Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 10:48
 Merci de bien vouloir faire suivre cette information à qui bon vous semble.
Deux autres lieux de parole partagée existent à Evreux à ma connaissance :
- au Paris Dauville en face de la gare, café philo tous les dimanche de 10h à 12h ;
- au Petit bruit de l'Oeuf dur, rue du Meilet, repère des amis de Là-bas si j'y suis le deuxième jeudi du mois à partir de 19h30.
Règles du café philo "perso" ci-dessous, utilisées au Régent à l'époque entre 1997 et 2003 et encore aujourd'hui à Bernay. 
 

    Quatrième séance de café palabres à Evreux me. 21 mai 2014.

19h30 au Kilucru

  (chaque 3ème mercredi du mois en alternance au Kilucru et chez Chriss, adresses plus bas)

 

 

Quatrième séance, 16 avril, 5 personnes, la soirée est passée bien vite, on a décidé de continuer !

 

La  troisième séance, mercredi 19 mars au kilucru, 6 personnes, l'ego, encore l'ego et plein d'autres sujets, en grand groupe toute la soirée terminée à 21h10 puis 22h30 pour les prolongations. Le respect est un thème à aborder ultérieurement, de même que le don, la parole, l'intelligence collective...

 

La seconde séance, mercredi 19 février chez Chriss, a réuni 12 personnes. Après une disposition par binômes qui a duré 45 minutes suivies d'un tour de parole en grand groupe, nous avons terminé à 6 par 40 minutes autour du thème : l'importance de l'ego.

 

La première séance, mercredi  janvier au Kilucru, avait réuni 14 personnes. Placés en binômes afin que chacun et chacune puisse parler, puis tantôt en ½ groupe, tantôt en grand groupe, les participants en sont sortis enthousiastes.

 

La grande majorité des participants étaient venus sur l’idée du café palabres, en curieux. Le thème de cette première séance : « le partage de la parole et donc du  pouvoir », peu mis en avant, avait échappé à la plupart.

 

Les thèmes des séances suivantes, les 3èmes mercredis de chaque mois, lieu vagabond, seront proposés et décidés sur place, en commun, par vote à main levée comme cela se fait souvent à Paris. La forme de partage et de circulation de la parole par binômes, fort appréciée, sera reprise.

 

En ces temps où tout le monde court, où la télévision nous coupe des autres, où les occasions de se parler en profondeur sont rares et où les bars sont de moins en moins fréquentés, les Brèves de comptoir auraient-elles fait fuir le client ?!, l’idée d’ouvrir un lieu de parole afin d’y faire revivre les palabres africaines, un lieu d’échanges ouvert à tous, ne pourra que satisfaire les amateurs de convivialité.

 

Pourquoi café palabres ? Les palabres sont une tradition millénaire africaine où les gens s’écoutent quotidiennement dans une ambiance détendue. Ils ont le temps. Et cette régulation du groupe par la parole a marqué de tout temps et en tout lieu et marque encore aujourd’hui l’organisation des sociétés archaïques dont le mode de vie a perduré depuis que l’homme est homme, depuis 200 000 ans.

 

Occasion d’éducation populaire, cet espace de rencontre se veut avant tout un lieu d’attention aux autres où la parole sera partagée plus que monopolisée.

 

L’animateur n’en est pas à sa première expérience : en 1997 sur une idée de Michèle RIVE (actuelle conseillère municipale d’Evreux) il avait déjà ouvert un « café philosophique » sur la place de la mairie d’Evreux,  au bar Le Régent – qui n’existe plus, puis a ouvert 5 ans après un autre « café philo » devenu « café débat » à Bernay.

 

« C’est le grand paradoxe des espaces de parole où l’on apprend plus à écouter qu’à parler et où l’on apprend plus la concision que le développement rhétorique.

Retarder ses réflexes d’intervention et être bref, apprendre à ‘‘ne pas s’écouter parler’’ comme dit l’expression : c’est surtout sur ces deux points que j’en ai gagné en 16 ans d’expérience de café philo.»

 

Contacts :

Chez Chriss -  28 rue Frankiln Roosevelt, 27000 EVREUX - 06 13 87 80 51

et au Kilucru - 5bis, rue Franklin Roosevelt, 27000 EVREUX – 02 76 55 55 89 

 

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Café débat : règles de fonctionnement - juillet 2003

 

- ne pas se couper la parole, autrement dit retarder ses réflexes d’intervention ;

-    les interventions doivent être concises ;

-  parler fort en s’adressant à  la personne la plus éloignée de nous, même si l’on répond à une intervention de son voisin ;

-     éviter les apartés avec son voisin ou sa voisine ;

-      chacun peut intervenir autant que l’animateur pour réguler les débats ;

 

-     en principe le rôle de l’animateur s’arrête là, c’est-à-dire après avoir présenté les règles de fonctionnement ;

 

-  à ceux qui objectent qu’un débat sans animateur risque de verser dans     l’anarchie, il faut leur rappeler  l’adage de Proudhon : « la plus haute perfection de la société réside dans l’union de l’ordre et de l’anarchie » ;

-         à ceux (et celles) qui ne peuvent pas se passer des apartés, on peut leur dire que si on accepte les discussions par petits groupes de 2 ou 3 personnes nous ne formons plus un groupe mais plusieurs groupes, ça devient le ‘café du commerce’, ça n’est plus un café philosophique.

-         On peut leur dire aussi qu’il existe deux types de débats : les débats ordonnés et les débats désordonnés. Il s’agit de savoir de quel type de débat on veut.

-         On peut leur dire encore que les apartés ont été interdits d’autorité durant toute notre scolarité (et nous avons lutté contre cet interdit autoritaire en l’enfreignant, c’est-à-dire en chuchotant), alors qu’il s’agit ici de se gérer soi-même : si j’ai quelque chose à dire d’intéressant, ça doit l’être pour le groupe, pas seulement pour mon voisin. Et si je ne peux pas le dire à la seconde près parce que quelqu’un parle déjà, je dois accepter de retarder mon réflexe d’intervention.

-         Enfin, si ce que j’entends me hérisse le poil, il faut que je sache que c’est dans ce cas précis que ma tentation sera la plus grande de couper la parole, et que ce sera là le plus difficile pour retarder mon réflexe d’intervention. Mais aussi que ce sera là qu’il me faudra intervenir pour empêcher quiconque de couper la parole sous prétexte de désaccord indépassable du genre : « je ne peux pas laisser dire ça ! » Si, on peut laisser dire même n’importe quoi et y répondre, plus tard.

 

Pour joindre l’animateur : 06 30 04 73 44

Par gorgerouge - Publié dans : palabres
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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 08:11

je vous signale un autre résumé du Manuel de transition :


http://biosphere.ouvaton.org/annee-2010/1376-2010-manuel-de-transition-de-la-dependance-au-petrole-a-la-resilience-locale-de-rob-hopkins

 

Merci Michel !

 

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                                                                   passereau

Par gorgerouge - Publié dans : sources documentaires
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Mercredi 2 avril 2014 3 02 /04 /Avr /2014 07:36

2 avril 2014 : lire ou relire ces 170 citations du manuel de transition, quitte à ne lire qu'un texte sur 7 (!) par jour, ça fait vraiment du bien. Surtout après cette période électorale où les cartes sont redistribuées.

 

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Cet article revêt une importance très haute : il a pour objectif clair de faciliter et d'accélérer la mise en place d'initiatives de transition partout où c'est possible, c'est à dire : partout !

 

Il est donc destiné à être propagé à profusion : ça urge !

 

Même si vous vous sentez dépassé(e) par ces initiatives collectives et concrètes, vous pouvez toujours vous demander qui dans votre entourage pourrait y être réceptif au point de tenter une mise en route : faites passer l’info ! Sans modération.

 

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                            ça c'est mes potes du Studio D http://www.studio-d27.com/

 


Ce n'est pas une « chaîne » que je vous propose de lancer comme nous en avons l'habitude sur nos boîtes mail : ces informations ne sont pas une fin en soi mais de vraies invitations à l'action collective. C'est passionnant : l'après pétrole peut être, devra être passionnant. C'est une question de survie collective.

 

L'après pétrole n'en finit pas de pointer son nez, mais comme le dit si justement l'ami Rob Hopkins : la question n'est pas de savoir si le pic de pétrole va se produire, mais QUAND il se produira.

Et il est déjà douloureusement sensible dans de nombreux pays du tiers-monde, parce qu'ils n'ont pas su anticiper, parce qu'ils restent trop attachés à des modes de fonctionnement à l'occidentale (colonialisme et économie mondialisée).

 

Et attendre est la pire chose que nous puissions continuer de faire.

D'autant plus que nous, pays développés, sommes encore plus éloignés d'un monde post-pic, dans nos pratiques quotidiennes, que ne le sont les pays du tiers-monde !

 

Bonne lecture !

 

 

 

Les 170 citations ci-dessous sont issues du « Manuel de Transition – de la dépendance au pétrole à la résilience locale » de Rob Hopkins, octobre 2010 pour l'édition française.

 

170 citations, cela peut sembler long, mais ce Manuel pourrait vous prendre trois semaines de lecture tellement il est neuf à intégrer, là il vous faudra peut-être une ou deux heures pour tout lire, et les propositions que vous allez découvrir ici sont tellement passionnantes, positives, argumentées, réalisables, urgentes et VITALES que vous allez plutôt les avaler d'un trait.

 

Ces extraits peuvent être utilisés à des fins d'animation participative pour lancer une initiative de Transition en les distribuant au hasard à des tables de 5 ou 6 personnes et en faisant s'exprimer ces personnes oralement, puis en leur laissant à disposition des grandes feuilles de papier collées au mur avec des feutres pour immortaliser les propositions et réflexions qui leur semblent les plus importantes. Certaines de ces citations, notamment celles en caractères gras, pourront bénéficier d'un traitement à part, comme par exemple les extraits 64 et 99 qui pourront à eux seuls faire l'objet d'une information ou d'un atelier communs à toute la salle.

 

Ces moments d'échanges gagneront grandement à être entrecoupés de pauses à l'issue desquelles les participants seront invités à changer de table afin de faire connaissance avec le plus grand nombre possible de personnes au cours de la séance. Rob Hopkins est très fort sur le côté convivial des processus de Transition et c'est très certainement, dans la forme, la transformation la plus nécessaire qu'il opère par rapport à nos fonctionnements associatifs habituels (notes 127, 135 à 141, 144 à 146).

 

Les extraits sont séparés en trois parties distinctes qui correspondent au plan du Manuel (La tête, citations 1 à 53, Le cœur, 54 à 96, Les mains, 97 à 170). Ainsi ils peuvent être éventuellement utilisés en trois phases, séparées par des pauses conviviales avec boissons et de quoi grignoter, lors d'une séance publique de lancement d'une Initiative de Transition ou à l’occasion d'une grande libération de l'imaginaire.

 

Il n'y a pas de nombre maximum de personnes pour participer à ce genre de « grande libération » comme l'appelle Rob Hopkins dans son Manuel (notes 64, 94, 131 à 133).

 

Les numéros des citations ont été volontairement détachés de celles-ci afin de pouvoir faire des découpages pour distribution en laissant ou en retirant, au choix, ces références chiffrées : effectivement, elles peuvent apparaître comme trop artificielles, trop froides et trop rebutantes à certains. Dans tous les cas les pages sont référencées en fin de citations.

 

Quelques termes centraux tels que résilience ou permaculture ont été mis aussi en caractères gras.

 

Le côté parlant et concret des extraits choisis a été privilégié, entraînant certaines modifications liées par exemple au passage du contexte britannique à un contexte plus universel, et faisant ici et là quelques entorses au principe habituel de fidélité des citations.

 

 

Ce manuel ayant été publié en 2008 dans sa version anglaise d'origine, et au vu de l'urgence qui a grandi depuis quant à l'avènement du pic pétrolier et au réchauffement climatique, il semble que cette grande libération qui méritait un an de préparation en 2008 (notes 114, 127 à 129, 131 à 133), projections de films, http://vimeo.com/12691088) puisse aujourd'hui s'engager directement dans des réunions publiques correctement préparées, et qu'une partie des participants soit invitée à organiser d'autres réunions similaires afin que cette grande libération touche une partie croissante de la population locale, tandis que d'autres groupes pourront s’atteler à d'autres phases comme la grande requalification (notes 65, 142, 143).

 

Faut-il le préciser : cette fiche de citations ne saurait remplacer la lecture intégrale du Manuel de Transition qui comporte, entre autres, d'abondants graphiques (notamment aux pages 27, 29, 74, 34 et 35), outils (pas moins de 12, voir http://villesentransition.net/transition/outils/outil_n01_la_psychologie_du_changement_et_le_modele_frames ) et autres annexes fort utiles qui ne peuvent être repris ici. Le lancement d'une Initiative de Transition ne saurait se passer d'une telle lecture, jusqu'à s'en servir comme d'un véritable manuel,  à moins de vouloir à tout prix réinventer l'eau tiède. Nous n'en avons pas le temps.

 

Vous vous interrogez sur les droits d'auteur de Rob Hopkins et sur ces citations libres de droit ? Voyez l'extrait n° 119 : « Nous existons pour inspirer et motiver la création de projets pour ensuite les relier et les soutenir une fois qu'ils ont démarré ». Ce document y contribue.

 

Rob Hopkins est né en 1968. Son site en anglais : http://transitionculture.org

Le Manuel de Transition coûte 20€.

 

 Source :

http://www.facebook.com/photo.php?fbid=282786485101405&set=a.282786421768078.63110.215643988482322&type=3&theater

Elle c'est ma pote Coralie.

