Lundi 22 juin 2009

 

J’utilise fréquemment quatre façons de présenter les enjeux environnementaux actuels, et ceci depuis longtemps, mais le passage de la parole à l’écrit prend parfois du temps.

 

Première présentation :

les ressources naturelles fossiles sont en quantité limitée, « finie », et leur épuisement est daté (voir Sciences et vie, données reprises par http://terresacree.org dans fin des ressources ).

La question est de savoir si l’on peut se contenter d’attendre leur épuisement ou si nous serons grillés avant : à cause du réchauffement engendré par la combustion de certaines de ces ressources (pétrole, charbon, gaz). Hubert Reeves soutien la seconde position, et certains se demandent même si l’inertie du réchauffement climatique ne nous aurait pas déjà fait passer le point de non retour (libération du permafrost notamment).

 



Seconde entrée en matière :

les énergies renouvelables sont d’une puissance incomparablement plus faible que les énergies fossiles. Les premières ne remplaceront pas les secondes à la même puissance, loin, très loin de là. D’où la question : comment devons-nous anticiper cette différence de puissance ? Comment devons-nous organiser collectivement une décroissance énergétique progressive mais importante, de 50 voire 70% ? Et là, la seule balise qui peut, et qui doit nous servir de boussole, en dehors des Diafoirus qui nous vendent des lendemains énergétiques qui n’arriveront pas, cette balise est quelque chose qui ressemblera au mode de vie que nous avions avant le recours aux énergies fossiles, et même avant le colonialisme. C’est-à-dire un mode de vie essentiellement rural. La fausse solution qui préconise le tout urbain mènera à une impasse écologique (raréfaction du pétrole et réchauffement climatique) et humaine (néo-colonialisme des bio-carburants).

 

Troisième voie :

ni les initiatives individuelles ou communautaires de réduction de notre empreinte écologique (elles existent mais sont trop rares et les injonctions de modification de nos petits gestes quotidiens ne donne rien), ni l’échelle nationale ou internationale (il ne reste rien ou presque du Grenelle de l’environnement à par ces mêmes préconisations individuelles qui ne changent rien) ne sont les bonnes échelles pour s’attaquer aux enjeux environnementaux. Il reste l’échelon intermédiaire : celui des collectivités territoriales. Mais en prennent-elles la mesure ? En prennent-elles le chemin ? Non. Pas encore, sauf peut-être sur www.transitiontowns.org . Site en anglais, mais un "Guide des Initiatives de Transition" s'y trouve.

 

Quatrième forme d'introduction :

la fonte des glaces et leur effet tampon. Tout le monde ou presque se moque que les glaces fondent. Mais après ? Que se passera-t-il une fois qu’elles auront disparu ? On décrit le plus souvent la hausse du niveau des océans et les réfugiés climatiques par centaines de millions. Mais je pense ici à toute autre chose : les glaces, polaires ou de montagne, libèrent leur fraîcheur en fondant et assurent ainsi un rôle tampon, un rôle régulateur sur la température du globe. Leur disparition progressive supprimera cet effet de frein sur le réchauffement climatique, et l’emballement sera d’autant plus rapide. Quand ? Progressivement. Donc dès maintenant.

                                                                                 22 juin 2009.


Par Gorge Rouge - Publié dans : braise
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 12 juin 2009

Pourquoi Gorgerouge et plus, voir Gorgerouge, aphorisme & copinages 
Déjà venu(e) ? Voir Dernières modifications 

----------------------------------------------------
 

Le réchauffement climatique est une question de vie ou de mort collective imminente pour les uns (quelques décennies), un leurre pour les autres.

Qui croire ?

 

La part de l’activité humaine dans le réchauffement est reconnue par l’immense majorité des scientifiques. Quelques irréductibles réfractaires à ce constat, même s’ils ont parfois la part belle dans les médias (Claude Allègre ou Jacques Attali par exemple), restent ultra minoritaires. Leurs arguments ne tiennent pas devant la rapidité de la catastrophe en cours et surtout devant sa similitude, sa corrélation avec les courbes exponentielles de l’activité industrielle et de la démographie mondiale depuis 1850.

 

Photo prise à la Ferme biologique du Bec Hellouin http://www.fermedubec.com/ 
 


Quelle rapidité lorsqu’on voit un tel froid en cette fin d’automne 2008 vous dites-vous peut-être. Hélas ! Lorsque notre ressenti au quotidien nous fera percevoir le réchauffement, il sera bien trop tard pour stopper le processus.

 

La rapiditéla voici : dès 2003 Hubert Reeves reprenait cet avertissement des 2500 chercheurs de la communauté internationale regroupés au sein du GIEC, avertissement selon lequel une augmentation d’encore 1,5 ° C constituait « un seuil à ne pas dépasser ». Il avertissait également des quantités immenses de méthane enfouies dans les sols gelés des pôles mais prêtes à être libérées sous l’effet du réchauffement. Ce gaz a un pouvoir d’effet de serre 20 fois supérieur à celui du CO².

 

Depuis 5 ans les estimations sont de plus en plus unanimes à s’accorder sur une fourchette de réchauffement qui envisage une possibilité haute de 4 degrés !

 

Et le 15 novembre 2008 dans le bimensuel Le Sarkophage (page 9), les résultats de deux équipes de chercheurs, suédoise et russe, nous annoncent que le temps de la libération mortelle de ce méthane est arrivé : « les fonds marins de l’Arctique commencent à libérer dans l’atmosphère des millions de tonnes de méthane », et que les concentrations de ce gaz sont bien plus grandes qu’on le croyait, « allant parfois jusqu’à 100 fois les niveaux habituels – sur des milliers de kilomètres carrés. Les chercheurs ont aussi observé des zones où la mer bouillonnait sous l’effet des bulles de gaz. Ils estiment que la couche de pergélisol sous-marin qui agissait jusqu’alors comme un couvercle, empêchant le gaz d’être libéré, a fondu par endroit et permet au méthane de s’échapper par ces cheminées.»

