5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 12:49

Les nouvelles - et anciennes ! publications de ce blog seront progressivement orientées vers http://gorgerouge.olympe.in/

Si vous voulez recevoir un mail pour être informéEs de mes nouvelles publications il vous faudra donc vous y réinscrire.

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En plus de ce que nous avons préparé ensemble (présentation d'AET - Association Eure en Transition, liste de "courses" etc.), j'ai rédigé deux canevas de ce que nous pourrions dire à Guy LEFRAND le 29 août prochain.

 

Guy LEFRAND maire d'Evreux

Je commence par le plus intéressant, rédigé en dernier, le 29 juillet :

"Monsieur le maire,

croyez-vous sincèrement que la croissance va revenir ?

Nous vous proposons un plan B pour impulser Evreux et agglomération en transition vers l'après pétrole, pour créer l'abondance en période d'effondrement économique consécutif à la fin du pétrole pas cher.

Voici ce que nous vous proposons :

- garder nos graines comestibles et fertiles, biologiques notamment, pour les planter partout où cela est possible, parmi des arbres fruitiers et en partenariat avec les agriculteurs du coin afin de créer des ceintures vivrières et des forêts comestibles comme cela se fait déjà à Seattle et ailleurs aux Etats-Unis. Cette production alimentaire en abondance n'accélérera pas la récession économique comme on pourrait s'y attendre : tant que les consommateurs seront solvables ils préféreront acheter plutôt que de cueillir et récolter eux-mêmes leurs aliments ;

- et en parallèle nous vous proposons d'entamer une dynamique de production locale dans les autres secteurs vitaux : le vestimentaire, l'habitat, la santé notamment.

Ce n'est pas un renoncement à votre politique actuelle que nous vous proposons mais plutôt de mettre en place cette dynamique en plus et en parallèle à ce que vous faites déjà.

La question à se poser n'est pas tellement : "quand le pic de pétrole arrivera-t-il ?" (sachant que l'AIE - l'Agence Internationale de l'Energie, a reconnu dès novembre 2010 que le pic de pétrole conventionnel avait été franchi en 2006) mais plutôt : "comment pouvons-nous nous organiser pour anticiper ce pic, pour nous y préparer ?"... avant que l'on soit obligés de nous dire : "c'est trop tard, pour faire ceci et cela il aurait fallu nous y prendre bien plus tôt !"

Le 27 juillet j'avais écrit ceci :

"Monsieur le maire,

nous venons vous voir pour vous proposer d'impulser Evreux et agglomération territoire en transition vers l'après pétrole, ce qui s'ajouterait aux 70 territoires déjà existants en France.

Cela vous surprend probablement puisque les médias véhiculent majoriatirement l'idée selon laquelle nous avons encore du pétrole pour 50 ans et que d'autre énergies s'y substitueront.

Or savez-vous que l'AIE a annoncé que le pic de pétrole a déjà été franchi ? Savez-vous quand ? En 2006. Et pourquoi n'en ressentons-nous pas (encore) les effets ? Pour deux raisons principales :

- la compensation à court terme par des pétroles non conventionnels, gaz et pétroles de schistes et autres sables bitumineux, pour une pollution énorme, un rendement faible et un coût exorbitant ;

- et en raison des stocks dans lesquels nous puisons... pas encore pour bien longtemps.

Une évidence mérite aussi d'être rappelée : toutes les énergies secondaires, high tech et nanotechnologies, de même que l'informatique, reposent sur l'exploitation des énergies fossiles dont en premier lieu le pétrole.

Plusieurs signes indiquent que nous assistons à une accélération de l'effondrement post pétrolier et nous voulons vous proposer, non pas de l'empêcher, mais de faire en sorte que la vie des ébroïciens et des eurois puisse se poursuivre dans de bonnes conditions, malgré une économie qui va se déliter. C'est possible."

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 11:00

Ce blog correspond à l'onglet Evreux sur www.transitionfrance.fr.

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J'ai déjà tenté par ailleurs  de comprendre pourquoi ce qui me paraissait si évident et que j'exprime sur ce blog ne l'est manifestement pas pour tout le monde.

 

Il me semble utile d'y revenir, en apportant de nouveaux arguments à ma réflexion.

 

Et ce sera l'occasion de synthétiser mes analyses, faisant suite à mes récentes propositions synthétisées grâce à ce mystérieux inconnu :  Choque.

 

« Annonce du plan »

comme on dit à l'école.

 

Partie 1 : ce qui me paraît évident.

 

Partie 2 : ce qui peut expliquer pourquoi cette évidence est si peu partagée.

 

Fin de l'introduction.

Développement.

 

 

Ce qui me paraît évident.

 

L'après pétrole, l'après uranium, l'après gaz, en somme l'après énergies fossiles a déjà commencé, et nous avons des solutions merveilleuses pour en sortir grandis, en inventant une société harmonieuse et défossilisée, en changeant radicalement nos modes de vie, sans pour autant retourner au moyen-âge mais en entrant dans un âge d'or convivial, acceptant tout le monde. Les techniques douces sont suffisamment nombreuses pour éviter les souffrances d'antan, sans aucun recours aux énergies fossiles. Et la réinvention de modes de vie collectifs peuvent nous faire redécouvrir le bonheur de vivre ensemble. Tout ce bonheur à portée de main et accessible à tous est décrit de mille façons dans ce blog, je ne m'étends pas davantage.

Cette évolution est non seulement heureuse mais inéluctable, encore faut-il s'y préparer pour qu'elle ne soit pas douloureuse.

 

Fin de la première partie.

Courte, cette première partie.

 

Phrase de transition :

 

Évident ce qui vient d'être dit ? Ho que non ! Pour moi, certes, mais pour les autres ? Pour vous, lectrice ? Pour toi, lecteur ? Qu'est-ce qui te retient à tes représentations fossilisées, pétrolières, dominatrices, publicitaires, consuméristes, croissancistes ?

 

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Partie II

(en chiffres romains, ça fait intellectuel)

 

Ce qui peut expliquer pourquoi cette évidence est si peu partagée.

 

Ici encore, sur ce blog, j'ai souvent tenté de répondre à cette question en regroupant mes écrits dans la rubrique vitre. (Voir  mode d'emploi)

 

Ce qui motive ce texte aujourd'hui est un pas de côté par rapport aux écrits précédents.

 

Autant jusqu'à présent mes réflexions découlaient d'une espèce d'empathie vis-à-vis de mes interlocuteurs, je voulais répondre à leurs – à vos – arguments, me situant dans une approche dialectique, intellectuelle, logique, tout ce qu'on voudra.

 

Autant aujourd'hui je voudrais vous faire partager ce qui m'a amené à mes convictions.

 

Ce qui m'a convaincu vous convaincra peut-être, qui sait ?!

