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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 11:00

Ce blog correspond à l'onglet Evreux sur www.transitionfrance.fr.

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J'ai déjà tenté par ailleurs  de comprendre pourquoi ce qui me paraissait si évident et que j'exprime sur ce blog ne l'est manifestement pas pour tout le monde.

 

Il me semble utile d'y revenir, en apportant de nouveaux arguments à ma réflexion.

 

Et ce sera l'occasion de synthétiser mes analyses, faisant suite à mes récentes propositions synthétisées grâce à ce mystérieux inconnu :  Choque.

 

« Annonce du plan »

comme on dit à l'école.

 

Partie 1 : ce qui me paraît évident.

 

Partie 2 : ce qui peut expliquer pourquoi cette évidence est si peu partagée.

 

Fin de l'introduction.

Développement.

 

 

Ce qui me paraît évident.

 

L'après pétrole, l'après uranium, l'après gaz, en somme l'après énergies fossiles a déjà commencé, et nous avons des solutions merveilleuses pour en sortir grandis, en inventant une société harmonieuse et défossilisée, en changeant radicalement nos modes de vie, sans pour autant retourner au moyen-âge mais en entrant dans un âge d'or convivial, acceptant tout le monde. Les techniques douces sont suffisamment nombreuses pour éviter les souffrances d'antan, sans aucun recours aux énergies fossiles. Et la réinvention de modes de vie collectifs peuvent nous faire redécouvrir le bonheur de vivre ensemble. Tout ce bonheur à portée de main et accessible à tous est décrit de mille façons dans ce blog, je ne m'étends pas davantage.

Cette évolution est non seulement heureuse mais inéluctable, encore faut-il s'y préparer pour qu'elle ne soit pas douloureuse.

 

Fin de la première partie.

Courte, cette première partie.

 

Phrase de transition :

 

Évident ce qui vient d'être dit ? Ho que non ! Pour moi, certes, mais pour les autres ? Pour vous, lectrice ? Pour toi, lecteur ? Qu'est-ce qui te retient à tes représentations fossilisées, pétrolières, dominatrices, publicitaires, consuméristes, croissancistes ?

 

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Partie II

(en chiffres romains, ça fait intellectuel)

 

Ce qui peut expliquer pourquoi cette évidence est si peu partagée.

 

Ici encore, sur ce blog, j'ai souvent tenté de répondre à cette question en regroupant mes écrits dans la rubrique vitre. (Voir  mode d'emploi)

 

Ce qui motive ce texte aujourd'hui est un pas de côté par rapport aux écrits précédents.

 

Autant jusqu'à présent mes réflexions découlaient d'une espèce d'empathie vis-à-vis de mes interlocuteurs, je voulais répondre à leurs – à vos – arguments, me situant dans une approche dialectique, intellectuelle, logique, tout ce qu'on voudra.

 

Autant aujourd'hui je voudrais vous faire partager ce qui m'a amené à mes convictions.

 

Ce qui m'a convaincu vous convaincra peut-être, qui sait ?!

 

 

Bon. La seconde partie sera plus longue que la première. Vous voilà prévenues. Une femme avertie en vaut deux.

 

Au début j'étais un idéaliste épris de justice, militant d'extrême gauche « classique » mais pas si classique que ça puisque :

- les manifs m'emmerdaient et me semblaient inutiles de chez inutiles, j'y allais uniquement pour discuter mais je partage entièrement Pierre Desproges quand il dit, dans cette tirade découverte récemment, que même si c'était pour sauver son fils de la mort il n'irait pas manifester ;

- les discours d'extrême gauche me semblaient complètement à côté de la plaque, sinon ils auraient rencontré des succès, non ?

- les discours d'extrême gauche me semblaient complètement à côté de la plaque pour cette autre raison : c'est qu'ils tournaient en boucle comme un vieux vinyle rayé.

 

Donc je cherchais ma voie, refusant toute adhésion à quelqu'organisation que ce soit, me faisant qualifier et me revendiquant moi-même très tôt d'électron libre. Habitant la banlieue (bourgeoise) de Paris, j'écoutais Radio Libertaire.

 

Puis vint l'an 1998. L'été 98. J'avais quand-même déjà 35 balais. Une coordination nationale des chômeurs autonomes nous avait amenés à Alès. Sauf qu'elle avait été annulée et que seul le collectif d'Evreux n'avait pas été prévenu. Une semaine à attendre mon train retour. Une semaine à accompagner Walter dans sa 4L hors d'âge, « pourrite de chez pourrite », une semaine féérique à me baigner à poil dans les ruisseaux des Cévennes, faisant des plongeons de 5 m de haut en saut de l'ange, quéquête à l'air. Avec quelques rares familles et leurs enfants en bas. Un peu catho-gênées quand-même. C'est au cours de ce séjour merveilleux que Walter m'a parlé furtivement d'un gars qui vivait en totale autonomie dans le coin. Sans rien demander à personne. Militant, en plus. Pas du tout le genre ermite bouddhiste.

 

Deux coordinations nationales avaient eu lieu à Evreux. La dernière remontait au printemps précédent. Je m'entends encore demander à Walter : « mais pourquoi tu n'as pas parlé de ce que fait ce mec lors de nos rencontres ? » Walter bafouille un truc, du genre qu'il ne voit pas de rapport entre le mouvement des chômeurs et Michel Rosell. « Et vous êtes nombreux à connaître ce Michel Rosell dans votre collectif d'Alès ? Parmi ceux d'entre vous qui étiez à Evreux au printemps dernier, vous êtes combien à le connaître ? » Et là il me répond : « mais tout le monde le connaît ! »

 

J'en suis resté sur le cul. Le lien m'a paru si évident !

 

La semaine suivante après un retour à mon boulot (je bossais un jour fin juillet pour couper mes vacances), je redescendais dans le Gard, en voiture cette fois, pour rencontrer Michel. « Je viens de la part de Walter. » Le mot de passe. Son regard méfiant a fait place à un sourire fraternel : je faisais partie de la famille.

 

Le discours de Michel est chantant, un torrent en crue. Les mots, la tête, et les mains. Je veux dire qu'il ne fait pas que parler et réfléchir : il bosse. Tout le temps. Vous raconter tout prendrait des heures. Des pages. Je vais juste vous dire ceci : Michel m'a fait comprendre qu'au lieu de revendiquer, il fallait prendre. Pas voler, non ! Prendre ce qui nous appartient de droit. « Vous n'avez pas besoin de nous ? (Les licenciements, les guerres etc.) Nous n'avons pas besoin de vous ! ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE ! » C'est comme ça qu'il parle Michel. Et il postillonne tellement il est emporté par son énergie. Il faut s'auto-organiser. C'est tout.