 

Leur conclusion ne se situe plus dans ces zones de 1,5 à ne pas dépasser ou même 4 degrés : « on peut craindre un véritable emballement climatique susceptible de provoquer une augmentation de la température terrestre de plusieurs dizaines de degrés ».

 

  


 

Comment expliquer que certains scientifiques restent positionnés sur un négationnisme de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique si leurs arguments sont infondés ? En fait, scientifique ou non, lorsqu’on a des convictions bien arrêtées, on trouve toujours des arguments, dits scientifiques si nécessaire, pour les justifier, et la conviction bien arrêtée de nos deux compères est leur foi dans le productivisme actuel. Reconnaître que ce modèle est la cause du réchauffement climatique est impensable pour eux.

Vous me direz que ça vaut pour moi aussi, évidemment. Sauf que le principe de précaution ne s'applique pas pour le moment et que si la catastrophe s'avère présente, rien ou presque n'est fait pour l'empêcher.
 

 

Reste à interroger la désinformationquant à l’ampleur de ce réchauffement, et ses conséquences cachées, actuelles et à venir. Car l’information que je viens de trouver dans Le Sarkophage n’est jamais discutée : elle est toujours censurée dans les médias dominants.

 

Donc, pourquoi observe-t-on une telle insouciance généralisée face à ce cataclysme qui arrive à grands pas ? Et là, une réponse s’impose : l’énorme matraquage médiatique, économique, technologique qui s’applique à l’omniprésent développement durable ne saurait cacher son inefficacité. La preuve ? « Plusieurs dizaines de degrés. » Pire : le développement durable donne l’illusion de faire de gros efforts pour enrayer le basculement climatique. Et cette illusion fonctionne à merveille dans les esprits : vous avez beau annoncer autour de vous les pronostics les plus inquiétants, même argumentés avec rapports d’équipes scientifiques, le principe de précaution passe toujours à la trappe et invariablement vous avez en guise de réponse la sentence définitive : « on fait déjà beaucoup ! » Autrement dit on aurait tout essayé. Et la catastrophe à venir ne change rien à cette certitude. Quelle catastrophe, d’ailleurs ? Celle qui concerne les générations futures ?

 

Pourtant les générations actuelles ont déjà commencé, et depuis longtemps, à être touchées. Même en France.

Vous ne voyez pas ?


La canicule de 2003. 15000 morts.

Et avant encore. La tempête de 1999. Moins de morts, mais combien de dégâts ?


 

 

à droite : une forêt de pins ravagée

par la tempête de décembre 1999

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des bateaux renversés

par la tempête de décembre 1999

 

 

 

 

 

 

   




source icônographique :

http://la.climatologie.free.fr/tempete/tempete1.htm#vent5

 


Et les innombrables catastrophes locales dont la fréquence et l’intensité ne cessent de croître. La tempête Klaus de janvier 009 dans le sud-ouest de la France par exemple, ou encore les incendies australiens à la même époque. Et ne venez pas dire que ces phénomènes sont simplement mieux médiatisés qu’autrefois !


Pour d'autres éléments de mesure, voir Mesure du réchauffement, 22 mars 2008  et Mesure du réchauffement, 6 mai 2008  .
 

Voilà où nous en sommes : pour le moment nous n’avons rien fait ou si peu pour stopper le réchauffement climatique. De la poudre aux yeux seulement. Verte, la poudre. Alors que faire ? C’est l’objet principal de ce blog.

------------------------------------------

Le 17 mars 2009, la lettre électronique Terre sacrée publiait ce courriel que je venais de leur envoyer - toute ma gratitude à Michel, l'administrateur de la lettre. Je la reprends ici telle quelle puisqu'elle décrivait précisément et en peu de mots l'objet principal de ce blog.

[Sos-planete groupe] "endiguer le réchauffement climatique"‏
De :  terresacree@googlegroups.com au nom de Michel Walter (vivant12@wanadoo.fr)
Envoyé : mar. 17/03/09 03:14
À : terresacree@googlegroups.com
   
Nous avons reçu de Robin :

Bonsoir,
 
il me semble que malgré les nombreux courriels de terre sacrée -  http://terresacree.org - une idée force ne passe pas : endiguer le réchauffement climatique, si tant est qu'il en est encore temps, ne passera pas par nos seuls comportements individuels ou communautaires, trop peu nombreux que nous sommes à entrer radicalement en décroissance.
 
Or c'est bien ce que prône l'idéologie du développement durable et des Grenelle de l'environnement : agir à travers les comportements individuels et les conduites vertueuses des entreprises.

Le constat s’impose : ni l’échelle individuelle, ni l’échelle nationale ou internationale ne proposent des stratégies efficaces pour stopper rapidement et radicalement nos émissions de GES

 

Alors ? Alors il reste l’échelle locale et collective, celle des collectivités territoriales. Certes il faut convaincre les élus et passer par un dispositif participatif éclairé, informé, seul moyen d’y parvenir. Mais il n’y a pas d’autre voie.
 

Localement et collectivement, on peut tout faire. Recréer progressivement un mode de vie qui ressemblerait fortement à celui d’avant le recours massif aux énergies fossiles, d’avant la révolution industrielle. Avec en plus plein de choses agréables, donc une nouvelle modernité et pas un retour linéaire en arrière.

 

Bien à vous.

---------------------------------

la suite : Mode d'emploi

 

 

Par Gorge Rouge - Publié dans : braise
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 11 juin 2009

Si vous voulez être informés par courriel des nouvelles publications sur ce blog, abonnez-vous à la newsletter, dans la colonne de droite, en bas.
Juste au-dessus des liens.

 

 

 

 

                                                                              cathédrale d'Amiens

 

 


Ce blog a été créé le 4 novembre 2007.