 

 

Bon. La seconde partie sera plus longue que la première. Vous voilà prévenues. Une femme avertie en vaut deux.

 

Au début j'étais un idéaliste épris de justice, militant d'extrême gauche « classique » mais pas si classique que ça puisque :

- les manifs m'emmerdaient et me semblaient inutiles de chez inutiles, j'y allais uniquement pour discuter mais je partage entièrement Pierre Desproges quand il dit, dans cette tirade découverte récemment, que même si c'était pour sauver son fils de la mort il n'irait pas manifester ;

- les discours d'extrême gauche me semblaient complètement à côté de la plaque, sinon ils auraient rencontré des succès, non ?

- les discours d'extrême gauche me semblaient complètement à côté de la plaque pour cette autre raison : c'est qu'ils tournaient en boucle comme un vieux vinyle rayé.

 

Donc je cherchais ma voie, refusant toute adhésion à quelqu'organisation que ce soit, me faisant qualifier et me revendiquant moi-même très tôt d'électron libre. Habitant la banlieue (bourgeoise) de Paris, j'écoutais Radio Libertaire.

 

Puis vint l'an 1998. L'été 98. J'avais quand-même déjà 35 balais. Une coordination nationale des chômeurs autonomes nous avait amenés à Alès. Sauf qu'elle avait été annulée et que seul le collectif d'Evreux n'avait pas été prévenu. Une semaine à attendre mon train retour. Une semaine à accompagner Walter dans sa 4L hors d'âge, « pourrite de chez pourrite », une semaine féérique à me baigner à poil dans les ruisseaux des Cévennes, faisant des plongeons de 5 m de haut en saut de l'ange, quéquête à l'air. Avec quelques rares familles et leurs enfants en bas. Un peu catho-gênées quand-même. C'est au cours de ce séjour merveilleux que Walter m'a parlé furtivement d'un gars qui vivait en totale autonomie dans le coin. Sans rien demander à personne. Militant, en plus. Pas du tout le genre ermite bouddhiste.

 

Deux coordinations nationales avaient eu lieu à Evreux. La dernière remontait au printemps précédent. Je m'entends encore demander à Walter : « mais pourquoi tu n'as pas parlé de ce que fait ce mec lors de nos rencontres ? » Walter bafouille un truc, du genre qu'il ne voit pas de rapport entre le mouvement des chômeurs et Michel Rosell. « Et vous êtes nombreux à connaître ce Michel Rosell dans votre collectif d'Alès ? Parmi ceux d'entre vous qui étiez à Evreux au printemps dernier, vous êtes combien à le connaître ? » Et là il me répond : « mais tout le monde le connaît ! »

 

J'en suis resté sur le cul. Le lien m'a paru si évident !

 

La semaine suivante après un retour à mon boulot (je bossais un jour fin juillet pour couper mes vacances), je redescendais dans le Gard, en voiture cette fois, pour rencontrer Michel. « Je viens de la part de Walter. » Le mot de passe. Son regard méfiant a fait place à un sourire fraternel : je faisais partie de la famille.

 

Le discours de Michel est chantant, un torrent en crue. Les mots, la tête, et les mains. Je veux dire qu'il ne fait pas que parler et réfléchir : il bosse. Tout le temps. Vous raconter tout prendrait des heures. Des pages. Je vais juste vous dire ceci : Michel m'a fait comprendre qu'au lieu de revendiquer, il fallait prendre. Pas voler, non ! Prendre ce qui nous appartient de droit. « Vous n'avez pas besoin de nous ? (Les licenciements, les guerres etc.) Nous n'avons pas besoin de vous ! ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE ! » C'est comme ça qu'il parle Michel. Et il postillonne tellement il est emporté par son énergie. Il faut s'auto-organiser. C'est tout.

Et pourquoi les chômeurs « autonomes » du collectif d'Alès et d'ailleurs ne s'auto-organisent-ils pas ? Pourquoi Michel ? "Parce que ce sont des FAIGNANTS ! Des branleurs ! Des PARASITES qui ne comprennent rien. Des assistés."

 

Voilà. Je fais court. Voilà comment je suis tombé dans l'écologie, non pas étant petit, 35 ans, mais tombé dans l'écologie autonomisante, radicale, exactement aussi éloignée de Cohn-Bendit que Sirius l'est de la terre. Du jour au lendemain. J'ai fait ma révolution copernicienne.

 

Pour ceux qui ne viennent pas de là c'est plus difficile à comprendre. Forcément. D'où ma décision de me raconter. De vous raconter.

 

Je pourrais m'arrêter là. Mais non : d'autres découvertes s'imposent, qui m'enracinent dans mes convictions que je juge utile de rendre explicites.

 

Retour Normandie, salon écolo à Rouen en mai 1999. Le stand de Pascal Thépaut sur les maisons en paille.

 

Il est devenu un pote, on a fait des stages massage ensemble, on s'est caressé les fesses et on s'y est enfoncé les coudes jusqu'à en pleurer pour y dissoudre les cristaux et évacuer notre stress enfin on s'en fout.

 

Sa topine Christine (même chose mais sans les coudes) était – est toujours - très branchée éco-villages. C'est ça ma seconde découverte après Michel.

 

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J'ai ainsi découvert que plein de gens (fort peu nombreux en pourcentage de la population) vivaient également en autonomie « décarbonée » comme on dit, dans des ambiances collectives d'une chaleur humaine incomparable. Bon, notre individualisme et notre isolationnisme modernes font que pas mal de gens ne s'y retrouvent pas, je sais, mais là n'est pas le sujet pour moi. Par contre, ils n'ont pas la vision politique de Michel.

 

L'une de mes dernières lectures m'a fait mieux comprendre une différence essentielle entre Michel et les éco-villages : cette lecture c'est « La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse », commencée l'été dernier et terminée cet hiver.

 

E. Armand, l'auteur, y parle d'associations d'égoïstes. Dans le respect total de l'autre, mais dans l'écoute totale de ses propres besoins affectifs et sexuels. Sans inhibition puritaine. Son discours pourrait être résumé ainsi : « nous ne voulons en aucune manière vous forcer à vous adonner à la camaraderie amoureuse, mais vous, laissez-nous la pratiquer entre adultes consentants ! » Il ne veut pas convertir, ni faire de prosélytisme, son discours ne s'adresse qu'à celles et ceux qui y sont réceptifs, les autres il n'a rien à voir avec eux.

 

Et j'ai compris que les éco-villages c'est un peu ça : ils ne veulent pas changer le monde, il leur suffit de changer leur monde. Et ils y parviennent. Le reste, la problématique urbaine, ça les dépasse. Chacun sa route. (Bon ok Jean-Luc, je dis les choses comme ça parce que je les ai resenties comme tel, mais j'ai bien conscience que les écovillages sont en lien permanent avec le monde et sont tout sauf repliés sur eux-mêmes, en témoigne la revue Passerelle-éco. Mais pour illustrer ce que j'entends par la problématique urbaine, voir L'après Coline.)