Et pourquoi les chômeurs « autonomes » du collectif d'Alès et d'ailleurs ne s'auto-organisent-ils pas ? Pourquoi Michel ? "Parce que ce sont des FAIGNANTS ! Des branleurs ! Des PARASITES qui ne comprennent rien. Des assistés."

 

Voilà. Je fais court. Voilà comment je suis tombé dans l'écologie, non pas étant petit, 35 ans, mais tombé dans l'écologie autonomisante, radicale, exactement aussi éloignée de Cohn-Bendit que Sirius l'est de la terre. Du jour au lendemain. J'ai fait ma révolution copernicienne.

 

Pour ceux qui ne viennent pas de là c'est plus difficile à comprendre. Forcément. D'où ma décision de me raconter. De vous raconter.

 

Je pourrais m'arrêter là. Mais non : d'autres découvertes s'imposent, qui m'enracinent dans mes convictions que je juge utile de rendre explicites.

 

Retour Normandie, salon écolo à Rouen en mai 1999. Le stand de Pascal Thépaut sur les maisons en paille.

 

Il est devenu un pote, on a fait des stages massage ensemble, on s'est caressé les fesses et on s'y est enfoncé les coudes jusqu'à en pleurer pour y dissoudre les cristaux et évacuer notre stress enfin on s'en fout.

 

Sa topine Christine (même chose mais sans les coudes) était – est toujours - très branchée éco-villages. C'est ça ma seconde découverte après Michel.

 

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J'ai ainsi découvert que plein de gens (fort peu nombreux en pourcentage de la population) vivaient également en autonomie « décarbonée » comme on dit, dans des ambiances collectives d'une chaleur humaine incomparable. Bon, notre individualisme et notre isolationnisme modernes font que pas mal de gens ne s'y retrouvent pas, je sais, mais là n'est pas le sujet pour moi. Par contre, ils n'ont pas la vision politique de Michel.

 

L'une de mes dernières lectures m'a fait mieux comprendre une différence essentielle entre Michel et les éco-villages : cette lecture c'est « La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse », commencée l'été dernier et terminée cet hiver.

 

E. Armand, l'auteur, y parle d'associations d'égoïstes. Dans le respect total de l'autre, mais dans l'écoute totale de ses propres besoins affectifs et sexuels. Sans inhibition puritaine. Son discours pourrait être résumé ainsi : « nous ne voulons en aucune manière vous forcer à vous adonner à la camaraderie amoureuse, mais vous, laissez-nous la pratiquer entre adultes consentants ! » Il ne veut pas convertir, ni faire de prosélytisme, son discours ne s'adresse qu'à celles et ceux qui y sont réceptifs, les autres il n'a rien à voir avec eux.

 

Et j'ai compris que les éco-villages c'est un peu ça : ils ne veulent pas changer le monde, il leur suffit de changer leur monde. Et ils y parviennent. Le reste, la problématique urbaine, ça les dépasse. Chacun sa route. (Bon ok Jean-Luc, je dis les choses comme ça parce que je les ai resenties comme tel, mais j'ai bien conscience que les écovillages sont en lien permanent avec le monde et sont tout sauf repliés sur eux-mêmes, en témoigne la revue Passerelle-éco. Mais pour illustrer ce que j'entends par la problématique urbaine, voir L'après Coline.)

 

Michel, lui, à l'inverse, ne supporte pas (au point d'y consacrer bon nombre de ses journées) de voir des centaines de milliers de pauvres gens mourrir de faim à la suite de cataclysmes. Pour exemple à l'époque des réfugiés du Kosovo, il a bossé des jours et des jours pour élaborer "dans les faits", l'une de ses expressions flash qui le distingue des revendicatifs, des habitats d'urgence adaptés à leur milieu de survie. Avec fabrication en réel à l'échelle 1/5ème, photos, maquettes, notices de construction, photocopies couleurs au format A3 à 500 exemplaires pour envoi en nombre aux quatre coins du monde. Sans aucune ressource financière.

 

Revenons à nos moutons : moi, mes préoccupations quand je manifeste, ce sont les problèmes des chômeurs, mais pas seulement : vouloir « ré-insérer » les chômeurs, très peu pour moi. Ce sont les problèmes des manifestants, mais pas seulement : vouloir « augmenter les minima sociaux » sans rien toucher à notre mode de vie et au tout bagnole, très peu pour moi itou. Et revendiquer, comme je l'ai dit, très peu pour moi encore.

 

Mon problème à résoudre, mon projet, ma vision des choses, c'est : comment passer d'une qualité de vie telle qu'elle peut se mettre en place ici ou là dans les éco-villages, à une transformation de la société ? Ou encore : aller m'installer dans un co-village, ou même créer un éco-village de plus, à quoi ça va servir ? Ma vie personnelle n'a pas d'importance, j'ai trouvé mon équilibre psychologique, affectif, matériel. En revanche, une fois les abeilles disparues définitivement, le mythe des éco-villages, ilôts de bonheur au milieu du chaos, ne résistera pas longtemps !

 

Intellectuellement je me sens plus venir des écovillages que de l'extrême-gauche revendicatrice. Et ça fait une sacrée différence avec les urbains que je côtoie au quotidien.

 

Mon avenir pour le monde, celui qui est dans ma tête, c'est : comment transformer les villes et leurs habitants, leurs bagnoles, leurs boulots à la chienne ou dans le tertiaire, leurs salaires et leurs sales airs de mines grises, en écovillages élargis, en éco-villes, et en exode urbain ? "Dans les faits !" et pas seulement dans le discours, et encore moins dans la critique permanente.

 

Parce que je sais que la vie, la vraie vie, c'est dans le pré, dans le potager, dans la forêt. Mais pas comme un banlieusard qui va en forêt le week-end ! Non ! Comme quelqu'un qui vit en harmonie, en symbiose, au quotidien, avec la nature. «Les sept plumes de l'aigle», l'histoire merveilleuse de ce chaman améridien, version occidentale et communautaire. Et même, à l'échelle des mégapoles. Redécouvrir le travail au contact de la nature, massivement, en "produisant" des aliments, en semant, cueillant, les week-end d'abord, puis les vacances, puis à mi-temps, puis tout le temps, mais d'une manière collective, organisée, d'une manière où ce sont les comités de quartier qui s'emparent de ces projets, et pas seulement les familles isolées, pour en venir au bout du compte à repeupler les campagnes, pour désengorger les villes, pour vider les mégapoles, pour changer le monde, pour démondialiser le monde et retrouver le sens de la localité.