Les articles sont classés en dix catégories :

braise , pour les plus importants concernant l'après pétrole et le réchauffement climatique - commencez donc par ce lien : http://terresacree.org/ressources.htm que j'indique aussi sur ce blog dans Les deux sinon plouf ! - 4 août 2008 ;

neige , pour les moins importants dans le même thème ;

rubis , pour les textes traitant d'économie qui me paraissent les plus importants, le rubis (et la pierre de jade ci-desous) représentant des monnaies d'échange ou des grains de SEL (Système d'Échange Local) ;

jade , pour les autres textes traitant d'économie ;

écrin , pour les plus importants, les plus poétiques ou  ceux qui ont suscité le plus de réactions enthousiastes ;

vitre , et en priorité Conservateur ou révolutionnaire ?  , pour ceux qui décrivent notre résistance au changement, quand nous sommes collés à la vitre. Cette catégorie comprend les logiques mentales collectives erronées qui nous aveuglent, ainsi que la critique des médias. C'est dire si elle est importante ;

palabres , pour ce qui concerne la démocratie participative, la liberté de parole et le partage du pouvoir ;

respir  pour les écrits relatifs au développement personnel ;

arc-en-ciel , pour les textes qui touchent plusieurs thèmes à la fois ;

astre, pour les hors catégorie.

(Il existe une onzième catégorie pour quelques
sources documentaires rangées la plupart du temps en fin de blog en septembre 1984)


Le texte fondateur sur les enjeux climatiques, écrit à l'automne 2006, se trouve ici : 
De l’EEDD à la maîtrise du réchauffement climatique 1/3 


En haut à droite de chaque page, à la fin des "articles récents", vous pouvez accéder à la liste complète des articles.


Même si je dis les choses différemment à chaque fois, les textes étant indépendants les uns des autres, je me répète souvent, surtout dans les conclusions. Vous voilà prévenus, et du coup j'espère que vous ne m'en tiendrez pas trop rigueur.



-------------------------------------------------------------------


Lorsque notre empreinte est légère, elle n’écrase que quelques brins d’herbe qui se relèvent après notre passage.

Mais l’empreinte écologique de l’homme occidental contemporain tend à écraser la terre entière sur son passage : ne lui survivra-t-il rien ?

Le but de la vie, c’est la vie. Tandis que le mode de vie peut être tantôt vivifiant, tantôt belliqueux et destructeur, voire même suicidaire.



Maisons inondées au sud de Dacca, Bangladesh
source icônographique :
 
http://www.ledeveloppementdurable.fr/developpementdurable/poster/15.html

                                 

                                _________________________


Il y a au moins un bistrot en Normandie où on trouve de la Chicorée, et bio en plus.

C'est à Thiberville, au bar de la Place.


L'ère de l'après café aurait-elle commencé en Normandie ?


Et il y a au moins un autre bar où l'on trouve du vin biologique (pour les sceptiques, voir Malbouffe ): c'est au café de l'Agriculture, à Bernay.

                          ______________________


25 novembre 2007 :

La porte que vous ouvrez en entrant sur ce blog risque fort de vous faire l’effet d’un haricot géant :
l’émergence dans un monde totalement nouveau,
mais pourtant plus réel que celui auquel vous êtes habitué
.

Trois exemples :

- les lecteurs de Libé ne connaissent pas ce qui se dit dans Le Plan B. Mais les lecteurs du Plan B connaissent le contenu de Libé.

- Syndicalistes, vous ne savez pas ce qui se joue comme lorsqu’on lit La Décroissance. Mais les abonnés à La Décroissance connaissent les revendications des grévistes.

- Troisième exemple : sympathisants de Nicolas Sarkozy, vous refusez de lire le Sarkophage. Mais nous connaissons la politique de N. S. au-delà de ce que vous en savez.

 Ô ! Paradoxe qui rend Big Brother si heureux ! Tant de fois vous dites : "on nous cache tout." Mais quand nous vous proposons de vraiment voir ce qui vous est caché, vous répondez : "j’ai d’autres choses à faire."

Alors ici c’est un peu un blog qui va retourner le doigt du gant. Vous savez que l’envers du décors est plus vrai que l’endroit mais vous vous êtes toujours arrêté là, sans aller voir. Une bonne partie du travail de recherche est fait et continue d’être fait régulièrement, il vous suffit d’entrer et de vous laisser guider.

Tant de fois je me suis entendu dire : « tu réfléchis trop ! » Comme si réfléchir menait à trop réfléchir, trop froidement, au détriment de l’émotion et de l’humanisme. Mais faire de la musculation n’a jamais empêché de travailler sa souplesse dans le même temps !

Vous allez voir la jouissance à côté de laquelle vous êtes passé tout ce temps à force de vous obstiner à réfléchir peu. La curiosité quotidienne est un bon polard permanent. Du Deninckx partout.

Bon voyage.
                                             ____________________


En fin de blog vous trouverez des fiches de lecture, des citations et une bibliographie améliorée (filmographie, bédégraphie, discographie...)

 

 

  ---------------------------------------------

 


source icônographique : 
http://www.chine-informations.com/actualite/chine-bilan-lessai-reduction-pollution-beijing_7363.html


                                                              

---------------------------

L'enjeu de l'information est tel qu'il me semble utile d'insister ici sur le fait que lire le mensuel La Décroissance par exemple (ou d'autres revues lucides) est un acte de résistance à la résignation ambiante devant le désastre écologique qui arrive.

Pas une semaine sans une nouvelle alarme plus dramatique que la précédente.

Sortir la tête de sous le sable tels des autruches est la première étape obligatoire pour tenter de nous sortir de là où nous sommes, seule attitude pour devenir actifs.