 

 

7 février 2012 : le parallèle entre le bouquin et ces extraits peut être comparable à cet autre parallèle que faisait François Truffaut entre les films et les cassettes vidéo (ou les DVD aujourd'hui) : voir un film en salle est irremplaçable, mais ensuite pour y revenir les petits formats peuvent suffir. Autrement dit si vous accrochez à cette affaire de transition, procurez-vous le livre, qui est irremplaçable. Vous lirez ces citations plus tard, comme une piqûre de rappel.


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Citations

 

Première partie : La tête

 

 

1

 

Durant l'ère du pétrole, 47 500 champs pétrolifères ont été découverts, mais ce sont les 40 plus grands qui ont fourni 75% de tout le pétrole jamais découvert. p.21

 

 

2

 

Nous pourrions nous servir de l'analogie d'un bar. Le forage conventionnel d'un pétrole brut non corrosif, tel qu'il a cours en Arabie Saoudite, serait comme se tenir à un bar tandis qu'un charmant barman vous verse des pintes de bière directement du tonneau dans la cave. Les sables bitumineux, c'est un peu comme arriver au pub et s'apercevoir qu'il n'y a plus de bière ; seulement, votre désir de prendre un verre est tellement impérieux que vous vous mettez à imaginer qu'au cours des trente ans que ce pub a été en affaires, l'équivalent des 5000 pintes ont été renversés sur le tapis ; aussi inventez-vous un procédé pour bouillir le tapis afin d'en extraire de la bière. C'est là l'acte désespéré d'un alcoolique incapable d'imaginer la vie sans l'objet de sa dépendance. p. 24

C'est vraiment gratter le fond du baril. p.23

 

 

3

 

L’Agence internationale de l'énergie a parlé dans un rapport de 2007 de ce qu'elle appelait par euphémisme une "compression de l'offre" en 2012. p.24

 

 

4

 

Notre situation est comparable à celle du conducteur d'une automobile lancée à toute vitesse sur un chemin de campagne dans un épais brouillard. p.27

 

 

5

 

La production mondiale de pétrole conventionnel semble avoir atteint son pic en mai 2005 à 74,2 millions de barils par jour et n'a cessé de décliner depuis. p.27

 

 

6

 

Le moment précis du pic pétrolier a une importance cruciale. S'il se produit tôt, les conséquences en seront désastreuses. Le pétrole est devenu la principale ressource énergétique du monde. Rien ne peut lui être facilement substitué et il faudra des décennies pour en sevrer les sociétés. Le pic pétrolier pourrait donc bien se révéler le plus grand défi économique depuis l'aube de la Révolution industrielle. Richard Heinberg. p.27

 

 

7

 

Thierry Desmarest, PDG Total, en 2008 : « Le pic de pétrole pourrait être atteint en 2020.» p.28

 

 

8

 

Lord Ron Oxburgh, ancien président de Shell, en 2008 : « Il se peut bien que nous soyons en train de foncer en somnambules dans un problème qui va en fait s’avérer très sérieux et le temps que nous en prenions pleinement conscience, il pourrait bien être trop tard pour y faire quoique que ce soit. » p.28

 

 

9

 

La date exacte du pic pétrolier importe peu. Ce qui importe, c'est le fait qu'il est inévitable, qu'il va se produire bientôt et que nous n'avons pas même commencé à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour y pallier. p.30

 

 

10

 

Quand on se met à explorer la question, le changement climatique fait vraiment peur. On peut même dire que s'il ne fait pas peur, ça ne peut être que par ce qu'on n'a pas vraiment compris ce dont il s'agit. p.30

 

 

11

 

Comme quelqu'un l'a dit récemment à la BBC : "Je ne sais pas ce qu'il en est des niveaux d'émission de gaz carbonique, mais je sais par contre que quand une guêpe atterrit sur mon gâteau de Noël, quelque chose ne va pas." p.31

 

 

12

 

Le réchauffement dont nous faisons l'expérience en ce moment est le résultat des gaz à effet de serre émis dans les années 1970. p.34

 

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13

 

Certaines observations par satellite de 1979 à 2007 prédisent maintenant que l'Arctique sera complètement libre de glace d'ici 2013, avec un siècle d'avance sur les prévisions du GIEC. p.35

 

 

14

 

David Spratt, dans Carbon Equity, 2007, www.carbonequity.info , conclut son étude en ces termes : "Il est tout simplement impératif que nous décarbonisions très rapidement l'économie mondiale et mettions en place les moyens de résorber l'excès présent des niveaux de CO2. Il nous faut choisir des cibles susceptibles effectivement de résoudre le problème à temps. Il n'est pas trop tard pour être honnêtes avec nous-mêmes et nos concitoyens". p.36

 

 

15

 

Il n'existe encore aucune partie du monde où le débit des émissions de gaz carbonique soit en déclin. p.36

 

 

16

 

George Monbiot a déclaré au Climate Camp 2007 : "Nous ne sommes plus en train de parler de mesures qui exigent un petit peu de mise au point ici et là ou un petit peu d'ajustement politique par-ci par-là. Nous parlons de mesures qui exigent un changement révolutionnaire à l'échelle mondiale." Réduire les émissions de 90% ne suffit plus, a-t-il dit, ni même de 100%. Il s'agirait de 110-120% de réduction, c'est-à-dire de capter davantage de gaz carbonique que nous en produisons. Je me pencherai plus loin sur ce à quoi cela pourrait ressembler dans les faits - si vous et moi nous nous couchions chaque soir en ayant capté davantage de gaz carbonique que nous n'en avons généré ; mais il s'agit manifestement d'un défi monumental sans précédent. p.36

 

 

17

 

Le danger, c'est que le déclin qui se dessine dans la disponibilité des carburants liquides soit compensé par le recours à d'autres carburants, tous pires que le pétrole pour ce qui est de leurs effets sur le climat - le charbon transformé en carburants liquides, les sables bitumineux, le biodiesel et ainsi de suite. p.37

 

 

18

 

Le changement climatique nous dit que nous devrions changer, tandis que le pic pétrolier nous dit que nous allons être forcés de changer. p.39

 

 

19

 

A moins que nous n'arrivions à planifier d'avance en fonction du pic pétrolier et n'adoptions des mesures telles que le Protocole de l'épuisement du pétrole proposé par Colin Campbell et Richard Heinberg, la récession que causera l'augmentation incontrôlée des prix du pétrole torpillera toutes nos réponses au changement climatique. p.39

 

 

20

 

Une récession – ou pire encore, un effondrement de l'économie – va faire en sorte que garder la lumière allumée deviendra la première de nos priorités tandis que nous attaquer au changement climatique ne tardera pas à se retrouver au bas de la liste. Faire face au changement climatique galopant dans une économie effondrée à la suite du pic de pétrole est le scénario qu'il nous faut à tout prix éviter et c'est à nos risques et périls que nous continuons à séparer ces deux questions. p.39

 

 

21

 

La plupart des pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud font déjà l'expérience des effets du pic pétrolier. p.41

 

(Cinq commentaires personnels :

- ...mais la presse française « la plus muselée du monde occidental » selon certains observateurs tels que Noam Chomsky ne nous en informe pas. « Le totalitarisme est aux démocraties, française surtout, ce que la force militaire est aux dictatures ». Chomsky toujours.

- «  Elle est encore plus connue à l'étranger qu'ici, que ce soit pour son enquête sur le trafic d'organes en Amérique latine ou pour celle sur Monsanto » à propos de Marie-Monique Robin - http://www.rue89.com/planete89/2011/03/08/marie-monique-robin-de-la-ferme-familiale-au-film-sur-les-pesticides-193785

- « Les attaques venues de l'Agence américaine de l'information, selon lesquelles Marie-Monique Robin aurait payé des témoins se sont toutes révélées infondées, mais lui ont valu le retrait provisoire de son prix Albert-Londres 1995 et la une du Monde. La presse, qui avait relayé l'accusation, ne s'est pas fait l'écho des procès que la journaliste gagnait. » - même source.

- En fait c'est la règle médiatique française. Voir Médiacritique(s), www.acrimed.org

- « L'une des initiatives françaises de Transition les plus avancées est certainement celle de Trièves après-pétrole. Le Trièves est un territoire rural des Alpes françaises, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Grenoble, entre les massifs du Vercors et du Dévoluy ». Rob Hopkins p. 185. Vous en avez déjà entendu parler dans la presse française dominante, vous ?)

 

                                         

blaireau - source :http://ecologie.nature.free.fr/pages/mammiferes/blaireau.htm

voir aussi http://www.noe-tv.net/catalogue-naturimages/naturimages-blaireaux.htm


22

 

Si le présupposé de départ est que le spectacle doit continuer à tout prix, vous allez grappiller par-ci par-là pour trouver toutes les stratégies et technologies qui pourraient, en théorie, vous permettre de le faire. Le « programme d'urgence » promu par le rapport de Robert Hirsch (commandé par le Département de l’Énergie des États-Unis) aurait pour résultat de considérablement accélérer la plongée éperdue vers le chaos climatique. p.43

 

 

23

 

Suite à la publication du rapport de Robert Hirsch basé sur le présupposé de départ que le spectacle doit continuer à tout prix, ses recommandations sont susceptibles, entre de mauvaises mains, de mener à des choix politiques relevant du suicide collectif. p.43

 

 

24

 

Il faut examiner les suppositions qui sont à la base de l'économie actuelle. Sont-elles toujours vraies à la lumière des événements des derniers mois ? Étaient-elles, au départ, sensées ? p.45

 

 

25

 

Dans l'avenir, la reconstruction du lien de confiance entre les gens et les entreprises sera le cœur des économies relocalisées. p.48

 

 

26

 

Les modèles économiques qui ont si bien fonctionné pour gravir la montagne d'énergie fournie par les carburants fossiles se révéleront complètement inadéquats pour la descente de l'autre côté. p.48

 

 

27

 

Récemment, Ted Trainer de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud a soutenu que si les sources d'énergie renouvelables auront un rôle essentiel à jouer au-delà du pic, l'idée qu'une société de consommation occidentale puisse se perpétuer ou même continuer de croître, tout en tirant toute son énergie de sources renouvelables, est absurde et qu'il est inévitable de tout repenser en fonction d'un monde où beaucoup moins d'énergie sera disponible. p.59

 

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28

 

Le concept de « descente énergétique » et l'approche de Transition se ramènent à cette simple idée : que l'avenir avec moins de pétrole pourrait être préférable au présent, mais seulement si assez de créativité et d'imagination sont appliquées assez tôt dans la conception de cette transition. p.59

 

 

29

 

L'idée de descente énergétique implique que chaque pas vers le bas de la colline pourrait être un pas vers la santé mentale, vers l'appartenance et vers une complétude humaine. Il s'agit d'un retour à qui nous sommes vraiment. La descente énergétique offre plutôt un regain d'énergie pour nos communautés et notre culture et constitue la clé d'une acceptation réaliste des possibilités de notre situation, de façon à ne pas être  dépassés par les défis qu'elle nous pose. p.59

 

 

30

 

Dans le cas des communautés humaines, le mot résilience renvoie à leur capacité de ne pas s'effondrer au premier signe d'une pénurie de pétrole ou de nourriture mais, au contraire, de réagir à ces crises en s'adaptant. p.60

 

 

31

 

Entre 1939 et 1942, l'utilisation de la voiture a chuté de 95% au Royaume-Uni. p.71

 

 

32

 

« A la fin mai 1941, Bristol disposait de 15 000 jardins partagés (…) L'épouse du conservateur des pièces de monnaies et des médailles au British Museum avait planté dans la cour avant des rangs de fèves, de pois, d'oignons et de laitues ». J. Gardiner, Wartime Britain 1939-1945, 2004. p.71

 

 

33

 

Relocalisation de la production. Ainsi que l'écrit David Fleming, « la localisation a en sa faveur un argument décisif : il n'existera pas d'autres solutions. » p.73

 

 

34

 

Sans pétrole, il crèvera les yeux que seules les économies locales ont encore un sens. (Ted Trainer, Renewalable Energy Cannot Sustain a Consumer Society, Springer Verlag, 2007) p.73

 

 

35

 

Il y a beaucoup de choses que nous pourrions produire localement : une vaste gamme de fruits et légumes de saison, du poisson frais, du bois d’œuvre, des champignons, des teintures, de nombreux médicaments, des meubles, de la céramique, des matériaux isolants, du savon, du pain, du verre, des produits laitiers, des produits en laine et en cuir, du papier, des matériaux de construction, des parfums et des fleurs coupées – pour n'en nommer que quelques unes. p.73

 

 

36

 

C'est par l'alimentation qu'il est le plus sensé de commencer à reconstruire la résilience des communautés, mais les matériaux de construction, les textiles, le bois d’œuvre, l'énergie et les devises la suivent de près. p.74

 

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37

 

Vandana Shiva : "L'avenir du monde en agriculture réside dans une production de nourriture plus abondante en diversité, et ce, à l'échelle locale. Et cela ne peut se faire sans remplacer les carburants fossiles par de l'énergie renouvelable, y compris de l'énergie humaine. Alors, pour la première fois en 500 ans pendant lesquels le colonialisme nous a séparés entre Nord et Sud, colonisés et colonisateurs, nous aurons véritablement l'occasion d'être une seule famille pratiquant une agriculture faite pour une seule planète." p.75

 

 

38

 

Il y a des années que l'on débat des avantages et des inconvénients économiques de la localisation. Le pic pétrolier met un  terme à ce débat. Comme le dit David Korten dans son récent livre The Great Turning : "On va dire que "Korten veut tout changer". C'est là passer à côté de la question. Tout va changer. La question est de savoir si on va laisser les changements se dérouler de façon de plus en plus destructrice ou bien assumer la crise grandissante comme une grande chance pour nous... Il s'agit pour notre espèce du plus grand défi à sa créativité auquel elle ait jamais dû faire face." p.75

 

 

39

 

Une grande partie de nos consommations a été rendue nécessaire par la sape systématique des économies locales au cours des cinquante dernières années, et la perception culturelle profondément incrustée que nous avons le droit d'aller où nous voulons, quand nous le voulons et comme nous le voulons. p.76

 

suite ici

 

Par gorgerouge - Publié dans : braise
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Mardi 1 avril 2014 2 01 /04 /Avr /2014 06:50
J'avais écrit ce texte fin 2003, donc 7 ans avant la lecture du Manuel de transition.
 
et présentation de « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie »,
Marion Gret et Yves Sintomer,Ed° la découverte, mars 2002,
10 € en livres rares et anciens sur la toile le 11 novembre 2007.
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dimanche 27 janvier 2013 :
sur fesse de bite heu non ! Face de bouc
enfin vous avez compris quoi, j'ai trouvé ça :

Hubert Reeves:
"Mal adapté parce que trop bien nanti, néfaste à l'équilibre biologique de la planète, l'être humain serait-il en définitive une erreur de la nature ?"

