allons tenter de “solir” quelque peu nos réputations et de découvrir, par là-même, comment nous pouvons créer un futur réellement durable.

Je vais commencer en posant à chacun d’entre vous une seule et unique question et je puis vous assurer que cette question n’a rien de théorique. La poser dans un tel environnement, à savoir au cœur des grandes plaines américaines, abondantes pourvoyeuses d’aliments, et plus spécifiquement ce soir au cœur d’un conservatoire riche d’une telle diversité génétique, pourrait même sembler totalement absurde. Je suis convaincu, cependant, qu’au fil de notre causerie, vous découvrirez qu’elle est strictement pertinente. Ma question est la suivante : si dans six ans vous deviez produire par vous même la totalité de votre nourriture ( vous ne pourriez pas l’acheter ou l’acquérir de quelqu’un d’autre) et qui est plus selon des modalités de production totalement durables et autarciques (vous ne pourriez pas acquérir de l’extérieur des fertilisants ou des matières organiques), de quelle façon transformeriez-vous votre vie aujourd’hui même et durant les cinq années à venir ? C’est la question que je veux vous laisser, que je veux vous offrir, en forme de bénédiction, bien qu’au prime abord, elle ne soit pas forcément perçue comme telle.

Ensuite, je souhaite exposer une requête. Si chacun d’entre vous ne peut pas consacrer les douze prochains mois à apprendre à produire sa nourriture de façon réellement durable ( et nous allons découvrir ce soir que l’agriculture biologique, telle qu’elle est pratiquée sur toute la planète, est strictement une agriculture non-durable), peut-il alors créer avec 19 autres personnes un groupe de 20 personnes qui va sponsoriser une, deux ou trois personnes à se consacrer, durant toute la prochaine année, à apprendre comment produire de la nourriture selon un mode totalement durable? C’est une des impulsions fondatrices du “Ecology Action’s Common Ground Mini-Farm Project”. Il y a deux coordinateurs dans ce jardin : je suis l’un d’eux et le second est Craig Cook. Une association sans but lucratif, de Palo Alto en Californie, du nom de “Involvement Corps” rassembla environ 15 personnes: certains donnèrent à Craig 10 dollars, 15 dollars ou 25 dollars par mois tandis qu’un autre lui prêtait une chambre et que d’autres lui offraient à manger. Cette action commune permit à Craig de consacrer la totalité de son temps à l’apprentissage de cette technique.

C’est l’objet de ma requête : si vous ne pouvez pas, vous-mêmes, consacrer tout ce temps, pouvez-vous aider quelqu’un d’autre à le faire? Il faut également préciser que les “sponsors” de Craig se rassemblaient une fois par semaine (ou au moins une fois par mois) autour d’un repas durant lequel Craig leur parlait de tout ce qu’il avait appris depuis leur dernier repas collectif.

La troisième chose que je souhaiterais vous demander (et je suis sûr que chacun d’entre vous peux le faire, même si ce n’est pas à plein temps), c’est d’élaborer une planche de culture. Qu’est-ce qu’une planche de culture? C’est un modèle : sa largeur est d’1m50, ou d’1m20 si vous préférez, et sa longueur varie de 6 à 8 mètres. Consacrez tous les jours de 10 à 15 minutes, à cette planche de culture, et vous apprendrez à faire pousser toutes les plantes qu’il est essentiel de connaître afin de produire toute votre nourriture, tout votre compost, qui est la nourriture du sol, et toute votre fortune. Lorsque vous avez bien maîtrisé cette planche de culture , vous pouvez ensuite en élaborer une quarantaine et c’est alors que vous pouvez réellement produire toute votre nourriture, tout votre compost et toute votre fortune.

Pourquoi suis-je en train d’évoquer toutes ces choses? Pourquoi vous demandais-je d’acquérir les fondements d’une agriculture réellement durable? La solution véritable pour le futur ne va pas consister en la seule production de fruits et de légumes quelle que soit leur importance pour l’acquisition des vitamines et des oligo-éléments qui sont essentiels à notre vie. Il va vous falloir, dans un second temps, également produire toutes vos calories et tout votre carbone. Je vais maintenant vous expliquer pourquoi.