Cette nécessité vitale est hélas rarement réalisée, comme s'il existait une forte autocensure vis-à-vis de ces informations de mauvais augure peut-être mais lucides, comme une sorte de Big Brother intériorisé, donnant hélas toute sa pertinence tragique à la Parabole de l’au-delà qui se trouve dans ce blog !


 

 

 

Par Gorge Rouge - Publié dans : braise
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 10 juin 2009


- 28 mai : 7 juin  à propos des européennes ;

- nouvelle citation à la fin des...  CITATIONS !

- Comités de quartier - 21 mars 2009  (mis en ligne le 24 mars) ;

- Le barbare et le griot - 4 mars 2009  (mis en ligne le 24 mars) ;

- 17 mars 2009, Endiguer le réchauffement climatique à la fin de l' Ouverture  ;




- 27 février 2009 : L’abrutissoir et mesure du réchauffement, 20 – 23 fév. 09  daté en septembre 1984 comme la plupart des sources documentaires, le 4 ;

- 13 février 2009 : Banquier mon frère  ;

- 12 février : une video de Claude Bourguignon
à la fin de Jardins partagés et plus, 7 octobre 2008
et 2 videos à la fin de Ziegler (voir 10 février)

- 10 février 2009, une fiche de lecture : Ziegler  ;

- 6 février 2009, un nouveau lien : http://brf276.free.fr/ ;

- 4 février 2009 un nouveau lien (en anglais) : http://www.gainhealth.org/‏ pour lutter contre la malnutition dans le monde, trouvé dans "L'empire de la honte" de Jean Ziegler ;

- 29 janvier 2009, les site de Corinne Gouget dans Malbouffe :
http://santeendanger.net  ;

- 26 janvier 2009, Ivo Rens - 24 janvier 2009  rangé au 3 septembre 1984  et ajout des liens http://www.eautarcie.com/Eautarcie/Page_de_garde.htm‏ et  www.lyseconcept.fr dans la première moitié du Bravo Monsieur le Maire !  ;

- 20 janvier 2009,
Surmonter l'illusion de la fatalité‏
et deux nouveaux liens :
 http://www.partipourladecroissance.net/?p=1
 et
 http://www.appeldesappels.org/ ;

- 10 janvier 2009 photo naissance dans Colloque réchauffement climatique  + photo étrange dans Comment se passer de bagnole ? + L'inventaire  ;

- 25 décembre 2008, Bonjour ! 20 décembre 2008  sur la pédagogie ;

- 8 novembre 2008, un lien sur les énergies libres à la fin de Sauver le monde + Manning ;

- 14 novembre, des nouvelles de longo maï en fin de Démocratie participative, encore - 23 juin 2008 ;

Par Gorge Rouge
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 9 juin 2009

 

 

 

À force de constater que les technologies de remplacement du pétrole ne sont pas au rendez-vous de l’après pétrole [(1) E. Broto 25 lignes plus bas], j’en arrive à penser que cette attente est irresponsable et collectivement suicidaire au regard du réchauffement climatique provoqué par le tout pétrole.

 

En d’autres termes j'ai acquis la conviction selon laquelle nous devons quitter le pétrole dès aujourd’hui, individuellement et surtout collectivement, avec ou sans solution de substitution : donc pour l'heure sans solution de substitution.

Si les technologies tant attendues arrivent, tant mieux. Mais en les attendant, cessons de jouer à pile ou face avec notre avenir : l’arrêt de tout recours aux énergies fossiles et émettrices de gaz à effet de serre, sans attendre leur épuisement, est un moyen sûr de sauver notre monde.

Bon d’accord, ce n’est pas facile à concevoir. C’est même très difficile. Quoique… Mais entre jouer à pile ou face avec l’avenir de l’humanité – et chacun voit que la pièce retombe déjà du mauvais côté -, et s’engager sur une voie qui permet assurément de « sauver le monde », y a-t-il vraiment matière à hésiter ?

Pour les solutions individuelles et collectives au sens communautaire du terme, voir le site :
http://www.passerelleco.info/ 
ainsi que la revue papier, et plus particulièrement pour l'échelle communautaire :
http://www.passerelleco.info/rubrique.php?id_rubrique=31 .

Cependant je suis convaincu que l'urgence appelle les collectivités territoriales à accélérer volontairement et à anticiper collectivement l'après pétrole.

24 juin 2008.


Et si vous croyez aux technologies de remplacement, jetez donc un œil, par exemple, sur ce lien trouvé le 16 juillet 2008 sur terre sacrée :
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2008/07/16/002-biocarburant-ocde-rapport.shtml 

 

 


(1)  17 juillet 2008
« Même avec un doublement de la production énergétique à partir des énergies renouvelables entre 2006 et 2030, on atteindrait que 12% de l’énergie primaire totale consommée. Les ordres de grandeur entre les énergies fossiles et renouvelables semblent indépassables. Les énergies renouvelables seront utiles localement à ceux qui en auront, mais elles ne remplaceront jamais les énergies fossiles. » Emmanuel Broto, La Décroissance n° 51, juillet-août 2008, page 3.

Il prône « une relocalisation économique doublée d’un exode urbain vers des campagnes revitalisées », ainsi qu’un « processus de désindustrialisation du pays permettant du même coup d’amoindrir la concentration du capital et donc la stratification sociale. Enfin, une refonte du droit de propriété, notamment des terres arables, paraît inévitable pour que l’intérêt de la collectivité prime toujours sur l’intérêt privé. »

3 mars 2009 : voir aussi L’abrutissoir et mesure du réchauffement, 20 – 23 fév. 09

  -----------------------------------------------------------------



source icônographique : http://photos.linternaute.com/paysville/183062/194598/4727746845/favela/


Sao Paulo, 11 millions d’habitants. L’affichage publicitaire a été enlevé sur décision municipale. Son maire s’explique :
  

 

 

 « La loi ‘‘ville propre’’ est née de la nécessité de combattre la pollution. Pollution de l’eau, de l’air, de l’environnement sonore, et pollution visuelle. Nous avons décidé d’aborder ce combat en commençant par l’aspect le plus évident : la pollution visuelle. »

La Décroissance, octobre 2007.