Ma réponse :
il est bien gentil Hubert Reeves, dont le bouquin "Mal de terre" a été fondateur pour moi, mais si depuis lors il s'était rapproché des territoires en transition son discours serait moins catastrophiste, version "continuer à l'identique ou disparaître". Voir ci-dessous . Texte écrit en 2003, depuis je me suis moi-même transformé en conférencier, mais Hubert Reeves attirerait des foules, pourquoi est-il passé à côté de Rob Hopkins ? Mystère ! Voir http://gorgerouge.over-blog.com/article-manuel-de-transition-1-4-29-decembre-2011-95401286.html
Bonnes lectures !
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Scénario fictif optimiste
Ce texte a été écrit en 2003 et était initialement rangé au 30 décembre 2003.
 
Avril 2004. Hubert Reeves donne une conférence dans la salle des fêtes de Bernay, ville normande de 12000 habitants. C’est le coup de tonnerre, assourdissant : en une soirée, les 240 habitants présents (2 % de la population) prennent conscience que d’ici 50 à 100 ans, la terre se réchauffera de 5,8 degrés. (Changer à volonté la date, le nom de la ville, le nombre de ses habitants et des présents).
 
Avril 2005. Le processus participatif mis en place à Bernay a transformé les projets environnementaux en priorité des priorités : c’est une question de survie, globalement et, donc, localement. Un coefficient de 5 sur 5 a été attribué aux projets qui visent à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. De plus il s’avère que ces projets sont portés par une part massive de la population : 12 % des habitants ont soutenu au moins un projet dans ce domaine, sur une participation totale de la population de plus de 16 ans ayant pris part au processus participatif s’élevant à 14 %.
 
Juillet 2005 Seul le levier participatif a permis de mettre les pieds dans le plat du réchauffement climatique (quel élu pourrait aller si loin dans sa lucidité comme dans ses objectifs sans passer pour un illuminé ?!). Mais le bras de fer que l’on pourrait qualifier de lobbyiste commence sur le terrain juridique. Le projet consiste à faire rouler les bus et les véhicules municipaux aux agrocarburants locaux (100 % huile de tournesol ou de colza) tout en convertisant les pâturages en cultures de protéines végétales (quinoa, amarante) et en tournesol et colza. Mais rapidement ce projet se heurte à l’obligation de payer la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) alors que les biocarburants ne sont ni des produits pétroliers, ni des produits fossiles, ni des produits polluants ! Non seulement l’argument économique ne tient pas debout (refus d’une diminution des recettes de l’Etat du côté gouvernemental, impossibilité de payer la TIPP du côté de Bernay, sans quoi le passage du pétrole aux biocarburants serait un gouffre financier), mais surtout l’enjeu écologique laisse inflexible le gouvernement, lié aux milieux financiers lobbyistes les plus puissants.
 
L’affaire est portée devant le Conseil d’Etat.

(En fait, "depuis 2002 la filière des agrocarburants bénéficie d'une réduction de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ainsi qu'une taxe générale sur les activités polluantes, qui oblige les distributeurs à incorporer des biocarburants à la pompe dans une proportion qui devra atteindre 10% en 2015", trouvé dans L'âge de faire de janvier 2008. Le problème n'est pas pour autant résolu : "La loi de finance 2008 pourrait bien réduire (de 30% environ) les avantages fiscaux dont bénéficient les producteurs d'agrocarburants" - même source.)

De plus une relocalisation économique massive se met en place sous forme d'économie sociale et solidaire : maraîchage biologique de proximité avec une forte dimension donnée à la redécouverte d'espèces anciennes en partenariat avec Kokopelli, artisanat local sans utilisation d'énergies fossiles.
 
Août 2005, le Conseil d’Etat tranche en faveur de la suppression de la TIPP envers les agrocarburants pour les transports publics, arguant principalement de l’urgence écologique.
 
Avril 2006. L’initiative locale de Bernay, soutenue par les multiples municipalités à avoir mis en place un dispositif de démocratie participative, a fait des petits. Les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre éclosent de partout, jusqu’à modifier radicalement le mode de vie d’une partie croissante de la population des pays développés.
 
Avril 2008. Publication des premières estimations fiables et moins alarmantes que celles annoncées en avril 2008. En comptant avec l’inertie du phénomène enclenché, l’arrêt du réchauffement climatique d’ici une centaine d’années est peut-être encore possible. Il est trop tôt pour savoir à quelle température cette stabilisation prendra effet, et si les 5,8 degrés de plus annoncés dès l’été 2003 seront atteints ou dépassés.
 
30 décembre 2003.

     La Boca

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État des lieux
 
La réflexion qui me vient le plus souvent à l’esprit en découvrant les articles et les réactions à la Démocratie Participative (DP), c’est de me dire que c’est bien dommage que leurs auteurs n’aient pas lu « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie » de Marion Gret et Yves Sintomer.
 
L’exemple le plus caricatural est celui-ci : le 17 novembre 2003, je participe à un colloque organisé à Rouen par le Conseil Economique et Social de Haute-Normandie sur le thème : « décentralisation et démocratie participative ».

Deux constats se sont avérés criants :
1- tous les intervenants étaient d’accord pour affirmer que, au final, c’est toujours l’élu qui décide (alors que c’est le contraire à Porto Alegre !)
        2- aucun d’entre eux ne connaissait l’existence du livre « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie ».

Autrement dit (et je l’ai dit au micro en plus d’indiquer ce livre), le thème qu’ils traitaient ce jour là et celui pour lequel j’étais venu portaient tous les deux le même nom mais étaient deux thèmes différents.

 Autre exemple de ce grand écart entre ce que les gens ont à l’esprit quand ils pensent à la DP et ce qu’il est décrit dans le bouquin de MG  et YS :
fin novembre 2003 je rencontre une copine qui me confirme que ce n’est pas facile d’instaurer un processus participatif en France en s’appuyant sur son expérience selon laquelle quand on demande aux gens ce qu’ils veulent, lors de réunions publiques, on obtient bien quelques réponses, mais quand on demande qui veut s’en occuper il n’y a plus personne. Chez elle aussi, sa représentation de la démocratie participative est très éloignée de ce qui se pratique à Porto Alegre où les citoyens font des propositions qui seront retenues ou non, mais où ils n’ont en aucun cas la responsabilité de les mener à terme : ceci est l’affaire des élus (sous le contrôle des citoyens) et des professionnels (employés municipaux et sous-traitants privés).

 J’ai l’impression permanente qu’en France (sauf peut-être à Morsang-sur-Orge dans l’Essonne ?) dans le meilleur des cas, celui des tentatives sincères pour instaurer un processus participatif, le temps et les énergies sont consacrés à essayer d’inventer quelque chose de mièvre, une participation de façade dans laquelle l’objectif est pipé puisqu’au bout du compte ce sont toujours les élus qui décident, alors qu’il existe une structure participative, très bien décrite dans l’ouvrage cité ci-dessus, dans laquelle ce sont les participants, tous ceux qui veulent participer, qui proposent et qui définissent eux-mêmes les critères prioritaires de sélection ou de rejet parmi les propositions faites.

Faute de critères clairs et de règles objectives communes à tous, c’est, en France, la plupart du temps la place libre aux groupes de pression et à la « spontanéité populaire ».

Le malaise est d’autant plus grand que cette permanence de sensation est présente aussi lors de la lecture de la revue dont l’objet est de promouvoir la DP, la revue Territoires. Yves Sintomer, l’un des deux co-auteurs de « Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie », a beau faire partie du comité de rédaction de Territoires, ça ne change rien au constat.

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Longo maï

Avant de présenter cette fiche de lecture sur la démocratie participative telle qu’elle s’est mise en place à Porto Alegre 15 ans durant, durée au bout de laquelle le Parti des Travailleurs a perdu les élections, je veux vous présenter une autre expérience que j’ai découverte pendant l’hiver 2007 en lisant « Longo maï, vingt ans d’utopie communautaire » écrit en 1993 par Luc Willette (Éditions Syros, épuisé).


Ces extraits des pages 98 à 100 décrivent leur fonctionnement.

Longo maï, réseau communautaire dont l’épicentre se trouve en Haute-Provence près de Forcalquier, va fêter ses 35 ans en 2008.

 

« Rien n’étonne plus un militant politique – communiste, socialiste ou gauchiste – débarquant à  Longo maï que d’apprendre qu’il n’y a jamais d’élections, jamais de motions, jamais de textes soumis au vote des camarades. Ni président, ni secrétaire général, ni trésorier, ni congrès. Rien de tout ce qui fait un parti conscient et organisé. « Mais s’il n’y a pas d’élection, qu’advient-il de la démocratie ? s’étonnera le visiteur. Et si je ne suis pas d’accord avec la ligne suivie, et si je veux proposer une autre ligne, comment faire sans un congrès, des votes, des candidatures, des majorités, des élus ? »

Eh bien, non ! Il n’y a rien de tout cela à Longo maï. Pas de règlement intérieur, pas d’élection, pas de majorité et de minorité, même s’il y a parfois des oppositions. Le principe est celui de la démocratie directe et permanente. « On fonctionne au niveau humain, explique Mathieu, pas au niveau formel. » Des congrès, pour quoi faire ? Puisque, tous les soirs ou presque, a lieu à Grange-Neuve une assemblée générale informelle où l’on discute de tout. De la politique agricole interne à la guerre du Golfe, du financement d’une campagne antifasciste en Carinthie à l’attitude de tel coopérateur qui renâcle trop souvent au ramassage des framboises. Bien sûr, ces réunions informelles tournent parfois et même souvent à la dispute. Pas un seul des coopérateurs – Rémi excepté – qui n’ait vu un soir tout le monde lui tomber dessus. Et on ne mâche pas ses mots. « Les Germaniques, me dit Elke, ne comprennent pas toujours ces séances d’engueulades.

« Ça a du bon, rétorque Bertrand, on s’engueule un bon coup et le lendemain c’est fini, on n’en parle plus. Ça vaut mieux que de garder les choses sur le cœur et de les ressasser pendant des semaines. Ça permet à la fois de vider les abcès et de resserrer les liens.

Sur le moment, ça secoue. Une sorte d’électrochoc. Un côté psychothérapie de groupe. Certains n’y ont pas résisté et sont partis. D’autres ont encaissé. « Quand j’en ai marre du collectif et des engueulades, m’avoue Marie-Pascale, je vais parler avec mes oies. » Certains m’avouent que ces séances sont difficiles à supporter. Rémi notamment est parfois très dur. Les mots sont cinglants et font mal. Pour sa part, François estime que « les engueulades n’ont jamais fait de dégâts. C’est fait avec délicatesse malgré les décibels (…) »

Je ne suis pas totalement convaincu. Je n’ai jamais assisté à de telles séances et je n’en ai – pas encore – été victime, mais je connais certains qui en ont souffert. Ils restent fidèles au mouvement mais certains sont blessés pour longtemps. »

(…)

C’est au cours de ces assemblées générales quotidiennes que tous les problèmes généraux et individuels sont réglés et toutes les décisions prises. Pas besoin de vote, la majorité se dégage très bien dans la grande salle. Si l’un d’eux n’est pas d’accord, il le dit. S’il persiste dans son désaccord, il peut s’incliner et rester. Si le désaccord est trop important, l’engueulade trop forte, il peut toujours s’en aller. Personne n’est exclu, mais tout le monde peut toujours partir. Et pratiquement, tous ont, un soir ou l’autre, été tentés de partir, de retourner à une vie plus facile, moins mouvementée, plus douce. Guido, par exemple, et Dieu sait que Guido est solide, m’avoue qu’une année il en a eu tellement assez qu’il a fichu le camp et pris le train pour l’Italie. « Mais, à peine débarqué à Turin, j’ai senti tout ce qui allait me manquer. Je n’ai même pas pris la correspondance pour chez moi, j’ai repris le train pour la France, et je suis revenu à Limans. » Etc.


D'autres infos sur Longo maï en fin de Démocratie participative, encore - 23 juin 2008




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« Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie »,
Marion Gret et Yves Sintomer,Ed° la découverte, mars 2002.
 
Un résumé n’est pas possible tellement ce (petit) livre (135 pages petit format) est dense. S’il faut en extraire l’essentiel, ce serait (très subjectivement) ceci :
 « La mise en place du budget participatif ne résultat pas de l’application d’un programme d’action préalable et fut plutôt le résultat inattendu de la volonté initiale de favoriser la participation aux circonstances du moment ». p.57-58. Autrement dit la DP reste à inventer et la description de Porto Alegre n’est qu’un exemple dont on peut s’inspirer, mais pas un exemple à recopier tel quel.