Durant trois des quatre dernières années, l’humanité a consommé plus de nourriture qu’elle n’en a produit. Dorénavant, nous ne sommes plus un monde générant des surplus de nourriture. Qui plus est, nous sommes en train de perdre notre sol très rapidement. Qu’allons nous faire à ce sujet, d’autant plus lorsque nous prenons conscience que la population de la planète augmente tous les jours de 250 000 personnes? (400 000 personnes/jour en 2008, dix ans plus tard) C’est comme si San Francisco doublait sa population tous les deux jours.

Qu’est que cela signifie réellement en termes de sol? Même si nous ne perdions pas notre sol, cela signifierait que, au vu des pratiques de l’agriculture chimique mécanisée et des pratiques de l’agriculture biologique mécanisée, il nous faudrait chaque jour augmenter la surface agricole en production de 125 000 hectares. Ou bien alors, il nous faudrait découvrir une nouvelle semence, ou de préférence une ancienne qui a bien fait ses preuves, afin de produire beaucoup plus de nourriture. Ou bien alors, il nous faudrait accorder quelque attention au planning familial.

Que s’est-il donc passé globalement? Vous savez que la Révolution Industrielle fut bâtie sur le feu, sur l’énergie. Vous savez que l’île de Manhattan, une petite partie de New-York City qui est un district de business, consomme durant un court laps de temps plus d’énergie que toute l’Afrique durant une année entière. Le monde entier se met à “consumer” la planète de feu et d’énergie. Le témoin le plus probant de ce phénomène est l’évolution des déserts qui couvraient, en 1977, 44% de la surface terrestre de la planète et qui, selon une étude de l’ONU, vont couvrir, en l’an 2000, 63%, ou plus, de la surface des terres.

S’il n’y avait qu’une seule chose que vous puissiez emmener avec vous ce soir de notre conférence, je souhaiterais que ce soit la requête suivante. Je voudrais demander à chacun d’entre vous qu’il arrête de faire croître des plantes. Je voudrais vous demander de ne plus jamais, au cours de votre vie, cultiver de plantes. C’est la chose la plus importante que vous puissiez faire pour la planète. Une fois que vous avez pris cette décision, je voudrais vous demander de faire quelque chose d’autre à la place. Je voudrais vous demander de commencer à faire croître du sol. Il y a quelque chose de magnifique dans le fait de générer du sol. Lorsque vous voulez faire croître du sol, vous devez faire croître des plantes ; cependant, la finalité est différente. Les agriculteurs conventionnels, ainsi que la majorité des agriculteurs biologiques, agissent dans leurs pratiques culturales et dans leurs façons de tirer profit du sol tout comme un éleveur qui voudrait que ses poules produisent des oeufs et que ses vaches produisent du lait sans jamais les nourrir. Tout cela est complètement étonnant! L’agriculture biologique quant à elle, plus précisément, telle qu’elle est pratiquée aux USA, importe de 50 à 84 % de ses fertilisants et de ses matières organiques! Cela signifie que les sols de quelqu’un d’autre sont spoliés, même si ce processus n’est pas intentionnel, afin de produire une agriculture “pure”. Il nous faut résoudre toutes ces incohérences et développer un sens plus aigu de l’humus.

La solution de ce problème réside dans la culture de plantes génératrices de compost, de plantes génératrices de carbone et de plantes génératrices de calories. Un de mes héros est Lorenz Schaller, qui est présent ce week-end. Lorenz, durant les 20 dernières années, a sauvé 3500 variétés de plantes à grains et il les conserve chez lui en congélation. Il a réalisé tout cela quasiment sans soutien financier. Il a ainsi contribué, avec d’autres, à élaborer les fondations de l’édifice de carbone que nous allons bâtir.