 

Michel, lui, à l'inverse, ne supporte pas (au point d'y consacrer bon nombre de ses journées) de voir des centaines de milliers de pauvres gens mourrir de faim à la suite de cataclysmes. Pour exemple à l'époque des réfugiés du Kosovo, il a bossé des jours et des jours pour élaborer "dans les faits", l'une de ses expressions flash qui le distingue des revendicatifs, des habitats d'urgence adaptés à leur milieu de survie. Avec fabrication en réel à l'échelle 1/5ème, photos, maquettes, notices de construction, photocopies couleurs au format A3 à 500 exemplaires pour envoi en nombre aux quatre coins du monde. Sans aucune ressource financière.

 

Revenons à nos moutons : moi, mes préoccupations quand je manifeste, ce sont les problèmes des chômeurs, mais pas seulement : vouloir « ré-insérer » les chômeurs, très peu pour moi. Ce sont les problèmes des manifestants, mais pas seulement : vouloir « augmenter les minima sociaux » sans rien toucher à notre mode de vie et au tout bagnole, très peu pour moi itou. Et revendiquer, comme je l'ai dit, très peu pour moi encore.

 

Mon problème à résoudre, mon projet, ma vision des choses, c'est : comment passer d'une qualité de vie telle qu'elle peut se mettre en place ici ou là dans les éco-villages, à une transformation de la société ? Ou encore : aller m'installer dans un co-village, ou même créer un éco-village de plus, à quoi ça va servir ? Ma vie personnelle n'a pas d'importance, j'ai trouvé mon équilibre psychologique, affectif, matériel. En revanche, une fois les abeilles disparues définitivement, le mythe des éco-villages, ilôts de bonheur au milieu du chaos, ne résistera pas longtemps !

 

Intellectuellement je me sens plus venir des écovillages que de l'extrême-gauche revendicatrice. Et ça fait une sacrée différence avec les urbains que je côtoie au quotidien.

 

Mon avenir pour le monde, celui qui est dans ma tête, c'est : comment transformer les villes et leurs habitants, leurs bagnoles, leurs boulots à la chienne ou dans le tertiaire, leurs salaires et leurs sales airs de mines grises, en écovillages élargis, en éco-villes, et en exode urbain ? "Dans les faits !" et pas seulement dans le discours, et encore moins dans la critique permanente.

 

Parce que je sais que la vie, la vraie vie, c'est dans le pré, dans le potager, dans la forêt. Mais pas comme un banlieusard qui va en forêt le week-end ! Non ! Comme quelqu'un qui vit en harmonie, en symbiose, au quotidien, avec la nature. «Les sept plumes de l'aigle», l'histoire merveilleuse de ce chaman améridien, version occidentale et communautaire. Et même, à l'échelle des mégapoles. Redécouvrir le travail au contact de la nature, massivement, en "produisant" des aliments, en semant, cueillant, les week-end d'abord, puis les vacances, puis à mi-temps, puis tout le temps, mais d'une manière collective, organisée, d'une manière où ce sont les comités de quartier qui s'emparent de ces projets, et pas seulement les familles isolées, pour en venir au bout du compte à repeupler les campagnes, pour désengorger les villes, pour vider les mégapoles, pour changer le monde, pour démondialiser le monde et retrouver le sens de la localité.

 

Bon, ce n'est pas facile. "Dans les faits" pour le moment je n'en vois même pas le début d'un balbutiement. Mais le chantier est de grande ampleur.

 

 

Voilà mon histoire. Voilà le chemin que j'ai parcouru jusques ici.

 

Et Lilas vient à point nommé pour illustrer mes utopies. Merci encore Lilas.

 

Est-ce plus clair pour toi ?

 

Dis-moi.

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 09:00

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 08:00

=>  J'y occupe une place en page 2 dans le courrier des lecteurs : "Lucidité".

Voir ici et, pour la sélection dans La Décroissance, sa suite.

 

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Date: Thu, 10 Jul 2014 21:18:20 +0200
To:  gorgerouge3@gmail.com
Subject: Le cahier de vacances le plus fabuleux qui soit
From: retour-cdp@lettre-info-cdp.org

« Le journal La Décroissance vous a prévu pour cet été le cahier de vacances le plus fabuleux qui soit :

un portrait des penseurs qui depuis le XIXe siècle ont développé une critique de la civilisation industrielle, de Tolstoï à Jean Giono... »
Natacha Polony, mardi 8 juillet 2014, Europe 1
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/La-revue-de-presse/Videos/Les-dysfonctionnements-de-la-SNCF-2175563/ 

 

 

UN NUMERO EXCEPTIONNEL DE LA DECROISSANCE EN KIOSQUE LE 11 JUILLET 2014

Le numéro double de La Décroissance de juillet-août « Géants d'hier, néant d'aujourd'hui » est en kiosque le vendredi 11 juillet 2014.

Un numéro exceptionnel avec les contributions de Serge Latouche, Stéphane Lhomme, Alain Accardo, Dominique Bourg, Jean-Claude Michéa, Jacqueline Kelen, Aurélien Bernier, Michael Löwy, Bernard Legros, Jean-Pierre Gicquel, Bertrand Méheust, François Brune, Alain Gras, Bruno Clémentin, Vincent Cheynet, Alexis Escudero, Raoul Anvélaut, Mathieu Colloghan, ‎Jacques Allaire, Édouard Schalchli, Patrick Marcolini, Daniel Cérézuelle, François Jarrige, Patrick Chastenet, Patrick Vassort, Frédéric Rognon, Renaud Garcia, Françoise Gollain, Charles Jacquier, Thierry Paquot, Laurent Fournier, Philippe Gruca, Pierre Thiesset, Pierre Druilhe, Jean-Luc Coudray, Fabrice Flipo, Oskar Slingerland, Thierry Brulavoine, Professeur Foldingue, Andy Singer, Nardo, Jean-Luc Debry, Roland Gori, Adonis alias Lionel Girard alias Nicolas Bertrand, Stéphane Torossian.

 

La Décroissance, le mensuel des objecteurs de croissance :
http://www.ladecroissance.net/

Où trouver La Décroissance ?
http://www.ladecroissance.net/?chemin=ou_le_trouver

S'abonner et commander :
http://www.casseursdepub.org/commander/formcommande/formCommande.html


Vous recevez cette lettre car vous vous êtes inscrit sur notre site le 02/07/2007.