 

 

2012. Bernay, 12 000 habitants.

 

Depuis 4 ans a eu lieu une grande campagne sur le thème : « La télé c’est la mort ». 

Également, grande campagne sur le temps partiel choisi : la ville a dépassé de 10 points la moyenne nationale. Le temps partiel permet aussi un gain éducatif auprès de ses enfants, avec un bénéfice sans commune mesure au niveau des répercussions sociales et donc, aussi, économiques.

 

Aujourd’hui le chômage avoisine le zéro %.

La ville et ses environs atteint 85% d’autonomie alimentaire. Des jardins collectifs, en agriculture biologique, ont essaimé partout. Les protéines végétales locales ont grignoté une bonne part de marché sur la viande.

Presque deux hectares sont consacrés à la culture de la chicorée, avec une petite entreprise sociale et solidaire qui la transforme en produit soluble, et une campagne soutenue par la ville et le Conseil Général « la chicorée locale, c’est mieux que le café du bout du monde » a porté ses fruits.

 

C’était « se nourrir ».

 

 

Une filature de lin a poussé aux alentours de Bernay : désormais le lin ne transitera plus obligatoirement par la Belgique, le Portugal ou la Chine avant d’être cousu et revendu en France.

Cette filature, comme dans beaucoup d’autres secteurs économiques autour de Bernay, est gérée en SCOP : un homme, une voix.

 

Un chantier « laine serrée » a vu le jour. Lin et laine constituent à nouveau l’essentiel du secteur du vêtement.

 

C’était « se vêtir ».

 

 

Les maisons en paille ont pris leur place dans le bâtiment. Matériaux quasi gratuit, rapide à monter.

Et des maisons à énergie positive avec récupérateurs et potabilisation d’eau de pluie.

 

Le centre de loisirs et la MJC de Bernay ont mis en place un atelier de fabrication de paraboles solaires de 3 mètres de diamètre, débouchant sur l’installation de 5 moteurs stirling par semaine : électricité gratuite dès qu’il y a du soleil. Ce sont les particuliers qui prennent contact avec l’une des structures pour commander un moteur et pour participer à l’atelier de fabrication de la parabole.

 

C’était « se loger ».

 

ABBAYE DE FONTFROIDE
 
---------------------------------

Retour à aujourd'hui. 

Pourquoi faire, tout ça ?

 

Parce que le présupposé implicite selon lequel la mise en place du développement durable, dans ce qu’il comprend la plupart du temps, suffirait à nous sortir de la spirale infernale du réchauffement climatique est loin d’être valide.

 

Parce que cette conception majoritaire du développement durable ne remet pas en question notre société du tout bagnole, ni de la surconsommation, ni de l’industrialisation, ni des transports démesurés de nos produits de consommation, en bref elle ne remet aucunement en cause notre mode de vie.

« Depuis 1999, le mot ‘‘greenwash’’, qui signifie ‘‘mascarade verte’’, a fait son entrée au Concise Oxford Dictionary : ‘‘ Mascarade verte : opération de relations publiques menée par une entreprise pollueuse pour masquer ses activités polluantes et pour présenter l’image d’une organisation respectueuse de l’environnement’’ ». Cité par Paul Ariès, « Pour repolitiser l’écologie – contre-grenelle de l’environnement », octobre 2007, page 14.

En page 7 du même ouvrage, Paul Ariès y exlique "qu'on ne pourra en finir avec la 'domination de tous sur la planète' sans remettre en cause 'la domination de quelques-uns sur tous les autres". Ce qui passe par une remise en cause du discours médiatique dominant qui véhicule une idéologie de croissance économique, avec son corollaire de croissance des inégalités économiques, et une remise en cause du moteur de cette machine : la publicité. Voir Sao Paulo.

 

Parce que les négationnistes des causes humaines dans le réchauffement climatique tirent leur position d’une conviction profondément conservatrice selon laquelle nous vivons dans un monde potentiellement idéal, pour peu que chacun joue le jeu. Et pour eux le système n'a donc pas à être critiqué ou remis en cause. Voir Conservateur ou révolutionnaire ? sur ce blog.


Je suis enclin à penser que la puissance d'une telle conviction conservatrice peut nous pousser, y compris si nous sommes scientifique, à chercher, et trouver, des arguments qui nient la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique tellement cette responsabilité nous conduit à cette seule conclusion : le mode de vie occidental contemporain est loin d'être idéal et il faut d'urgence le remettre en question.

Parce que l'attente de solutions technologiques propres qui vont nous sortir du tout pétrole procède d'une passivité collective suicidaire : pendant cette attente, nos émissions de CO² augmentent, le permafrost fond, libérant ses immenses réserves de méthane au pouvoir d'effet de serre 25 à 90 fois supérieur à celui du CO², le prix de baril de pétrole explose jusqu'à annoncer une faillite inéluctable des secteurs économiques reposant sur le pétrole, autant dire un krach économique mondial.

 

Et cette attente risque fort d’être suivie d’une grande désillusion : les énergies renouvelables sont aussi des énergies douces, incomparablement moins puissantes que les énergies fossiles.

 

Quant aux énergies reposant sur la biomasse, l’équation reste toujours la même : c’est manger ou rouler, et c’est l’effroyable spectre déjà commencé (l’éthanol au Brésil par exemple) d’un nouveau colonialisme qui affamerait le tiers-monde pour maintenir le niveau de vie et le mode de vie des pays développés.
 