 

Bon, ce n'est pas facile. "Dans les faits" pour le moment je n'en vois même pas le début d'un balbutiement. Mais le chantier est de grande ampleur.

 

 

Voilà mon histoire. Voilà le chemin que j'ai parcouru jusques ici.

 

Et Lilas vient à point nommé pour illustrer mes utopies. Merci encore Lilas.

 

Est-ce plus clair pour toi ?

 

Dis-moi.

 

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 05:02

 

 

Deux idées viennent se téléscoper, deux évidences majeures :

 

  • le pic de pétrole imminent, cause d'un effondrement sociétal ;

  • et la nécessité de s'y préparer. Pas d'y échapper : de s'y préparer.

Ces deux idées indissociables, en avance de quelques mois seulement, au mieux entrent par une oreille pour ressortir par l'autre, au pire sont ignorées.

 

L'idée du jour, c'est celle-là :

prises séparément, voici ce que donne chacune de ces deux affirmations :

 

- "le pic de pétrole imminent, cause d'un effondrement sociétal" ça fait 40 ans qu'on nous la fait, t'as pas un scenario plus original Coco ? Ok avec ton Benoît Thévard, ta vidéo Sans lendemain, ta revue La Décroissance, tu as de solides arguments pour annoncer que les générations futures, c'est nous. C'est bien nous. Nous connaîtrons l'après pétrole. Mais l'environnement ambian, médiatique, nous serine tellement que la réalité est autre qu'on oublie rapidement cette évidence. Et de toute façon, qu'est-ce que tu veux y faire ? L'homme s'est toujours adapté ! Et puis tu sais, franchement, avec ton après pétrole tu me fous les boules, excuse-moi mais je peux pas te suivre, j'admire ton courage, je te souhaite bonne chance. Et vlan ! Le soufflé est retombé.

 

- "La nécessité de s'y préparer. Pas d'y échapper : de s'y préparer." C'est quoi cette nouvelle idéologie que tu essaies de nous vendre Coco ? Tu veux nous imposer un nouveau mode de vie, meilleur que tous les autres, tu veux faire notre bonheur malgré nous ? ça va se payer au prix de combien de morts ? Ha non c'est pas ça ?! C'est juste planter des arbres fruitiers et impulser des jardins partagés et des ceintures vivrières ?! Plus Rob Hopkins, ok. Mais c'est vraiment utile ton truc ? Comment tu comptes y arriver ? Ha oui, nous n'avons pas le choix ! Ok !! à cause du pic de pétrole qui arrive, d'accord !!! Mais du pétrole on en a encore pour 50 ans, non ?

 

 

Voilà. L'idée du jour c'est celle-là : nous passons sans cesse du déni de l'après pétrole au déni de la possibilité d'une organisation différente. Or la conviction qui nous habite, nous transitionneurs, vient du fait que ces deux évidences sont indissociables : bientôt le pétrole bon marché va manquer, et dès maintenant car ça prend du temps nous devons nous y préparer.

 

Ces deux efforts de visualisation sont impossibles à qui se drogue quotidiennement aux médias dominants.

 

« Dis-moi à quelles sources tu t'informes, je te dirai qui tu es. »

 

Nous sommes des êtres conditionnés pour attendre notre effondrement sans réagir, sans anticiper, sans rien voir venir.

 

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Nous sommes (presque) déjà morts. Sauf...

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 07:09

 Le premier étage de la fusée se trouve dans « Sauf le respect que je vous dois », de Fabienne Godet. On pourrait l’appeler l’étage de la responsabilité individuelle dans les dysfonctionnements économiques, les patrons sont des salauds égoïstes etc.

 

Ce premier étage avait déjà été visité lors du 24 décembre à midi, à Groslay dans le Val d’Oise, au Sancerre. Nous étions à table avec Gérard.

 

Notre conversation sur les difficultés économiques à la SNECMA avait débouché sur cette réflexion de Gérard : « que ce soit la droite ou la gauche ça n’y change rien ». J’ai volontairement demandé, « pour voir » comme on dit au poker : « et alors ? C’est quoi la solution ? » Et là, silence gêné, la discussion a tourné court, j’ai senti que le spectre du Front National rôdait alentours. Comme si un entonnoir nous menait vers le FN.

 

 

5085788249_f976abf007.jpgQuand je racontais ça à Mourad, le soir même, devant les 7 autres personnes présentes, au moment précis où je prononçais les mots « Front National », c’est comme si j’avais déclenché un programme préenregistré, sorte de second entonnoir qui nous empêche de réfléchir, et il s’est mis à nous dérouler tout son argumentaire anti FN. Alors que FN ou pas, pour ou contre, finalement l’essentiel est ailleurs !

 

 

Le second étage est ce que j’aurais pu dire à Gérard : ce qu’un autre Gérard,  Foucher celui-là, nous avait magistralement expliqué la veille au soir en nous présentant son livre : « Les secrets de la monnaie ». Le système fait que les employeurs n’ont pas le choix : soit ils restent en l’état et, face à la concurrence internationale de la main d’œuvre à bas coûts, ils perdent des clients et ferment la boutique, soit ils baissent leurs coûts tout en licenciant une partie de leur personnel. Les solutions de Gérard Foucher passent par la reconquête de notre souveraineté monétaire nationale et le retour au franc. Donc par les urnes. Et encore, on l’a vu avec le référendum sur le traité de Maastricht : il est certaines victoires électorales qui se transforment en échec.

 

Dit autrement, ce second étage montre que si les patrons étaient « gentils », premier étage, le système ne tiendrait pas non plus.

  

Et le troisième étage, que Fabienne Godet comme Gérard Foucher ne voient pas, c’est ma tarte à la crème : le pic de pétrole.

 

 

Les solutions ? Ce que Gérard Foucher fustigeait dans le cas où ses préconisations ne seraient pas mises en place : « retour au potager pour tout le monde » ! La formule est un peu courte et provocatrice. Davantage de précisions se trouvent sur ce blog.

 

Dans le courrier des lecteurs de La Décroissance de décembre 2013 / janvier 2014 Guy Péan écrit à peu près cela : « Confirme-moi, militant de gauche et d’ailleurs, ta seule motivation n’est-elle pas de te convaincre que ton style de vie n’est pas en danger ? »

 

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Gérard Foucher a réagi, et je lui ai répondu le 9 janvier à 17h40.