 

 

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 16:45

La convivialité - Ivan Illich, 1973

réédition au Seuil, Points Essais, 2003 – 4,95€

Fiche de lecture commentée - rangement initial  20/08/1984


p. 28 : “J'entends par
convivialité l'inverse de la productivité industrielle. Chacun de nous se définit par relation à autrui et au milieu et par la structure profonde des outils qu'il utilise. Ces outils peuvent se ranger en une série continue avec, aux deux extrêmes, l'outil dominant et l'outil convivial. Le passage de la productivité à la convivialité est la passage de la répétition du manque à la spontanéité du don.”

source icônographique :

http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=587

trouvé sur : 

http://www.cemea.asso.fr/spip.php?article5502

p. 13-14 : “...c'est l'outil qui est convivial et non l'homme.

L'homme qui trouve sa joie et son équilibre dans l'emploi de l'outil convivial, je l'appelle austère. (...) Car l'austérité n'a pas vertu d'isolation ou de clôture sur soi. Pour Aristote comme pour Thomas d'Aquin, elle est ce qui fonde l'amitié. (...) Thomas d'Aquin définit l'austérité comme une vertu qui n'exclut pas tous les plaisirs, mais seulement ceux qui dégradent la relation personnelle. L'austérité fait partie d'une vertu plus fragile qui la dépasse et qui l'englobe : c'est la joie, (...) l'amitié.

p. 38 : “Même limité, l'outil convivial sera incomparablement plus efficient que l'outil primitif et, à la différence de l'outillage industriel, il sera à la portée de chacun.”

p. 101 : “L’outil simple, pauvre, transparent est humble serviteur ; l’outil élaboré, complexe, secret est un maître arrogant.”

p. 23 : Illich parle du progrès des institutions industrielles telles que la santé, l'éducation, les postes, l'assistance sociale, les transports et même les travaux publics. “... dans un deuxième temps, le progrès réalisé devient un moyen d'exploiter l'ensemble du corps social, de le mettre au service des valeurs qu'une élite spécialisée, garante de sa propre valeur, détermine et révise sans cesse.

Dans le cas des transports, il a fallu un siècle pour passer de la libération par les véhicules à moteur à l'esclavage de la voiture.”

Le capitalisme se manifeste en premier dans notre quotidien domestique : dans notre habitude à capitaliser nos expériences, comme si le but, le sens de la vie était d'en emporter le maximum dans la tombe. Alors que le sel de la vie (que le monde industriel nous a fait perdre) se situe dans la convivialité, dans le maniement d'outils conviviaux.

p. 26 : “Durant un siècle, l'humanité s'est livrée à une expérience fondée sur l'hypothèse suivante : l'outil peut remplacer l'esclave. Or il est manifeste qu'employé à de tels desseins, c'est l'outil qui de l'homme fait son esclave. La dictature du prolétariat et la civilisation des loisirs sont deux variantes de la même domination par un outillage industriel en constante expansion. L'échec de cette grande aventure fait conclure à la fausseté de l'hypothèse.”

L'outil ne pourra jamais remplacer l'esclave. Donc l'outil aliénant (l'industrie, le travail à la chaîne, le “toyotisme”, la pétro-industrie, le nucléaire, et plus récemment les nanotechnologies) doit et peut à nouveau faire place à l'outil convivial. Ici et maintenant. Sans que cela ne dépende de personne d'autre que nous. Nous deux qui en discutons.

p. 29 : “L'idéal proposé par la tradition socialiste ne se traduira dans la réalité que si l'on inverse les institutions régnantes et que si l'on substitue à l'outillage industriel des outils conviviaux.”

p. 30 : “Si les outils ne sont pas dès maintenant soumis à un contrôle politique, la coopération des bureaucrates du bien-être et des bureaucrates de l'idéologie nous ferons crever de “bonheur”. La liberté et la dignité de l'être humain continueront à se dégrader, ainsi s'établira un asservissement sans précédent de l'homme à son outil.

A la menace d'une apocalypse technocratique, j'oppose la vision d'une société conviviale. La société conviviale reposera sur des contrats sociaux, qui garantissent à chacun l'accès le plus large et le plus libre aux outils de la communauté, à la seule condition de ne pas léser l'égale liberté d'accès d'autrui.”

p. 31 : “Une société qui définit le bien comme la satisfaction maximale du plus grand nombre de gens par la plus grande consommation de biens et de services industriels mutile de façon intolérable l'autonomie de la personne. Une solution politique de rechange à cet utilitarisme définirait le bien par la capacité de chacun de façonner l'image de son propre avenir.

(...)

Nous devons et, grâce au progrès scientifique, nous pouvons édifier une société post-industrielle en sorte que l'exercice de la créativité d'une personne n'impose jamais à autrui un travail, un savoir ou une consommation obligatoire.”

p. 34 “... à notre époque (...) il est devenu difficile d'imaginer une société simplement outillée, où l'homme pourrait parvenir à ses fins en utilisant une énergie placée sous contrôle personnel. Nos rêves sont standardisés, notre imagination industrialisée, notre fantaisie programmée. Nous ne sommes capables de concevoir que des systèmes hyper-outillés d'habitudes sociales, adaptés à la logique de la production de masse. Nous avons quasiment perdu le pouvoir de rêver un monde où la parole soit prise et partagée, où personne ne puisse limiter la créativité d'autrui, où chacun puisse changer la vie.”

(...)

Une société équipée du roulement à bille et qui irait au rythme de l'homme serait incomparablement plus efficace que toutes les sociétés rugueuses du passé et incomparablement plus autonome que toutes les sociétés programmées du présent.”

p. 35 : “L'homme-machine ne connaît pas la joie placée à portée de main, dans une pauvreté absolue ; il ne sait pas la sobre ivresse de la vie. Une société où chacun saurait ce qui est assez serait peut-être une société pauvre, elle serait sûrement riche de surprises et libre. ”

p. 36, 37, 41

feu d'artifice végétal

p. 42 : “Il faut s'interroger soi-même :
qui m'enchaîne ? Qui m'accoutume à ses drogues ? Poser la question, c'est déjà y répondre. (...) Le manque que la société industrielle entretient avec soin ne survit pas à la découverte que personnes et communautés peuvent elles-mêmes satisfaire leurs véritables besoins.”

p. 42,

p. 43 : “Une société conviviale est une société qui donne à l’homme la possibilité d’exercer l’action la plus autonome et la plus créative, à l’aide d’outils moins contrôlables par autrui. La productivité se conjugue en termes d’avoir, la convivialité en termes d’être. Tandis que la croissance de l’outillage au-delà des seuils critiques produit toujours plus d’uniformisation réglementée, de dépendance, d’exploitation, le respect des limites garantirait un libre épanouissement de l’autonomie et de la créativité humaines.”