Maintenant, je voudrais vous faire partager, d’une façon moins verbale, ma compréhension de la situation actuelle. Voici une pomme. Elle représente la Terre. C’est une pomme bio et elle a d’autant plus de valeur pour ma démonstration qu’elle reste ferme contrairement à toutes les autres. Je vais d’abord, de toute manière, couper et enlever les 3/4 de cette pomme. Si la pomme entière représente la Terre, les 3/4 que nous venons de couper représentent les océans. Je vais me débarrasser de ce gros morceau. Pourquoi? Parce que les océans de la Terre sont en train de mourir. Je vais arrondir certains chiffres pour plus de simplicité. Il existe à peu près 15 zones de pêche majeures. Parmi ces quinze, cinq déjà ne sont plus productives et les dix autres sont en train de s’appauvrir très rapidement. Selon une étude Britannique, l’Océan Antarctique a perdu 15 % de son phytoplancton, en raison des trous dans la couche d’ozone et bien d’autres facteurs. Les scientifiques estiment, de façon globale, que la totalité du phytoplancton des océans de la planète produit de 20 à 50 % de l’oxygène planétaire. Ainsi nous avons non seulement une accumulation de dioxyde de carbone, en raison de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation, mais, qui plus est, nous allons peut-être voir une diminution de la production d’oxygène atmosphérique. A ce propos, les forêts de l’Amazonie produisaient, il y a 25 ans, de 10 à 20 % de l’oxygène planétaire. Plus de la moitié de ces forêts ont été coupées.

Revenons à la Terre maintenant afin de nous y relier. On entend beaucoup parler de savoir informatique mais qu’en est-il du savoir agricole? Pouvez vous consommer une Réalité Virtuelle? Et si vous le pouvez, en êtes-vous nourris? Le 1/4 restant de la pomme représente les surfaces terrestres de la planète. Je vais maintenant enlever 2/3 de cette surface terrestre parce que ce sont les terres qui sont déjà désertifiées ou alors recouvertes de glace. On ne peut donc pas dire que l’on vit sur la terre : en fait, on vit sur un douzième de la terre. Avant de continuer, il nous faut nous pencher sur l’état de nos sols.

Je vais maintenant enlever les 3/4 de l’écorce terrestre, enlever les 3/4 du sol arable du douzième restant de la planète car c’est cette proportion de sol qui a déjà disparu en raison de l’érosion par l’eau et l’air. En fait, on ne vit réellement, en ce moment, que sur 1/48 ème de la Terre. Si toute cette terre arable, cette bonne vie du sol, cette matière organique et ces nutriments étaient présents au même endroit, ils seraient plus puissants. En fait, tout cela est dispersé sur le quart terrestre de la planète. Vous vous demandez peut-être ce qu’il va advenir du 1/48 ° restant de la Terre. Durant les 44 prochaines années, peut-être même avant... (le conférencier mange le reste de la pomme).

Je ne me permettrais pas de vous décrire un seul de ces désastres s’il n’existait pas quelque solution permettant d’y remédier. Il existe quelque chose que tout un chacun puisse réaliser dans son jardin, sur sa ferme, et au travers du choix de nourriture qu’il acquiert. Un sociologue, professeur éminent de l’Université de Californie de Davis, le Docteur Kenneth Watt, a écrit un ouvrage dont le titre est “The Titanic Effect”. L’agriculture en est le thème et cet ouvrage fut écrit dans les années 1970 mais il est encore d’actualité. Ce que le Docteur Watt a mis en valeur c’est que les êtres humains sont tellement magnifiques, différents et talentueux que, s’ils examinent o combien une situation est mauvaise, ils vont la solutionner. S’ils ne le font pas, ce sera à leur détriment et c’est pour cela qu’il appela son ouvrage “The Titanic Effect”. Le capitaine du Titanic “savait” que son navire ne pouvait pas couler. Il fonça donc au travers d’une zone d’icebergs afin d’établir un record de l’Océan Atlantique. Et il établit effectivement un record.