 

réponses dans le texte

 

Le 8 janvier 2014 13:58, Gérard Foucher a écrit :
Bonjour,

Merci Robin pour ce message, et bravo pour ton billet de blog !

Quelques petites précisions :
- En fait, comme tu le sais, mon "entonnoir" amènerait plutôt à une reprise en main de la création monétaire par les citoyens eux-mêmes (ce qui ne suppose pas forcément un retour au franc, la BCE pourrait très bien s'en charger en euros) sous la forme d'une distribution impartiale et équitable à chacun de sa part de monnaie individuelle : un crédit, ou dividende universel (qui pourrait pourquoi pas s'ajouter à un revenu de base par redistribution fiscale).
ça marche tant que notre économie est encore sur pied : le jour où l'effondrement arrive, voir Joseph Tainter dans ma première lettre à Destans ici, ça ne marche plus.
De plus je ne saisis pas la différence entre ce que tu proposes (idem que Stéphane Madelaine ?) et les monnaies locales.
- Cette évolution ne se fera pas nécessairement "par les urnes". Elle peut s'effectuer progressivement et librement, au fur et à mesure que les citoyens mettent en place des systèmes monétaires et des systèmes d'échanges locaux alternatifs... ce qui est précisément en train de se produire en se moment.
Donc des monnaies locales, c'est bien ça, mais j'étais étonné que tu n'en parles pas le 23 décembre, j'étais venu pour ça ! Du coup j'ai trouvé via
2 sites prometteurs :
et
- Le "retour au potager", c'est ce qui arriverait si le système bancaire s'écroulait (matérialisation du risque systémique)
oui ça j'avais bien compris.

Merci encore pour tes encouragements ! J'oublie parfois, sur certaines conférences, de raconter l'histoire des deux copains au tableau... je ne le ferais plus ! Lol !

À très bientôt j'espère ! Peut-être pour une prochaine conférence à Évreux ? Veux-tu que je t'envoie la dernière version du dossier de présentation, avec tous les détails et conditions d'organisation ?
oui ! merci.


Gérard
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 16:09

Le café des Phares Place de la Bastille à Paris a été aux débuts des années 90

le lieu où Marc Sautet avait récréé les "cafés philos" en France

peu après leur réapparition en Allemagne.

Marc Sautet avait fait ses études à Evreux en compagnie de Michèle Rive,

encore aujourd'hui conseillère municipale dans cette même ville.

En 1996 Michèle me proposait d'ouvrir un café philo à Evreux.

Marc était encore en vie à cette époque.

En juillet 1997 j'ouvrais un café philo au Régent.

La suite sur ce blog en trois endroits différents :

- Petroleum pénurie juste après les 29 boulons,

- Racontez vos vacances,

- Lien Le cri du Bulot, Chiapas et biographie - 23 mars 2013

Grains de Pollen est née d'une séance de café philo au Régent. Merci Jaochim Da Silva !

Ma vie a été radicalement transformée par les cafés philo : ils m'ont (persque) tout appris.

C'est dire si cette première séance au café des Phares,

plus de 16 ans après l'ouverture du café philo au Régent,

était pour moi chargée d'émotions !

 

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------- Message transféré ----------

De : Robin Branchu <gorgerouge3@gmail.com>
Date : 2 décembre 2013 17:08
Objet : suite café des Phares
À : Yves Cohen <yvecohen@free.fr>


Bonjour Yves,
très heureux que tu n'aies pas mal pris mon intervention qui contestait ton autorité dimanche dernier.
Au fait, autorité vient de "auteur" : ce dont on est l'auteur.

Ce que je voulais dire :
- j'ai été fort étonné que tu situes l'apogée des chefs en 1940.
Concernant les boucheries humaines dont ils ont été les instigateurs certes,
mais si l'on tient compte de la fameuse formule de Noam Chomsky :
"le totalitarisme est aux démocraties ce que la force militaire est aux dictatures",
et si l'on y met en parallèle le pouvoir des lobbies à Bruxelles
fréquemment dénoncé par Daniel Mermet,
alors nous pouvons aisément comprendre que la manipulation des consciences
est bien plus avancée en cette fin 2013 qu'elle ne l'était en 1940,
et encore plus si on fait la comparaison avec 1945
et la lucidité du Conseil National de la Résistance.

- J'aurais bien voulu évoquer aussi le Sous-Commandant Marcos
qui porte ce nom parce qu'au-dessus de lui il y a le peuple,
ainsi que La forêt d'émeraude, film de John Boorman
dans lequel le chef de clan dit :
"si je demande à mes hommes de faire quelque chose
pour laquelle ils ne sont pas d'accord,
je ne suis plus leur chef".

Et ce rétablissement des valeurs qui consiste à être "au service" :
des autres, du groupe, de la nature,
est omniprésent dans les sociétés archaïques.
Et c'est précisément ce qui leur a permis de perdurer durant des millénaires.

- Enfin j'aurais volontiers raconté cet échange vécu la veille,
samedi dernier à Pont-Audemer (Eure),
où je m'adressais à deux employés de la MAIF.
Je leur racontais l’imminence de l'effondrement de notre monde occidental
(voir mon blog et celui de Benoît Thévard),
lorsqu'ils se sont mis à me rétorquer en cœur qu'ils ne fallait pas faire peur.
Deux signes d'un conditionnement profond : la réaction compulsive, réflexe,
immédiate et irréfléchie et le fonctionnement collectif.
(Voir sur mon blog Le grand frisson.)
Le fait que nous ayons peur d'avoir peur a deux conséquences :
un, nous ne voyons pas ce qui arrive,
et deux, nous ne faisons rien,
non pour empêcher cet effondrement d'arriver
puisqu'il est inéluctable,
mais pour faire en sorte de nous y adapter en tenant compte
de la fin du pétrole bon marché.
5800549251_91b3df40c4.jpg
Et sur ce point, les chefs qui maîtrisent les médias
et donc notre façon de penser
ont un pouvoir de destruction imminente sans précédant,
leur seul objectif étant de faire des profits à court terme :
les génocides de Hitler et Staline réunis seront de la gnognotte
comparativement à ce qui nous attend !
Voir l'extrait de Joseph Tainter dans ma première lettre à Destans
qui est généreux avec ses trois mois : je dirais plutôt un mois et demie
ou deux mois vus les stocks de nourriture ridicules
et vu notre manque total de souveraineté et d'autonomie alimentaire locale.