   

  _____________________

 

 

Dans le même ouvrage cité plus haut « Pour repolitiser l’écologie », Sophie Divry écrit, pages 22  et 25 : « Les éco-Tartuffes (Nicolas Hulot, Yann Arthus-Bertrand…) (…) pensent proposer des mesures importantes, mais elles ne remettent pas en cause les intérêts des plus grands pollueurs de la planète. (…) Nous sommes ici pour dire que ni Liliane Bétancourt, héritière de L’Oréal et première fortune de France, ni François Pinault ne peuvent faire de l’écologie. Ni le lobby nucléaire, ni le premier publicitaire du pays, ni les grandes surfaces ».

Déjà en septembre 2007 dans La Décroissance elle avait lumineusement expliqué : « les médias sont financés par la publicité et les groupes capitalistes. Ceux-ci soutiennent une idéologie qui rend bien sûr impossible la conclusion qui s’impose : poursuivre la croissance est un suicide. »

 

« La décennie à venir sera cruciale pour stabiliser le climat » titrait Le Monde le 22 mars 2008. Ben on n’est pas sortis de l’auberge !

Par Gorge Rouge - Publié dans : braise
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 9 juin 2009

 Bonjour Monsieur le Maire,

 

évidemment BRAVO pour votre élection !

 

J'irai droit au but :

 

la démocratie participative c’est être informé de ce qui se fait de mieux partout dans le monde.

Un lien pour recevoir la lettre de l’Adels (L’Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale) : lettre_info-subscribe@adels.org associée à la revue Territoires et le blog de l’Adels :

http://democratielocale.wordpress.com:80/2008/03/05/80/ + http://www.participa.fr/fr/

 

Une pépinière d’emplois sociaux et solidaires dont une herboristerie locale pour les pompistes et les garagistes d’Ici. (Les premiers qui se retrouveront au chômage avec l'avènement inéluctable de l'après pétrole.)

 

Ne pas pouvoir consommer, c’est frustrant ;

repousser la publicité, c’est épanouissant.

  

Immobilier : Ici  joue la transparence. Les loueurs sont invités à afficher leurs revenus et à baisser leurs loyers afin d’entrer, eux aussi, en décroissance durable.

 

Ici  première ville française à s’inscrire dans la transition vers l’après pétrole : sa première pierre est de traduire en français le site :

http://transitiontowns.org/

et développe les énergies renouvelables locales : voir les sites
http://eolsocial.free.fr/eol1_800600.htm 
et
http://www.heol2.org/.

Elle partage la gestion de ses eaux usées entre l'installation de toilettes sèches, voir http://www.eautarcie.com/Eautarcie/Page_de_garde.htm 
et l'assainissement biologique : www.lyseconcept.fr .
 

Ici élabore son agenda 21.

http://www.mairie-lille.fr/sections/site-fr/Menu_horizontal_haut/Urbanisme_et_logement/Developpement_durable

 

Ici se déclare zone hors AGCS.

Un contrat est passé avec Enercoop afin que  toute l'électricité consommée par la municipalitée soit issue d'une source de production renouvelable et afin de favoriser la production d'élecrticité renouvelable locale sous forme d'économie sociale et solidaire. 
 www.enercoop.fr 

 

 

 

…bientôt à Ici  (source : http://www.jjkphoto.ch/velo.htm )

 

En attendant la suppression de la voiture thermique, le processus participatif a décidé que les parkings des grandes surfaces périphériques seront réquisitionnés en semaine autour d’Ici.

Depuis ces parkings, matin, midi et soir, toutes les 10 minutes environ, des navettes accompagnent gratuitement les passagers aux portes ou au cœur d’ Ici.

Ainsi, le parc automobile du centre ville est désengorgé. Des vélos sont accessibles depuis les parkings ou depuis le centre ville et nombreux sont ceux qui transportent leur vélo dans leur coffre ou sur leur galerie. Un système de pointage facultatif est instauré : au bout d’un an il est possible d’estimer l’utilisation individuelle de ces parkings et de l’économie faite en émissions de GES, donnant la possibilité de bénéficier d’une déduction fiscale sous forme de crédit d’impôt.

 

 

Ici : des emplois de transformation défossilisée à l’intérieur, des emplois de production locale défossilisée alentours.

 

Les axes prioritaires :

ð     l’approvisionnement progressif des cantines et du restaurant administratif en produits biologiques locaux et en protéines végétales locales,

ð     la filière bois,

ð     l’habitat en paille,

ð     la relocalisation progressive de tous les secteurs économiques,

ð     la création d’une couveuse d’activités en ESS (économie sociale et solidaire) en direction des porteurs de projets âgés de 18 à 30 ans, contact à Toulouse : www.etymon.fr ,

 

 

              Une installation pour la fabrication de biogaz à Güssing, Autriche.

…bientôt à Ici ?

Source : http://www.renet.at/

 

Ici, ou la communauté d’agglo, ou la couveuse d’activités, achète une parcelle de terrain agricole à titre expérimental proche d’Ici . Une structure en ESS utilise cette parcelle pour cultiver des produits biologiques (protéines végétales pour les restaurations collective et domestique, chicorée, herboristerie etc.) en partie avec de la main d’œuvre en réinsertion. Une partie des bénéfices est utilisée au rachat de cette parcelle de terre par la structure porteuse du projet. Dès les premiers résultats positifs de cette expérimentation, l’opération est étendue à des parcelles plus grandes. L’information locale apporte une garantie de débouchés : AMAP etc.

 

L’Eure produit du lin (Les Linières de St-Martin du Tilleul) et vend des vêtements en lin (Au Lin d’Amandine à Graveron-Semerville) mais où est tissé ce lin ? Au Portugal, en Belgique ou en Chine… Une filature sous forme de SCOP est créée « ici » avec des débouchés garantis par une information locale importante et grâce au soutien des collectivités locales.

