Essentiellement préparer l'après pétrole localement, fruit d'une quête tous azimuts pour comprendre ce monde de fous.
1er juin 2013 : prenez le temps de lire les commentaires à la suite de cet article, ça vaut le détour.
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Vous est-il déjà arrivé de croiser le regard de quelqu'un, dans la rue, et d'entrer en fusion complète avec cette personne ?
En amour ça porterait le nom de coup de foudre.
Mais là c'est juste furtif, le temps d'un éclair, d'un regard, d'une ou deux secondes qui durent longtemps, et chacun, chacune poursuit son chemin, rencontre sans suite, anonyme, mais ô combien intense !
Ces moments sont rares, pour moi, quoique !, car il faut être deux à être totalement dans un état d'esprit ouvert à l'autre, ouvert sur l'autre, dans une sorte d'intention qui consisterait à penser quelque chose comme : "tu es belle ou tu es beau" ou " qu'est-ce que tu es beau ! Qu'est-ce tu es belle !" sans aucune attente en retour : "suis-je beau ? Dis-moi que je suis beau !", sans aucune intention de séduction. Et les deux personnes qui se croisent, dans ces cas là, sont toutes les deux dans cette même énergie. C'est rare.
Déjà que c'est rare qu'on se dise seulement bonjour ! Parce que le plus souvent au moins l'un des deux ne voit pas l'autre. Et lorsqu'on se dit "bonjour !" on se demande si l'autre va répondre, s'il ne va pas nous laisser dans le vent, on se demande quel regard il va nous renvoyer.
Alors être entièrement attentif à l'autre, à la beauté de l'autre, et tomber sur quelqu'un, quelqu'une qui est exactement dans la même intention, c'est rare. Mais si moi-même je parviens à être en permanence dans cet état d'esprit, mes chances de croiser ce regard et de vivre une telle rencontre augmentent sacrément.
Regarder l'autre avec une telle intention, c'est s'oublier soi-même, et c'est donc oublier totalement ce que l'autre pourra penser de moi. Ou encore : c'est être tellement persuadé que l'autre ne pourra pas penser quelque chose de dévalorisant, de culpabilisant envers moi, que j'en viens à ne pas me préoccuper de ce que cette personne pourra penser de moi puisque ça ne pourra être que du bon.
Et le "bonjour" verbal devient dérisoire, inutile, tellement sont pleins et intenses tous ces ressentis qui habitent cet échange de regard. Le silence permet de porter toute son attention sur cette sensation de pénétrer au plus profond du regard de l'autre, tout en acceptant soi-même de se laisser pénétrer.
C'est peut-être cela la vraie nudité, la vraie sobriété, le véritable dépouillement qui se suffit à lui-même, et qui est plein. Plein de richesse immatérielle, plein de richesse humaine.
Peut-être n'existe-t-il pas d'autre moyen de se sentir autant vivre. De se sentir autant heureux.
27 mai 2013