Avoue quand-même que c'est assez fort qu'un gars de ton niveau intellectuel
passe totalement à côté de cet effondrement de l'occident,
qui se produira en 2014 ou 2015 et au plus tard 2020
selon Benoît Thévard
qui s'appuie sur 20 études indépendantes
pour estimer la date du pic de pétrole,
sans compter la perte soudaine de la confiance des marchés
lorsqu'ils ne pourront plus continuer à "faire comme si",
et tout le monde feint de croire que tout va continuer comme avant,
en pétant dans nos moteurs ?
alors que Matthieu Auzanneau, Jean-Marc Jancovici
et tant d'autres disent qu'il n'y aura PAS d'alternative au pétrole !
Ce n'est évidemment pas toi qui est en cause,
mais bien le niveau de désinformation auquel nous sommes soumis.

Bien à toi,
Robin Branchu.

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:53
Chacun des mails ci-dessous était accompagné des précédents avec l'affiche du 19 juin et la video de Rob Hopkins.

Tous ces mails sont restés sans réponse jusqu'à ce jour 1er juillet 2013.

Acte 1

---------- Message transféré ----------
De : Robin Branchu <gorgerouge3@gmail.com>
Date : 6 mai 2013 18:01
Objet : suite à notre entrevue concernant Evreux et Eure département en transition vers l'après pétrole
À : laurent.sodini@cg27.fr
Cc : ROBINET Stéphanie <stephanie.robinet@cg27.fr>


Monsieur Sodini,
suite à notre entretien en ce début d'après-midi, je reviens vers vous comme convenu afin de préciser, notamment auprès de Monsieur le Président du Conseil Général et des membres du Plan Climat Energie Territorial - PCET, la spécificité de la démarche des territoires en transition.

Derrière cette démarche collective se place tout d'abord un diagnostic qui, manifestement, échappe au PCET. Selon Benoît Thévard, animateur du blog avenir-sans-petrole , qui a mené une synthèse de 20 études indépendantes sur le pic de pétrole, se dernier se produira entre 2013 et 2015 et au plus tard en 2020. Un ancien directeur de la prospection de chez Exxon prévoyait pour sa part, à l'été 2012, le pic de pétrole entre 2013 et 2015 à raison d'une décrue de production mondiale, tous pétroles confondus, de l'ordre  de 5 à 7% l'an. Source : revue La décroissance, juillet-août 2012. La courbe de l'économie mondiale suit rigoureusement, et suivra donc celle de la production de pétrole.

Je comprends tout à fait votre réticence face à ce diagnostic que vous avez qualifié de catastrophiste, aussi je me permets de vous alerter sur la désinformation médiatique et son ignorance des faits relevés par Benoît Thévard et consors (Jancovici, Auzanneau etc.) car, sans "piqûre de rappel" sur un tel diagnostic, vous reviendrez inévitablement à considérer les travaux du PCET comme étant suffisants. Cette désinformation occulte l'existence en 64 territoires en transition rien qu'en France.

Second aspect de ce diagnostic : les énergies de substitution aux énergies fossiles ne seront pas au rendez-vous, ni en puissance, ni en temps.
Modifier à la marge nos habitudes, notamment celles en termes de consommation d'énergie et de déplacements ne suffira pas : d'ici 2030 et au-delà tout aura changé à commencer par nos métiers, et la sagesse, la prudence, veulent que nous regardions en face ces changements. Pour se passer dans de bonnes conditions, ils devront revêtir au moins deux caractéristiques qui, elles aussi, échappent manifestement au PCET actuel :
- relocaliser et défossiliser nos productions : assurer nos productions locales vitales (l'alimentaire, les vêtements, le logement en priorité) avec des processus de fabrication artisanaux, sans dépendance aux énergies fossiles ;
- et créer une monnaie locale en profitant de l'opportunité d'appeler notre monnaie départementale : l'Eureux.

A ces deux conditions, l'Eure pourra être résiliente à l'effondrement de l'Euro et de l'économie mondiale qui accompagneront l'après pic de pétrole.

Eure département en transition signifie donc concrètement :
- de mener des actions locales, dans toutes les communautés de communes du département, et s'adressant à tous les corps de métiers artisanaux, pour faire émerger des démarches de relocalisation de la production ;
- et de créer cette monnaie locale qui, à l'instar de la Livre de Totnes, première ville en transition dont la démarche a débuté en 2006, restera indexée sur la monnaie nationale ou en l'occurrence  européenne mais lui survivra lors de la récession majeure qui s'annonce. La résistance des monnaies locales face à la crise mondiale est envisageable grâce à une production locale artisanale et donc à un commerce local possible. Il ne s'agit donc pas de quitter l'Euro comme vous semblez l'avoir cru dans un premier temps.

Tous les processus de production liés au pétrole s'effondreront avec l'épuisement de sa ressource et, il faut le répéter ici, les énergies de substitution ne seront pas au rendez-vous quoiqu'en disent les médias dominants : il  faut bien rassurer les marchés ! Or, paradoxe qui pourrait bien finir par nous être fatal, en ne regardant pas le problème en face, on n'envisage pas de solutions à la hauteur du problème.

Après trois conférences participatives sur cette thématique à Evreux (18 juillet, 18 septembre 2012, 8 mars 2013), une quatrième soirée sous forme d'ateliers de visualisation collective aura lieu mardi 7 mai, l'affiche se trouve sur Internet à l'adresse suivante : http://gorgerouge.over-blog.com/article-prochaine-conference-de-gorgerouge-116442769.html


Si le Département  de l'Eure, en même temps qu'il impulse une démarche de territoire en transition telle que décrite plus haut et dans le Manuel de transition de Rob Hopkins, communique en même temps sur sa démarche auprès des autres départements afin que chaque territoire entame de concert sa résilience productive et monétaire, on peut encore espérer, peut-être, construire un avenir souhaitable et faisant une place à chacun, si nous en avons encore le temps car, selon l'ami Hopkins, 10 années sont nécessaires pour faire aboutir une démarche de transition sur un territoire donné. Nous allons donc connaître une crise de temps, en période de stress économique croissant.

Bien cordialement,

Robin Branchu.

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Acte 2

De : Robin Branchu <gorgerouge3@gmail.com>
Date : 15 mai 2013 07:36
Objet : suite à notre entretien du lundi 6 mai
À : laurent.sodini@cg27.fr


Bonjour Monsieur Sodini,
je me permets de revenir vers vous après notre entrevue du 6 mai dernier.
Avez-vous informé Monsieur Destans des échéances du pic de pétrole dont je vous ai parlé ?
Avez-vous trouvé les arguments de Benoît Thévard ?
 
Est-ce possible de se revoir, de préférence un lundi ?
 
Je vous laisse découvrir ce lien qui hélas en faisant référence à 2050 passe à côté de l'urgence dans cette histoire très réelle de "société de dernière minute" :
 
Bien cordialement,
 
Robin Branchu - 06 30 04 73 44
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Acte 3

---------- Message transféré ----------
De : Robin Branchu <gorgerouge3@gmail.com>
Date : 5 juin 2013 08:00
Objet : suite à notre conversation d'hier 4 juin
À : jacques.poletti@cg27.fr


Bonjour Jacques,
 
voici comme convenu les 2 mails à Laurent Sodini restés sans réponse.
 
Pour mes sources d'informations, en voici les plus pertinentes :
- le dernier billet de Benoît Thévard qui date d'hier :
il utilisait l'expression suivante pour décrire la situation dans laquelle nous sommes : "un îlot de lucidité dans un océan de déni" ;
 
- pour Matthieu Auzanneau dont je te parlais hier, très fort sur l'illusoir espoir quant aux énergies de substitution mais creux quant aux solutions à apporter :
 
Bien à toi, au plaisir d'avoir de tes nouvelles,
Robin
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Acte 4

De : Robin Branchu <gorgerouge3@gmail.com>
Date : 10 juin 2013 18:45
Objet : demande de rendez-vous
À : cg27 secrétariat Destans <stephanie.cleradin@cg27.fr>


Bonjour,
sur la base des différents échanges de mails ci-dessous, serait-ce possible que Monsieur le Président du Conseil Général accepte de me recevoir ?
Monsieur Destans, je ne sais même pas si Laurent Sodini et Jacques Poletti vous ont parlé de nos entrevues.
J'étais présent lors de la présentation du PCET au Conseil Général jeudi dernier et je suis intervenu par deux fois mais vous étiez déjà reparti.
Merci pour l'attention que vous voudrez bien apporter à cette demande de rendez-vous.
Je suis disponible de préférence le lundi.
Bien cordialement,
Robin Branchu - 06 30 04 73 44
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Acte 5

De : Robin Branchu <gorgerouge3@gmail.com>
Date : 16 juin 2013 13:04
Objet : Fwd: demande de rendez-vous
À : ROBINET Stéphanie <stephanie.robinet@cg27.fr>


Bonjour Stéphanie,
peux-tu savoir si Jean-Louis Destans a été destinataire de ces mails
ou au moins s'il a été informé de ma demande de rendez-vous ?
Pour le moment c'est vraiment une communication à sens unique.
Merci, bien à toi,

Robin

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:16

Ce billet fait suite à un commentaire, complété ici, et posté ce jour sur le dernier article de Benoît Thévard.

Hervé Morin, rencontré à Epaignes, dans l'Eure, le 18 mai dernier, est convaincu que nous trouverons des solutions à l'après pétrole grâce à la lecture de Jérémy Rifkins. Et Frédéric Bosqué, créateur et coordinateur du Sol Violette, rencontré à Rouen mercredi dernier 29 mai, est convaincu que les monnaies locales suffiront à financer les relocalisations de nos productions et qu'il n'y a pas besoin de plan B de type récession accélérée et économie en berne car pour lui l'après pétrole n'est pas un problème, "ils" ont des solutions, et quelle lecture m'a-t-il conseillé pour m'en convaincre ? J. Rifkins...

Il n'y a pas de place, ni dans sa tête ni dans son emploi du temps, pour se consacrer à la fois au sol violette et à la relocalisation/défossilisation des productions locales. Ce qui représente un chantier bien plus vaste, certes, mais vital, sans quoi nos efforts pour une résilience au pic pétrolier risquent fort de se retrouver gros Jean comme devant...

Quant à Hervé Morin, une remarque fort pertinente m'a été faite il y a quelques jours : si il admet l'impossibilité de remplacer les énergies fossiles, il peut remiser tout son discours politique, tous ses engagements depuis tant d'années, il ne peut donc pas reconnaître cette éventualité, fut-elle une évidence, sans retourner sa veste. Et ça ne vaut pas que pour Hervé Morin...

Merci Monique Cornu pour cette remarque pertinente.

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                                                                        Colmar                                                                


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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 06:24

mail daté du 14 mai 2013

 

Salut.

Je comprends bien votre position qui reflète nombre d’appels à la résistance provenant de l’extrême gauche, des syndicats, du POI etc.

J’ai ce genre d’échange très fréquemment.

 

Le système s’effondre.

Après s’être constitué malgré de nombreuses résistances (voir François Jarrige , « Face au monstre mécanique » entre autres), en s’appuyant sur plusieurs leviers aux mains ensanglantées : l’esclavage, le colonialisme, les énergies fossiles, depuis la fin des trente glorieuses il résiste laborieusement mais actuellement il entre dans la phase ultime et accélérée de son effondrement.

 

Il faut accompagner cet effondrement, car vouloir lutter contre est vain. René Dumont avait juste 40 ans d’avance car seul l’épuisement des ressources fossiles nous fera quitter ce monde hyper-productif, hyper-consumériste et aliénant. Nous n’avons pas été formés à déconstruire ce monde mais seulement à le construire, d’où la grande difficulté d’acceptation d’abord, de passage à l’acte ensuite.

 

Quelle autre société pouvons-nous créer pendant que celle-ci disparaît ?

 

C’est ce à quoi tente de répondre entre autre mon blog. Entre autre car je m’appuie sur d’autres blogs, en liens, d’autres sources d’information que nous servent les médias dominants dont la principale fonction est de rassurer les lecteurs, de rassurer les marchés, quitte à ne pas dire la vérité sur le pic de tout, à commencer par le pic de pétrole et sur ses conséquences économiques. Un instit à la retraite, directeur du centre de loisirs de Thiberville depuis 30 ans, déclarait dans la presse le 4 mai dernier : « nous sommes dans une société de dernière minute. » On ne peut pas mieux dire.

 

Offrez-vous La Décroissance, en kiosque. 2,50€. Et lisez successivement les articles de Richard Heinberg (page 3) et Olivier Berruyer (pages 14 – 15).

Bien cordialement,

Signature

 

Ce texte avait déjà été ébauché dans Austérité.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 05:57

Tant de fois je recontre des listes d'actions telles que celle parue dans Alternatives Economiques ici !

Difficile de les critiquer : dire qu'elles sont insuffisantes sous-entend qu'ils faut en faire plus, or leurs promoteurs sont déjà bien souvent "au taquet", manquent de reconnaissance et ont fortement ancré en eux que, ce qu'ils font, "c'est déjà bien" !

Et, effectivement, elles ne sont pas inutiles non plus ces actions, loin de là !

Et pourtant...

Il manque probablement un mot à notre vocabulaire pour exprimer ce qui cloche.

C'est comme si notre cerveau au fonctionnement binaire ne pouvait entendre que "c'est bien" ou "ce n'est pas bien".

Avec Norbert Wiener et ses fonctionnements binaires nous finissons par être pris pour des bits !

(Je crois l'avoir déjà faite ailleurs mais je ne résiste pas).

De telles listes d'action relèvent de ce que j'appelle le 1 + 1 + 1, et de la société du spectacle, deux points en opposition avec les territoires en transition qui ont de l'avenir une visualisation d'ensemble, et non pas fragmentée, ainsi qu'une démarche participative non dévoyée.

Et ces deux points changent tout !

- Quand on veut changer les choses de manière compartimentée ça ne marche pas car on ne prend pas en compte le croisement des changements qui feront effet boule de neige : à commencer par les énergies fossiles qui, venant à manquer, vont entraîner une récession économique de type de celle de 1929, peut-être un peu moins rapide, l'avenir le dira, mais irréversible et omniprésente dans le monde développé, là même où le pétrole est partout. Partout ? Même les inuits aujourd'hui ont des scooters, c'est dire... Ainsi le tiers-monde sera lui aussi impacté.

- Quand on change les choses sans "les gens", ça ne marche pas non plus : "ce que tu fais pour moi, sans moi, tu le fais contre moi" dit l'adage. Or c'est bien ce que propose le dossier d'Alternatives économiques : une fois la liste établie, dormez brave gens, on s'occupe de tout, tout va bien, "aie confiance" comme disait le serpent Kaa.

Toutes les sociétés traditionnelles se sont auto-organisées collectivement, en Afrique sous forme de palabres, le chef de tribu amazonienne dans La forêt d'émeraude disait : "si je demande à mes hommes quelque chose pour laquelle ils ne sont pas d'accord je ne suis plus leur chef". Inversement toute l'histoire du monde occidental depuis les grecs et les romains a été écrite par une élite au service de son propre pouvoir contre celui "du plus grand nombre", expression qui a remplacé "ne laisser personne en chemin", personne, donc en acceptant tout le monde dans le cercle de parole et de décisions. L'idéal, qui ne s'est pas toujours réalisé loin de là, étant vraiment tout le monde : femmes, hommes et enfants.

Donc pour moi non, ce texte d'Altenatives Economiques ne reprend pas les positions des Objecteurs de Croissance au sens de Rob Hopkins. Je ne fais pas de l'ami Hopkins un gourou ni ne veux le personnifier mais en se référent au Manuel de transition, qui n'est qu'une proposition ouverte, et/ou à son auteur, au moins on sait de quoi on parle. Ce qui évite de se faire récupérer, car l'appellation territoire en transition n'a pas été déposée que je sache... Même les écovillages ont parfois été récupérés dans certains écoquartiers high-tech !

Pour aller plus loin, voir par là.

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 16:53

Suite à mon article du 3 décembre dernier Je cherche encore à comprendre, mon pote Mister Joly m’écrit ceci :

 

« (…)

Je réponds ici à ta réponse de blog du 03 12 12 :

(…)

Parmi les menaces qui pèsent sur notre monde, il y a la menace écologique, je suis d’accord ;

mais la pénurie de pétrole ne me semble pas être la pire menace ; il y a le réchauffement, le risque nucléaire, la disparition de la biodiversité, de la forêt, etc. ;

(…)

Je ne vois pas trop le lien entre le risque de pénurie de pétrole et les plantations ou actions d’Evreux en transition, je crois qu’il me manque un maillon pour comprendre. (…) »

           

Sur la hiérarchie des menaces je partage ton point de vue Mister Joly, mais le fait que le pétrole va nous échapper est une nouveauté par rapport aux autres facteurs que tu cites, une nouveauté que nous ne pourrons pas autant ignorer que les autres menaces plus lointaines, moins palpables, à tel point que le réchauffement climatique, finalement, tout le  monde s’en fout ! Voir à ce sujet l’excellent article de Pierre-Emmanuel Neurohr en page 10 dans La Décroissance, en kiosque jusqu’au 29 janvier, 2,50€.

 

Du coup c’est bien l’après pétrole qui devient une opportunité pour inventer un monde meilleur, un  monde d’abondance frugale : abondant en nourriture et en liens, frugal en objets polluants, superflus et aliénants.

 

 

Quant au « lien entre le risque de pénurie de pétrole et les plantations ou actions d’Evreux en transition », d’abord où as-tu vu que c’était un risque, cette pénurie de pétrole ? As-tu des arguments pour dire que cette pénurie pourrait ne pas se produire, du genre le pétrole se renouvèlerait éternellement à mesure que nous le faisons brûler, ce serait donc une ressource renouvelable ? Non : le pétrole s’épuise à grande vitesse, la décrue de la production mondiale va s’amorcer entre 2013 et 2015, après 7 à 9 ans, depuis 2006, de stagnation ou de production en plateau. Les découvertes de gaz de schistes n’y changeront rien : le pic des découvertes date de 1960, depuis chaque année les découvertes de nouvelles réserves diminuent !

 

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Je reformule tes propos : le lien entre la certitude d’une pénurie de pétrole et les plantations d’arbres fruitiers et autres jardins partagés à Evreux en transition et dans l’Eure Département en transition, ce lien le voici : le pétrole étant partout, dans nos déplacements, dans les déplacements de nos produits de consommation, dans la fabrication de nos produits de consommation, sa raréfaction et l’explosion exponentielle de son coût va provoquer inévitablement une récession économique, majeure, mondiale, irréversible, et rapide. 5 à 7% par an : c’est la baisse de production mondiale de pétrole estimée cet été par un ancien directeur de la prospection de chez Exxon, ces pourcentages vont se ressentir sur l’économie mondiale qui suit exactement la courbe de production de pétrole, et vont s’jouter à la récession déjà présente, due aux politiques néolibérales et autres spéculations sur les marchés mondiaux.

 

La production agricole va être affectée : « Bientôt nous aurons faim », titre d’un ouvrage récent que j’ai commencé à lire. Car l’agriculture conventionnelle est dépendante du pétrole : pour faire rouler ses tracteurs et autres machines, pour fabriquer ces machines, pour produire les intrants chimiques, pour transporter les aliments, pour les emballer, les conserver etc.