P. 44 : “L’outil convivial est celui qui me laisse la plus grande latitude et le plus grand pouvoir de modifier le monde au gré de mon intention. L’outil industriel me dénie ce pouvoir ; bien plus, à travers lui, un autre que moi détermine ma demande, rétrécit ma marge de contrôle et régit mon sens. La plupart des outils qui m’environnent aujourd’hui ne sauraient être utilisés de façon conviviale.”

p. 45 : “L’outil maniable est conducteur d’énergie métabolique ; la main, le pied ont prise sur lui. L’énergie qu’il réclame est reproductible par quiconque mange et respire.”

48,

p. 49 : “Une société conviviale n’est même pas tenue de refuser la télévision, bien que celle-ci laisse à la discrétion de quelques producteurs et beaux parleurs le soin de choisir et de fabriquer ce qu’on fera « avaler » à la masse des téléspectateurs ; mais une telle société doit protéger la personne contre l’obligation de se transformer en voyeur.”

p. 62 : “IL faut choisir entre distribuer à des millions de personnes, au même moment, l’image colorée d’un pitre s’agitant sur le petit écran, ou donner à chaque groupe humain le pouvoir de produire et de distribuer ses propres programmes dans les centres vidéo.”

p. 49 : “…les sociétés marxistes où la classe des travailleurs se croit au pouvoir. Le planificateur socialiste rivalise avec le chantre de la libre entreprise, pour démonter que ses principes assurent à une société le maximum de productivité.”

p. 49-50 :“L’interprétation exclusivement industrielle du socialisme permet aux communistes et aux capitalistes de parler le même langage, de mesurer de semblable façon le degré de développement atteint par une société.”

63, 64,

p. 65 : “Le courage de se soigner seul n’appartient qu’à l’homme qui a le courage de faire face à la mort.”

67,

p. 70 : “Une politique conviviale s’attacherait d’abord à définir ce qu’il est impossible d’obtenir par soi-même quand on bâtit sa maison. En conséquence, elle assurerait à chacun l’accès à un minimum d’espace, d’eau, d’éléments préfabriqués, d’outils conviviaux allant de la perceuse au monte-charge, et, probablement aussi, l’accès à un minimum de crédit. Une telle inversion de la politique actuelle donnerait à une société post-industrielle des logements modernes aussi séduisants pour ses membres que l’étaient, pour les anciens Mayas, les maisons qui sont encore la règle au Yucatan.”

p. 71 : “Les gens sont mieux éduqués, mieux soignés, mieux transportés, mieux distraits et même souvent mieux nourris, à la seule condition que, pour unité de mesure de ce mieux, on accepte docilement les objectifs fixés par les experts.”

71, 73, 75, 76,

p. 77 : “La seule solution à la crise écologique est que les gens saisissent qu’ils seraient plus heureux s’ils pouvaient travailler ensemble et prendre soin l’un de l’autre.”

p. 78 :,“…je montrerai que (…) le surpeuplement est le résultat d’un déséquilibre de l’éducation, que la surabondance provient de la monopolisation industrielle des valeurs personnelles, que la perversion de l’outil est l’implacable effet d’une inversion des moyens en fins.”

79,

p. 81-82 : “Aussi longtemps que les gens acceptent la définition de la réalité que leur donne le maître, les autodidactes sont officiellement étiquetés comme « non éduqués ». (…) Il y a monopole radical lorsque l’individu programmé évince le pouvoir-faire de l’individu. Cette domination de l’outil instaure la consommation obligatoire et dès lors restreint l’autonomie de la personne. C’est là un type particulier de contrôle social, renforcé par la consommation obligatoire d’une production de masse que seules les grosses industries peuvent assurer.”

p. 83 : “Les hommes ont la capacité innée de soigner, de réconforter, de se déplacer, d’acquérir du savoir, de construire leurs maisons et d’enterrer leurs morts. (…) De telles activités ont une valeur d’usage, et n’ont pas été affectées de valeur d’échange. Leur exercice n’est pas considéré comme un travail.

p. 84 : “Les gens ont besoin d’une défense contre le monopole radical. Ils ont besoin de se défendre contre la mort et la sépulture standardisées, que la consommation leur soit imposée par l’intérêt de la libre entreprise des médecins et les croque-morts, ou par le gouvernement pour le bien de l’hygiène. Cette défense, ils en ont besoin même si la plupart d’entre eux sont désormais tributaires des services spécialisés. Si le besoin d’une défense contre le monopole radical n’est pas reconnu, celui-ci renforcera et affinera son outillage, jusqu’à entraîner un dépassement du seuil humain de résistance à l’inaction et à la passivité.”

85,

p. 86 : “Quand on découvre le monopole radical, il est généralement trop tard.”

“…même dans les pays surdéveloppés, et quelque soit leur régime politique, le taux de croissance de la frustration excède largement celui de la production.”

87, 93, école 94-95,

p. 96 : “Instituteurs, travailleurs sociaux et policiers travaillent la main dans la main pour maintenir les individus sous-payés ou en chômage partiel dans des maisons qu’ils ne peuvent ni construire eux-mêmes ni modifier.”

97/HLM, semences à haut rendement et école,

p. 102 : “La condition du pauvre peut être améliorée si le riche consomme moins, tandis que celle du riche ne peut l’être qu’au prix de la spoliation mortelle du pauvre. Le riche prétend qu’en exploitant le pauvre il l’enrichit puisqu’en dernière instance il crée l’abondance pour tous. Les élites des pays pauvres répandent cette fable.”

103, 105, 106, 108, 109,

p. 112 : “Une société engagée dans la course au mieux-être ressent comme une menace l'idée même d'une quelconque limitation du progrès. Alors l'individu qui ne change pas d'objets connaît la rancœur de l'échec et celui qui en change découvre le vertige du manque. Ce qu'il a l’écœure, ce qu'il veut avoir le rend malade. Le changement accéléré produit sur lui-même les mêmes effets que l'accoutumance à une drogue : on essaie, on recommence, on est accroché, on est malade, on manque. La dialectique de l'histoire est brisée. Le rapport au présent et à la tradition s'évanouit.”

113,

p. 116-117 : “…on peut parler de l’homéostase de l’homme dans son milieu, que menace toute dysfonction de l’outil, et définir la politique comme le processus par lequel les homme assument la responsabilité de cette homéostase. Il est temps de cesser de définir les besoins humains en termes abstraits, avant de les soumettre, comme des problèmes, au traitement de la technocratie, qui pratique la méthode de l’escalade. Il est temps de commencer à chercher à l’intérieur de quelles bornes des collectivités d’hommes concrets peuvent se servir de la technique pour satisfaire leurs besoins sans porter préjudice à autrui. ”

117-118,

p. 119 : "La surabondance de biens mène à la rareté de temps."