Une délégation d'élus accompagnée de quelques citadins fait un voyage à Friebourg en Allemagne pour voir comment est géré l'éco-quartier

 

 

« Dis-moi à quelle sources tu t’informes, je te dirai qui tu es »…

Le journal local consacre mensuellement une rubrique pleine page à sa revue de presse écologique et fait ainsi la promotion de revues habituellement confidentielles telles que : La Décroissance, L’âge de faire, Passerelle-éco, Bio-contact, L’écologiste etc. Idem sur la démocratie participative en couvrant la revue Territoires.

 

Etc.

 

2012 : Ici , une ville qui a contribué à créer des emplois à 20 km alentours et qui a diminué son parc automobile : aujourd’hui elle se réjouit d’avoir réduit sa population de 10 % en 4 ans. Elle augmente cette même année de 2% ses investissements, malgré le manque à gagner financier dû à sa modération démographique.

 

 

                                                                                         18 mars 2008

----------------------------------


10 février 2009 : pour des propositions concernant la politique internationale, voir le document : Ziegler  .

 

Par Gorge Rouge - Publié dans : braise
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 28 mai 2009

Bonjour, 

 

si vous pensez que la relance de la croissance économique n'est pas la bonne solution du triple point de vue :

·                        
de la réduction des inégalités,
·                         de notre qualité de vie,
·                         et des dérèglements environnementaux, 

et que plutôt que de subir une récession, il vaut mieux organiser une décroissance partagée,


 
je vous informe, dans le mesure où les médias dominants ne le font pas, de la présence d'une liste « Europe-décroissance » lors du scrutin du 7 juin 2009.

L'une des originalités de cette liste est qu'elle ne fournira pas de bulletins de vote dans les urnes : il faudra les imprimer sur
http://decroissance.lehavre.free.fr/europeenne09/propagande/bulletin-vote-europe-decroissance-Nord_Ouest.pdf .

Pourquoi ? Voir http://www.partipourladecroissance.net/?p=2987

Vous trouverez d'autres informations sur http://www.europedecroissance.eu/ .


J'ai été peu prolixe ces derniers temps sur mon blog


L'une des raisons en est l'article de Sophie Divry "Le piège Internet" dans La décroissance d'avril 2009. Voir le site :
http://www.reseau2.net/


Enfin, au moins deux articles fort intéressants se trouvent dans La Sarkophage en pages 4 et 5, en kiosque jusqu'au 11 juillet : "L'union européenne, Dr Jekyll et mr Hyde de l'écologie" et "Idéologie européenne, politique réactionnaire".

Robin, 27 mai 2009.
 




L’accouplement se déroule en plein vol, à plus de dix mètres de hauteur.
Source : http://www.apiculture.com/lepeupledesabeilles/index.htm 

Par Gorge Rouge - Publié dans : neige
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 21 mars 2009
 

De quels moyens d'action dispose un comité de quartier ? Il est d'abord force de proposition. Tous azimuts. « Localement, on peut tout faire. »


Voici 10 priorités possibles :


1  préparer, opérer une reconversion collective, progressive, rapide vers l'après énergies fossiles et endiguer le réchauffement climatique ;


2  re-créer une souveraineté alimentaire locale par la création de zones de maraîchage biologique, développer une alimentation saine, en filières courtes, à forte main d'oeuvre et créatrice de lien social. Voir le film Nos enfants nous accuseront et le livre Via Campesina, une alternative paysanne au néolibéralisme ;


3  relocaliser l'économie dans tous les secteurs, en recherchant le soutien actif des artisans et en fabricant des outils anciens qui fonctionnent sans recours aux énergies fossiles. À Évreux un partenariat avec l'Atelier 17 sera cohérent ;


4  mettre en place une pépinière d'activités en économie sociale et solidaire, voir www.etymon.fr ;


5  croiser ces quatre premiers objectifs avec une inversion des priorités (servir d'abord ceux qui souffrent, garantir le partage de la parole, se préparer à entrer en résistance face aux firmes agroalimentaires et industrielles) ainsi qu'avec une expertise contre-éclairée (ampleur croissante du réchauffement climatique, sources d'informations alternatives telles que www.passerelleco.info ) ;


6  recréer de l'emploi et du lien social, conséquences des points précédants ;


7  promouvoir une politique locale dénataliste ;


8  faciliter, encourager, accompagner un exode urbain ;


9  entrer en décroissance, résultat des mesures précédantes ;


10  adhérer au réseau des villes en transition vers l'après pétrole : www.transitiontowns.org , ainsi que d'autres réseaux tels que www.cittaslow.net ou www.slowfood.fr/france ;



La dimension festive, convivale, artistique, culturelle prend pleinement sa place dans cette transfomation locale.


Conséquences : il devient progressivement possible de quitter la voiture ainsi que la consommation de biens industriels à forte émission de gaz à effet de serre.

Par Gorge Rouge - Publié dans : braise
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 4 mars 2009
 

À table. Le grand-père qui fête ses 74 ans et le petit-fils de 12 ans empoignent le sel en même temps. Aucun ne lâche. Stupeur.


La grand-mère, les deux fils et la belle fille prennent parti pour le grand-père : le petit-fils lâche.


Commentaire d'un des fils : « si c'est le plus jeune qui prend le dessus, c'est la barbarie. »


Les anciens ont appris l'humilité, le respect, le sens du sacré.


Le plus jeune, s'il prend le dessus, ne verra comme résultat de sa victoire que la loi du plus fort : la barbarie.

Tandis que l'ancien, en se servant en premier, ne le prendra pas comme une victoire : il y verra une transmission séculaire du respect de l'autre, de la patience, de la tempérence.


En contrôlant sa pulsion de consommation, le petit-fils apprend à surmonter sa frustration. Y aurait-il un lien avec la décroissance ?



