Essentiellement préparer l'après pétrole localement, fruit d'une quête tous azimuts pour comprendre ce monde de fous.
la part des bénéfices des entreprises était largement en faveur des revenus du capital en 1967 et au détriment des salaires. Ce fait est en partie à l’origine des évènements de 68.
A partir de là, une correction progressive en faveur des salaires s’est opérée jusqu’en 1983… Puis le mouvement s’est inversé, la part attribuée au revenu du capital a recommencé à gagner du terrain pour retrouver, en 1997, le niveau qu’elle avait en 1967. Et depuis 1997 le processus continue.
J’avais entendu ça à la radio en avril 2002 et je l’avais noté, ce serait bien du Bernard Maris.
Est-ce que ça a quelque chose à voir avec le CPE ?
Tiens oui, au fait : est-ce que ça a quelque chose à voir avec le CPE ?
Qu’est-ce qu’un champignon monétaire ? C’est une gigantesque pompe à fric. Il y en a beaucoup : par exemple, parmi les 500 plus grosses fortunes au monde il n’y a que 10 français.
Sont-ce eux qui font marcher l’économie libérale ?
Si ils investissaient tout ce pognon ils ne seraient pas si riches.
Inversement, s’ils sont tant pourris de fric c’est bien qu’ils gardent leur pognon pour eux.
Ah si ! Ils veulent bien investir… à condition que ça leur rapporte davantage.
Oui mais « ça crée des emplois »…
Non : ça s’approprie des parts de marché.
C’est pas pareil.
Concept majeur à avoir en permanence à l’esprit : la quantité d’argent mondial.
Est-elle fluctuante ? Elastique ? Non : elle est relativement stable. Augmentation de 10% par an environ d’après Bernard Maris.
Et alors ?
Alors les champignons monétaires poussent forcément sur le dos des autres.
Quels autres ?
Les classes moyennes et pauvres.
Quand vous entendez à propos d’un multimilliardaire : « tant mieux pour lui », autorisez-vous donc à rétorquer : « Ah non ! Que nenni ! Tant pis pour nous ! »
« Nous luttons contre la pauvreté » qu’ils disent.
Vérifions : n’est-on pas plutôt en train de déplacer la pauvreté ?
Il existe une condition nécessaire pour que cette lutte soit efficace : c’est qu’elle soit financée en puisant dans les Champignons monétaires – les grandes pompes à fric.
Pourquoi ? Parce que sinon ce sont les classes moyennes qui se précarisent en venant à la rescousse des plus pauvres.
Financer un plan de lutte contre la pauvreté se fait toujours sur le dos des autres (la quantité d’argent mondial relativement stable).
Il faut se demander : quels autres ?
Toujours.
1973 : Dassault gagne 1090 fois le SMIC.
2006 : le journal La Décroissance dénonce des écarts de revenus de 1 à… 5000 !
La différence s’est faite sur le dos des autres.
Quels autres ?
Les classes moyennes qui se sont appauvries, et les pauvres qui se sont suicidés. Et c’est pas fini.
Questions à propos des contrats aidés (CPE, CNE, CIVIS, Contrats d’Adaptation etc.)
Qui finance ?
L’État, donc tout le monde.
Qui en profite ?
Le patron via les aides de l’État.
L’employé ? C’est quand-même un contrat précaire !
Qui en pâtit ?
Je veux dire, pour le CPE : et si un poste CPE – autrement dit turn-over tous les deux ans – remplaçait, souvent, un CDI parti en retraite ?
La quantité d’argent mondial étant relativement stable (augmentation de 10% par an en moyenne), il faut se demander :
- est-ce que le CPE ralentit l’accroissement (exponentiel) des inégalités économiques ? Mieux, les réduit-il ?
- Ou au contraire les accélère-t-il encore davantage, ces inégalités économiques ?
Si c’est cette dernière la bonne réponse, alors vraiment, tout faux.
Il semble bien que, effectivement : tout faux.
Y’a un truc qui me gave, mais alors vous pouvez pas savoir comment ça me gave : tout le monde est d’accord (sauf le MEDEF et Villepin-Sarko) pour
LU-TTER-CON-TRE-LA-PRÉ-CA-RI-TÉ !
Bon. Mais ça coûte des sous, beaucoup de sous pour LUTTER CONTRE LA PRÉCRITÉ. Et alors où on les prend ces sous, hein ? À qui on va les prendre ? Qui va payer ? Les classes moyennes ? « Et pendant ce temps-là les plus gros continuent de s’enrichir, tranquilles ».
Rappelez-vous Jacques Calvet qui avait dit : « je crois beaucoup en la solidarité des moins pauvres avec les plus pauvres ».
QUI VA PAYER ? Question essentielle. Question taboue jamais posée.
8 mars 2006