121

p. 124 : “L'outil peut croître de deux façons, soit il augmente le pouvoir de l'homme, soit il le remplace. Dans le premier cas, la personne conduit son existence propre, en prend le contrôle et la responsabilité. Dans le second cas, c'est finalement la machine qui l'emporte : elle réduit à la fois les choix de l'opérateur et de l'usager-consommateur, puis elle leur impose à tous deux sa logique et ses exigences. Menacée par l'omnipotence de l'outil, la survie de l'espèce dépend de l'établissement de procédures qui permettent à tout le monde de distinguer clairement entre ces deux façons de rationaliser et d'employer l'outil et, par là, incitent à choisir la survie dans la liberté. Dans l'accomplissement de cette tâche, trois obstacles nous barrent le chemin : l'idolâtrie de la science, la corruption du langage quotidien et la dévaluation des procédures formelles qui structurent la prise de décisions sociales.”

125 & s.

p. 130 : “Dans les nations industrielles, quand l'homme parle de ses œuvres, les mots qu'il emploie désignent les produits de l'industrie.”

130 & s.

p. 151 : “Prévisible et inattendue, la catastrophe ne sera une crisis, au sens propre du mot, que si, au moment où elle frappe, les prisonniers du progrès demandent à s'échapper du paradis industriel et qu'une porte s'ouvre dans l'enceinte de la prison dorée. Il faudra alors démontrer que l'évanouissement du mirage industriel donne l'occasion de choisir un mode de production convivial et efficace.”

p. 152 : “A l'heure du désastre, la catastrophe se transformera en crise si un groupe de gens lucides gardant leur sang-froid sais inspirer confiance à ses concitoyens. Leur crédibilité dépendra de leur habileté à démonter qu'il est non seulement nécessaire, mais possible d'instaurer une société conviviale, à condition d'utiliser consciemment une procédure réglée, qui reconnaisse au conflit d'intérêts sa légitimité, donne valeur au précédent, et attribue un caractère exécutoire à la décision d'hommes ordinaires, reconnus par la communauté comme la représentant. A l'heure du désastre, seul l'enracinement dans l'histoire peut donner la confiance nécessaire pour bouleverser le présent.”

Voir aussi : http://www.revolution-lente.com/ivan-illich.php


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4 janvier 2010 : Noam Chomsky tient parfois des propos fort proches de ceux d'Ivan Illich dans l'excellent DVD "Chomsky & le pouvoir", suite de "Chomsky & compagnie".

22€ les deux DVD, disponibles sur
http://lesmutins.org/

En partenariat avec Daniel Mermet et l'équipe de Là-bas si j'y suis.

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12 mars 2010 : François Jarrige est l'auteur de "Face au monstre mécanique - une histoire des résistances à la technique", éditions Imho, Paris, 2009. Ouvrage présenté par Alain Gras dans L'écologiste n°30, d'octobre-décembre 2009.

On découvre également dans cette revue une présentation passionnée et passionnante de Teddy Goldsmith (1928-2009), créateur de la revue, avec de très nombreuses informations et notamment l'annonce de la réédition de son ouvrage "Le Tao de l'écologie" aux éditions du Rocher.

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 08:57

---------- Message transféré ----------
De : PMO <contact.pmo@free.fr>
Date : 15 juillet 2014 09:30
Objet : Leur progrès et le nôtre
À : PMO <contact.pmo@free.fr>


Bonjour,

Le Monde et France Culture, deux entreprises de communication au service de l'innovation, organisent à Montpellier, du 14 au 18 juillet 2014, des "rencontres" intitulées : "De beaux lendemains ? Ensemble, repensons le progrès".

Il y a urgence en effet, tant ce terme falsifié et manipulatoire est devenu odieux à une part croissante de la société, à force de signifier et de couvrir depuis deux siècles le contraire de son acception courante - destruction et pillage de la nature, incarcération de l'homme-machine dans un monde-machine en pilotage automatique, dégradation du rapport de force entre la classe de pouvoir et la masse des sans-pouvoirs.
Il suffit de jeter un oeil sur la liste des orateurs invités à pérorer, Thomas Piketty, Cécile Duflot, Etienne Klein, Jean-Michel Besnier, etc., pour saisir que ces "rencontres" sont pour l'essentiel des réunions internes, autour de représentants de "la classe créative" suivant le titre du livre de Richard Florida (“The Rise of the Creative Class, And How It's Transforming Work, Leisure and Everyday Life”, 2002. Basic Books). Cette technocratie des "métropoles" qui se rengorge de ses "3 T" (Technologie, Talent, Tolérance), tout en accélérant sans fin l'élimination des peuples, des classes et des individus rétifs à son "progrès". Tout l'enjeu de ce colloque, comme de tant d'autres semblables et destinés à se multiplier, est donc de "designer" et de diffuser de nouvelles présentations du "Progrès", de nouvelles stratégies de communication autour du "capitalisme vert", "cognitif", du "Green New Deal". Ce qui est précisément "le job" des politiciens verts et des intellectuels de gauche qui forment la tribune et le public de ce genre d'événements.

Le hasard et l'air du temps font que le site Reporterre nous a récemment demandé un article sur "Progrès technoscientifique et regrès social et humain". Le voici : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=509

Merci de faire circuler,
Pièces et Main d'oeuvre

***

Débat avec Pièces et main d’oeuvre :
Foire bio de Couiza (Aude)
Samedi 2 août 2014 à 14h
http://laudealabio.blogspot.fr/

Recumbent tricycle tandem Recumbent tricycle for HSPers 
A lire
La Reproduction artificielle de l'humain, Alexis Escudero (éditions le Monde à l’envers, 2014)

AUx Editions l’Echappée, Collection Négatif :
  • Sous le soleil de l’innovation, rien que du nouveau !, suivi de Innovation scientifreak : la biologie de synthèse, Pièces et main d’œuvre (2013)
  • L’Enfer Vert, un projet pavé de bonnes intentions, TomJo (2013)
  • Le soleil en face - Rapport sur les calamités de l'industrie solaire et des prétendues énergies alternatives, Frédéric Gaillard (2012)
  • L’industrie de la contrainte, Frédéric Gaillard & Pièces et main d’oeuvre (2011)
  • Les Esperados – Une histoire des années 1970, suivi de Le troupeau par les cornes, Yannick Blanc (2011)
  • Techno, le son de la technopole, Pièces et main d’oeuvre (2011)
  • A la recherche du nouvel ennemi. 2001-2025 : rudiments d’histoire contemporaine, Pièces et main d’oeuvre (2009)
  • Un siècle de progrès sans merci – Histoire, physique et XXe siècle, Jean Druon (2009)
  • Aujourd’hui le nanomonde – Nanotechnologies : un projet de société totalitaire, Pièces et main d’oeuvre (2008)
  • RFID : la police totale – Puces intelligentes et mouchardage électronique, Pièces et main d’oeuvre (2008 – Nouvelle édition 2011)
  • Le téléphone portable, gadget de destruction massive, Pièces et main d’oeuvre (2008)
  • Terreur et possession. Enquête sur la police des populations à l’ère technologique, Pièces et main d’oeuvre (2008)

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 08:26

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 05:38

 

Sur quoi repose le monde occidental contemporain ? Sur les ressources fossiles, elles-mêmes permettant un progrès jamais connu jusqu'alors.