Ceci dit le fond philosophique qui a garanti la réussite du processus est exprimé par cet objectif de justice sociale clairement affiché par l'équipe municipale : "l'inversion des priorités" que l'on peut comprendre par : servir d'abord les plus oubliés. La population a senti ainsi d'emblée qu'elle ne jouerait pas le didon d'une mauvaise farce.

Porto Alegre est une ville brésilienne d’1,3 millions habitants répartie en 16 secteurs (ou arrondissements) ; le processus participatif y est en place depuis 1988.
6 % de la population des adultes prend part au processus participatif. p.76.
Assemblées et Forums :
35 assemblées plénières locales s’y tiennent chaque année, de 100 à près de 2000 habitants y participent. Ces assemblées permettent de désigner les délégués aux seize Forums de secteur.  16 Forums de secteur : prise de parole sur inscription, 3 minutes de parole maximum. p.36-37.
C’est au niveau des secteurs que les Forums de délégués définiront de façon formalisée une liste hiérarchisée des interventions jugées prioritaires, ordonnée par quartiers et par thèmes.
Répartition budgétaire :
La répartition budgétaire du processus participatif se fait en fonction d’un paramètre « majoritaire-démocratique » (+ les habitants sont nombreux à se mobiliser, + leurs propositions de dépenses sont prises en compte), ce paramètre majoritaire-démocratique étant lui-même pondéré par un critère visant à limiter les déséquilibres démographiques entre les secteurs (coef.2), d’un critère de priorités établies par les habitants (coef.5, les dépenses publiques étant réparties en 13 domaines), d’un critère de carences en services et infrastructures (coef.4, en fonction d’un indice construit par les services techniques de la municipalité), et en fonction d’une logique technique (depuis 1992) selon laquelle les services municipaux effectuent une évaluation préalable de la faisabilité et de la rentabilité des projets.
 
L’essentiel est de comprendre que la DP se fonde sur ‘‘des règles objectives qui ne varient pas d’un quartier à un autre et des critères transparents ’’. p.25.
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 Pour entrer un peu plus dans le détail et pour faciliter la lecture du bouquin (ça devient très technique) :
 
1er paramètre (logique majoritaire-démocratique) p.45 : le nombre des délégués au Forum de secteur est déterminé en fonction du nombre de participants inscrits dans les assemblées plénières (1 délégué pour 10 présents jusqu’à 100 participants, 1 pour 14 présents jusqu’à 200 et ainsi de suite de façon décroissante au-delà). Au niveau microlocal, cette logique majoritaire-démocratique constitue une forte incitation à la participation. (Cette logique est en revanche largement neutralisée lorsque l’on passe à l’échelle de la ville : chaque quartier élit le même nombre de représentants à la structure participative, quel que soit le nombre des personnes qui ont été présentes aux assemblées.)
1er critère (priorités établies par les habitants, coef.5) p.46 : chaque secteur doit sélectionner 4 priorités (note de 1 à 4) parmi 13 domaines possibles d’intervention publique (traitement des eaux, habitat, voirie, éducation, assistance sociale, santé,transports et circulation, aires de loisir, sport et loisirs, éclairage public, développement économique, culture, et assainissement de l’environnement).
La 1ère matrice (priorités thématiques), bas p.47 – haut p.48 : répartit les dépenses entre les différentes administrations municipales.
2ème paramètre (logique de justice distributive) p.48 : il s’exprime à travers les carences en services et infrastructures qui affectent chaque secteur. En fonction d’un indice construit par les services techniques de la municipalité, les secteurs se voient attribuer une note allant de 1 à 4 par ordre croissant de carence (2ème critère, coef.4). p.49
Le 3ème critère p.49 vise à limiter les déséquilibres démographiques entre les secteurs. Note de 1 à 4 en fonction de la population de chacun d’entre eux : 1 pour un secteur de moins de 25000 habitants, 2 entre 25001 et 45000 habitants, 3 entre 45001 et 90000 habitants, 4 au-delà. (coef.2) 
En cumulant les notes attribuées en fonction des 3 critères formalisés, multipliées par leur coefficient respectif, on aboutit à une 2ème matrice de répartition qui pondère les demandes des secteurs en fonction de la population et du niveau de carence. p.49.
3ème paramètre (logique technique) p.52.
 La 3ème matrice p.49 permet de calculer les sommes qui vont effectivement être attribuées à chaque secteur.

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Sur l'Economie Sociale et Solidaire et Longo Maï, voir
économie sociale et solidaire et Longo Maï, 11 octobre 2009


 

                                      http://microcosmos.unblog.fr/



Bibliographie
pour tenter d’acquérir un tempérament d’animateur d’un processus participatif :
 
« Porto Alegre, l’espoir d’une autre démocratie », Marion Gret et Yves Sintomer, Ed° la découverte, mars 2002. (7,50 € en 2003).
 
Territoires, revue de l’ADELS (Association pour la Démocratie et l’Education Locales et Sociale), site : www.adels.org Tél : 01 43 55 40 05 ; abonnements : 01 44 84 85 20. Dernier dossier de novembre 2003 : Agir localement contre le réchauffement climatique. Il faut absolument se le procurer pour un complément d'info qui concerne autant les citoyens 'Lambda' que les élus, à commencer par ceux des collectivités territoriales ( faites-leur suivre ce courriel, ou mieux, offrez-leur via vos associations le n° Territoires du mois de novembre 2003 avec une info publique par voie de presse). On y découvre beaucoup d'initiatives qui sont source d'espoir, et que si tout reste à faire, tout est faisable !
L’ADELS organise également des journées ou stages de formation à la DP.
 
« Une saison en banlieue », Adil Jazouli (épuisé mais se trouve encore facilement en occasion…),
 
« L’école avec Françoise Dolto », Michel Amram et Fabienne D’Ortoli (10 premières années dans l’Eure à la Neuville du Bosc, entre Le Neubourg et Le Bec Hellouin) en poche  (voir Fiches de lecture  à la fin de ce blog) ; voir aussi Bonjour ! 20 décembre 2008
 
« L’indien qui est en moi », Adalberto Barreto, où l’on voit à quel point la culture brésiliene est prédisposée à adopter un fonctionnement participatif, où la parole des faibles et des exclus est facilement entendue en priorité dans un groupe, et où l’on comprend, finalement, comment « l’inversion des priorités » a pu être l’une des lignes directrices, dans les mots et dans les faits, à Porto Alegre.
 
« Pour une démocratie participative » Antoine Bevort, presses de sciences po, septembre 2002. On y découvre notamment que la liberté des anciens était la concertation alors que la liberté des modernes est devenue l’individualisme.
 
 
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Après 15 ans d’existence, les élections municipales de Porto Alegre n’ont pas reconduit l’équipe qui portait le processus participatif mais celui-ci subsiste apparemment, ainsi qu'ailleurs sous bien d’autres formes, voir par exemple dans le champ professionnel en Argentine le film « The take. »

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Épilogue.
Ou de la perception « à la française » de la participation citoyenne…

Le 25 février 2004, je reçois par la poste les actes du colloque du 17 novembre 2003 :  « Quelle démocratie participative pour réussir la décentralisation ? ».

Mes deux interventions y sont retranscrites comme suit :

La première (p. 40) :

« Monsieur Dermagne a évoqué Lula et Pôrto Alègre mais a omis d’indiquer que l’expression « démocratie participative » provient du dispositif de gestion municipale mis en place à Pôrto Alègre. Je vous invite tous à lire l’ouvrage « Pôrto Alègre, l’espoir d’une autre démocratie » ainsi que la revue « Territoires » de l’association ADES. J’ai animé, le 6 novembre dernier, une soirée d’information-débat en m’appuyant sur ce livre. Je suis disposé à renouveler cette expérience. »

Et la seconde (p. 62) :

« J’interviens à titre individuel. Je vous ai précédemment donné un principe fondamental de la démocratie participative telle qu’elle s’exerce à Pôrto Alegre : n’importe quelle association peut se constituer pour formuler, dans tous les domaines, des propositions concrètes, lesquelles seront ou non retenues. Ainsi, les corps intermédiaires peuvent se développer dans la mesure où ils seront pris en compte, selon des règles objectives. Ce dispositif répond aussi à la préoccupation de Monsieur BARBOSA sur le manque de subvention puisque, si une proposition est  retenue, l’association qui l’a avancée reçoit des fonds. »

D’abord, deux fautes d’orthographe à Porto Alegre…

Ensuite, concernant ma première intervention, personne ne voit l’intérêt qu’il y a à lire un bouquin, plus une revue (de l’association ADELS, et non pas ADES…), et m’inviter à faire une soirée d’information-débat sur un thème qui est précisément celui du colloque du jour ! C’est que l’essentiel de mon intervention a été censuré, ce qui non seulement la vide de son sens, mais surtout me fait passer pour une espèce d’illuminé qui croit qu’à lui tout seul en une soirée il peut faire mieux que le CES de Normandie en une journée dans un amphithéâtre des plusieurs centaines de personnes dont le Préfet de Région, le Président du CES national, le philosophe Alain Etchegoyen etc.  : l’important, c’est bien, ainsi que je l’ai dit, que le thème qu’ils traitaient ce jour là et celui pour lequel j’étais venu (pour lequel nous étions venus ?) portaient tous les deux le même nom mais étaient deux thèmes différents ! Participation effective d’un côté, concertation de façade le plus souvent de l’autre. Il y avait tromperie sur la marchandise. C’est quand-même un comble, pour le compte-rendu d’un colloque sur la démocratie participative, de déformer à ce point l’intervention d’un participant !

Quant à ma seconde intervention, j’ai d’abord dit qu’à Rouen en ce 23 novembre, tous les intervenants étaient d’accord pour affirmer que, au final, c’est toujours l’élu qui décide, alors que c’est le contraire à Porto Alegre ! Nouvelle censure.

Et puis, surtout, si une proposition est retenue, les crédits correspondants sont débloqués, mais en aucun cas ils sont versés à l’association qui a proposé l’action ! Au contraire la gestion et la réalisation du projet sont du ressort des techniciens et des élus, sous le contrôle des citoyens. Nouvelle déformation ou erreur de transcription. Ça fait beaucoup, pour dix lignes de compte-rendu d’intervention.

 (28 février 2004) - suite ici

Par Gorge Rouge - Publié dans : palabres
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Dimanche 30 mars 2014 7 30 /03 /Mars /2014 14:05
Tandis que je pédale, mon regard croise celui d’un nègre.

Avez-vous remarqué que « noir », pour eux, c’est péjoratif, alors qu’ils emploient le mot « nègre » en référence à la négritude, tant défendue par Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et d’autres ?

Il fait beau et chaud, j’arbore un sourire détendu. Lui aussi.
Notre échange dure. Son sourire lentement quitte son visage. J’ai la sensation que le mien quitte également mon visage. Pourtant il n’en est rien. J’espère ne pas me tromper.

Dans cet échange changeant de quelques secondes, j’ai ressenti tout le racisme ambiant de notre culture. Si j’avais été raciste, ou même, pas raciste : neutre, je me serais laissé porter par le regard que je recevais en succombant à l’imitation. Il aurait vu mon sourire quitter mon visage.
Sa méfiance se serait trouvée justifiée.

Et mon racisme latent aurait pris racine, puisque je lui aurais rejeté la responsabilité de la perte de mon sourire.

J’aurais justifié mon comportement physique, qui prime sur la pensée.



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texte paru dans la revue Globules n° 65 d'octobre 2005 en page 16

 
Par Gorge Rouge - Publié dans : écrin
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Samedi 29 mars 2014 6 29 /03 /Mars /2014 15:18

En ce début de printemps voici une lecture utile.

Vous pouvez vous contenter de lire les parties surlignées, mais si vous avez un peu de temps, tout lire est encore mieux.

 

Source : http://www.liberterre.fr/agriculture/agro-ecologie/index.html

Sens de l'Humus

John Jeavons, été 1998.

Traduction de l'Anglais par Dominique Guillet


Ce soir, le sujet de ma conférence est “Développer un meilleur sens de l’humus pour une micro-agriculture durable et bio-intensive”. Ce thème est d’une importance vitale tant du point de vue de la diversité génétique que du point de vue du sauvetage des semences. La finalité fondamentale de ma conférence est de vous faire prendre conscience, ce soir, de l’importance des grains, de l’importance de la préservation des plantes à grains.

Il nous faut préserver les plantes à grains non seulement pour l’alimentation humaine (comme la plupart d’entre nous seraient enclins à le penser, habitués qu’ils sont à ne raisonner qu’en termes de ce qui est important pour l’homme) mais surtout pour la vie des sols. Alors, ce soir, nous allons tenter de “solir” quelque peu nos réputations et de découvrir, par là-même, comment nous pouvons créer un futur réellement durable.

Je vais commencer en posant à chacun d’entre vous une seule et unique question et je puis vous assurer que cette question n’a rien de théorique. La poser dans un tel environnement, à savoir au cœur des grandes plaines américaines, abondantes pourvoyeuses d’aliments, et plus spécifiquement ce soir au cœur d’un conservatoire riche d’une telle diversité génétique, pourrait même sembler totalement absurde. Je suis convaincu, cependant, qu’au fil de notre causerie, vous découvrirez qu’elle est strictement pertinente. Ma question est la suivante : si dans six ans vous deviez produire par vous même la totalité de votre nourriture ( vous ne pourriez pas l’acheter ou l’acquérir de quelqu’un d’autre) et qui est plus selon des modalités de production totalement durables et autarciques (vous ne pourriez pas acquérir de l’extérieur des fertilisants ou des matières organiques), de quelle façon transformeriez-vous votre vie aujourd’hui même et durant les cinq années à venir ? C’est la question que je veux vous laisser, que je veux vous offrir, en forme de bénédiction, bien qu’au prime abord, elle ne soit pas forcément perçue comme telle.