 

Le krach économique va tout emporter : nous serons bientôt comme les grecs, sans revenus, un peu comme en temps de guerre mais les kalachnikov en moins.

 

Manger sera notre première préoccupation, mais les techniques douces et récentes de maraîchage permacole sont tellement productives que je n’ai aucune inquiétude sur ce plan-là. Et pour tout te dire je n’en ai pas ailleurs non plus, d’inquiétude ! Car l’ère qui s’ouvre est une opportunité pour recréer ce jardin d’Eden que tu n’imagines même pas. Moi, si. Moi et bien d’autres, écartés que nous sommes, tels des pestiférés, des médias dominants. Le monde par en-dessous est en train de se lever, pendant que le monde du dessus a commencé à s’effondrer.

 

Ai-je répondu à ta question ? Ai-je ajouté le maillon manquant pour te permettre de mieux comprendre ?

 

Bien à toi,

Gorgerouge.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 16:06

Suite à mon article Je cherche à comprendre Mister Joly  m'envoie ce commentaire :

"moi je crois pas nos elites sont dignes de confiance, mais elles font ce qui leur parait souhaitable de faire, en fonction de leur interet, comme nous tous; moi j ai pas la 'fievre au travail', mais j accepte de verser du neant dans du vide quotidiennement pour maintenir mon salaire; quant au petrole j en ai besoin pour me deplacer. Ciao."

Cela mérite une ou plusieurs réponses.

"nos elites font ce qui leur parait souhaitable de faire, en fonction de leur intérêt comme nous tous" :

quel est notre intérêt ? Qui détermine quel est notre intérêt ? Servitude volontaire : oui, elle l'est devenue ! Le totalitarisme du contrôle de nos volontés, en serais-tu un bel exemple Mister Joly ?, est à nos démocratie ce que la force militaire est à leurs dictatures. Pour les habitués de l'Université Populaire d'Evreux, Spinoza n'a pas connu Chomsky !

Et quel est l'intérêt de nos élites ? Peut-il être mis sur le même plan que le nôtre, ce qui semble être ton avis vue l'expression que tu emploies : "comme nous tous" ? Tu devrais lire Naomi Klein : La stratégie du choc. Mais leur totalitarisme t'a probablement formaté pour que tu ne puisses pas lire un tel livre. Alors, à défaut, voudras-tu voir le film du même nom, disponible à la médiathèque d'Evreux ? L'enjeu est d'importance : il s'agit ni plus ni moins que de réveiller, ou pas, ton esprit critique, cet esprit critique que tu crois peut-être avoir en écoutant la radio et tous ses non-débats soi-disant polémiques !

1984, le roman, nous y sommes. En plein dedans.

"j accepte de verser du neant dans du vide quotidiennement pour maintenir mon salaire" : et s'il existait quelque chose de plus enviable que de toucher un salaire ? Et s'il était plus jouissif de ne pas accepter ? Plus valorisant ? Te poses-tu la question ? Non ? Retour à Chomsky. Voir aussi Jean-Pierre Berlan citant Eric Hobsbawm : le XXème siècle se caractérise, non pas par ses deux guerres mondiales ou par la Shoah, mais par la fin du monde paysan.

http://terreaterre.ww7.be/l-industrialisation-de-l.html

Il semble qu'au cours de l'émission JP Berlan se soit trompé : le livre d' Eric Hobsbawm n'est pas Une brève histoire du XXème siècle mais serait plutôt L’Âge des extrêmes - Histoire du court XXe siècle.

5790300190_fbaf816c1c.jpg                                       Eric Hobsbawm, 1917 - 2012

Et si tu refusais d'avoir les mains sales ?

http://miiraslimake.over-blog.com/article-13981387.html

Et si tu refusais de participer au Réchauffement Climatique ?

L'alternative n'est pas "je collabore" ou "je ne collabore pas", ce serait trop facile, encore que certain(e)s choisissent de ne pas collaborer en changeant de mode de vie et d'activité  : paysans néo ruraux et autres  artisans, mais faute de faire ou de pouvoir faire ce choix radical et difficile pour certains, en quoi est-ce si impensable de regarder en face cette contradiction (vivre une situation de pseudo progrès en acceptant de collaborer avec un  monde aliénant et mortifère pour nous et pour les autres) afin de préparer son abandon (en soutenant verbalement et en t'impliquant dans un territoire en transition, réflexion puis action collectives) ?

Ce n'est pas une question de temps : tu aurais pu choisir de ne pas prendre le temps d'écrire " quant au petrole j en ai besoin pour me deplacer ", mais bien une question de motivation et donc de clairvoyance : tu aurais pu préférer encourager cette initiative d'Evreux en transition.

Et si ton salaire t'échappait prochainement ?

Jusqu'à quand auras-tu besoin de pétrole pour te déplacer ? Jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, ou qu'il coûte 5 fois, 10 fois plus cher qu'aujourd'hui ? C'est comme les agriculteurs, je les ai vus, qui pleurent parce qu'ils font faillite, accompagnés de leurs collègues qui revendiquent des aides PAC, faisant mine de ne pas voir que les gros qui absorbent les petits font partie du même groupe de pleurnichards !

Même si attendre la fin du pétrole est une collaboration délibérée avec ce monde qui s'autodétruit, avec cette guerre au vivant, je vais te dire jusqu'à quand tu ne pourras plus, que tu le veuilles ou non, compter sur le pétrole pour te déplacer :

le club de Rome est souvent dénigré pour ses prophéties jamais réalisées, or j'apprends en lisant "La décroissance ou le chaos" que le début du déclin de la croissance, dès 1972, avait été estimée à 2015 ! Et 2013-2015, c'est précisément l'échéance, annoncée l'été dernier par l'ancien directeur de la prospection de chez Exxon, d'une décrue de la production mondiale de pétrole, à raison de 5 à 7% l'an.

Faute d'anticiper, tu seras, comme moi, emporté par les évènements.

A moins que nous anticipions, pour réinventer un monde vivable pour tous, convivial, vivant ; ça ne se fera pas tout seul.

La vie qui nous attend ressemble à s'y méprendre à celle que réinventent les occupants de la ZAD à NDDL.

http://www.youtube.com/watch?v=O9ctMsvU2rs&feature=share 

Voir aussi sur NDDL :  

http://www.reporterre.net/spip.php?article3563

 Salut l'ami !

La suite ici.

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