 

Energies et minerais fossiles fondent notre monde. Et au premier rang des énergies : le pétrole.  

 

Extrait de La Folle de Chaillot (1945) de Jean Giraudoux :

  • La folle : Que cherchent-ils? Ils ont perdu quelque chose ?

  • Pierre : Ils cherchent du pétrole.

  • La folle : Curieux ! Qu'est-ce qu'ils veulent en faire ?

  • Pierre : Ce qu'on fait avec du pétrole. De la misère. De la guerre. De la laideur. Un monde misérable.

 

À cause du réchauffement climatique nous devrions nous passer des énergies émettrices de gaz à effet de serre.

 

À cause du pic des ressources fossiles, en quantités finies, nous allons être forcés de nous en passer. Dixit un certain Rob Hopkins.

 

Mais encore ?

 

Quand ? Pour quelles conséquences ? Faut-il nous y préparer ? Comment nous y préparer ? Quid de l’alimentaire, premier risque : de famine, premier stress ?

 

Quand, et en parallèle : les énergies alternatives ne seront pas au rendez-vous, pas à 100 %, la descente énergétique sera-t-elle lente ou brutale ? Entraînera-t-elle une panique, un effondrement économique sachant que notre économie repose sur les énergies fossiles ?

 

On sent bien qu’il y a un bruissement depuis 40 ans, depuis 1975, depuis la fin des 30 glorieuses, des « 30 Honteuses. »

 

Rob Hopkins appelle « Intervalle du pétrole » le bref interlude de 200 ans où nous aurons extrait du sol la totalité de cette extraordinaire substance et l’aurons brûlée.

 

Où en sommes-nous dans cet Intervalle du pétrole ? En haut du pic ? Avant le pic ? Pourquoi ne nous préparons-nous pas à ce monde post extractiviste ?

 

C’est en partie parce qu’on attend ce pic depuis 40 ans, caché par ce leurre : la fin du pétrole qui n’arrivera jamais (il en restera toujours quelques gouttes dans le sous-sol), que nous nous sommes laissés endormir, ne voyant rien venir... Quoique !

 

Alors, les générations futures, qu’adviendra-t-il de leur quotidien ? De votre quotidien ? De notre quotidien ? N’est-il pas temps de reconnaître que les générations futures, c’est nous ?

 

Christian Araud a publié « La décroissance ou le chaos » en 2012. En page 201, dans ses remerciements, il écrit ces mots :

« Il est de tradition d’ouvrir ou de fermer une œuvre littéraire ou un essai par des remerciements. C’est donc pour moi l’occasion de remercier la maffia polytechnicienne pour m’avoir confié a priori un certain nombre d’études, en se basant uniquement sur le fait que j’appartenais à la conférie, sans trop se poser la question de savoir si je rendrai exactement le service attendu.

Encore merci ! »

 

 

 

 

 

Nous avons été reçus par le président du Conseil Général de l’Eure le 13 décembre 2013 pour évoquer l’après pétrole avec lui. Il a été formé à l’ENA. Est-ce pour cela qu’il n’a jamais donné suite à cet entretien, 6 mois après ? Tout juste pourrons-nous dire qu’ "il savait" lorsqu’il sera trop tard pour se préparer.

 

D’ailleurs trop tard pour qui ? Car comment se passeront les choses ?

 

Il est plus que probable que l’effondrement se fera par sélection économico-médiatique, ce qui a déjà commencé : une frange de plus en plus restreinte de la population mondiale, celle-là même qui tient et qui subit les rennes du pouvoir médiatique et économique, continuera à faire « comme si de rien n’était », espérant faire perdurer encore un peu son pseudo bonheur éphémère, fermant les yeux sur le château de cartes qui se délite sous ses pieds.

 

Tout est fait pour tenter de maintenir le système en place, rien n’est fait pour accompagner son effondrement. Et pourtant ! Dans son ouvrage « Adieux au capitalisme » sorti en janvier 2014, Jérôme Baschet, à la page 24, énumère 5 contradictions convergeantes qui annoncent la fin de notre monde occidental :

- la spirale de l’endettement et du crédit,

- la croissance exponentielle des capitaux à réinvestir,

- la restriction tendancielle du travail vivant nécessaire,

- le caractère limité des ressources naturelles fossiles,

- les conséquences de la dégradation des écosystèmes et du changement climatique.

 

Et déjà en pages 21 et 22 il avait évoqué « la récession dans certaines zones centrales du système-monde », dont la zone euro, dont le PIB s’est contracté de 0,5 % en 2012 et devrait subir une baisse de 0,4 % en 2013 selon des données la Banque centrale européenne datant de septembre 2013. Il évoquait encore « des menaces d’éclatement annoncé des prochaines « bulles » (celle de l’immobilier en Chine pourrait s’avérer d’une ampleur plus considérable encore que celle qui a déclenché la crise des subprimes en 2007). »

 

Pour tout dire notre cynisme, notre aveuglement, notre entêtement à foncer toujours plus vite dans le mur sont partagés par tous ou presque.

 

Le 1er juin dernier à Paris lors d’une soirée entre amis qui regroupait 7 personnes nous nous sommes pris au jeu du bonheur : « le bonheur c’est... » et chacun chacune d’y aller de son inspiration bucolique, une scribe gardant mémoire des propositions.

 

Je me suis hasardé à évoquer le bonheur des générations futures. Trois réactions fusèrent immédiatement, ne laissant pas la moindre seconde à la réflexion :

- c’est ironique ?

- Y’en aura pas, tu peux barrer.

- ça, on s’en fout !

 

Le président du Conseil Général de l’Eure se situait à peu de choses près au même niveau d’analyse.

 

Par où commencer ?

 

suite ici.

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 05:41

 

Etre rassurés. En plus d’être reconnus : voir « Comment se faire des amis » publié en 1936, dernière réedition 1990. Etre rassurés est notre raison d'être. Après avoir mangé, dormi, avoir chaud et être en bonne santé.

 

Il y a deux manières d’être rassurés sur notre avenir proche aujourd’hui :

la première, la plus fréquente et de loin, c’est découter des radios, de regarder des chaînes de télévision financées par la publicité.

 

La seconde est de préparer un monde vivable en connaissance de cause !

 

Ces deux chemins sont antinomiques. Incompatibles. Car les médias commerciaux ne nous informent pas sur ce sujet précis, celui de l’effondrement du système post extractiviste en cours.

 

 

C’est ce même mécanisme assurément qui rend illisible la revue La Décroissance à bien des gens. Pourtant quelle lucidité ! Mais être rassurés, désinformés, et condamnés à être détruits par un système mortifère que nous laissons s’emballer, est préférable à la lucidité pour la majorité des habitants de ce monde post orwellien.