Ensuite, je souhaite exposer une requête. Si chacun d’entre vous ne peut pas consacrer les douze prochains mois à apprendre à produire sa nourriture de façon réellement durable ( et nous allons découvrir ce soir que l’agriculture biologique, telle qu’elle est pratiquée sur toute la planète, est strictement une agriculture non-durable), peut-il alors créer avec 19 autres personnes un groupe de 20 personnes qui va sponsoriser une, deux ou trois personnes à se consacrer, durant toute la prochaine année, à apprendre comment produire de la nourriture selon un mode totalement durable? C’est une des impulsions fondatrices du “Ecology Action’s Common Ground Mini-Farm Project”. Il y a deux coordinateurs dans ce jardin : je suis l’un d’eux et le second est Craig Cook. Une association sans but lucratif, de Palo Alto en Californie, du nom de “Involvement Corps” rassembla environ 15 personnes: certains donnèrent à Craig 10 dollars, 15 dollars ou 25 dollars par mois tandis qu’un autre lui prêtait une chambre et que d’autres lui offraient à manger. Cette action commune permit à Craig de consacrer la totalité de son temps à l’apprentissage de cette technique.

C’est l’objet de ma requête : si vous ne pouvez pas, vous-mêmes, consacrer tout ce temps, pouvez-vous aider quelqu’un d’autre à le faire? Il faut également préciser que les “sponsors” de Craig se rassemblaient une fois par semaine (ou au moins une fois par mois) autour d’un repas durant lequel Craig leur parlait de tout ce qu’il avait appris depuis leur dernier repas collectif.

La troisième chose que je souhaiterais vous demander (et je suis sûr que chacun d’entre vous peux le faire, même si ce n’est pas à plein temps), c’est d’élaborer une planche de culture. Qu’est-ce qu’une planche de culture? C’est un modèle : sa largeur est d’1m50, ou d’1m20 si vous préférez, et sa longueur varie de 6 à 8 mètres. Consacrez tous les jours de 10 à 15 minutes, à cette planche de culture, et vous apprendrez à faire pousser toutes les plantes qu’il est essentiel de connaître afin de produire toute votre nourriture, tout votre compost, qui est la nourriture du sol, et toute votre fortune. Lorsque vous avez bien maîtrisé cette planche de culture , vous pouvez ensuite en élaborer une quarantaine et c’est alors que vous pouvez réellement produire toute votre nourriture, tout votre compost et toute votre fortune.

Pourquoi suis-je en train d’évoquer toutes ces choses? Pourquoi vous demandais-je d’acquérir les fondements d’une agriculture réellement durable? La solution véritable pour le futur ne va pas consister en la seule production de fruits et de légumes quelle que soit leur importance pour l’acquisition des vitamines et des oligo-éléments qui sont essentiels à notre vie. Il va vous falloir, dans un second temps, également produire toutes vos calories et tout votre carbone. Je vais maintenant vous expliquer pourquoi.

Durant trois des quatre dernières années, l’humanité a consommé plus de nourriture qu’elle n’en a produit. Dorénavant, nous ne sommes plus un monde générant des surplus de nourriture. Qui plus est, nous sommes en train de perdre notre sol très rapidement. Qu’allons nous faire à ce sujet, d’autant plus lorsque nous prenons conscience que la population de la planète augmente tous les jours de 250 000 personnes? (400 000 personnes/jour en 2008, dix ans plus tard) C’est comme si San Francisco doublait sa population tous les deux jours.

Qu’est que cela signifie réellement en termes de sol? Même si nous ne perdions pas notre sol, cela signifierait que, au vu des pratiques de l’agriculture chimique mécanisée et des pratiques de l’agriculture biologique mécanisée, il nous faudrait chaque jour augmenter la surface agricole en production de 125 000 hectares. Ou bien alors, il nous faudrait découvrir une nouvelle semence, ou de préférence une ancienne qui a bien fait ses preuves, afin de produire beaucoup plus de nourriture. Ou bien alors, il nous faudrait accorder quelque attention au planning familial.

Que s’est-il donc passé globalement? Vous savez que la Révolution Industrielle fut bâtie sur le feu, sur l’énergie. Vous savez que l’île de Manhattan, une petite partie de New-York City qui est un district de business, consomme durant un court laps de temps plus d’énergie que toute l’Afrique durant une année entière. Le monde entier se met à “consumer” la planète de feu et d’énergie. Le témoin le plus probant de ce phénomène est l’évolution des déserts qui couvraient, en 1977, 44% de la surface terrestre de la planète et qui, selon une étude de l’ONU, vont couvrir, en l’an 2000, 63%, ou plus, de la surface des terres.

S’il n’y avait qu’une seule chose que vous puissiez emmener avec vous ce soir de notre conférence, je souhaiterais que ce soit la requête suivante. Je voudrais demander à chacun d’entre vous qu’il arrête de faire croître des plantes. Je voudrais vous demander de ne plus jamais, au cours de votre vie, cultiver de plantes. C’est la chose la plus importante que vous puissiez faire pour la planète. Une fois que vous avez pris cette décision, je voudrais vous demander de faire quelque chose d’autre à la place. Je voudrais vous demander de commencer à faire croître du sol. Il y a quelque chose de magnifique dans le fait de générer du sol. Lorsque vous voulez faire croître du sol, vous devez faire croître des plantes ; cependant, la finalité est différente. Les agriculteurs conventionnels, ainsi que la majorité des agriculteurs biologiques, agissent dans leurs pratiques culturales et dans leurs façons de tirer profit du sol tout comme un éleveur qui voudrait que ses poules produisent des oeufs et que ses vaches produisent du lait sans jamais les nourrir. Tout cela est complètement étonnant! L’agriculture biologique quant à elle, plus précisément, telle qu’elle est pratiquée aux USA, importe de 50 à 84 % de ses fertilisants et de ses matières organiques! Cela signifie que les sols de quelqu’un d’autre sont spoliés, même si ce processus n’est pas intentionnel, afin de produire une agriculture “pure”. Il nous faut résoudre toutes ces incohérences et développer un sens plus aigu de l’humus.

La solution de ce problème réside dans la culture de plantes génératrices de compost, de plantes génératrices de carbone et de plantes génératrices de calories. Un de mes héros est Lorenz Schaller, qui est présent ce week-end. Lorenz, durant les 20 dernières années, a sauvé 3500 variétés de plantes à grains et il les conserve chez lui en congélation. Il a réalisé tout cela quasiment sans soutien financier. Il a ainsi contribué, avec d’autres, à élaborer les fondations de l’édifice de carbone que nous allons bâtir.

Maintenant, je voudrais vous faire partager, d’une façon moins verbale, ma compréhension de la situation actuelle. Voici une pomme. Elle représente la Terre. C’est une pomme bio et elle a d’autant plus de valeur pour ma démonstration qu’elle reste ferme contrairement à toutes les autres. Je vais d’abord, de toute manière, couper et enlever les 3/4 de cette pomme. Si la pomme entière représente la Terre, les 3/4 que nous venons de couper représentent les océans. Je vais me débarrasser de ce gros morceau. Pourquoi? Parce que les océans de la Terre sont en train de mourir. Je vais arrondir certains chiffres pour plus de simplicité. Il existe à peu près 15 zones de pêche majeures. Parmi ces quinze, cinq déjà ne sont plus productives et les dix autres sont en train de s’appauvrir très rapidement. Selon une étude Britannique, l’Océan Antarctique a perdu 15 % de son phytoplancton, en raison des trous dans la couche d’ozone et bien d’autres facteurs. Les scientifiques estiment, de façon globale, que la totalité du phytoplancton des océans de la planète produit de 20 à 50 % de l’oxygène planétaire. Ainsi nous avons non seulement une accumulation de dioxyde de carbone, en raison de la combustion des énergies fossiles et de la déforestation, mais, qui plus est, nous allons peut-être voir une diminution de la production d’oxygène atmosphérique. A ce propos, les forêts de l’Amazonie produisaient, il y a 25 ans, de 10 à 20 % de l’oxygène planétaire. Plus de la moitié de ces forêts ont été coupées.

Revenons à la Terre maintenant afin de nous y relier. On entend beaucoup parler de savoir informatique mais qu’en est-il du savoir agricole? Pouvez vous consommer une Réalité Virtuelle? Et si vous le pouvez, en êtes-vous nourris? Le 1/4 restant de la pomme représente les surfaces terrestres de la planète. Je vais maintenant enlever 2/3 de cette surface terrestre parce que ce sont les terres qui sont déjà désertifiées ou alors recouvertes de glace. On ne peut donc pas dire que l’on vit sur la terre : en fait, on vit sur un douzième de la terre. Avant de continuer, il nous faut nous pencher sur l’état de nos sols.

Je vais maintenant enlever les 3/4 de l’écorce terrestre, enlever les 3/4 du sol arable du douzième restant de la planète car c’est cette proportion de sol qui a déjà disparu en raison de l’érosion par l’eau et l’air. En fait, on ne vit réellement, en ce moment, que sur 1/48 ème de la Terre. Si toute cette terre arable, cette bonne vie du sol, cette matière organique et ces nutriments étaient présents au même endroit, ils seraient plus puissants. En fait, tout cela est dispersé sur le quart terrestre de la planète. Vous vous demandez peut-être ce qu’il va advenir du 1/48 ° restant de la Terre. Durant les 44 prochaines années, peut-être même avant... (le conférencier mange le reste de la pomme).

Je ne me permettrais pas de vous décrire un seul de ces désastres s’il n’existait pas quelque solution permettant d’y remédier. Il existe quelque chose que tout un chacun puisse réaliser dans son jardin, sur sa ferme, et au travers du choix de nourriture qu’il acquiert. Un sociologue, professeur éminent de l’Université de Californie de Davis, le Docteur Kenneth Watt, a écrit un ouvrage dont le titre est “The Titanic Effect”. L’agriculture en est le thème et cet ouvrage fut écrit dans les années 1970 mais il est encore d’actualité. Ce que le Docteur Watt a mis en valeur c’est que les êtres humains sont tellement magnifiques, différents et talentueux que, s’ils examinent o combien une situation est mauvaise, ils vont la solutionner. S’ils ne le font pas, ce sera à leur détriment et c’est pour cela qu’il appela son ouvrage “The Titanic Effect”. Le capitaine du Titanic “savait” que son navire ne pouvait pas couler. Il fonça donc au travers d’une zone d’icebergs afin d’établir un record de l’Océan Atlantique. Et il établit effectivement un record.

Avant que je n’ébauche la description des solutions, je souhaiterais que vous puissiez comprendre d’une façon encore plus personnelle ce qui se manifeste dans notre relation avec la Terre et le sol. Et le mot clé est “relations”. Vous savez combien sont dures les relations. C’est comme deux personnes mariées et qui forment une équipe et qui s’aiment à jamais et pour toujours. Et bien, c’est la relation qu’il nous faut établir avec le sol. Ce n’est pas aisé de prendre cette responsabilité.

Le conférencier demande à quelqu’un de tenir une boîte près du podium.

Je vais manger une cuillère de compote de pomme et cette cuillère de compote va représenter un kilo de nourriture. Tout en mangeant ce kilo de nourriture, je vais vous montrer combien de kilos de sol sont détruits en raison de l’érosion de l’eau et du vent occasionnée par la production de cette nourriture par l’agriculture chimique mécanisée des États-Unis. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève six cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, six kilos de sol sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois que nous consommons un kilo de nourriture produite par l’agriculture chimique mécanisée des Etats-Unis. On peut également dire que l’on perd six kilos de sol à chaque fois que nous achetons un kilo de nourriture produite de cette manière parce que par notre façon d’acheter la nourriture, nous choisissons la façon dont elle a été produite.

Chacun d’entre nous consomme à peu près une tonne de nourriture par an. Cela veut dire que chacun d’entre nous provoque, indirectement et de façon non intentionnelle, la destruction de six tonnes de sols annuellement. Et ce sont de bonnes nouvelles . Pourquoi de bonnes nouvelles?

Parce que tout d’abord, la destruction fut auparavant de huit tonnes annuellement tant que des mesures ne protection des sols ne furent pas appliquées. Malheureusement, ce taux de destruction des sols ne va plus baisser à moins que des mesures drastiques soient envisagées.

Ce sont également de bonnes nouvelles parce que le peuple des USA ne représente que 5% de la population mondiale. Jetons un coup d’œil sur les 80% de la population mondiale vivant en l’an 2000 dans les pays en voie de développement. Dans une quinzaine d’années, à savoir en l’an 2014, ce sera d’ailleurs 90 % de la population mondiale qui vivra dans les pays en voie de développement. Quant aux personnes qui vivent dans ces pays en voie de développement, voici ce qui se passe lorsqu’elles consomment un kilo de nourriture. (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève douze cuillères de sol de la “banque de sol”). Ainsi, ce sont douze kilos de sol qui sont détruits par l’érosion du vent et de l’eau à chaque fois qu’un kilo de nourriture est ingéré par une personne vivant dans les pays en voie de développement. Puisque ces personnes consomment à peu près autant de nourriture que nous-mêmes, cela veut dire que dans les pays en voie de développement, ce sont douze tonnes de sol qui sont perdues chaque année par habitant. C’est en Chine, pays constituant 20% de la population mondiale, que les pratiques de production alimentaires bio-intensives virent le jour. Elles furent remplacées, dans les années 1950, par un mélange de pratiques d’agriculture biologique et de pratiques empruntées au système agricole fondé sur la chimie et la mécanisation des États-Unis. Dans ce pays, accueillant 1,3 milliard d’habitants, ce sont 18 tonnes de sol qui sont perdues par année et par habitant.