Avant que je n’ébauche la description des solutions, je souhaiterais que vous puissiez comprendre d’une façon encore plus personnelle ce qui se manifeste dans notre relation avec la Terre et le sol. Et le mot clé est “relations”. Vous savez combien sont dures les relations. C’est comme deux personnes mariées et qui forment une équipe et qui s’aiment à jamais et pour toujours. Et bien, c’est la relation qu’il nous faut établir avec le sol. Ce n’est pas aisé de prendre cette responsabilité.

Le conférencier demande à quelqu’un de tenir une boîte près du podium.

Je vais manger une cuillère de compote de pomme et cette cuillère de compote va représenter un kilo de nourriture. Tout en mangeant ce kilo de nourriture, je vais vous montrer combien de kilos de sol sont détruits en raison de l’érosion de l’eau et du vent occasionnée par la production de cette nourriture par l’agriculture chimique mécanisée des États-Unis. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève six cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, six kilos de sol sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois que nous consommons un kilo de nourriture produite par l’agriculture chimique mécanisée des Etats-Unis. On peut également dire que l’on perd six kilos de sol à chaque fois que nous achetons un kilo de nourriture produite de cette manière parce que par notre façon d’acheter la nourriture, nous choisissons la façon dont elle a été produite.

Chacun d’entre nous consomme à peu près une tonne de nourriture par an. Cela veut dire que chacun d’entre nous provoque, indirectement et de façon non intentionnelle, la destruction de six tonnes de sols annuellement. Et ce sont de bonnes nouvelles . Pourquoi de bonnes nouvelles?

Parce que tout d’abord, la destruction fut auparavant de huit tonnes annuellement tant que des mesures ne protection des sols ne furent pas appliquées. Malheureusement, ce taux de destruction des sols ne va plus baisser à moins que des mesures drastiques soient envisagées.

Ce sont également de bonnes nouvelles parce que le peuple des USA ne représente que 5% de la population mondiale. Jetons un coup d’œil sur les 80% de la population mondiale vivant en l’an 2000 dans les pays en voie de développement. Dans une quinzaine d’années, à savoir en l’an 2014, ce sera d’ailleurs 90 % de la population mondiale qui vivra dans les pays en voie de développement. Quant aux personnes qui vivent dans ces pays en voie de développement, voici ce qui se passe lorsqu’elles consomment un kilo de nourriture. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève douze cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, ce sont douze kilos de sol qui sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois qu’un kilo de nourriture est ingéré par une personne vivant dans les pays en voie de développement. Puisque ces personnes consomment à peu près autant de nourriture que nous-mêmes, cela veut dire que dans les pays en voie de développement, ce sont douze tonnes de sol qui sont perdues chaque année par habitant. C’est en Chine, pays constituant 20% de la population mondiale, que les pratiques de production alimentaires bio-intensives virent le jour. Elles furent remplacées, dans les années 1950, par un mélange de pratiques d’agriculture biologique et de pratiques empruntées au système agricole fondé sur la chimie et la mécanisation des États-Unis. Dans ce pays, accueillant 1,3 milliard d’habitants, ce sont 18 tonnes de sol qui sont perdues par année et par habitant.

