Essentiellement préparer l'après pétrole localement, fruit d'une quête tous azimuts pour comprendre ce monde de fous.
Depuis les premiers hominidés, un million d’années, et ramené à l’échelle de 24 heures, le recours aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel et uranium) remonte à environ une seconde et leur épuisement moyen viendra à peu près d’ici une seconde. Sauf que (et c’est déjà commencé) le réchauffement climatique engendré par cette combustion sera tel, si nous ne faisons rien pour l’empêcher, que la vie humaine à son tour sera impossible (Reeves, Mal de terre, 2003) et nous rendra au passage incapables de maîtriser la prolifération irradiante des déchets nucléaires livrés à eux-mêmes.
Problème : dire cela ne relève pas de ma compétence. Bien. J’en appelle donc aux professionnels habilités à exprimer un tel point de vue. Les éducateurs à l’environnement ? Ils sont dans la même situation : leur environnement institutionnel, hiérarchique et médiatique (lire le plan B, en kiosque ou par abonnement) leur interdit tout catastrophisme pour lui préférer la cécité suicidaire.
Oublié l’adage de Robert Schuman, père fondateur de l’Europe : « je ne suis ni optimiste ni pessimiste, je suis déterminé ».
Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées. Meuh ! La messe est dite. Préparez les cercueils.
Et le hiatus entre notre quotidien insouciant et l’urgence à retrouver une empreinte écologique pré-industrielle reste en l’état.
Suzanne aux yeux noirs
Alors j’en viens à lancer un appel à la verbalisation de cette contradiction : je ne peux pas le dire, mais je dis que je ne peux pas le dire, c’est une obligation vitale qui englobe et qui est peut-être la cause de tous les autres cas appelant le principe de précaution ( OGM, ondes électromagnétiques…)
Je dis que mon travail d’éducateur à l’environnement ou de chercheur NE PEUT PAS à lui seul résoudre le basculement climatique et que seule une remise en cause de notre mode de vie le permettra.
Je dis que la technoscience est un leurre qui justifie et intensifie la fuite en avant du réchauffement climatique et que le recours à un mode de vie plurimillénaire nous montre le chemin d’une vie qui se passe de tout recours aux énergies fossiles. Je sais que ce n’est pas mon rôle de dire cela, mais je sais aussi que me taire serait pire selon l’aphorisme de Georges Jean : savoir et ne point faire savoir ce que l’on sait, c’est pire qu’ignorer.