Qu’en est-il de l’agriculture biologique? (Le conférencier mange une cuillère de compote et il enlève d’abord 3 cuillères, puis 2 cuillères 1/4, de sol de la “banque de sol”). Ainsi, chaque fois que nous consommons 1 kilo de nourriture produite par l’agriculture biologique mécanisée des États-Unis, ce sont probablement entre 3 et 5 kilos 1/4 de sol qui sont perdus en raison de l’érosion par l’eau et le vent. Ce n’est pas que le mode d’agriculture biologique, en soi, soit un facteur d’épuisement des sols. Ce phénomène est dû au fait que l’agriculture biologique importe de l’extérieur du domaine agricole la plus grande partie de ses fertilisants organiques. Savez-vous ce qui serait une des pires choses à arriver dans le monde d’aujourd’hui? Ce serait que le monde entier décide de développer une agriculture biologique et un jardinage biologique. ( Ce serait bien sûr une des choses les plus merveilleuses aussi). Étant donné la manière dont nous utilisons les nutriments et la matière organiques, il est très peu probable qu’il y ait suffisamment de matières, de nutriments et de fertilisants organiques pour qu’on puisse développer immédiatement chez tous les peuples de la terre une agriculture de type biologique sans transformer tout d’abord la façon dont nous pratiquons l’agriculture. L’Institut Borlaug a récemment annoncé qu’il est impossible de développer l’agriculture biologique sur une large échelle en Afrique parce qu’il n’y a pas assez de matières ou de nutriments organiques pour la dynamiser dans un premier temps. Cependant, ce n’est qu’un des scénarios possibles. L’agriculture biologique peut être durable mais la façon dont nous la pratiquons de nos jours est bien souvent loin d’être totalement durable.

Cela fait maintenant 27 années que je pratique la production alimentaire bio-intensive et, durant tout ce laps de temps, j’ai cherché un exemple dans la Nature de plantes croissant en ligne. Combien de personnes présentes dans cette salle ont pu observer une croissance de plantes en ligne qui soit naturelle et non point le résultat de pratiques agricoles? La Nature a horreur du vide. Lorsque nous plantons en ligne, nous générons entre chaque rang un petit désert. L’existence de ces déserts entre les rangs constitue l’une des raisons majeures pour lesquelles l’agriculture chimique tout comme l’agriculture biologique épuisent les sols. Peut-être cela n’est-il pas aussi patent avec les techniques agricoles locales: les maïs sont semés de façon rapprochée et il en est de même, parfois, pour le soja. Tout cela est beaucoup mieux.

la suite ici

Par Gorge Rouge - Publié dans : sources documentaires
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Jeudi 27 mars 2014 4 27 /03 /Mars /2014 07:33

27 mars 2014 : Ce retour 4 ans en arrière reste entièrement d'actualité.

 

La suite de ce texte sur Après Coline - 10 mars 2010  .

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4 avril 2010. Coline Serreau parle sur France-Culture à propos de son film "Solutions locales pour un désordre global‏".

La journaliste : de quel courant politique vous sentez-vous le plus proche ? Des décroissants ?
Coline Serreau (de mémoire) : je ne les connais pas. La décroissance ça fait triste. Pour moi l'urgence est de réduire les inégalités économiques. Et d'ailleurs on y est en décroissance !

 

Elle n'a rencontré aucune personne au cours de son tournage pour lui dire que la première des priorités des Objecteurs De Croissance - ODC - était la réduction des inégalités, ni pour lui dire la différence entre récession subie et décroissance organisée et joyeuse, ni pour lui expliquer la différence entre décroissants et ODC... ça en dit long sur la désinformation efficace des médias, qui opère jusqu'au sein même des écologistes les plus engagés ! Aussi Coline ne se rend-elle pas compte que face au dogme de la croissance destructrice, la décroissance est vitale ? De même qu'elle ne se rend pas compte que ce qui peut être proposé dans son film est incompatible avec les règles économiques imposées par l'impérieuse croissance. Vérification faite, le site du film - www.solutionslocales-lefilm.com - confirme mes propos : les "groupes locaux Colibris" n'y appellent pas à une relocalisation de l'économie telle qu'elle est développée ici.

 

 

                                                     
(8 avril 2010 - les paroles  de Coline Serreau sur France-Culture sont d'autant plus étonnants que le lien suivant les contredit nettement :

http://www.cafedesimages.fr/spip.php?article1738 

à voir aussi : 

http://www.cinealliance.fr/the-news/59-interview/1059-interview-de-coline-serreau.html )

Ces préliminaires illustrent fort bien ce souvenir ineffaçable d'un matin vers novembre 2009 sur France-Culture. Alexandre Adler était interrogé sur les solutions à apporter à la crise actuelle, cette question étant posée dans un contexte où il était question d'écologie. Sa réponse fut à peu près la suivante :
"il faut tout d'abord fixer un cadre incontournable : la relance de la croissance économique est l'absolue priorité. Seul ce renouveau d'une croissance économique nous fera retrouver les conditions de la sortie de la crise. Une fois posé ce préalable et une fois que l'on est d'accord sur cet impératif, nous pouvons commencer à réfléchir."

Sa prise de parole fut aussi brutale, tranchée et indiscutable que cela.

Mais le plus important n'est pas tellement là : c'est surtout qu'il ne fut contredit par personne dans l'équipe quotidienne de France-Culture, présente ce matin comme tous les autres pour entendre ses propos ! Et chaque auditeur de France-Culture, chaque matin, mais cela vaut aussi pour France-Inter, Radio-France et, bien sûr, les chaînes privées, entend des informations qui reposent, toutes, sur ce principe incontournable. C'est le plus fort exemple qu'il m'ait été donné de constater à quel point la "pensée unique" du dogme de la croissance économique est omniprésente dans notre environnement intellectuel et informationnel.

Merci, Coline, de m'avoir donné l'occasion de témoigner de ce souvenir.

 

 

Pour une critique brève, radicale et joyeuse de la croissance, voir  La C… sur ce blog.

La question à se poser maintenant est celle-ci : ce mythe de la croissance pourrait-il être en mesure d'invalider le message porté par le film de Coline Serreau ?

Car si la réponse est oui, alors tout le travail de Coline passera à la trappe, sauf auprès des (très minoritaires) spectateurs déjà convaincus. Tout comme Avatar, tout comme Gold Men Résistants pour la terre etc.


Si nous relocalisons, cette pratique est antinomique, contradictoire avec la relance économique : les filières courtes sont nettement moins bonnes pour le PIB.

Si nous relançons l'économie, cette pratique est incompatible avec un développement des filières courtes : les multinationales agroalimentaires qui gagnent des parts de marché et la croissance économique vont à l'encontre d'une production locale et d'une souveraineté économique des territoires.

La contradiction est inévitable.

Croire que croissance et relocalisation sont compatibles, c'est se fourvoyer.

La réalité est que les appels à la relocalisation sont ultraminoraitaires face aux avancées de la mondialisation, même malgré le développement réel des AMAP en France et ailleurs.

Nous ne pouvons pas nous contenter des AMAP qui naissent partout en France ces temps-ci, puisque dans le même temps la mondialisation gagne du terrain, ainsi que la poursuite de la croissance économique et les dégâts qu'elles engendrent grandissent ou perdurent, dégâts causés autant aux hommes qu'à la terre.

On peut très bien, et c'est la réalité aujourd'hui, se nourrir auprès d'une AMAP et avoir en même temps un mode de vie et un niveau de vie dépendants des énergies fossiles et de l'industrie, faisant le jeu des multinationales, de notre propre aliénation consumériste et de la destruction de notre biotope.

La décroissance appelle d'un côté à refuser la production industrielle et à la remplacer par une production locale et artisanale, et de l'autre à refuser la consommation à l'occidentale et à la remplacer par une frugalité heureuse et conviviale, débarrassée de la publicité et de la télévision, toutes deux sources de notre aliénation individualiste.

Merci à Alexandre Adler d'avoir contribué à ma réflexion.


Une seconde question mérite sa place ici aussi : comment rendre rentable une relocalisation qui ne l'est pas, puisque la main d'oeuvre du tiers-monde est moins chère ? La réponse tient dans la baisse de notre niveau de vie, qui ne veut pas dire une vie plus pauvre, en tout cas au sens péjoratif du terme, mais une vie où nous aurons plus de temps pour la convivialité et pour faire ce que la machine fait à notre place. La décroissance, c'est aussi une vie moins individualiste et plus riche de relations humaines.


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sureau noir
- http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=936


Enfin, voici une troisième question, la plus importante ici, car c'est celle qui se pose en premier et qui fait obstacle à notre acceptation de la décroissance : comment choisir entre relocalisation et croissance ? Les deux sont ressentis comme nécessaires, de la part des écologistes radicaux pour la première, de la part de presque tous les partis politiques ainsi que des médias majoritaires pour la seconde.

Je fais l'hypothèse que notre cerveau, face à ce choix binaire, se laisse emporter par les informations les plus nombreuses qui lui parviennent : celles relayées par la télévision et la radio, celles favorables à la croissance, celles qui contribuent à nous démettre de notre responsabilité au niveau local pour nous en remettre aux élus, décideurs et autres experts. Les films du genre de celui de Coline Serreau, mais je mets dans ce panier "Nos enfants nous accuseront" par exemple, auront fait long feu dans l'esprit des spectateurs, à moins peut-être qu'un débat vienne dire les enjeux abordés ici mais une telle prise de recul n'est pas garantie, loin de là ! Coline Serreau elle-même passait à côté, ce dimanche 4 avril 2010.

Il faut le répéter ici : les AMAP ne suffisent, et se dire que "c'est déjà ça" est une erreur fondamentale puisque, dans le même temps, notre mode de vie continue de créer des dommages irréparables à la terre et aux hommes. Voir La vie ou le pétrole.

C'est à une relocalisation dans tous les secteurs de nos activités économiques qu'il faut s'atteler. Dire que les AMAP sont un bon début n'est vrai qu'à une seule condition : enclencher les étapes suivantes. Alors, on s'y met quand ? Tout de suite ?

 

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Sur les objecteurs de croissance, voir


http://www.dailymotion.com/video/xctuhe_paul-aries-ce-soir-ou-jamais_news

 

et écouter

 

http://decroissance.lehavre.free.fr/LP-TAC_Tout_autre_chose_-_1-4-2010_-_Ethique__7884517.mp3

commentaire de mon pote Stéphane :

Hallucinant de voir quelqu'un parler aussi lentement tout en disant autant de choses essentielles. Quelle densité de sens !
- à 7 minutes : explication de la différence entre besoin, envie et désir
- à 11 minutes : le cycle production/consommation doit nécessairement s'emballer... pour survivre, il FAUT consommer.

 

et tant que j'y suis :

Une conférence de l'université populaire de Bruxelle.
http://www.videobaz.be/2010/03/sur-la-decroissance-une-conference-de-christian-arnsperger/
à 11 minutes, il revient sur l'usage du mot "Décroissance"

 

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7 avril

J'ai reçu ceci : (source : http://les-oc.info/lettre/ )

 

(...)

L'objection de croissance est aussi de plus en plus lisible.

  • Entropia (revue d’étude théorique et politique de la décroissance) : à l'occasion de la parution du n°8 de la revue, consacré à "Territoires et décroissance", un grand forum de débats aura lieu à Namur, le samedi 15 mai. Des infos.
  • L'escargot déchaîné (le journal du mouvement politique de la décroissance - Belgique) sort son numéro 3. A lire en ligne.
  • L'objecteur de croissance (le journal du Mouvement québécois pour la décroissance conviviale) sort son premier numéro de 2010. A lire en ligne les numéros précédents.
  • Limites (cahiers francophones pour l'objection de croissance) est en train de naître. A lire en ligne son numéro 00.

 

Par Gorge Rouge - Publié dans : braise
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Lundi 24 mars 2014 1 24 /03 /Mars /2014 15:39

Merci de bien vouloir prendre connaissance du document.

 
Il s'agit d'une recherche d'aide financière pour la création d'un centre de santé naturelle à Evreux.
 
Vous verrez que j'apparais dans le projet, même si c'est à la marge.
 
De mon point de vue ce projet prend toute sa légitimité en s'inscrivant dans les objectifs de l'Association Eure en Transition - AET dont les activités sont largement retranscrites sur ce blog accessibleaussi sur transitionfrance.fr onglet Evreux.
 
il  s'agit de préparer la santé de "demain", au sens de l'ère de l'après pétrole qui arrive à grands pas,  de même que le mouvement des villes et territoires en transition prépare le monde de demain tous secteurs confondus.
 
Or demain, si l'on tient compte de l'imminence du pic de production des ressources fossiles et des délais d'anticipation nécessaires, c'est aujourd'hui.
 
Je vous fais part d'un extrait d'un mail récent de Benoît Thévard :
 
"...ce n'est pas de la fin du pétrole dont il est question, mais bien de la fin du pétrole bon marché pourtant indispensable à l'économie de croissance, elle même indispensable au progrès technologique, au financement de la recherche, etc.
Il y a peu de débat sur les réserves ultimes de pétrole conventionnel, c'est à dire le seul pétrole qui soit assez facile à exploiter. L'AIE admet désormais que la production mondiale de ce dernier commence à décliner et qu'il faut compenser ce déclin par les "non-conventionnels" dont la production est beaucoup plus couteuse, plus risquée ... et surtout plus lente que le déclin de la production de pétrole conventionnel.
...les marchands de doute font bien leur travail et le refus d'accepter la réalité et l'imminence du pic pétrolier est un drame."

Enfin pour revenir au projet de santé naturelle, il y a trois possibilités d'aide financière qu'Emmanuelle n'évoque pas dans son document mais je viens d'en parler avec elle :
- le prêt, modalités de remboursement à fixer au cas par cas,
- l'achat de parts pour une co-propriété, parts revendables ultérieurement,
- et le don.

Bonne lecture et au plaisir de vous lire,

Robin Branchu.

 

 

SANTÉ GLOBALE


UN PROJET DE PRÉVENTION SANTÉ AU NATUREL

CRÉATION D'UN CENTRE de SANTÉ et de SOINS PLURIDISCIPLINAIRES

 

Après 25 années de pratique des médecines naturelles, je souhaite mettre mes acquis et mes connaissances au service d'un plus large public. C'est pourquoi je monte ce projet en partenariat avec d'autres thérapeutes et associations qui pourront faire bénéficier et bénéficier eux-même d'un champ d'action et de diffusion plus vaste. En effet il n'existe à l'heure actuelle que très peu de lieu où nous pouvons prendre notre santé en main, avoir des informations autres que celles diffusées par les médias et nous soigner naturellement.

 

La structure

 

Je propose depuis des années des services de naturopathie, phytothérapie, aromathérapie, coaching, développement personnel, massages énergétiques, cours de Qi Gong, et cuisine.

Depuis 6 ans une boutique a été développée avec extension par le site internet depuis Août 2013.

Voici l'actif :

 

Produits, fournisseurs & zone de chalandise

 

La société commercialise des dizaines de produits de santé, diététiques et issus de matières premières biologiques de première qualité en partenariat avec des laboratoires spécialisés dans le domaine de la santé à l'international : huiles essentielles, aliments à haute valeur nutritionnelle, complexes à actions spécifiques et appareils de santé issus de technologie de pointe.

 

La société travaille notamment avec les produits des laboratoire suivants : Asiabiotech, Bemer Group, La Ferme de Paula, Oronalia, Pollenergie, Quinton, La Royale, Solsemilla, Symphonat, Vegetal Water, etc.

 

La vente se fait en boutique sur place, au cabinet et sur un site internet développé depuis 2013 disponible à l'adresse www.sante-globale.fr/boutique/. Les différents sites (blog et boutique) de la société reçoivent en moyenne 5000 visiteurs mensuels.

 

Services, clientèle & concurrence

La société, en la personne de sa présidente, propose des services de naturopathie, de phytothérapie, d'aromathérapie, de coaching, de développement personnel, des massages énergétiques, des cours de Qi Gong, de cuisine, d'aromathérapie, de naturopathie et de phytothérapie.

 

Notre clientèle est extrêmement diversifiée et fidélisée : enfants, adolescents, adultes et personnes âgées de toutes tranches d'âge. Une bonne partie de la clientèle est constituée de personnes originaires de Haute- Normandie et de la région parisienne. Les services sont fournis sur place en cabinet ou à domicile pour la clientèle âgée. Nos clients sont souvent déjà dans une démarche de prise en charge de leur santé : recherche de méthodes naturelles de soin, de protection et de régénération. À ce titre, elle est constituée de beaucoup de personnes déjà touchées de près ou de loin par l'écologie.

 

Sur Évreux, la société est sans concurrence en ce qui concerne les produits. Évreux dispose d'un magasin diététique et d'une biocoop, mais les produits que vend la société ne sont pas commercialisés par ces structures. Au fil des années nous avons su développer des partenariats avec ces deux magasins. Cela a permis à la société d'étendre ses réseaux publicitaires sans entrer en conflit commercial.

Évreux compte une autre naturopathe installée en 2013. Cette concurrence est très spécialisée puisqu'elle se cantonne à la naturopathie exclusivement. La société s'efforce le plus possible de développer des partenariats avec les différents prestataires de services : kinésithérapeutes, ostéopathes, homéopathes, etc. A l'avenir, dans le cadre du développement de la société, nous envisageons de multiplier les partenariats avec les grandes écoles de formation en naturopathie (Fédération Française des Écoles de Naturopathie, Faculté libre de Médecine Naturelles et d'Ethnomédecine, etc.) et avec d'autres thérapeutes, notamment venus de région parisienne. De plus en plus de mutuelles remboursent les soins en médecines naturelles. Le marché offre donc de très bonnes perspectives d'avenir.

 

2. Les gérant(e)s

Emmanuelle Petit

Autres membres fondateurs de l'équipe

Nyota Gabriel-Callixte : comptabilité, administration et relations clients.

Khalil Petit : administration informatique, marketing, maintenance des sites internet.

3. Motivations

Aujourd'hui nous envisageons l'acquisition d' un lieu pour créer une structure plus importante qui répondra à la demande croissante. Nous recherchons un lieu capable d'accueillir des groupes avec une salle de conférence qui permettrait de faire intervenir des acteurs majeurs et des professionnels de la naturopathie (Dr Willhem, Daniel Kieffer, le Pr Henri Joyeux, les Drs Bruno Donatini, Olivier Soulier, Dominique Baudoux, etc.), des coachs en développement personnel, des professionnels de la gestion écologique de l'environnement, des acteurs de la santé en Normandie même. Un lieu où se regrouperaient les différentes disciplines et enseignements concernant la santé et l'écologie afin de faciliter la visibilité auprès d'un plus grand nombre. Tel est notre premier objectif.

Nous pensons qu’une telle opération serait un grand bénéfice pour la ville d'Évreux et qu'elle étendrait une activité et une vie innovante ainsi qu'au moins deux emplois (magasin et jardin) et des bénéfices à notre région. Nous sommes depuis longtemps très sensible à l'écologie et à ses effets sur la santé publique, à l'agriculture biologique et biodynamique qui sont en lien direct avec la santé.

  1.  
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    Les services et notre vision pour l'avenir :

    Nous souhaitons nous investir dans un projet plus vaste de diffusion et de reconnaissance des médecines naturelles par la création d'un centre de médecines douces avec activités événementielles, conférences, formations, soins personnalisés et avec hébergement, un lieu d'informations où se rassemblent les médecines naturelles.
    Nous recherchons des personnes intéressées par un tel projet, des partenaires, des dons et des sponsors.
    Basé en Haute-Normandie, à Évreux, voici le site où vous trouverez plus d'informations si cela vous intéresse :www.sante-globale.fr
    En vous remerciant d'avance de votre écoute.

    les cours et formations proposés par Emmanuelle PETIT :

    NATUROPATHIE - PHYTOTHÉRAPIE -AROMATHÉRAPIE

    • L'hygiène de vie ; les fondements de la santé.

    • L'alimentation, premier acteur de notre bien-être ou de nos maladies.

    • Les dernières découvertes sur les plantes et leur pouvoir guérisseur dans les affections modernes.

    • La phytothérapie par les bourgeons d'arbres.

    • Le pouvoir thérapeutique des huiles essentielles, des essences, des hydrolats et les précautions d'emploi.



    THÉRAPIES ÉNERGÉTIQUES

    • Le Qi gong – Gymnastique qui potentialise la santé et les chances de guérison

    • le Chi Nei Tsang, soins spécifiques des organes profonds et du ventre.

    • les différents outils de pointe utilisés : bol d'air Jacquier, thérapie Bemer, détoxination ionique ...

    ESPACE CUISINE-SANTÉ (avec Anne-Marie VAUDET Naturopathe)

    • Éducation à une autre façon de préparer les aliments pour une meilleure santé. Développement des cours de cuisine à un plus grand public.

    ACCOMPAGNEMENT DES FEMMES

    Faciliter, porter, mettre au monde nos enfants ; nettoyer les programmations matri-linéaires qui font de la naissance, encore aujourd'hui, un traumatisme.

    Les cours et formations proposés par d'autres intervenants extérieurs et Emmanuelle PETIT

    ÉVÉNEMENTS GRATUITS TYPE « CAFÉ NATUROPATHIE »

    Lieux publics à Évreux : café « Kilucru », hôtel de l'orme, librairie Gibert-Joseph, atelier du peintre … déjà en place.

    • Lieux d'échanges qui permettent d'aller à la rencontre des gens, sensibiliser, faire connaître les différents thèmes autour de la Naturopathie, de l'alimentation et des médecines naturelles.

    LES THÉRAPEUTIQUES DU BIEN-ÊTRE

    Florianne HORBACIO Coach commerciale à la CCI

    • le Coaching en gestion du stress

    • La sophrologie

    Brigitte CHEVRIER relaxologue

    • Les soins du corps (massage-relaxation-shiatsu-Do-in …)

    LES THÉRAPIES ÉNERGÉTIQUES

    Michèle BORDIER Metteure en scène, enseignante en Taï Chi-Qi gong et théâtre

    • Le Taï chi-Qigong – Art thérapeutique interne qui explore le mouvement

    • Les techniques d'expressions artistiques.

    CURES DE SOINS SOORDONNÉES AVEC PLUSIEURS THÉRAPEUTES

    • Pour une prise en charge complète des personnes avec différentes modalités





    CONFÉRENCES SUR DES THÈMES ÉCOLOGIQUES

    Robin BRANCHU conférencier

    • Conférencier , animateur d'ateliers sur les technologies non polluantes et sans énergie fossile et sur la décroissance.

    Éric DURUEL géobiologue

    • L'habitat sain

    • Sorties éducatives dans la nature et dans des fermes qui pratiquent l'écologie

    Cours et formations proposés par d'autres intervenants

    • Initiation aux méthodes d'agriculture respectueuse de l'environnement (biologique & bio-dynamique)

    • Sensibilisation et intervention dans les écoles primaires et secondaires sur le thème de l'environnement et de son impact sur la santé

    • la prévention et l'éducation à l'amélioration de la santé.

    • Ateliers pratiques et concrets concernant les technologies nouvelles et non dégradantes de l'environnement et du vivant.

    • Ateliers participatifs

    • école des parents, relationnel hommes-femmes, éducation des enfants.



    OUVERTURE D'UNE HERBORISTERIE

    Partenariat privilégié avec des producteurs herboristes locaux tels que Les Sauvageonnes, à St-Benoît-des-Ombres, label Nature & Progrès. Cette herboristerie permettrait, outre la production locale déjà abondante, une ouverture et des contacts déjà faits avec d'autres pays (import / export) tels que la Chine, Taïwan et la Thaïlande qui peuvent nous fournir des matières premières de qualité.

    CRÉATION D'UN JARDIN DE PLANTES MÉDICINALES

    Éducation pour les scolaires sur le thème des plantes médicinales. Nous proposerons la création d'un jardin de plantes médicinales ayant vocation à servir de support pédagogique pour sensibiliser les enfants et les adultes à la préservation de la nature et aux propriétés thérapeutiques des plantes.

    Partenariat avec les projets de « jardins partagés » et l »es incroyables comestibles »

    Ces activités vont générer des activités dans la région.



    Accès aux activités selon les possibilités financières



    5. Financements

    Nous disposons d'un apport de 80 000€.

    Nous souhaitons emprunter auprès d'une banque pour investir un lieu qui fédérerait les différentes activités déjà en place en haute-Normandie pour une meilleure visibilité publique.

    La société n'a aucune dette à l'heure actuelle

    6. Estimations des résultats prévisionnels sur 3 ans pour la SARL

    Bilan Prévisionnel Annuel (euros)

    Les rentrées d'argent se font par les activités de conseils personnalisés, de cours, par la boutique en ligne et le magasin à Évreux ; l'augmentation du chiffre se fera aussi par la location des salles et des locaux par les différents intervenants pour y donner leurs cours ou leurs soins.

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      Estimations des résultats prévisionnels sur 3 ans pour la SCI





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        Le projet d'achat

        À l'heure actuelle, nous n'avons pas les moyens financiers de concrétiser le totalité de notre projet. Nous avons besoin de dons ou de soutien actif.

        Le lieu idéal serait suffisamment grand avec une grande salle de 50m2 pour les cours, plusieurs petites salles de soin de 15m2 pour les différents intervenants, une cuisine aménagée pour y donner des cours, un espace magasin de 30m2, un terrain de 250 à 500m2 pour y créer un jardin médicinal, également des chambres pour les stages avec hébergement.

        Après prospection, nous avons trouvé un lieu à Nètreville-Évreux qui pourrait correspondre : une maison de 250m² offrant de vastes pièces dont un rez-de-chaussée où existent deux pièces contiguës idéales pour la création d'une salle de cours, une petite pièce à l'entrée pour un cabinet de consultation avec accès à un toilette et accès pour handicapés et personnes à mobilité réduite..

        À l'étage, quatre grandes chambres permettraient de faire des stages résidentiels ou de l'hébergement pour des soins continus. Une cuisine jouxtant la salle de cours du rez-de-chaussée permettrait de développer les cours d'alimentation vivante.

        Une grande dépendance à aménager se prête à la création d'une boutique de produits de santé.

        La société a l'intention de créer un café palabre où les habitants pourraient se rencontrer et être sensibilisés aux thèmes de la santé naturelle et de l'écologie. Le café palabre serait jouxté à la boutique de produits de santé.

        La maison dispose à l'intérieur d'un espace parking où peuvent stationner jusqu'à 20 voitures. Son coût est imposé par le propriétaire, non négociable, notre apport personnel est de l'ordre de  10% du coût total à ce jour, l'échéance que nous avons compte tenu des démarches notariales est fixée au début du mois de juin. Prix : 210 000€.

        Nous continuons de prospecter d'autres lieux.



        Emmanuelle PETIT

        11 rue de la petite cité

        270000 ÉVREUX

        Tél 02 32 39 45 85

        santemma@gmail.com

        DÉSIGNATION

        2015

        2016

        2017

        Services

        25 000

        27 000

        29 000

        Ventes

        43 000

        48 000

        54 000

        Total rentrées

        68000

        75000

        83000

        Compte des charges

         

         

         

        Stock marchandise

        25 000

        28 000

        31 000

        Emprunt personnel

        6000

        6000

        6000

        Frais de gestion

        350

        350

        350

        Comptabilité

        1000

        1000

        1000

        Publicité

        500

        500

        500

        EDF-GDF

        1200

        1200

        1200

        Téléphone / Internet

        800

        800

        800

        Assurance

        118

        118

        118

        Charges diverses

        300

        300

        300

        Frais de transport

        4000

        4000

        4000

        Impôts et taxes

        7000

        7500

        8000

        Salaires

        12 000

        13 000

        14 000

        Total charges

        58268

        63868

        78260

        DÉSIGNATION

        2015

        2016

        2017

        Location des locaux

        13000

        15000

        17000

        Charge d'emprunt

        12000

        12000

        12000

         

         

         

         

        Bénéfices supplémentaires

        1000

        3000

        5000

        Par gorgerouge - Publié dans : astre
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        Mercredi 19 mars 2014 3 19 /03 /Mars /2014 08:35

        Mon amie Gen me demande de contribuer à la rédaction d'un texte sur la transition dans le cadre d'un fascicule sur le thème : « comment éradiquer la violence ».

         

        Vu que la transition a été récupérée à toutes les sauces, jusqu'à être descendue en flèche par l'équipe de mon canard préféré La Décroissance (là environ 30% des lecteurs abandonnent leur ouvrage, comme quoi ce ne sont ni la com' ni le calcul qui me guident), autant préciser d'entrée que je me réfère à la transition à la sauce Rob Hopkins et à son Manuel de transition. Une transition vers l'après pétrole. (Encore 20% d'abandons, je ne ferai pas carrière dans le marketing !)

         

        Le lien entre l'éradication de la violence et la transition me semble être une occasion de me raconter dans la mesure où ma quête part d'une recherche de compréhension du monde tous azimuts que l'on pourrait résumer à une manière d'éradiquer toute injustice et toute violence, à commencer par les violences institutionnelles, pour déboucher aujourd'hui sur "la méthodologie Rob Hopkins", méthodologie suffisamment ouverte pour nous rendre attentifs, réceptifs et accueillants à ce qui se fait ailleurs. Cette précision s'impose tant elle est perçue trop souvent par les néophytes comme une méthodologie fermée.

         

        J'ai déjà écrit par ailleurs cette petite remarque rigolote : "Robin y avait pensé, Rob l'a fait". C'est dire si il était évident pour moi d'épouser non pas Rob, mais ses thèses.

         

        Ayant animé régulièrement des séances de café philosophique durant plus de 16 ans, depuis l'été 1997, dans la lignée d'une recherche d'une société idéale et plus juste, j'ai eu la chance que certaines de ces séances débouchent sur des actions concrètes, création d'un collectif de chômeurs autonomes de sensibilité anarchiste, rencontre de l'auto-organisation collective en opposition aux revendications – REVENDI CONS ! Comme quoi il y a extrême gauche et extrême gauche : dans un tract du NPA de l'Eure de février 2014 on peut lire : "les seuls moyen vraiment efficaces dont disposent les travailleurs pour se faire entendre, c'est la grève et les manifestations".

         

        Ceci dit l'après pétrole ne se situe pas qu'à gauche dans la mesure où personne n'échappera à l'épuisement des hydrocarbures et autres ressources finies, non renouvelables.

         

         

         

        Certes l'exploitation de l'homme par l'homme n'a pas commencé avec l'arrivée du pétrole et la société industrielle lui préexistait, mais l'opportunité du peak oil peut faire espérer et peut nous aider à préparer un monde d'après plus concerté et moins violent où l'homme redeviendrait un frère pour l'homme. De ce point de vue l'après pétrolere présente une opportunité F.O.L.E. :

        F comme la fierté du travil bien fait ;

        O comme l'outil convivial – selon Ivan Illich c'est l'outil qui est convivial, ce n'est pas l'homme ;

        L comme la liberté collective, la concertation – et non pas la liberté individuelle qui n'existe que grâce au salariat et aux énergies fossiles qui font le boulot à notre place ;

        E comme éco-système, caractéristique de tous les systèmes vivants, à l'inverse de notre monde perfusé aux hydrocarbures qui s'effondrera une fois passé leur pic de production. Personne ne sait à quelle vitesse cet effondrement aura lieu (affolement des marchés fort probable) mais la date du pic est imminente, voir Benoît Thévard à ce sujet.

         

        C'est pourquoi l'invention et l'imagination d'un monde sans énergies fossiles qui serait fortement ressemblant à l'ancien monde artisanal – et non pas ressemblant à l'ancien monde industriel, reste l'enjeu majeur qu'il non faudra affronter avec lucidité. Car finalement, à y bien regarder, le cheval de Troie de la violence institutionnelle a bien été l'industialisation forcée. Oui, forcée. Évidemment pas toujours. Mais souvent. Or l'histoire, écrite par les dominants, ceux-là mêmes qui ont impulsé cette industrialisation, nous a fait oublier son caractère imposé, souvent par les armes et dans le sang, qui ôtait à l'artisan sa fierté du travail maîtrisé de bout en bout. Heureusement leur tentative d'oubli est aujourd'hui sapée par des historiens – par ailleurs jamais invités sur les plateaux télé ni cités par Les nouveaux chiens de garde, voir l’ouvrage et le film du même non. Quels sont ces historiens et autres anthropologues lucides ? François Jarrige, Jean-Claude Michéa ou Joseph Tainter. Je pense aussi à Jean Giono dans sa Lettre aux paysans, rééditée à Genève par les Editions Héros-Limite, 10€, ou à Pierre Gevaert dans son ouvrage Alerte aux vivants et à ceux qui veulent le rester, 2006.

         

        Ainsi l’écueil à éviter est de ne pas retomber dans les excès de la domination et de la violence. La culture « démocratique », celle des « droits de l’homme... blanc ! », a été acquise progressivement en Occident. Elle a été concomitante de l’institutionnalisation de la domination, désormais cachée sous des formes économiques et culturelles, et s’accompagne de fléaux tels que la fracture culturelle, la débilité télévisuelle, l’addiction aux écrans violents et compulsifs, etc. tout en nous persuadant que nous vivons dans un monde libre et démocratique.

         

        Cette culture qui est nôtre désormais nous fera-elle trouver les ressources pour ne pas nous laisser endormir par les élites belliqueuses de demain ? Au contraire, saurons-nous trouver les moyens d’une auto-organisation collective locale dont les modalités de mise en œuvre sont esquissées dans le Manuel de transition ? Là est la croisée des chemins où nous nous trouvons aujourd’hui.

         

        Avant de terminer : les guerres sont liées, à 95 % d’après Jean Ziegler, à l’extraction des ressources fossiles. Vouloir un monde sans violence en maintenant notre niveau de vie occidental est donc impossible. En d’autres termes, décroître est une condition nécessaire, mais non suffisante, pour pacifier nos existences. Et la décroissance se distinguera de la récession consécutive au pic de pétrole par le simple fait qu’elle sera anticipée, organisée en concertation : il n’y aura pas de solutions heureuses individuelles à l’après pétrole.

         

        En guise de conclusion voici ce que m'envoie mon amie Kitty, l'une des animatrices du réseau français des villes et territoires en transition :

         

        «Nous ne savons pas si ça va marcher mais nous sommes convaincus que :

        - si nous attendons les gouvernements, ça sera trop peu et trop tard

        - si nous agissons individuellement, ça sera trop peu

        - si nous agissons en tant que communautés, ça sera peut-être assez, peut-être juste à temps.»

        Par gorgerouge - Publié dans : braise
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        Lundi 10 mars 2014 1 10 /03 /Mars /2014 21:55

        à quelques semaines des zéle'ections je remets sous les feux des projecteurs les encouragements que j'avais écrits à Michel Champredon après son accession à la Mairie d'Evreux. J'aurais pu aussi l'inviter à lire Démocratie particiative et écologie.

        ------------------------------------------_

         

        Bonjour Monsieur le Maire,

         

        évidemment BRAVO pour votre élection !

         

        J'irai droit au but :

         

        la démocratie participative c’est être informé de ce qui se fait de mieux partout dans le monde.

        Un lien pour recevoir la lettre de l’Adels (L’Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale) : lettre_info-subscribe@adels.org associée à la revue Territoires et le blog de l’Adels :

        http://democratielocale.wordpress.com:80/2008/03/05/80/ + http://www.participa.fr/fr/

         

        Une pépinière d’emplois sociaux et solidaires dont une herboristerie locale pour les pompistes et les garagistes d’Ici. (Les premiers qui se retrouveront au chômage avec l'avènement inéluctable de l'après pétrole.)

         

        Ne pas pouvoir consommer, c’est frustrant ;

        repousser la publicité, c’est épanouissant.

          

        Immobilier : Ici  joue la transparence. Les loueurs sont invités à afficher leurs revenus et à baisser leurs loyers afin d’entrer, eux aussi, en décroissance durable.

         

        Ici  première ville française à s’inscrire dans la transition vers l’après pétrole : sa première pierre est de traduire en français le site :

        http://transitiontowns.org/

        et développe les énergies renouvelables locales : voir les sites
        http://eolsocial.free.fr/eol1_800600.htm 
        et
        http://www.heol2.org/.

        Elle partage la gestion de ses eaux usées entre l'installation de toilettes sèches, voir http://www.eautarcie.com/Eautarcie/Page_de_garde.htm 
        et l'assainissement biologique : www.lyseconcept.fr .
         

        Ici élabore son agenda 21.

        http://www.mairie-lille.fr/sections/site-fr/Menu_horizontal_haut/Urbanisme_et_logement/Developpement_durable

         

        Ici se déclare zone hors AGCS.

        Un contrat est passé avec Enercoop afin que  toute l'électricité consommée par la municipalitée soit issue d'une source de production renouvelable et afin de favoriser la production d'électricité renouvelable locale sous forme d'économie sociale et solidaire. 
         www.enercoop.fr 

         

         

         

        …bientôt à Ici  (source : http://www.jjkphoto.ch/velo.htm )

         

        En attendant la suppression de la voiture thermique, le processus participatif a décidé que les parkings des grandes surfaces périphériques seront réquisitionnés en semaine autour d’Ici.

        Depuis ces parkings, matin, midi et soir, toutes les 10 minutes environ, des navettes accompagnent gratuitement les passagers aux portes ou au cœur d’ Ici.

        Ainsi, le parc automobile du centre ville est désengorgé. Des vélos sont accessibles depuis les parkings ou depuis le centre ville et nombreux sont ceux qui transportent leur vélo dans leur coffre ou sur leur galerie. Un système de pointage facultatif est instauré : au bout d’un an il est possible d’estimer l’utilisation individuelle de ces parkings et de l’économie faite en émissions de GES, donnant la possibilité de bénéficier d’une déduction fiscale sous forme de crédit d’impôt.

         

         

        Ici : des emplois de transformation défossilisée à l’intérieur, des emplois de production locale défossilisée alentours.

         

        Les axes prioritaires :

        ð     l’approvisionnement progressif des cantines et du restaurant administratif en produits biologiques locaux et en protéines végétales locales,

        ð     la filière bois,

        ð     l’habitat en paille,

        ð     la relocalisation progressive de tous les secteurs économiques,

        ð     la création d’une couveuse d’activités en ESS (économie sociale et solidaire) en direction des porteurs de projets âgés de 18 à 30 ans, contact à Toulouse : www.etymon.fr ,

         

         

                      Une installation pour la fabrication de biogaz à Güssing, Autriche.

        …bientôt à Ici ?

        Source : http://www.renet.at/

         

        Ici, ou la communauté d’agglo, ou la couveuse d’activités, achète une parcelle de terrain agricole à titre expérimental proche d’Ici . Une structure en ESS utilise cette parcelle pour cultiver des produits biologiques (protéines végétales pour les restaurations collective et domestique, chicorée, herboristerie etc.) en partie avec de la main d’œuvre en réinsertion. Une partie des bénéfices est utilisée au rachat de cette parcelle de terre par la structure porteuse du projet. Dès les premiers résultats positifs de cette expérimentation, l’opération est étendue à des parcelles plus grandes. L’information locale apporte une garantie de débouchés : AMAP etc.

         

        L’Eure produit du lin (Les Linières de St-Martin du Tilleul) et vend des vêtements en lin (Au Lin d’Amandine à Graveron-Semerville) mais où est tissé ce lin ? Au Portugal, en Belgique ou en Chine… Une filature sous forme de SCOP est créée « ici » avec des débouchés garantis par une information locale importante et grâce au soutien des collectivités locales.

        Une délégation d'élus accompagnée de quelques citadins fait un voyage à Friebourg en Allemagne pour voir comment est géré l'éco-quartier

         

         

        « Dis-moi à quelle sources tu t’informes, je te dirai qui tu es »…

        Le journal local consacre mensuellement une rubrique pleine page à sa revue de presse écologique et fait ainsi la promotion de revues habituellement confidentielles telles que : La Décroissance, L’âge de faire, Passerelle-éco, Bio-contact, L’écologiste etc. Idem sur la démocratie participative en couvrant la revue Territoires.

         

        Etc.

         

        2012 : Ici , une ville qui a contribué à créer de l'activité à 20 km alentours et qui a diminué son parc automobile : aujourd’hui elle se réjouit d’avoir réduit sa population de 10 % en 4 ans. Elle augmente cette même année de 2% ses investissements, malgré le manque à gagner financier dû à sa modération démographique.

         

         

                                                                                                 18 mars 2008

        ----------------------------------


        10 février 2009 : pour des propositions concernant la politique internationale, voir le document : Ziegler  .

         

        Par Gorge Rouge - Publié dans : roulement à billes
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