Qu’en est-il de l’agriculture biologique? (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève d’abord 3 cuillères, puis 2 cuillères 1/4, de sol de la “banque de sol”). Ainsi, chaque fois que nous consommons 1 kilo de nourriture produite par l’agriculture biologique mécanisée des États-Unis, ce sont probablement entre 3 et 5 kilos 1/4 de sol qui sont perdus en raison de l’érosion par l’eau et le vent. Ce n’est pas que le mode d’agriculture biologique, en soi, soit un facteur d’épuisement des sols. Ce phénomène est dû au fait que l’agriculture biologique importe de l’extérieur du domaine agricole la plus grande partie de ses fertilisants organiques. Savez-vous ce qui serait une des pires choses à arriver dans le monde d’aujourd’hui? Ce serait que le monde entier décide de développer une agriculture biologique et un jardinage biologique. ( Ce serait bien sûr une des choses les plus merveilleuses aussi). Étant donné la manière dont nous utilisons les nutriments et la matière organiques, il est très peu probable qu’il y ait suffisamment de matières, de nutriments et de fertilisants organiques pour qu’on puisse développer immédiatement chez tous les peuples de la terre une agriculture de type biologique sans transformer tout d’abord la façon dont nous pratiquons l’agriculture. L’Institut Borlaug a récemment annoncé qu’il est impossible de développer l’agriculture biologique sur une large échelle en Afrique parce qu’il n’y a pas assez de matières ou de nutriments organiques pour la dynamiser dans un premier temps. Cependant, ce n’est qu’un des scénarios possibles. L’agriculture biologique peut être durable mais la façon dont nous la pratiquons de nos jours est bien souvent loin d’être totalement durable.

Cela fait maintenant 27 années que je pratique la production alimentaire bio-intensive et, durant tout ce laps de temps, j’ai cherché un exemple dans la Nature de plantes croissant en ligne. Combien de personnes présentes dans cette salle ont pu observer une croissance de plantes en ligne qui soit naturelle et non point le résultat de pratiques agricoles? La Nature a horreur du vide. Lorsque nous plantons en ligne, nous générons entre chaque rang un petit désert. L’existence de ces déserts entre les rangs constitue l’une des raisons majeures pour lesquelles l’agriculture chimique tout comme l’agriculture biologique épuisent les sols. Peut-être cela n’est-il pas aussi patent avec les techniques agricoles locales: les maïs sont semés de façon rapprochée et il en est de même, parfois, pour le soja. Tout cela est beaucoup mieux.

la suite ici

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:25

C'est un peu vieux, de quelques années, mais ça n'a pas d'âge...

 

http://up-evreux.viabloga.com/files//UPRM_10_05_Conf__R_Morvan___A_Quesnel.wmv

trouvé sur
http://up-evreux.viabloga.com/news/conference-sur-l-ecologie-politique

 

Bravo Alain !

 

Bon c'est inégal vous voilà prévenuEs, mais quand Alain imagine qu'on ait demandé à Voltaire ou Montesquieu, ou même aux paysans du début du XXème siècle en France, ce qu'ils pensaient de l'épuisement de l'uranuim ou des hydrocarbures, j'adore ! Ils auraient ouvert de grands yeux éberlués : "de quoi tu me causes là mon gars" ? Mais pas tout à fait pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui...

 

Et vers la fin il parle du géographe anarchiste Elisée Reclus.

 

Pour en revenir à l'écologie politique, je vous recommande "Les deux âmes de l'écologie - une critique du développement durable", de Romain Felli.

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 14:58
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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 09:51

http://www.courantpositif.fr/une-foret-comestible-de-7-hectares-se-developpe-a-seattle/

 

1430357549_9caa236047.jpg                                                                         châtaignier

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 11:22

 

De : SG <sgoelzer@gmail.com>
Date : 19 décembre 2013 19:09
Objet : [pvu] Fwd: lombric compost
À : pvu@lists.riseup.net, "fuc_au@lists.riseup.net" <fuc_au@lists.riseup.net>


...Après des années de lutte sans relâche contre l'incinération des déchets organiques, le grand maître Masterworm remet son titre en jeu. Seuls les deux MC's, Maîtres-Composteurs, les plus vaillants de la capitale belge peuvent prétendre à la ceinture : MC Klik et MC Rien à Dire.
Une vidéo de ce Battle extraordinaire nous est parvenue, il est à présent de votre devoir de partager cet événement de l'underground de l'underground.

https://www.youtube.com/watch?v=0jIBLz0wxtY
 
...et vous pouvez aussi revoir : 
 "Insulte pas la Terre, Mec c'est ma mère
Observe la bien, jamais plus t'auras faim"
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Published by gorgerouge - dans sources documentaires
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