 

Tout ce que j’écris, tout ce qui se lit dans des revues telles que La décroissance ne sert finalement pour l’instant qu’à annoncer l’inutilité de nos avertissements face à l’énorme machine médiatique publicitaire qui rassure pour vendre ses publicités.

 

Qui peut lire des articles tels que celui de Pierre Thiesset dans le numéro de juin 2014 en pages 3 et 4, hormis si l’on y a été habitué depuis plusieurs années ? Car ça doit être un sacré choc de lire un tel papier sans y avoir été préparé, en sortant directement de TF3 ou de Radio propagande d’Etat (Radio France) !

 

 

 

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L’image du ying et du yang en double goutte d’eau imbriquée reflète bien cette réalité :

- d’un côté ceux qui veulent être rassurés en se baignant dans les médias optimistes qui nous désinforment en passant d’une bonne humeur enthousiaste à la pub puis aux informations partielles et déresponsabilisantes, la petite tâche de noir au milieu de la goutte blanche signifiant notre désarroi face au désatre non annoncé qui arrive ;

- de l’autre côté ceux qui voient les choses en face, telles qu’elles sont, plutôt noires, mais qui leur permet d’entrevoir un espace de clarté et de préparer un avenir convivial, vivable, décroché du monde économique qui s’effondre.

 

 

Même Philippe Bihouix, dans « L’âge des low tech », publié en 2014, a beau faire mine de montrer le chemin : il reste rassurant sur la lenteur de l’effondrement du système ! Si ses propositions sont souvent pertinentes, encore qu’il fait une croix sur les Villes et territoires en transition en une demi page sans même faire figurer le Manuel de transition dans sa bibliographie, hallucinant !, il passe à côté de l’urgence du problème à résoudre. Le principe de précaution passe à la trappe, préférant être rassurant... et inconscient. Car sans urgence tout le monde attend la fin du monde.

 

Et pendant ce temps-là comme disait l’autre dans le bêtisier du bachot, les continents dérivent, peinards. Avec ce genre de constat, on peut clairement établir que la dérive des cons tinue !

 

Ecouter en boucle des radios commerciales avec leurs animateurs toujours pleins d’enthousiasme niais nous anesthésie, nous conditionne comme dans 1984, nous rend sourds, aveugles, peureux et cons. Je suis bien placé pour le savoir : lorsque j’écoute ce genre de radio, deux ou trois fois par an dans le bus qui m’emmène à Rouen, je suis atterré. Même en voiture je ne peux plus. Alors que lire la Décroissance après avoir lu Hopkins me rend non seulement lucide mais plus courageux : «le monde s’effondre, retroussons nos manches pour planter des ceintures vivrières, pour organiser des filières locales et artisanales afin de fabriquer nous-mêmes nos vêtements et nos maisons, répondons par l’affirmative à Jean Giono qui exhortait les paysans à rester en dehors de l’économie marchande, seule manière de résister au système qui se mondialisait déjà rapidement en 1938 ! » 1938, date de publication de sa Lettre aux paysans, rééditée en mai 2013 aux éditions Heros-Limite – lien : http://www.heros-limite.com/?s=giono.

 

 

Aujourd’hui les cartes sont redistribuées puisque quitter cette folie économique n’est plus un choix, une option, mais s’avère inéluctable, voir en autres Jérôme Baschet : Adieux au capitalisme évoqué plus haut.

 

Ce n’est qu’une question de temps croyez-vous ? Non : c’est une question de préparation, d’anticipation. Moins nous préparons le ré-enchantement du monde tel qu’il existait autrefois et tel qu’il existe encore au Bouthan par exemple, et plus nous nous retrouverons face au désastre annoncé.

 

Nous ne pouvons pas empêcher l’effondrement du capitalisme, mais nous pouvons éviter le désastre d’un monde laissé exsangue, en commençant dès aujourd’hui à lui rendre vie.


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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 19:20

1er juin 2013 : prenez le temps de lire les commentaires à la suite de cet article, ça vaut le détour.

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Vous est-il déjà arrivé de croiser le regard de quelqu'un, dans la rue, et d'entrer en fusion complète avec cette personne ?

 

En amour ça porterait le nom de coup de foudre.

 

Mais là c'est juste furtif, le temps d'un éclair, d'un regard, d'une ou deux secondes qui durent longtemps, et chacun, chacune poursuit son chemin, rencontre sans suite, anonyme, mais ô combien intense !

 

Ces moments sont rares, pour moi, quoique !, car il faut être deux à être totalement dans un état d'esprit ouvert à l'autre, ouvert sur l'autre, dans une sorte d'intention qui consisterait à penser quelque chose comme : "tu es belle ou tu es beau" ou " qu'est-ce que tu es beau ! Qu'est-ce tu es belle !" sans aucune attente en retour : "suis-je beau ? Dis-moi que je suis beau !", sans aucune intention de séduction. Et les deux personnes qui se croisent, dans ces cas là, sont toutes les deux dans cette même énergie. C'est rare.

           

Déjà que c'est rare qu'on se dise seulement bonjour ! Parce que le plus souvent au moins l'un des deux ne voit pas l'autre. Et lorsqu'on se dit "bonjour !" on se demande si l'autre va répondre, s'il ne va pas nous laisser dans le vent, on se demande quel regard il va nous renvoyer.

 

Alors être entièrement attentif à l'autre, à la beauté de l'autre, et tomber sur quelqu'un, quelqu'une qui est exactement dans la même intention, c'est rare. Mais si moi-même je parviens à être en permanence dans cet état d'esprit, mes chances de croiser ce regard et de vivre une telle rencontre augmentent sacrément.

 

Regarder l'autre avec une telle intention, c'est s'oublier soi-même, et c'est donc oublier totalement ce que l'autre pourra penser de moi. Ou encore : c'est être tellement persuadé que l'autre ne pourra pas penser quelque chose de dévalorisant, de culpabilisant envers moi, que j'en viens à ne pas me préoccuper de ce que cette  personne pourra penser de moi puisque ça ne pourra être que du bon.

 

Et le "bonjour" verbal devient dérisoire, inutile, tellement sont pleins et intenses tous ces ressentis qui habitent cet échange de regard. Le silence permet de porter toute son attention sur cette sensation de pénétrer au plus profond du regard de l'autre, tout en acceptant soi-même de se laisser pénétrer.

 

C'est peut-être cela la vraie nudité, la vraie sobriété, le véritable dépouillement qui se suffit à lui-même, et qui est plein. Plein de richesse immatérielle, plein de richesse humaine.

 

Peut-être n'existe-t-il pas d'autre moyen de se sentir autant vivre. De se sentir autant heureux.

 

27 mai 2013

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