Le surlendemain, 10 mars 2009, je raconte cette histoire à Manu qui me parle d'une émission sur France Inter entendue le matin même et qui décrivait la délinquance chez les cheveux gris ou blancs, dont deux soeurs de 85 ans tenaient le pompom, assassinats à l'appui. Le vieillesse n'est donc plus une garantie de sagesse. L'individualisme et l'avarisme ont gangréné précocemment quelques candidats devenus âgés aujourd'hui.


Alors je me rabats sur une valeur sûre, racontée maintes fois depuis ma lecture ancienne de « L'école avec Françoise Dolto » : la pédagogie institutionnelle grâce à laquelle c'est le groupe, la classe en l'occurence, qui propose des solutions aux conflits rencontrés. Cela se fait en présence d'adultes, et non pas sous leur autorité.

Alors Manu me lance sur les contes et les griots africains. Je poursuis sur « Le gai savoir de l'acteur », magnifique ouvrage sur la comédia del'arte de Dario Fo, prix Nobel de littérature. Manu continue : dans son énorme bagage d'histoires, le griot, face à un conflit rencontré dans la communauté, puise celle qui lui semble le plus s'en rapprocher, l'aménage en conte inachevé, et laisse les participants inventer des suites. Cette suite sera le choix fait par la communauté pour la résolution du conflit. Ce que l'on appelle finalement aujourd'hui une décision concertée... Ça rappelle également le théâtre de l'opprimé d'Augusto Boal, inventé au Brésil, également appellé théâtre forum. Manu me parlait des contes qui constituent un module de sa formation en Accompagnateur Moyenne Montagne.

 

 


On évoque souvent la perte des valeurs : quand on comprend que ce n'est pas la perte des valeurs qui caractérise (entre autres) notre époque, mais la perte des conditions de leur élaboration, et que ces conditions sont finalement assez diverses et pas si compliquées que cela à remettre en place, l'espoir n'est pas loin. L'espoir et l'action.

Par Gorge Rouge - Publié dans : palabres
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 13 février 2009

Pour plus de croustillant, j'invite vivement le lecteur à lire au préalable : Ziegler sur ce blog.



Les propos rapportés ici n’ont pas été enregistrés : ils ne sauraient donc être fidèles mot pour mot. Mais ayant été écrits le jour même, j’en assure pleinement l’authenticité.

 

12 février 2009. Je croise quelqu’un dont je tairai le nom qui se présente comme banquier. Son identité n'a d'ailleurs aucune importance.

-  « Et dans quelle banque travaillez-vous ?

-  À la Banque de France. »

 

Il me dit quel département il y dirige, en précisant qu’il est sous l’autorité directe du Gouverneur. Autrement dit, il y a encore peu de temps de cela, « Jean-Claude Trichet. »

 

Mon admiration ne peut que s’exprimer en ces termes :

« vous devez connaître Jean Ziegler alors ?! »

 

Ça lui dit bien quelque chose mais il faut que je lui précise quelques titres de bouquins ainsi que ses fonctions de député suisse et  de rapporteur pour l’ONU sur la faim dans le monde * pour qu’il parvienne à situer plus précisément le bonhomme. Et là, spontanément, il me propose un commentaire du genre : « vous savez, la taxe Tobin est vécue comme une taxe supplémentaire ! » Je ne relève pas.

 

J’oriente plutôt la conversation sur le caractère non démocratique de la finance internationale et d’autres de ses aspects délicieux décrits par Ziegler. Il me dit que ce genre de position suscite « beaucoup de fantasmes ». Puis il affirme sans hésitation que « les banques contrôleront toujours le monde », on  n’y pourra rien.

 

« Vous êtes pire que Ziegler, vous ! Encore plus pessimiste ! »

 

À un moment  il me lâche : « les hommes s’adapteront (à la raréfaction des énergies fossiles, aux dérèglements climatiques, à la crise économique). Ils se sont toujours adaptés.

- Oui mais pas comme ça ! » Et en même temps je fais claquer mes doigts sous son nez. « Cette adaptation doit être organisée, préparée ! Or que fait-on en ce moment ? »

 

Je considère cet échange extrêmement important dans la mesure où il montre à quel point nous raisonnons tous pareillement, du bas jusqu’en haut de l’échelle sociale. Et ça a contribué à me décomplexer davantage : pas pour gagner plus, mais pour foncer vers plus d’humanité sans m’arrêter à des obstacles de classe qui me dépasseraient.

 

 

Je le relance sur la réalité dramatique de la réalité économique internationale décrite par Ziegler : le cours du café (entre autres) en chute libre mais son prix à la consommation à la hausse, la précarisation des paysans, l’engorgement des bidonvilles, l’absence de résolution démocratique sur ce sujet...

 

Et là, il me répond : « vous savez, le responsable, c’est l’État ! » Je reste volontairement dubitatif pour qu’il précise sa pensée, alors il précise : « c’est la croissance ! »

 

J’ai bien failli le prendre dans mes bras mais la distance sociale m’a retenu à temps, je me suis contenté d’un frugal : « top là, nous sommes d’accord ! » Tout en l’informant avec enthousiasme de l’existence, qu’il ignorait, du Parti pour la décroissance. S’encartera-t-il dès demain matin ? Ma nuit en fut agitée.

 

À la réflexion, il  faudrait qu’il se penche sérieusement sur la question, mais en aura-t-il le temps ?!

 

Je lui ai donné oralement mon blog, puis ma carte de visite s’il avait un trou de mémoire…


-------------------------------

* Jean Ziegler a été rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies de 2000 à 2008. Il est actuellement membre du comité consultatif du conseil des droits de l'homme . Il fut membre du parlement fédéral suisse (canton de Genève) du 4 décembre 1967 au 27 novembre 1983 et du 30 novembre 1987 au 5 décembre 1999 (parti socialiste).  Il est le premier dirigeant de la communauté d'Emmaüs genevoise . Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ziegler 

 

Par Gorge Rouge - Publié dans : vitre
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Catégories

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus